Nicole Brossard

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Nicole Brossard
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Nicole Brossard lors de la cérémonie de remise de l'Ordre national du Québec en juin 2013.
Naissance (76 ans)
Montréal, (Canada)
Nationalité Canadienne
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français, anglais
Mouvement Formaliste, féministe
Genres
Adjectifs dérivés brossardien/ne

Œuvres principales

Le Centre blanc
Mécanique jongleuse, suivi de Masculin grammaticale
Amantes
Double impression
L'amèr ou Le chapitre effrité
Journal intime ou Voilà donc un manuscrit
Baroque d'aube
Le Désert mauve
La lettre aérienne

Nicole Brossard, née à Montréal le , est une écrivaine, théoricienne et éditrice québécoise pratiquant principalement le genre poétique et romanesque[1]. Sa carrière sera marquée par son militantisme pour les causes féministe et LGBT+[2].

Parcours[modifier | modifier le code]

Nicole Brossard publie pour la première fois sa poésie dans un recueil, Trois, en 1965, poèmes rassemblés sous la section Aube à la saison[3]. En 1965, elle cofonde La Barre du jour, une revue littéraire québécoise prenant le contrepied de la poésie dite nationaliste[1]. Ce faisant, elle contribue à un renouveau de la poésie au Québec et elle ainsi est perçue en tant que cheffe de file de la poésie formaliste québécoise[1],[4]. Le recueil L'écho bouge beau marque une rupture dans l'évolution de sa poésie [réf. souhaitée].

Brossard participe à de nombreuses manifestations culturelles dont la Nuit de la poésie en [5]. À cet égard, certains spécialistes précisent que « la poésie est chez elle [Brossard] le genre premier, véritable creuset de [son] identité littéraire[6]

Son parcours littéraire est fortement imprégné par son militantisme pour la cause féministe[7]. En 1975, elle prend part à un colloque international, se tenant à Montréal, sur Les femmes et l'écriture[8]. À partir de ce moment, elle s'implique dans la lutte féministe et sa poésie devient plus personnelle[réf. souhaitée]. En 1976, elle fonde le journal féministe Les Têtes de pioches[9], coréalise le film Some American Feminists[4] (trad. Quelques féministes américaines) et participe à l'écriture collective (aux côtés de Marthe Blackburn, Marie-Claire Blais, Odette Gagnon, Luce Guilbeault, Pol Pelletier et France Théoret) d'une pièce de théâtre, La Nef des sorcières, qui obtient un succès considérable lorsque représentée au Théâtre du Nouveau Monde.

En 1982, elle fonde une maison d'édition, L'Intégrale éditrice, se concentrant sur les publications féministes[10].

Plusieurs chercheurs s'entendent pour distinguer différentes phases dans son écriture : les débuts lyriques ou la période d'apprentissage (1965 à 1968-1970), la période formaliste (1970 à 1974-1975), la période féministe (1975 à 1980-1988) et une nouvelle période formaliste (à partit de 1985)[11],[12]. De ce parcours littéraire se dégagent deux pôles : d'une part, son modernisme et son avant-gardisme et, d'autre part, une écriture militante plus sensuelle et suggestive[13], revendiquant la liberté homosexuelle féminine[14].

Ses œuvres sont traduites en anglais, allemand, espagnol, catalan, portugais, slovène en autres[15].

Les fonds d'archives de Nicole Brossard sont conservés au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[16] et à Bibliothèque et Archives Canada[17].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Posture d'auteur[modifier | modifier le code]

Selon Jérôme Meizoz, la posture d'auteur est composée de deux éléments : le fait linguistique (l'image de l'énonciateur, construite dans et par les textes ainsi que toutes les valeurs qui y sont associées) et le fait institutionnel (les prix, les discours, les photographies et autres)[18].

