McKinsey & Company

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McKinsey & Company
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Création [1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs James Oscar MacKinsey et Marvin BowerVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés James Oscar McKinsey, Marvin Bower, Ian Davis, Rajat Gupta
Forme juridique Société par actionsVoir et modifier les données sur Wikidata
Slogan Change that Matters
Siège social New York, New York
Drapeau États-Unis
Direction Bob Sternfels
Activité Société de conseil auprès des directions générales
Produits Conseil en stratégieVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 33 000[2]
Site web http://www.mckinsey.com

Chiffre d'affaires 10,5 milliards de dollars (2018)[2]

McKinsey & Company est un cabinet international de conseil en stratégie dont le siège est situé à New York City, aux États-Unis[3]. McKinsey fut fondé en 1926 par James O. McKinsey, professeur à l'Université de Chicago[4]. En 2021, McKinsey compte plus de 130 bureaux répartis dans 65 pays et réunissant près de 30 000 personnes.[5],[6] Avec Bain et BCG, ils forment les « MBB »[7], les trois plus grands cabinets de conseil en stratégie au monde en termes de chiffre d'affaires. Selon le classement annuel Vault, McKinsey est fréquemment considéré comme le plus prestigieux au monde[8],[9],[10].

McKinsey est notamment réputé pour son processus de recrutement ultra-sélectif (entre 200 000 et 1 million de candidatures par an, <1% d’admis)[11],[12],[13]. McKinsey recrute principalement parmi les meilleures écoles de commerce au monde (par exemple Harvard, Stanford, ou encore Wharton[14])[15],[16].

Historique[modifier | modifier le code]

McKinsey & Company est fondé à Chicago en 1926 par James Oscar McKinsey, un professeur renommé de l'Université de Chicago[17]. James McKinsey quitte le cabinet en 1935 pour devenir directeur général de Marshall Field's, avant de mourir brusquement d'une pneumonie en 1937[18]. La firme participe également à un certain nombre de projets pro bono pour des organisations humanitaires[Lesquelles ?]. Forbes a estimé le chiffre d'affaires de l'entreprise à 7,8 milliards de dollars pour 2013[19]. En 2020, McKinsey a été classé à la première position du classement Vault[20] des cinquante meilleurs cabinets de conseil mondiaux et a été jugé l'employeur post-MBA le plus attrayant par les diplômés des dix programmes MBA les plus sélectifs[21][source insuffisante].

L'entreprise est présentée comme particulièrement « fertile en futurs CEO » : en 2007, seize CEO d'entreprises mondiales cotées à plus de 2 milliards de dollars étaient des anciens de McKinsey & Company (classement USA Today 2008[22]).

Scandales et controverses[modifier | modifier le code]

McKinsey est le cabinet de conseil qui a incité l'entreprise Enron à mettre en place des pratiques comptables douteuses et à orienter la stratégie de l'entreprise vers le trading d'électricité et de matières premières. En 2001, le scandale financier Enron éclate et l'entreprise fait faillite[23]. La responsabilité de McKinsey est soulignée par la presse financière[24],[25].

En 2006, McKinsey aurait recommandé à l'entreprise Boeing de corrompre des fonctionnaires indiens afin d’exploiter une mine de titane. Dans une présentation PowerPoint, les consultants de McKinsey auraient identifié, pour les dirigeants de Boeing, huit fonctionnaires indiens à corrompre[26]. McKinsey a réfuté ces accusations[27].

McKinsey a contribué à la crise économique et financière de 2007-2008 en encourageant les banques à titriser les crédits immobiliers de leurs clients via des MBS (Mortgage Backed Securities) et à augmenter les montants de dette dans leur bilan afin de bénéficier d'effets de levier contribuant ainsi à augmenter leur exposition au risque[28].

En 2012, Rajat Gupta, directeur général de McKinsey de 1994 à 2003, est reconnu coupable de délits d'initié et est condamné à 2 ans de prison[29].

