Émile Boutmy

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Émile Boutmy
Portrait
Date de naissance
Date de décès
Profession écrivain et politologue français
Président de l’École libre des sciences politiques
Précédent Fondateur 1872-1906 Anatole Leroy-Beaulieu Suivant

Émile Boutmy, né le et mort à Paris le , est un écrivain et politologue français. Associé à la constitution de la science politique, il est le fondateur de l'École libre des sciences politiques, plus connue sous le nom de Sciences Po.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après de brillantes études au lycée Bonaparte (actuel Condorcet), il étudie le droit et soutient un doctorat. Il enseigne ensuite le droit public, puis, de 1867 à 1870, l'histoire et les civilisations comparées de l'architecture à l'École spéciale d'architecture.

Frappé par l'ignorance des questions politiques de l'opinion pendant la guerre franco-prussienne et la Commune, il fonde avec René Stourm en 1872, l'École libre des sciences politiques (Sciences Po) en s'entourant d'un groupe d'universitaires et d'industriels tels que Hippolyte Taine, Ernest Renan, Albert Sorel et Paul Leroy-Beaulieu. Il y assure de 1873 à 1890 l'enseignement d'histoire constitutionnelle de l'Angleterre, de la France et des États-Unis et sera directeur de l'établissement jusqu'à sa mort en 1906.

En 1879, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

Il est aussi membre du Cercle Saint-Simon.

Au cours d'une polémique à la fin des années 1880, il défend l'autonomie des sciences politiques, qu'il considère « en grande majorité expérimentales et inductives », quand Claude Bufnoir, professeur des universités, insiste sur leur parenté avec le droit public.

Le principal amphithéâtre de l'Institut d'études politiques de Paris, inauguré en 1936, porte son nom.

Citations[modifier | modifier le code]

Après la Commune de Paris

« Nous avions été frappés de l'ignorance avec laquelle l'opinion s'était prononcée sur de si grandes aventures. Nous nous sommes demandé s'il n’était pas possible de faire mieux comprendre à la génération qui grandit la complexité et la difficulté des questions politiques. »

Dans Quelques idées sur la création d'une faculté libre d'enseignement supérieur

« Contraintes de subir le droit du plus nombreux, les classes qui se nomment elles-mêmes les classes élevées ne peuvent conserver leur hégémonie politique qu’en invoquant le droit du plus capable. Il faut que, derrière l’enceinte croulante de leurs prérogatives et de la tradition, le flot de la démocratie se heurte à un second rempart fait de mérites éclatants et utiles, de supériorités dont le prestige s’impose, de capacités dont on ne puisse pas se priver sans folie. »[1]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Quelques idées sur la création d'une faculté libre d'enseignement supérieur : lettres et programme, (en collaboration avec Ernest Vinet), Paris, A. Lainé, 1871.
  • Projet d'une faculté libre des sciences politiques : programme des cours (en collaboration avec Ernest Vinet), Paris, A. Lainé, 1871.
  • L'École libre des sciences politiques : extrait du rapport présenté à l'Assemblée générale du 6 février 1879, Paris, Chamerot, 1879.
  • Le Développement de la constitution et de la société politique en Angleterre, Paris, Plon/Chevalier Maresq, 1887.
  • Études de droit constitutionnel : France, Angleterre, États-Unis, Paris, Plon, 1888.
  • Le Recrutement des administrateurs coloniaux, Paris, A. Colin, 1895.
  • Le Parthénon et le génie grec, Paris, A. Colin, 1897.
  • Les Conditions démographiques de la nationalité aux États-Unis, S.l., s.n., 1899.
  • La Notion de l'État aux États-Unis, S.l., s.n., 1899.
  • Essai d'une psychologie politique du peuple anglais au XIXème siècle, Paris, A. Colin, 1901.
  • Taine, Scherer, Laboulaye, Paris, A. Colin, 1901.
  • Éléments d'une psychologie politique du peuple américain : la nation, la patrie, l'État, la religion, Paris, A. Colin, 1902.
  • À propos de la souveraineté du peuple, Paris, A. Picard, 1904.
  • Études politiques, Paris, Armand Colin, 1907.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille à l'effigie d'Émile Boutmy a été exécutée par le graveur Oscar Roty en 1896. Un exemplaire est conservé au musée Carnavalet (ND 0584) ainsi qu'au musée d'Orsay[2].

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Références et sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pierre Favre, La Naissance de la science politique en France (1870–1914), Paris, Fayard, 1989.
  • Hervé Guettard, Un réformiste libéral. Émile Boutmy (1835–1906), thèse de doctorat en histoire du XXe siècle sous la direction de Raoul Girardet, Institut d'études politiques de Paris, 1991.
  • François et Renaud Leblond, Emile Boutmy, le père de Sciences Po', Paris, Anne Carrière, 2013.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Vinet_-_Boutmy_-_Quelques_idées_sur_la_création_d'une_faculté_libre_d'enseignement_supérieur.djvu/15
  2. Plaquette Émile Gaston Boutmy