Publiée en 1983, l'oeuvre Journal Intime de Nicole Brossard est une commande de la Société Radio-Canada. Pol Pelletier en fera une lecture théâtrale devant public. Par cette ouverture au théâtre, le destinataire lecteur ne représente plus l'unique récepteur de ce texte « lu en public par une autre[19]. « Dans ce texte, son soi s'ouvre aux autres – et surtout aux autres femmes – heureux de transiter par autrui[19]. » En fait, Brossard impose sa propre vision du journal intime : « Le journal ne me suffit pas. Ne me convient pas. C'est assez une forme d'écriture qui exige trop de moi et pas assez de ce que je suis[20]. » Elle y décrit peu les anecdotes de sa vie quotidienne et y présente plutôt un « anti-journal intime » où se côtoient poèmes et réflexions[21].

La conception de Nicole Brossard de ce genre dit intime se reflète également dans la structure de son écriture. Dans Journal intime, Le Désert mauve (1987), Baroque d'aube (1995) et plusieurs autres titres, le temps et l'espace sont instables. Les scènes s'inscrivent au passé, au présent et même au futur. Autant physiquement que mentalement, la narration voyage de Montréal à Paris, Athènes, Londres, et Budapest. À l'image de ce passage de Journal intime : « À Montréal, le j'ai imaginé Paris, le [22] ».

De plus, la relation ambiguë entre les expériences réelles et celles imaginées se perçoit dans cette instabilité du temps et de la forme du texte. La fréquence des moments fictionnels (par rapport à ceux qui semblent plus biographique ou réel) rend manifeste le déplacement du genre qu'effectue Nicole Brossard. Ses réflexions dans Journal intime sont inspirées par ses expériences réelles, mais aussi par ses pensées féministes et politiques. Les déclinaisons de ces thématiques sont variées : l'amour pour l'amante, la joie procurée par le temps passé avec ses amies, la critique du système patriarcal, etc. Avec ces nombreux personnages, les premières personnes du singulier et du pluriel s'adressent souvent à des référents ambigus, que ce soit à Brossard elle-même, à l'amante, à ses amies ou à d'autres femmes. L'équivalence parfois établit entre le singulier et le pluriel laisse croire à un sentiment de communauté féminine[23].

Dans cet « anti-journal intime », les photographies de la narratrice se multiplient à un point qu'« elle s'avère omniprésente et indispensable dans le processus de création d'une posture auctoriale[24]. » Lorsque Nicole Brossard écrit une autobiographie[25], ses photographies occupent une place tout aussi importante. Bien que Brossard cherche à éviter un dévoilement trop important de sa vie privée, les photographies peuvent servir à compléter l'image d'auteure. Nécessairement, la photographie implique au moins deux personnes : l'une devant l'objectif, l'autre derrière. En outre, les photos traversant les années montrent au lecteur la transformation du corps, mais aussi sa relation au monde[26].

Féminisme lesbien?[modifier | modifier le code]

Féminisme[modifier | modifier le code]
Lesbianisme[modifier | modifier le code]

Poétique de l'auteure[modifier | modifier le code]

Intertextualité[modifier | modifier le code]

L’intertextualité est une composante importante de l’œuvre littéraire de Nicole Brossard. Cette pratique textuelle, qualifiée à la fois de politique[27] et d’idéologique, est presque toujours relié aux préoccupations féministes de l’auteure[28]. L’intertextualité brossardienne se présente sous différentes tangentes et se constate dans plusieurs textes de l’écrivaine.

Linguistique[modifier | modifier le code]

Nicole Brossard inclut souvent des termes ou des mots provenant d’autres langues que celle de la langue principale d’un texte. Par exemple, dans le roman Le désert mauve, le texte est infiltré par des mots d’origine anglaise et espagnole[29]. Selon les théories de Dominique Maingueneau, cet usage de mots étrangers peut se rapporter à une forme d’interférence diatopique[30]. Le rapport textuel de ces trois langues français, espagnol et anglais) serait une proclamation de la présence géographique du roman, Le désert mauve, sur le continent américain[29].