En 2015, McKinsey effectue une mission auprès du gouvernement d'Arabie Saoudite afin de déterminer l'opinion de la population à propos des réformes économiques d'austérité mises en place pour compenser la baisse du prix du baril de pétrole. Dans une note de 9 pages, les consultants de McKinsey relève que 3 personnes (l'écrivain et journaliste Khalid al-Alkami, M. Abdulaziz un dissident saoudien exilé au Canada, et un internaute anonyme postant sous le nom de Ahmad) formulent des critiques particulièrement virulentes à l'égard des réformes menées par le gouvernement. Après la remise de la note, Khalid al-Alkami est arrêté et deux de ses frères sont emprisonnés[30],[31].

En 2016, le cabinet McKinsey est impliqué dans le scandale et l'effondrement en bourse de Valeant Pharmaceuticals[32]. Le New York Times révèle un potentiel conflit d'intérêts entre les consultants de McKinsey et le hedge fund MIO Partners appartenant au cabinet McKinsey[33].

En 2018, le New York Times révèle que le cabinet McKinsey travaille pour le compte de plusieurs gouvernements autoritaires comme celui de la République Populaire de Chine[34]. McKinsey a estimé que l'article du New York Times peignait « une image trompeuse » du cabinet[35].

En 2018, McKinsey est impliqué dans un scandale de corruption et de blanchiment d'argent pour la famille Gupta en Afrique du Sud[36],[37]. En 2018, McKinsey accepte de rembourser près d'1 milliard de rands perçus en commissions via les contrats liés à l'affaire et rembourse 650 millions de rands supplémentaires en [36],[38].

En , l'entreprise est impliquée dans le scandale des opioïdes avec Purdue Pharma, qui commercialise l'OxyContin aux USA[39], et Johnson & Johnson. La société de conseil est notamment accusée d'avoir fait des recommandations marketing à ces fabricants d'opioïdes afin d'accroitre leurs ventes. D'après les documents judiciaires produits par les plaignants, le cabinet de conseil a recommandé au groupe pharmaceutique de se concentrer sur les dosages élevés considérés comme les plus lucratifs. On estime que la consommation de telles substances sur ordonnance a quadruplé entre 1999 et 2018, période visée par ces procédures, et pendant laquelle près de 500 000 Américains sont morts des suites d'un usage abusif d'opioïdes. En , la presse révèle que McKinsey accepte de verser 573 millions de dollars pour clore les procédures engagées par 49 États américains. L'entreprise n'a ni reconnu ni rejeté les faits qui lui étaient reprochés[40],[41].

Le recours par le gouvernement français à ce cabinet de conseil pour les questions logistiques de la campagne de vaccination contre le covid-19 suscite la polémique[42],[43], coûtant des millions d'euros au contribuable pour un résultat peu probant. Un rapport de la Cour des comptes de 2018 prévenait pourtant déjà que « en matière de conseil stratégique, la qualité des travaux est souvent faible, les préconisations très générales et laconiques »[44].

En , McKinsey interdit à ses collaborateurs basés en Russie de participer aux manifestations pro-Navalny, un militant hostile à Vladmir Poutine, et de poster des messages politiques sur les réseaux sociaux. Pour Henry Foy, correspondant à Moscou du Financial Times, rester « neutre », comme le recommande McKinsey à ses employés, dans la Russie de Poutine, revient à soutenir le statu quo, c'est-à-dire un gouvernement autoritaire[45]. Le , Anticor saisit la Commission d’accès aux documents administratifs après qu'une demande de communication des documents relatifs aux marchés publics et aux délibérations n'ait pas abouti[46].

En , Le Monde publie une enquête sur McKinsey & Company France Inc qui révèle que son siège social est au Delaware[43],[47]. L’entreprise n’y exerce pas d’activité réelle, ce qui lui permettrait de ne payer que 175 $ d’impôts par an[48],[44]. La société répond qu’elle « déclare ses activités en France, et paie la fiscalité directe et indirecte due chaque année »[48].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le cabinet est organisé en pôles de compétences sectorielles (aérospatial, automobile, chimie), et par pôles de compétences fonctionnelles (analytics, marketing, restructuration)[49].

En 2020, la firme compte 33 000 salariés dont 18 000 consultants. Près de 140 nationalités sont présentes au sein du groupe[réf. nécessaire].

