Arte France

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Arte France
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Création (30 ans)
Dates clés

 : Début des émissions de La Sept
 : Création d'Arte
 : Début des émissions d'Arte
 : Changement de nom pour La Sept-Arte
 : GIE avec La Cinquième

 : Changement de nom pour Arte France
Personnages clés Georges Duby, Jérôme Clément
Forme juridique Société anonyme à directoire et conseil de surveillance
Siège social Drapeau de France Issy-les-Moulineaux (France)
Direction Véronique Cayla (présidente)
Anne Durupty (directrice générale)
Actionnaires France Télévisions (45 %)
État français (25 %)
Radio France (15 %)
INA (15 %)
Activité Télévision, radiodiffusion, édition, cinéma
Produits Chaînes de télévision, web radio, production audiovisuelle, édition
Sociétés sœurs Arte Deutschland TV GmbH
Filiales Arte France Cinéma
Arte France Développement
Arte Radio

Arte France est une société française d'édition de programmes de télévision créée le sous le nom La Sept. Elle devient le pôle français de la chaîne franco-allemande Arte à la création de cette dernière le . Elle prend le nom La Sept-Arte le , puis son nom actuel le .

La société possède des filiales dans le cinéma avec Arte France Cinéma, la radio avec Arte Radio et l'édition (livre ou multimédia) et la production avec Arte France Développement. Elle a également participé ou participe encore au financement de chaînes françaises et internationales telle que TV5 Monde.

Histoire de la société[modifier | modifier le code]

La Sept (1986-1990)[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, le paysage audiovisuel français est en plein bouleversement avec une libéralisation menant à l'apparition d'opérateurs privés (Canal+, La Cinq, TV6 et TF1). Dès 1984, François Mitterrand, alors président de la République, a l'idée d'une chaîne culturelle et éducative à vocation européenne[1]. Le , Georges Fillioud, secrétaire d'État chargé des Techniques de la communication dans le gouvernement Laurent Fabius, charge Pierre Desgraupes, ancien PDG d'Antenne 2, d'imaginer un nouveau programme de télévision publique de dimension européenne destiné à être diffusé par le futur satellite TDF 1. En , Desgraupes remet le rapport « Canal 1 », et le mois suivant, le gouvernement annonce la création d’une nouvelle chaîne de service public inspirée du rapport[2].

Le , La Sept, pour « Société d'Édition de Programmes de Télévision », est créée. Elle est détenue à 45 % par FR3, à 25 % par l'État français, à 15 % par Radio France et à 15 % par l'INA[3]. Bernard Faivre d'Arcier est le président du directoire jusqu'à l'automne où il se voit remplacé par Georges Duby, historien au Collège de France. En , la société se dote d'un Comité des programmes ouvert aux représentants des chaînes publiques européennes. Le , La Sept signe un premier accord de coopération avec la ZDF (Allemagne). Entre 1987 et 1988, de nombreux autres accords sont signés avec l'ARD (Allemagne), la RTBF (Belgique), la SSR (Suisse), la Danmarks Radio (Danemark), la SVT (Suède), Channel 4 (Royaume-Uni), l'ORF (Autriche), la RTVE (Espagne) et l'ERT (Grèce)[2].

Le , La Sept devient la « Société européenne de programmes de télévision » et change de statut pour devenir diffuseur en plus de producteur de programmes[1],[2]. En avril, elle reçoit l'autorisation du CSA d'émettre sur un canal du satellite TDF 1[4], et commence la diffusion le [3],[5]. La chaîne passe des accords pour que son signal soit repris sur les réseaux câblés européens et sur les réseaux hertziens d'Europe de l'Est[2]. En France, Jérôme Clément, président de La Sept, obtient que ses programmes soient repris le samedi après-midi sur FR3 à partir du [3].

Intégration dans Arte (1990-1992)[modifier | modifier le code]

Le , à la veille de la réunification allemande, un traité interétatique entre la France et les onze länder allemands établissant les fondements d'une Chaîne Culturelle Européenne (CCE) est signé à Berlin. Le , la chaîne Arte, pour « Association relative à la télévision européenne », est créée sous la forme d'un groupement européen d'intérêt économique (GEIE). Le groupement est composé de deux pôles paritaires : La Sept en France et Arte Deutschland TV GmbH en Allemagne[3].

Le , La Sept crée La Sept Cinéma, une société de production cinématographique. En , elle fonde La Sept Vidéo, une société de production, d'édition et de commercialisation de vidéos[3].

Le , Arte débute sa diffusion par câble et satellite lors d'une soirée spéciale en direct de l'Opéra de Strasbourg. Le , la chaîne étend sa visibilité en France en récupérant le 5e réseau hertzien terrestre français, jusqu'alors attribué à La Cinq qui vient de faire faillite[3],[6]. La Sept a perdu son rôle de diffuseur et n'est plus qu'une société d'édition de programmes de télévision intégré dans Arte.

La Sept-Arte (1993-2000)[modifier | modifier le code]

Le , La Sept change de nom en La Sept-Arte[3].

En , La Sept-Arte lance Arte Éditions, qui doit prolonger les programmes de la chaîne dans le domaine du livre et du multimédia[3].