Autoréférentialité[modifier | modifier le code]

L’autoréférentialité est une technique d’écriture privilégiée par Brossard. Elle crée des réseaux « symboliques et métonymiques[31] » parcourant plusieurs textes souvent liés thématiquement[29]. Les thèmes récurrents sont : la cause féministe, la sexualité et le corps, les pratiques exploratrices de la langue et du langage et surtout « la mise en communautés des femmes qui se lisent, s'écrivent, se traduisent […] »[29]. De manière plus spécifique, certains textes sont investis de « figure[s] de renouvellement » prédominantes telles que l’aube ou la sibylle. La présence de l’aube se manifeste principalement dans trois œuvres de l’écrivaine : Trois, Baroque d’aube et Le désert mauve[29]. Quant à elle, la figure de la sibylle se présente d’abord dans l’essai/fiction Picture theory à travers la formulation du mot illisible « illysybility »[32]. Cette figure sera reprise à nouveau dans le roman Baroque d’aube où la sibylle est représentée par le personnage principal : Cybil Noland[32].

Historique et culturel[modifier | modifier le code]

La figure de la sibylle est contextualisée fictionnellement dans le roman Baroque d’aube, qui s’inspire formellement et thématiquement de la période artistique et historique baroque[32]. Cette figure historique prend forme à travers le personnage de Cybil Noland et est mise en relation, par l’entremise d’une relation sexuelle, à un autre personnage surnommé la Sixtine[32] : Noland représente la figure classique et la Sixtine évoque la chapelle chrétienne dont les fresques peuvent signaler l’avènement du mouvement baroque[32]. Cette mise en relation des deux protagonistes fait allusion au choix picturaux de Michel-Ange qui décide, à l’époque, de peindre un mythe païen, la sibylle, dans une église essentielle à la religion chrétienne[32]. Le roman Baroque d’aube se lit comme une allégorie de cette évènement historique et culturelle via la rencontre sexuelle des deux personnages[32].

Dans le roman Désert mauve, l’auteure plante le décor dans le désert de l’Arizona. Ce lieu fait référence à l’évènement historique de la création de la bombe atomique[29]. Cette intertextualité historique se présente sous une forme de « dialogisme » avec les discours scientifique de l’époque nucléaire[29].

Féministe[modifier | modifier le code]

« Entre 1975 et 1990, on se citait, on se dédicaçait des textes, on sentait fortement la colère, on employait souvent le "nous"; en somme l'intertextualité et le rapport d'adresse étaient à leur comble[33] »

Ainsi, l’intertextualité féministe se situe au carrefour d’un besoin politique, sociale et littéraire. Des écrivaines comme Nicole Brossard prennent le contre-pied de l’historiographie littéraire qui représente que peu l’écriture des femmes[34]. Cette intertextualité jugée comme un « motif féministe[35] » pour certains, entraine un réseau d’idées et d’amitiés autour de la cette question[28].

Dans l’écriture de Nicole Brossard cette intertextualité féministe s’illustre par la représentation d’une lecture ou d’une relecture de textes de femmes, souvent féministes et parfois lesbiennes, qui mettent en lumière des écrivaines peu représentées. Les textes Djuna Barnes: de profil moderne, Lesbiennes d’écriture et Picture theory sont des exemples d’une écriture intertextuelle féministe par l’évocation d’auteures américaines telles que Djuna Barnes and Gertrude Stein[34].


Écriture hybride[modifier | modifier le code]

Le « genre premier[6] » et les influences[modifier | modifier le code]

« J’ai la poésie plantée au ventre et au cœur[36] »

Pour plusieurs spécialistes de la poésie brossardienne, son style d’écriture serait comparable à celui d’Anne Hébert. Parmi eux, Karim Larose et Rosalie Lessard considèrent sa poésie au centre du lien entre les deux grandes auteures[6]. Selon ces chercheurs, le caractère inclassable, ou non attribuable à un genre littéraire, d’une majorité de leurs ouvrages repose dans la poésie inhérente à leur écriture. L’œuvre poétique imposante de Brossard n’est donc pas seulement réductible à ses recueils de poèmes, mais s’élargit à ses écrits penchant autant vers le romanesque que le théorique ou l’essayistique[6]. « La poésie, j’y reviens, elle ne me quitte jamais. C’est tout à fait mon genre. En elle et par elle, je me médite dans l’exubérance[37]. » Sous toutes ses formes, Brossard explore les limites poétiques et sémantiques de la langue. Chez elle, la forme fait sens et s’inscrit donc comme un concept essentiel de son écriture[12].