En France, McKinsey dispose de 470 consultants en 2019[50]. Les grandes écoles françaises dont sont le plus issus les consultants de McKinsey (basés en France et à l'étranger) sont l'INSEAD (911 salariés en 2019), HEC Paris (354), Sciences Po Paris (144), CentraleSupélec (128), ESCP Business School (125), ESSEC Business School (121) et l'École Polytechnique (78)[51].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.forbes.com/companies/mckinsey-company/ »
  2. a et b « America's Largest Private Companies: McKinsey & Company » (consulté le 7 décembre 2020)
  3. https://www.bloomberg.com/profile/company/13143Z:US
  4. https://www.mckinsey.com/about-us/overview/history-of-our-firm
  5. https://www.mckinsey.com/locations#
  6. https://www.mckinsey.com/about-us/overview
  7. « Bain, BCG, McKinsey : ce qu’il faut savoir avant de postuler », sur Les Echos Start, (consulté le 5 février 2021)
  8. https://www.vault.com/best-companies-to-work-for/consulting/best-consulting-firms-prestige
  9. https://www.vault.com/blogs/consult-this-consulting-careers-news-and-views/vaults-2020-best-consulting-firms-to-work-for
  10. https://www.vault.com/blogs/consult-this-consulting-careers-news-and-views/vaults-top-50-consulting-firms-for-2019#:~:text=I%20am%20thrilled%20to%20announce,Company%20has%20climbed%20to%20No
  11. https://www.cleverism.com/secret-to-getting-hired-at-mckinsey-bcg-or-bain/
  12. https://careerinconsulting.com/mckinsey-recruitment-process/
  13. https://casecoach.com/b/how-selective-are-bain-bcg-and-mckinsey-through-the-application-process/#:~:text=McKinsey%20reportedly%20receives%20more%20than,to%20receive%20a%20job%20offer
  14. https://www.cnbc.com/2018/06/06/how-to-land-a-job-at-mckinsey.html
  15. https://www.mba.com/business-school-and-careers/career-possibilities/bain-bcg-mckinsey-announce-2021-hiring
  16. https://www.efinancialcareers.com/news/2018/11/top-mba-programs-job-mckinsey-bain-bcg
  17. (en) « McKinsey & Company on the Forbes America's Largest Private Companies List », sur Forbes (consulté le 6 décembre 2018)
  18. (en) Marc Baaij, An Introduction to Management Consultancy, SAGE, , 600 p. (ISBN 978-1-4462-9683-7, lire en ligne)
  19. (en) Dirk Morschett, Hanna Schramm-Klein et Joachim Zentes, Strategic International Management : Text and Cases, Wiesbaden, Springer, (ISBN 978-3-658-07884-3, lire en ligne)
  20. « 2020 Vault Consulting 50 », sur vault.com.
  21. à savoir Harvard Business School, Stanford Graduate School of Business, Wharton School, Insead, MIT Sloan School of Management, Chicago Booth, Columbia Business School, London Business School, Kellogg School of Management et IMD.
  22. « Top 19 companies at producing CEOS », sur usatoday.com.
  23. (en) « The firm that built the house of Enron : McKinsey refocused the energy firm. Now it fears collateral damage from the collapse. », sur The Guardian, (consulté le 5 février 2021)
  24. (en) « Inside McKinsey », Bloomberg.com,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2021)
  25. (en-US) Suein Hwang et Rachel Emma Silverman, « McKinsey's Close Relationship With Enron Raises Question of Consultancy's Liability », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 5 février 2021)
  26. (en-US) Walt Bogdanich et Michael Forsythe, « ‘Exhibit A’: How McKinsey Got Entangled in a Bribery Case (Published 2018) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 février 2021)
  27. https://www.mckinsey.com/about-us/media/statement-on-new-york-times-article-on-mckinsey-and-boeing
  28. (en) Ben Chu, « McKinsey: How does it always get away with it? », sur The Independent, (consulté le 5 février 2021)
  29. (en) Walter Pavlo, « Former McKinsey and Co. Boss, Rajat Gupta, Guilty of Insider Trading », sur Forbes, (consulté le 4 février 2021)
  30. (en-US) Katie Benner, Mark Mazzetti, Ben Hubbard et Mike Isaac, « Saudis’ Image Makers: A Troll Army and a Twitter Insider (Published 2018) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 février 2021)
