Louky Bersianik

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Louky Bersianik
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Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Montréal
Nom de naissance
Lucille Durand
Pseudonyme
Louky BersianikVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Domaine

Louky Bersianik, pseudonyme de Lucile Durand (Montréal, [1] - Montréal, [2]) est une romancière, poète et essayiste québécoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

Son père est professeur à l'Ecole normale Jacques-Cartier de Montréal[3].

Elle entre à huit ans au Couvent de Saint-Alexandre. Elle y passe six ans. Puis, elle intègre le collège Jésus-Marie pour faire ses études classiques y apprendre les belles-lettres, la réthorique et la philosophie.

Elle écrit son premier poème à neuf ans lors de la naissance de sa sœur Françoise.

Elle raconte que son féminisme lui vient de sa mère, qui l'encourage à poursuivre ses études, et se révolte des injustices faites à ses filles, même si à l'époque elle n'utilisait pas le mot féminisme.

Études et influences[modifier | modifier le code]

En 1952, Louky Bersianik sera diplômée pour sa maîtrise en lettres françaises sur Bernanos à l’Université de Montréal[4]. Elle détient également un doctorat de la Sorbonne ainsi qu'un diplôme en médias électroniques du Centre d’études de radio et de télévision d'Issy-les-Moulineaux.

Lectrice insatiable, elle a une grand culture classique et mêle les influences les plus diverses. Son féminisme s'inspire des textes de quelques pionnières comme Simone de Beauvoir, Kate Millett et Marina Yaguello. Elle se sent insultée par la manière dont les grands penseurs décrivent les femmes. Son oeuvre leur répond, en particulier à Freud.

Carrière[modifier | modifier le code]

L'Euguélionne, le premier livre qu'elle signe du nom de Louky Bersianik, en 1976, devient un grand classique des lettres québécoises. Ce triptyque ambitieux, sorte de bible rabelaisienne révolutionnaire, est considéré comme le premier grand roman québécois d'inspiration féministe[5], fondateur d'une tradition littéraire importante. Il raconte le voyage d'une extraterrestre géante, qui observe et commente la vie des femmes sur Terre. Il mêle tous les genres littéraires (manifeste, poésie, science-fiction, etc.) et offre une importante réflexion sur la forme, sur la langue, notamment sur le sexisme de la langue française et les moyens de le dépasser. Ce livre a été édité par Hubert Aquin. Longtemps indisponible, il est réédité d'abord en 1985 chez Stanké[6], puis en 2012 chez Typo[7].

En 1979, Louky Bersianik passe une année dans l’île de Crète pour écrire Le Pique-nique sur l’Acropole, une oeuvre qui fait réapparaître le négatif féminin de l'histoire de la pensée, et qui replace l'amour, la sensualité, la vulnérabilité, la réciprocité au coeur des préoccupations philosophiques[8].

Elle écrit pour Richard Séguin les paroles d'un disque, Trace et contraste[5], qui obtient en 1981 le « premier prix du disque » à Spa et le Prix de la meilleure chanson de l'année à Antibes, pour Chanson pour durer toujours. Elle écrit également des textes pour la radio, la télévision et le cinéma et collabore à plusieurs revues[9].

Elle a écrit beaucoup de poèmes, mais les a rarement publiés. Sur ses quarante-six contes pour enfants, quatre seulement ont été publiés.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • (sous le nom de Lucile Durand), Le Cordonnier Pamphile mille-pattes (ill. Jean Letarte), Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, .
  • (sous le nom de Lucile Durand), Koumic, le petit esquimau (ill. Jean Letarte), Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, .
  • (sous le nom de Lucile Durand), La Montagne et l’escargot (ill. Jean Letarte), Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, .
  • (sous le nom de Lucile Durand), Togo, apprenti remorqueur (ill. Jean Letarte), Montréal, Centre de psychologie et de pédagogie, .
    Prix de la Province de Québec, 1966
  • L'Euguélionne : roman triptyque, Montréal, La Presse, .
    Réédition : Stanké, collection Québec 10/10 (no 77), 1985.
    Réédition : Typo, 2012.
    Traduction anglaise : The Euguélionne : a triptych novel (trad. Gerry Denis, Alison Hewitt, Donna Murray, Martha O'Brien), Victoria / Toronto, Press Porcépic, .
  • La Page de garde (ill. Lucie Laporte), Saint-Jacques-le-Mineur, Éditions de la Maison, .
  • Le Pique-nique sur l'Acropole : cahiers d'Ancyl (ill. Jean Letarte), Montréal-Nord, VLB, .
    rééditions : Typo, 1992
  • Maternative : les Pré-Ancyl (ill. Jean Letarte), Montréal-Nord, VLB, .
  • Au fond des yeux : 25 Québécoises qui écrivent (photogr. Kèro), Montréal, Nouvelle Optique, .
  • Les Agénésies du vieux monde, Outremont, L'Intégrale, .
  • Au beau milieu de moi, photographies de Kèro, Nouvelle Optique, 1983 ;
  • Axes et eau, dessins de Francine Simonin, VLB, 1984 ;
  • Kerameikos, dessins de Graham Cantieni, Le Noroît, 1987 ;
  • La théorie, un dimanche, Remue-ménage, 1988 ;
  • La main tranchante du symbole : textes et essais féministes, Remue-ménage, 1990 ;
  • Permafrost, 1937-1938, Leméac, 1997 ;
  • L’archéologie du futur, préface de France Théoret, Sisype, 2007.
  • L'écriture, c'est les cris, entretiens avec France Théoret, Remue-ménage, 2014.
  • Eremo, roman, Remue-ménage, 2019 (suite posthume de Permafrost)