« Certains textes plus que d’autres s’écrivent avec une conscience aiguë de tout ce qui constitue une phrase : son, rythme, image, sens, résonnance, connoté, dénoté, effet symbolique, etc. Cela s’appelle un envol, une vue aérienne d’où l’on voit les frontières sans qu’elles ne nous dérangent en rien[38]. »

Par une « mobilité et [un] éclatement génériques[6] », les œuvres de Nicole Brossard s’épanouissent à travers la cohabitation d’une littérature postmoderne et d’une littérature féministe[31]. Bien que ces deux concepts semblent plutôt en désaccord, certains théoriciens voient une corrélation importante entre la pensée féministe des années soixante-dix, dite de deuxième vague, et un postmodernisme en littérature, issue d’une littérature d’après-guerre[31].  Au Québec, cette période est marquée par des convictions littéraires rendues manifestes par une majorité d’auteurs : il s’agit de bouleverser le discours phallogocentrique par la déconstruction des formes et des genres littéraires, longtemps imposés de manière radicale[31]. En ce sens, les pensées postmodernes et féministes se rejoignent sur un plan conceptuel en s’attaquant aux idéologies prescriptives d’« une vision totalisante du savoir[31] » ainsi qu’à toute pratique du discours homogénéisé réitérant un certain manichéisme[31]. Cette déconstruction, Nicole Brossard la pressent, la provoque par ses pratiques esthétiques toujours fondamentalement réfléchies voire théorisées[6],[8]. C’est d’ailleurs le cas de l’ouvrage collectif La théorie, un dimanche[39], s’inspirant, entre autres, des réflexions postmodernes et féministes, qu’elle dirige de l’été 1983 jusqu’à sa publication en 1988.

Les stratégies d'écriture[modifier | modifier le code]

Le désir d’exploration formelle de Brossard découle de cette époque effervescente. Entre la quête d’une « vérité du texte[12] » et les jeux sémantiques, ses récits questionnent constamment la distance entre la réalité et la fiction : « cet espace à combler devient le moteur de l’écriture, qui l’actionne, met les mots en mouvement[12]. » Ainsi, les mots et le corps écrivant (l’auteur.e) s’imposent d’eux-mêmes comme matériaux textuels[40].

Ce type d’autoreprésentation, très près de la mise en abyme, se répète dans beaucoup de scénarios brossardiens[31]. Dans sa poésie, la syntaxe subit un éclatement qui reflète celui du sujet lyrique[12] ; dans ses « anti-romans[40] », les voix d’une même subjectivité se déclinent en plusieurs personnages. Lorsqu’elles ont une histoire moins abstraite, les héroïnes mises en scène par Nicole Brossard incarnent la figure de l’auteure, de la traductrice ou de la lectrice.

C’est le cas des personnages et narratrices démultipliées du Désert mauve (1993) et de Baroque d’aube (1995)[31]. Cette dernière prose poétique présente même Nicole Brossard en tant que personnage de sa propre fiction[40]. Ainsi, la démultiplication des identités comme thème se reproduit esthétiquement : « Le féminin relève d’une pluralisation de l’identité qui éclate dans le texte à la manière de la dissémination de Jacques Derrida[8]. » Encore une fois, on peut faire le lien avec les procédés d’écriture d’Anne Hébert, notamment dans Kamouraska (1970)[8].

Les stratégies de déconstruction agissant dans les fictions de Nicole Brossard créent un canal de communication entre les voix émettrices et les corps récepteurs des textes[31]. Selon l’auteure, ce procédé pourrait être considéré « comme une solution possible pour l’émancipation des femmes, un espace imaginaire authentique qui leur permettrait de vivre en communauté et de transcender la réalité[31]. »

« La théorie, c’est la dimension hypothétique qui permet d’ouvrir quelques clés pour comprendre le réel et le transformer ou tout simplement pour en rêver la transformation[38]. »

Contributions à la vie littéraire[modifier | modifier le code]

Édition[modifier | modifier le code]

Fondation de revues critiques et littéraires[modifier | modifier le code]

La Barre du jour[modifier | modifier le code]

En 1965, accompagnée par Marcel Saint-Pierre, Roger Soublière et Jan Stafford, Nicole Brossard a fondé La Barre du Jour pendant qu’ils étaient étudiants à l’Université de Montréal. Cette revue se concentrait sur la littérature québécoise et elle cherchait à stimuler l’écriture et à faire évoluer la manière donc l’écriture soit produite et reçue. Elle favorise les articles sur la théorie et le formalisme. La revue présente aussi des œuvres inédites de Charles Gill, Louis-Joseph Quesnel, Nérée Beauchemin, Saint-Denys Garneau, Gaëtane de Montreuil et Émile Nelligan[41].