  31. (en) Emily Stewart, « NYTimes report shows how Twitter, McKinsey were complicit in helping Saudi Arabia silence critics », sur Vox, (consulté le 4 février 2021)
  32. (en) John Gapper, « McKinsey’s fingerprints are all over Valeant », sur www.ft.com, Financial Times, (consulté le 4 février 2021)
  33. (en-US) Michael Forsythe, Walt Bogdanich et Bridget Hickey, « As McKinsey Sells Advice, Its Hedge Fund May Have a Stake in the Outcome (Published 2019) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 février 2021)
  34. (en-US) Walt Bogdanich et Michael Forsythe, « How McKinsey Has Helped Raise the Stature of Authoritarian Governments (Published 2018) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 février 2021)
  35. https://www.mckinsey.com/about-us/media/statement-on-new-york-times-article
  36. a et b (en) Joseph Cotterill, « South African lawmakers accuse McKinsey of possible crimes », sur www.ft.com, Financial Times, (consulté le 4 février 2021)
  37. (en-US) Walt Bogdanich et Michael Forsythe, « How McKinsey Lost Its Way in South Africa (Published 2018) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 4 février 2021)
  38. (en) Joseph Cotterill, « McKinsey to repay more than $40m over South African scandal », sur www.ft.com, Financial Times, (consulté le 4 février 2021)
  39. « Le mea culpa inédit de McKinsey », sur consultor.fr, .
  40. « Le scandale des opioïdes va coûter plus de 570 millions à McKinsey », sur Les Echos, (consulté le 4 février 2021)
  41. Crise des opiacés : McKinsey paie 573 millions de dollars pour solder des poursuites, lefigaro.fr, 4 février 2021
  42. « Vaccination : l'exécutif suscite la polémique en faisant appel à un cabinet de conseil américain », Le Figaro, (consulté le 5 février 2021)
  43. a et b « De la création d’En marche ! à la campagne de vaccination, McKinsey, un cabinet dans les pas de Macron », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 5 février 2021)
  44. a et b Anne-Sophie Mercier, « Consultant à la place du sultan », Le Canard enchaîné, no 5236,‎ .
  45. (en) Henry Foy, « McKinsey’s call for political neutrality only serves Vladimir Putin », sur www.ft.com, Financial Times, (consulté le 5 février 2021)
  46. « Anticor saisit la CADA dans le dossier McKinsey. », sur Anticor,
  47. (en) « Comment les cabinets de conseil comme McKinsey ont conquis la France », sur POLITICO, (consulté le 5 juillet 2021).
  48. a et b « Covid-19 : on vous résume la polémique autour de McKinsey, le cabinet qui conseille le gouvernement sur la stratégie vaccinale », sur Franceinfo, (consulté le 13 février 2021).
  49. « McKinsey and Company », sur consultor.fr, (consulté le 6 novembre 2019).
  50. « De la création d’En marche ! à la campagne de vaccination, McKinsey, un cabinet dans les pas d’Emmanuel Macron », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 5 février 2021).
  51. « Top 10 des écoles et universités pour intégrer McKinsey », sur Business Cool, (consulté le 5 février 2021)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Walt Bogdanich et Michael Forsythe, « How McKinsey Has Helped Raise the Stature of Authoritarian Governments », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  • Tristan Gaston-Breton, « James McKinsey, l'homme qui murmurait aux oreilles des patrons », Les Echos,‎ (lire en ligne)
  • (en) Nicholas Lemann, « The Kids in the Conference Room : How McKinsey & Company became the next big step », The New Yorker,‎ (lire en ligne)
  • (en) Jay W. Lorsch, Kathleen Durante, Harvard Business School, McKinsey & Company, Harvard Business Publishing,
  • (en) Daniel Markovits, « How McKinsey Destroyed the Middle Class », The Atlantic,‎ (lire en ligne)

Livres[modifier | modifier le code]

  • (en) Duff McDonald, The Firm : The Story of McKinsey and Its Secret Influence on American Business, Simon & Schuster, (ISBN 9781439190982)
  • (en) Ethan M. Rasiel, The McKinsey Way, McGraw-Hill Professional Publishing, (ISBN 9780070534483)

Liens externes[modifier | modifier le code]