Lancelot Théodore Turpin de Crissé

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Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
Lancelot Theodore Turpin De Crisse.jpg

Louis-André-Gabriel Bouchet, Portrait de Lancelot Théodore Turpin de Crissé (vers 1807),
musée des beaux-arts d'Angers.

Naissance

Paris
Décès
(à 76 ans)
Paris
Nationalité
Française Drapeau de la France
Activités
Autres activités
membre libre de l'Académie des Beaux-Arts et inspecteur général du département des Beaux-Arts
Mouvement
Mécènes
Influencé par
Distinctions
médaille d'or du salon de 1835.
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Lancelot-Théodore comte Turpin de Crissé, né à Paris le , et mort dans cette même ville le , est un peintre et un collectionneur d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire (1782-1815)[modifier | modifier le code]

Armes Turpin de Crissé.

Peintre d'Histoire, de scène de genre, de paysage et d'architecture, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé est né le à Paris. Il est le fils d'Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé (19 mai 1754 à Paris - vers 1799 à Philadelphie) et d'Émilie-Sophie de Montullé (8 mai1756 - 12 mai 1816).

Issu d'une famille d'artistes et de collectionneurs (dont sa grand-mère Élisabeth Haudry) ruinés avant la Révolution, il est protégé par son parrain Choiseul-Gouffier qui l'emmene en Suisse. Il lui commande et achète des tableaux pour le racheter de la conscription et l'envoie à Rome finir ses études. De retour en France en 1809, Caroline Bonaparte, reine consort de Naples, le prince Eugène et l'impératrice Joséphine lui accordent leur protection et il devient chambellan de cette dernière après son divorce de Napoléon jusqu'en 1815. Ils visitent ensemble la Savoie et l'Italie vers 1810, puis il est nommé membre de l'Institut en novembre 1816. La liaison amoureuse entre Joséphine et Turpin de Crissé est assumée et connue de tous. Un grand nombre de dessins rapportés de ses voyages traduisent son goût pour les arts, goût inculqué par son père, qui s'était rendu compte de ses dons précoces. Turpin de Crissé expose au Salon de 1806 (année de sa médaille d'or) à 1835, le plus souvent des vues d'Italie, telle la Vue de la façade de Santa Maria dei Miracoli à Venise, et des paysages historiques. En 1832, il présente quatre paysages à la Royal Academy de Londres.

De retour en France, il expose au Salon de 1809. Il se lie avec Anne-Louis Girodet qui exerce une influence sur lui dans sa manière d'appréhender la technique du paysage. Le 16 novembre 1813, Turpin de Crissé épouse sa cousine issue de germain, Adèle de Lesparda (1789-1861), fille de Jean, baron de Lesparda, président du canton de Montereau et conseiller général de Seine-et-Marne, et d'Adélaïde Haudry de Soucy, dont il n'eut pas d'enfant.

La Restauration (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, il est nommé membre libre de l'Académie des Beaux-Arts et membre de la commission de Beaux-Arts en novembre 1816. Il devient membre du conseil des musées royaux en 1824, et inspecteur général du département des Beaux-Arts en 1825. La même année, il reçoit la croix de la Légion d'honneur et la charge de directeur de la gravure des cérémonies royales, chargé de l'Album du Sacre qui ne sera jamais réalisé. Il est nommé gentilhomme honoraire de la chambre du roi en 1829.

Durant cette période, il effectue trois voyages en Italie : en 1818 pour préparer le Salon de 1819, en 1824 pour compléter ses albums, et en 1829 pour sa nomination à l'Académie des Beaux-Arts de Venise. Il signe du monogramme « T T » surmonté de la croix comtale. Ses études et dessins des sept séjours italiens de jeunesse rassemblés en carnets sont publiés en 1828 sous le titre de Souvenirs du golfe de Naples, avec trente neuf planches d'après ses dessins, et dédicacés à la duchesse de Berry et à son fils le duc de Bordeaux.

La monarchie de Juillet (1830-1859)[modifier | modifier le code]

Fervent légitimiste, il démissionne de ses fonctions à l'avènement de la monarchie de Juillet en 1830 pour rentrer dans sa vie privée. Il présente encore des œuvres aux Salons de 1833, 1835 et 1837, et au salon de la Royale Académie de Londres en 1832. Il fait paraître Souvenirs du vieux Paris, exemples d'architecture de temps et de styles divers en 1835. Il continue à peindre et à militer en faveur des Bourbons jusqu'à sa mort, le 15 mai 1859 à Paris, et est inhumé au cimtière parisien du Père-Lachaise (division 10)[1].

Galerie[modifier | modifier le code]

Le collectionneur[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, ayant hérité d'un cousin Lusignan, il se constitue un cabinet éclectique comprenant des œuvres de peintres contemporains : Jean-Joseph Bidauld, Merry-Joseph Blondel, Antoine-Félix Boisselier, Alexandre-François Caminade, Antoine-Laurent Castellan, Auguste Couder, André Giroux, François Marius Granet, Heim, Charles-Victor Moench-Munich, Jean-Charles Rémond, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont, et surtout Jean Auguste Dominique Ingres (Paolo et Francesca, Bayonne, musée Bonnat-Helleu). Il collectionne aussi quelques Primitifs, en particulier un triptyque de l'école d'Avignon provenant de la collection de son ami, le peintre Charles Révoil, et un diptyque donné à l'école flamande de la fin du XVe siècle, La Vierge et l'Enfant, ainsi que le Portrait équestre d'Henri IV de Jean-Baptiste Mauzaisse.

Il achète également de nombreuses antiquités et lègue ses collections au musée des beaux-arts d'Angers. Il avait été recueilli assez jeune au château d'Angrie, en Anjou, par une parente éloignée qui s'était ému du dénuement de sa mère en Angleterre, d'où son père était reparti seul émigrer en Amérique. La famille qui vivait jusque-là très chichement de la vente de gouaches sur ivoire trouva en Lancelot-Théodore une nouvelle source de revenus. Son premier tableau, Le passage de la Loire par les Vendéens de 1793, date de ces années noires dont il devait se souvenir lors de son second exil d'août 1830, évoquant dans une lettre[réf. nécessaire] « un talent qui allait pour la deuxième fois lui devenir nécessaire » et s'y exclamant « quel roman que ma vie ! »

Ces collections sont conservées depuis 1861 dans le logis Pincé de son ami le peintre Guillaume Bodinier.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Une exposition consacrée à Lancelot-Théodore Turpin de Crissé eut lieu au musée des beaux-arts d'Angers du 16 décembre 2006 au 15 avril 2007. À cette occasion, le musée des beaux-arts de Boston y avait prêté le Temple of Antonius and Faustina et The bay of Naples. Cette exposition a été ensuite présentée à la bibliothèque Marmottan de Boulogne-Billancourt, du 10 mai au 30 juin 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ (lire en ligne), p. 336

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé 1782-1859, [catalogue de l'exposition Angers-Boulogne-Billancourt], La Spezzia, édité par Somogy, 2006, (ISBN 2-7572-0044-5)

Iconographie[modifier | modifier le code]

Lancelot Théodore Turpin de Crissé a été portraituré par :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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