La Nouvelle Barre du jour[modifier | modifier le code]

En 1977, la revue a eu un changement à la direction et un nouveau nom. Maintenant appelée La Nouvelle Barre du jour, elle était sous la direction de Nicole Brossard, Michel Gay et Jean Yves Collette. La nouvelle revue comprend plus de fiction et des articles sur les luttes féminisme. Brossard a quitté la direction en 1979, mais la publication de la revue continuait jusqu’à 1990[41].

Direction d'anthologies[modifier | modifier le code]

Anthologie de la poésie des femmes au Québec (1991)[modifier | modifier le code]
Poèmes à dire à la francophonie (2002)[modifier | modifier le code]
Baiser vertige (2006)[modifier | modifier le code]

Baiser Vertige, l’anthologie préparée par Nicole Brossard, contient des textes de Anne-Marie Alonzo, Martine Audet, Germaine Beaulieu, Louky Bersianik, Marie-Claire Blais, Louise Bouchard, Nicole Brossard, Jean Chapdelaine Gagnon, Jean-Paul Daoust, Gilles Devault, Gaëtan Dostie, Gloria Escomel, Robbert Fortin, Gérald Gaudet, Gilles Jobidon, Marie Lafleur, Paul Chanel Malenfant, Alain Bernard Marchand, Jovette Marchessault, André Martin, Erín Moure, André Roy, Pierre Salducci, Pierre Samson, Gail Scott, Nathalie Stephens, Michel Tremblay, Lise Vaillancourt et Marc Vaillancourt.

« Pour la première fois, voici réunis en une anthologie des textes québécois de poésie et de prose qui font écho aux amours et à la solitude gaies, à la révolte et aux rêves lesbiens. Animés de colère ou de mélancolie, d'amour fou ou de peine vive, vingt-neuf auteurs donnent à lire, dans un croisement d'époques et de générations, l'enfance, le plaisir, le désir et la perte. Baiser vertige permet ainsi de découvrir sous un angle nouveau une part importante de la littérature québécoise. »[42]

Théories[modifier | modifier le code]

Écriture au féminin[modifier | modifier le code]

Théorie/fiction[modifier | modifier le code]

Picture Theory (1982)[modifier | modifier le code]

« Picture Theory est écrit dans la modernité, la postmodernité, dans le désir de transcendance contre une culture qualifiée de décadente. Ce roman est écrit dans le mélange des genres : bribes biographiques, fragments théâtraux, passages narratifs ou descriptifs, poésie. Un travail de l’écriture en train de se faire. […] Ce roman présente cinq femmes : Florence Dérive, Claire Dérive, Oriana Longavi, Danielle Judith et la narratrice. Elles veulent subvertir le code de la langue et dénoncer ses préjugés sexistes. Le pronom je énoncé par la narratrice dans un ici et maintenant soulève la difficulté pour la femme de faire sens dans la culture patriarcale. L’écriture est alors un lieu d’échange inter-culturel entre l’hétérosexualité et l’homosexualité[8]. »

La Théorie, un dimanche (1988)[modifier | modifier le code]

« La théorie, un dimanche est un recueil dans lequel chacune de nous fait le point sur une problématique qui la touche particulièrement. Cette réflexion est suivie d’un texte de fiction inédit (dans certains cas, extrait d’un livre en préparation) qui rend compte de notre travail d’écriture. Aussi ce livre est-il tout à la fois tissé de nos singularités et de leurs points de rencontre. C’est un livre où chacune signe un parcours, un questionnement, itinéraire de conscience que nous espérons partager avec vous comme une continuité et un devenir[43]. »

Jean-Pierre Masse réalise un documentaire, La théorie, un dimanche : sweet suite (2000), prenant pour sujet cette collaboration d’écrivaines.