En 1994, une nouvelle chaîne publique voit le jour : La Cinquième. Le ministre de la Communication Nicolas Sarkozy impose alors la création le d'un groupement d'intérêt économique (GIE) incluant La Sept-Arte et La Cinquième afin de faire des économies. À partir du , les deux chaînes doivent se partager le canal no 5 : La Cinquième diffuse de h à 19 h et Arte le reste du temps[7],[8]

Le , la chaîne Festival (future France 4) fait ses débuts. La Sept-Arte en est actionnaire à hauteur de 11 %[9].

Fin 1996, face à l'échec du GIE La Sept-Arte/La Cinquième en termes d'économies, le ministre de la Culture Philippe Douste-Blazy envisage la création d'une nouvelle société dotée d'un budget propre[10]. Cette structure est mise en place par le gouvernement Jospin après les élections législatives françaises de 1997[7].

Le , La Sept Cinéma prend le nom d'Arte France Cinéma[3].

En , La Sept-Arte/La Cinquième devient actionnaire de la chaîne francophone internationale TV5 Monde à hauteur de 12,5 %. TV5 Monde diffuse quelques émissions d'Arte France qu'elle co-produit ou achète et réalise le sous-titrage en 13 langues[11],[12].

Au moment de la création du groupe France Télévisions en 2000, le gouvernement Jospin, sa ministre de la Culture et de la Communication Catherine Trautmann, et le directeur des chaînes publiques Marc Tessier veulent faire passer le groupement La Sept-Arte /La Cinquième dans le giron de la nouvelle holding publique. Jérôme Clément, président du Comité de gérance d'Arte, obtient avec l'appui des Allemands qu'Arte soit maintenue en dehors par un amendement voté au Sénat le . La chaîne reste donc indépendante[13],[14],[15], tandis que La Cinquième intègre France Télévisions le et prend le nom de France 5 le [7].

Arte France (depuis 2000)[modifier | modifier le code]

Le , La Sept-Arte prend le nom d'Arte France. Le , La Sept Vidéo change de nom pour Arte France Développement[3].

En 2001, Arte France devient actionnaire à 25 % de l'Agence française de coopération médias (CFI), chargée d'aider le développement des médias des pays du Sud[16]. Une convention fixant le cadre de la collaboration est signée entre les deux sociétés le [17]. En , Arte France devient actionnaire à 15 % de la nouvelle chaîne culturelle canadienne francophone ARTV[11]. Elle revend sa participation à Radio Canada le [18].

En , Arte France lance Arte Radio, une webradio à la demande qui propose des courts-métrages (reportages, documentaires, créations sonores...)[19],[20].

En 2008, lors de création de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), Arte France réduit sa participation dans TV5 Monde à moins de 4 %[12].

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Le Directoire[modifier | modifier le code]

Le Directoire assure la gestion de la société. Il est composé de trois membres nommés pour cinq ans : le président, le directeur général et le directeur de la gestion et de la coordination[21].

Présidents[22] :

Directeurs généraux[22] :

Le Conseil de surveillance[modifier | modifier le code]

Le Conseil de surveillance décide des grandes orientations stratégiques et économiques, et contrôle et nomme les membres du Directoire. Il est composé de onze membres qui se réunissent quatre fois par an[21].

Présidents du conseil de surveillance :

Vice-présidents :

Mission[modifier | modifier le code]

Arte France, comme Arte Deutschland TV GmbH, est chargée de concevoir, produire et acheter des programmes pour alimenter la grille d'Arte[31]. Les deux pôles doivent fournir respectivement 40 % des programmes et les chaînes européennes partenaires les 20 % restants[32].

Capital[modifier | modifier le code]

Le capital d'Arte France est détenu conjointement par des entreprises publiques ou des organismes d'État[31] :

Siège social[modifier | modifier le code]

Le siège d'Arte France se situe au 8 rue Marceau à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine[33].

Activités[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Arte France participe au capital de plusieurs chaînes de télévision en France et à l'international :

  • Arte, chaîne franco-allemande à vocation culturelle européenne
    Détenue à parité par Arte France et Arte Deutschland TV GmbH ;
  • TV5 Monde, chaîne francophone internationale créée le
    Arte France est actionnaire à 12,5 % depuis 1999, réduit à 3,29 % en 2008.

Elle a également été par le passé au capital de plusieurs chaînes :

  • Arte Belgique, version belge d'Arte diffusée du à 2015 ;
  • Festival, chaîne thématique créée le et remplacée par France 4 le
    Arte France est actionnaire à 11 % jusqu'à sa disparition ;
  • ICI ARTV (ex-ARTV), chaîne culturelle québécoise créée le
    Arte France est actionnaire à 15 % à sa création et revend sa participation le .

Radio[modifier | modifier le code]

  • Arte Radio, webradio à la demande créée en qui propose des courts-métrages (reportages, documentaires, créations sonores...) dans sa sonothèque.