Honneurs[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Prix de la Province de Québec, pour Togo apprenti-remorqueur
  • 1981 : Premier prix du disque, à Spa, pour les paroles d’un disque mises en musique et chantées par Richard Séguin, « Trace et contraste »,
  • 1981 : Prix de la meilleure chanson de l’année, à Antibes, pour « Chanson pour durer toujours »
  • 1997 : Prix du Gouverneur général, pour la version anglaise de L'Euguélionne.

Influences dans la vie littéraire et culturelle[modifier | modifier le code]

La librairie féministe L'Euguélionne, fondée en 2016 sur la rue Beaudry à Montréal, rend hommage par son nom à la contribution de Bersianik[10].

Le documentaire Les terribles vivantes, réalisé par Dorothy Todd Hénaut en 1986, lui est partiellement consacré.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Katia Stockman, « Bersianik, Louky », L'ÎLE : L'Infocentre littéraire des écrivains québécois,‎ (lire en ligne).
  2. « Louky Bersianik s’est éteinte à l’âge de 81 ans », sur Canoë, 4 décembre 2011 (page consultée le 5 décembre 2011).
  3. Louise Dupré, « Le tremblement de la conscience. Entretien avec Louky Bersianik », Voix et Images,‎ , p. 11-21 (ISSN 1705-933X, lire en ligne)
  4. Mylène Bédard, « André Gervais (édition préparée et annotée par), Louky Bersianik. L’écriture, c’est les cris. Entretiens avec France Théoret, Montréal, Les éditions du remue-ménage, 2014, 163 p. », Recherches féministes,‎ , p. 210-213 (ISSN 1705-9240, lire en ligne)
  5. a et b Mélissa Guillemette, « Louky Bersianik 1930-2011 - La littérature féministe en deuil », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  6. Louky Bersianik, L'Euguélionne, Montréal, Stanké, coll. « Québec 10/10, no 77 », , 412 p. (ISBN 2-7604-0250-9)
  7. Bersianik, Louky, L'Euguélionne, Montréal, Typo, , 736 p. (ISBN 978-2-89295-373-2)
  8. Patrick Imbert, « Débat sur les « gynocides » / Le Pique-nique sur l’Acropole de Louky Bersianik, Montréal, VLB éditeur, 1979, 235 p. », Lettres québécoises : la revue de l’actualité littéraire, no 54,‎ , p. 48–49 (ISSN 0382-084X et 1923-239X, lire en ligne, consulté le 4 mars 2020)
  9. Howard Scott, « Bersianik, Louky », The Oxford Companion to Canadian Literature,‎ (ISBN 9780195411676)
  10. Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Une librairie féministe ouvre ses portes à Montréal », sur Radio-Canada.ca (consulté le 4 mars 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lamartine, Thérèse, « Louky Bersianik, la rebelle qui rit : entretien avec France Théoret », Nuit blanche, magazine littéraire, numéro 137, hiver 2015, p. 37–39.
  • Andrée Ferretti, dir., Louky Bersianik. L'Œuvre souveraine, numéro spécial de L'Action nationale, mai-juin, 2012, 216 p. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3532077
  • Andrée Ferretti, « L’oeuvre de Louky Bersianik : un secret bien gardé », Nuit blanche, magazine littéraire, n° 122, printemps 2011, p. 44-46 (Article).

Liens externes[modifier | modifier le code]