Bibliographie sélective de l'auteure[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Aube à la saison, dans le recueil Trois, Presses de l'A.G.E.U.M, cahier 12, 1965
  • Mordre en sa chair, Éditions Estérel, 1966
  • L'écho bouge beau, Éditions Estérel, coll. « Quoi » , 1968
  • Le Centre blanc, Éditions d'Orphée, 1970 ; réédition augmentée sous le titre Le Centre blanc - poèmes 1965-1975, Éditions de l'Hexagone, coll. « Rétrospectives », no 13, 1978
  • Suite logique, Éditions de l'Hexagone, 1970
  • Mécanique jongleuse, coll. « Génération », 1973 ; réédition augmentée de Masculin grammaticale, Éditions de l'Hexagone, 1974
  • La partie pour le tout, L'Aurore, coll. « Lecture en vélocipède », no 16, 1975
  • D'arc de cycle la dérive, Éditions de la Maison, 1979
  • Amantes, Quinze, coll. « Réelles », 1980
  • Le sens apparent, Flammarion, coll. « Textes », 1980 (ISBN 2-08-064268-5)
  • « Domaine d’écriture », La Nouvelle Barre du jour, n° 154, 1985
  • Double Impression - poèmes et textes 1967-1984, Éditions de l'Hexagone, coll. « Rétrospectives » no 18, 1984
  • Journal intime ou Voilà donc un manuscrit, Les Herbes rouges, 1984 (ISBN 2920051091) ; réédition, Les Herbes rouges, 2008 (ISBN 978-2-89419-269-6)
  • L'Aviva, La Nouvelle Barre du Jour, 1985
  • Mauve, avec Daphne Marlatt, La Nouvelle Barre du Jour/Writing, coll. « Transformance », 1985
  • Character/Jeu de lettres, avec Daphne Marlatt, La Nouvelle Barre du Jour/Writing, coll. « Transformance », 1986
  • Sous la langue/Under Tongue, édition bilingue, trad. par Susanne de Lotbinière-Harwood, L'Essentielle/Gynergy Books, 1987
  • Installations : avec et sans pronoms, Trois-Rivières/Pantin, Écrits des Forges/Castor astral, 1989
  • À tout regard, Bibliothèque québécoise, coll. « Littérature », 1989
  • Typhon dru, Colombes, Collectif Générations, 1990 ; réédition augmentée de La matière harmonieuse manœuvre encore, édition bilingue, trad. par Carolyne Bergvall, Reality Press, 1997
  • La Subjectivité des lionnes, Le Buisson ardent/L'arbre à paroles, 1991
  • Langues obscures, Éditions de l'Hexagone, coll. « L'Hexagone/Poésie », 1992
  • La nuit verte du parc Labyrinthe, Trois, coll. « Topaze », 1992
  • « Flesh, song(e) et promenades », Lèvres urbaines, n° 23, 1993
  • Vertige de l'avant-scène, Écrits des Forges/L'Orange bleue, 1997
  • Au présent des veines, Écrits des Forges/Éditions Phi/Grand océan, 1999
  • Musée de l'os et de l'eau, Éditions du Noroît/Cadex Éditions, coll. « Résonance », 1999
  • Cahier de roses & de civilisation, Éditions d'art Le Sabord, coll. « Excentriq », 2003
  • Je m'en vais à Trieste, Écrits des Forges/Éditions Phi/Le bruit des autres, 2003
  • Après les mots, Écrits des Forges/Éditions Phi, 2007
  • Ardeur, Écrits des Forges/Éditions Phi, coll. « Graphiti », 2008
  • D'aube et de civilisation - poèmes choisis, 1965-2007, anthologie préparée par Louise Dupré, Typo, 2008 (ISBN 978-2-89295-228-5)
  • Lointaines, Éditions Caractères, 2010
  • Piano blanc, Éditions de l'Hexagone, coll. « L’appel des mots », 2011