Production et autres[modifier | modifier le code]

  • Arte France Cinéma (ex-La Sept Cinéma), société de production cinématographique créée le  ;
  • Arte France Développement (ex-La Sept Vidéo), société créée en 1992 qui regroupe :
    • Arte Studio, société proposant des moyens de conception, la réalisation et production de projets audiovisuels ;
    • Arte Éditions, société d'édition et de commercialisation de livres, DVD, CD et BD, créée en  ;
  • Agence française de coopération médias (CFI), agence du ministère des Affaires étrangères chargée d'aider le développement des médias des pays du Sud
    Arte France est actionnaire à 25 % depuis 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est en plus président du Comité de gérance d'Arte GEIE du au puis du au et vice-président du au puis du au .
  2. Elle est en plus présidente du Comité de gérance d'Arte GEIE du au .
  3. Il est en plus directeur des programmes d'Arte GEIE du au et directeur de la gestion du au .
  4. Elle est en plus vice-présidente du Comité de gérance d'Arte GEIE depuis le .
  5. Il est en plus vice-président de l'Assemblée générale d'Arte GEIE du au .
  6. Il est en plus président de l'Assemblée générale d'Arte GEIE depuis le .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Naissance d'Arte, télévision franco-allemande », sur le site de l'Ina (consulté le 4 décembre 2015).
  2. a, b, c, d et e Pierre Lefort, « La Sept et le projet de chaîne culturelle européenne », Relations internationales, Presses universitaires de France, no 126,‎ , p. 97-110 (ISBN 9782130556565, lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k [PDF]« 1991-2001 : Arte 10 ans », sur le site d'Arte,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  4. « Décision européenne du 20 avril 1989 no 89-46 du CSA », sur legifrance.gouv.fr (consulté le 4 décembre 2015).
  5. « Lancement de La Sept », sur le site de l'Ina,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  6. Aurélie Marx, « Arte, une aventure franco-allemande », sur histoire-entreprises.fr,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  7. a, b et c « La Cinquième, la chaîne de la connaissance », sur le site de l'Ina,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  8. « France 5 leur doit beaucoup », sur le site du Parisien,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  9. Martine Esquirou, « Festival fait son cinéma à la télé », sur le site de Libération,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  10. Martine Esquirou, « Cinquième-Arte, mariage forcé. », sur le site de Libération,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  11. a et b [PDF]« Arte 20 ans », sur le site d'Arte (consulté le 4 décembre 2015).
  12. a et b « Partenariat entre Arte France et TV5 Monde », sur le site d'Arte (consulté le 4 décembre 2015).
  13. « Catherine Trautmann », sur le site du Ministère de la Culture,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  14. Emmanuel Berretta, « France Télé sans pub : Arte ne se sent pas inquiétée », sur le site du Point,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  15. Marc Endeweld, France Télévisions, Off the Record : Histoires secrètes d'une télé publique sous influences, Éditions Flammarion, 479 p. (ISBN 2081254425, lire en ligne).
  16. « CFI - L'institution », sur cfi.fr (consulté le 4 décembre 2015).
  17. « CFI / ARTE France : Signature d’une convention cadre de collaboration », sur le site d'Arte,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  18. « Arte sort de ICI-ARTV, nouveau partenariat avec Radio-Canada », sur le site du Point,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  19. « Dates clés », sur le site d'Arte (consulté le 4 décembre 2015).
  20. « Informations », sur le site d'Arte Radio (consulté le 4 décembre 2015).
  21. a et b « Les organes de décision », sur le site d'Arte (consulté le 4 décembre 2015).
  22. a et b « À la tête d'Arte », sur le site d'Arte,‎ (consulté le 4 décembre 2015)
  23. Charles-M. de La Roncière et Marie-Françoise Attard-Maraninchi, Georges Duby : L'art et l'image: une anthologie, Marseille, Éditions Parenthèses, , 203 p. (ISBN 2863646230, notice BnF no FRBNF37646286, lire en ligne).
  24. Nathalie Silbert, « Véronique Cayla prendra la tête d'Arte France en 2011 », sur le site des Échos,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  25. [PDF]« Rapport d'activité 2001 », sur le site d'Arte,‎ (consulté le 5 décembre 2015).
  26. B.R., « Entrée en fonction de Véronique Cayla à la tête d'Arte », sur le site de Télé 2 semaines,‎ (consulté le 5 décembre 2015).
  27. « Bernard-Henri Lévy nommé président du conseil de surveillance de La Sept-Arte », sur le site de Les Échos,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  28. « Hommage à Michel Guy », sur le site du ministère de la Culture,‎ (consulté le 4 décembre 2015).
  29. Fabienne Bradfer, « Toscan du Plantier meurt d'une crise cardiaque », sur le site du Soir,‎ (consulté le 5 décembre 2015).
  30. « Nicolas Seydoux Alain Wieder », sur le site de Les Échos,‎ (consulté le 5 décembre 2015).
  31. a et b « Le pôle français, Arte France », sur le site d'Arte (consulté le 5 décembre 2015).
  32. « La Conférence des programmes », sur le site d'Arte (consulté le 30 novembre 2015).
  33. « Adresses de la centrale et des pôles », sur le site d'Arte (consulté le 5 décembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]