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Un livre, Éditions du Jour, coll. « Les romanciers du jour », 1970 ; réédition, Quinze, coll. « Quinze/présence », 1980
  • Sold-out. Étreinte-illustration, Éditions du Jour, coll. « Les romanciers du jour », 1973 ; réédition, Quinze, coll. « Quinze/présence », 1980
  • French Kiss. Étreinte-exploration, Éditions du Jour, coll. « Nouvelle culture », 1974 (ISBN 0776006193) ; réédition, Quinze, coll. « Quinze/présence », 1980
  • L'amèr ou Le chapitre effrité, Quinze, 1977 ; réédition sous le titre L'amèr ou Le chapitre effrité. Théorie/Fiction, Éditions de l'Hexagone, coll. « Typo », 1988
  • Picture theory. Théorie-fiction, Éditions Nouvelle Optique, coll. « Fiction », 1982 ; réédition, Éditions de l’Hexagone, coll. « Typo », 1989
  • Le Désert mauve, Éditions de l'Hexagone, coll. « Fictions », 1987 (ISBN 2890062805) ; réédition, Éditions de l'Hexagone, coll. « Typo », 2009 (ISBN 978-2-89295-249-0)
  • Baroque d'aube, Éditions de l'Hexagone, coll. « Fictions », 1995 (ISBN 2-89006-549-9)
  • Hier, Québec Amérique, coll. « Mains libres », 2001 (ISBN 2-7644-0117-5)
  • La capture du sombre, Leméac, 2007 (ISBN 978-2-7609-3288-3)

Théâtre[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Double Impression - poèmes et textes 1967-1984, Éditions de l'Hexagone, coll. « Rétrospectives » no 18, 1984
  • Journal intime ou Voilà donc un manuscrit, Les Herbes rouges, 1984 (ISBN 2920051091) ; réédition augmentée de Œuvre de chair et métonymies, Les Herbes rouges, 2008 (ISBN 978-2-89419-269-6)
  • La lettre aérienne, Les Éditions du remue-ménage, coll. « Itinéraires féministes », no 3, 1985 ; réédition, Les Éditions du remue-ménage, 2009 (ISBN 978-2-89091-280-9)
  • « L'angle tramé du désir » et « Éperdument » dans La Théorie, un dimanche, Les Éditions du remue-ménage, coll. « Itinéraires féministes », 1989 (en collaboration avec Louise Cotnoir, Louky Bersianik, Louise Dupré, Gail Scott et France Théoret)
  • Elle serait la première phrase de mon prochain roman/She Would Be the First Sentence of My Next Novel, édition bilingue, trad. par Susanne de Lotbinière-Harwood, Mercury Press, 1998
  • L'horizon du fragment, Éditions Trois-Pistoles, coll. « Écrire », 2004
  • Et me voici soudain en train de refaire le monde, Mémoire d'encrier, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Nicole Brossard », sur l'Encyclopédie Canadienne (consulté le 18 novembre 2019)
  2. (en) « Nicole Brossard, Compagne des arts et des lettres du Québec », sur CALQ (consulté le 18 novembre 2019)
  3. Valérie Mailhot et Catherine Parent Beauregard, « Bibliographie de Nicole Brossard », Voix et Images, vol. 37, no 3,‎ , p. 97–123 (ISSN 0318-9201 et 1705-933X, DOI https://doi.org/10.7202/1011956ar, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2019)
  4. a et b (en-US) « Nicole Brossard » (consulté le 3 décembre 2019)
  5. « Les Nuits de la poésie à travers le temps », sur Le Devoir (consulté le 19 novembre 2019)
  6. a b c d e et f Karim Larose et Rosalie Lessard, « Nicole Brossard : le genre premier », Voix et Images, vol. 37, no 3,‎ , p. 7–12 (ISSN 0318-9201 et 1705-933X, DOI https://doi.org/10.7202/1011949ar, lire en ligne, consulté le 21 novembre 2019)
  7. Maher, Eamon., Un regard en arrière vers la littérature d'expression française du XXe siècle : questions d'identité et de marginalité : actes du colloque de Tallaght, Presses universitaires de Franche-Comté, (ISBN 2-84867-107-6 et 978-2-84867-107-9, OCLC 62679565, lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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