Radio 7

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Radio 7
Description de l'image LogoRadio7.jpg.
Présentation
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Statut Radio publique
Historique
Création 2 juin 1980
Disparition 20 février 1987
Diffusion
AM Non Non
FM Oui Oui
Numérique Non Non
Numérique terrestre Non Non
Satellite Non Non
ADSL Non Non
Streaming Non Non
Podcasting Non Non

Radio 7 était une station de radio thématique du groupe Radio France. Sa cible était un public dit « jeune ». Radio publique, elle a émis sur la région parisienne, du au . À sa fermeture, la plupart de ses moyens techniques (matériel, studios et fréquences, personnel technique), ainsi qu'une partie du budget qui lui était alloué furent transférés pour créer France Info. Sa descendante implicite (thématique similaire) dans le groupe Radio France est Mouv'.

Parmi les voix emblématiques de la station, on peut noter Yves Géniès, Clémentine Célarié, Christophe Dechavanne, Sidney...


Le studio de Radio 7 (Paris) à la Maison de la radio en 1980.

Création[modifier | modifier le code]

Contexte politique[modifier | modifier le code]

À l'approche de l'élection présidentielle de 1981, les stratégies politiques s'exprimeront aussi sur le terrain médiatique et notamment au sujet des médias radiophoniques.

Le paysage radiophonique de l'époque est régi par un monopole d'État interdisant à toute radio, hors Radio France, la diffusion en FM sur le territoire français. Pour autant, les radios émettant illégalement dites « radios libres » ou « pirates » se multiplient et investissent des secteurs délaissés par l'offre « officielle » : les régions et le public jeune.

Parallèlement, dans le cadre de sa campagne, François Mitterrand annonce son intention, s'il est élu, d'abolir le monopole d'État de diffusion sur la bande FM. Dans cette perspective, on assiste dès 1980 à de profonds mouvements au sein de Radio France. Jacqueline Baudrier, présidente-directrice générale de Radio-France (1975-1981), avec l'aval de Valéry Giscard d'Estaing, crée coup sur coup trois prototypes de radios locales (Fréquence Nord, Radio Mayenne, et Melun FM) et deux stations thématiques : Radio 7 pour les jeunes, et Radio bleue pour les séniors.

Patrick Meyer prend la direction de Radio 7. Inspiré par la bande FM américaine, il est à l'origine du concept et de la première formule d'antenne.
Le 2 juin 1980, Radio 7 ouvre son antenne.

Radio 7 à Radio France[modifier | modifier le code]

Pourquoi Radio 7 ? Parce qu'elle est la septième radio créée par Radio France, après France Inter, France Culture, France Musique, FIP, RFI et Radio Bleue.

Ses locaux sont implantés au premier étage de la Maison de Radio France entre le hall principal (porte A) et la porte B. Sur moins de 100 m2, sont disposés un open space, un studio et deux cabines techniques (l'une destinée à la diffusion et l'autre à la production).

Les débuts[modifier | modifier le code]

À 7 heures du matin, le 2 juin 1980, Clémentine Célarié est la première voix de Radio 7.

Du côté de la direction, les débuts sont mouvementés puisqu'en dix-huit mois on assiste à trois changements de direction : Patrick Meyer, François Desnoyers puis Marie-France Brière. Se sont ensuite succédé à la direction de Radio 7, Francis Rousseau et Charlotte Latigrat.

On peut retenir que Patrick Meyer est amené à démissionner à la suite de pressions de la présidente de Radio France, Jacqueline Baudrier, pour annuler une intervention de Coluche (alors en campagne présidentielle) à l’antenne. Il créera aussitôt après son départ, en juin 1981, RFM.

Le Programme de Radio 7[modifier | modifier le code]

Le programme de Radio 7 est basé sur une grille segmentée par émissions sur le mode du programme frère de France Inter : un animateur chargé d’une tranche thématique (orientée vers un contenu), et dotée d’une rédaction spécifique, tandis que la concurrence des radios musicales naissantes adopte peu à peu la stratégie des radios de flux.
La tonalité du programme est à l’image des années 1980, tournée vers le rock, pop-rock, new-wave, cold-wave, punk-rock, variété anglaise et la nouvelle variété française (Daho, Niagara,…), souvent à la recherche de nouveautés.
Destinée aux jeunes publics, elle témoigne sur ses ondes de l’effervescence parisienne, de la vie artistique, cinématographique de l’époque et répond aux missions de service dédiées aux adolescents, étudiants et jeunes travailleurs dans le cadre de magazines et chroniques.
Son format (grille d’émissions thématiques à l’adresse des jeunes orientée contenu) donne à Radio 7 une stature particulière dans l’histoire des « radios jeunes ». Elle rejoint dans l’esprit de ceux qui s’en souviennent le cercle des radios historiques, parfois dites « cultes » aux côtés de Radio Nova ou La Voix du Lézard (première période) par exemple.


Personnalités de la station[modifier | modifier le code]

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Les animateurs[modifier | modifier le code]

De la création à la fermeture, les animateurs se sont succédé à l'antenne. Certains ont été employés dès les débuts, d'autres ont rejoint les programmes en cours de route. Du fait de l'évolution de l'équipe d'animation, on peut distinguer deux périodes, l'une allant de 1980 à 1984 et l'autre de 1984 à 1987.

Première période[modifier | modifier le code]

Présents sur les deux périodes[modifier | modifier le code]

  • Richard Adaridi
  • Gérard Lefort
  • Francis Cadot
  • Didier Jérôme
  • Sydney / Le hip-hop des années 1980
  • Dee-Dee

Deuxième période[modifier | modifier le code]

  • Marc Potin / Les Potins de Marc Potin
  • Bouboulina
  • Mme Ming
  • Gilles Obringer / Le Zouc, le samedi de 20h à 22h
  • Jacques Métivet / Les dialogues de films mixés sur une programmation musicale sensible
  • Bruno Lejean / Feuilletons déjantés le samedi de 11h à 12h ("Nouvelles du Front", " Le Père Noël frappe toujours 3 fois")
  • Angela / La Chica de la Radio Siete
  • Anne-Sophie Bijoux / Gazelle de Radio 7, service téléphonique pour les auditeurs relayé par des reportages à l'antenne
  • Corinne Blottin / La guerre des tubes
  • Philippe Huet / La guerre des tubes
  • Cathy Nivez / Interviews de Stars : "Identités remarquables" tous les jours de 15h à 15h15
  • Frédéric Dayan / Interviews de Stars : "Croque Stars", le Dimanche à 14h30
  • Laurent Bachet / Le ciné magazine de Radio 7, "Rushes", le samedi de 14h à 16h
  • Robert Levy-Provençal / Émission de Clubbing : "More Music, Less Talk"
  • Laurent Pavia / "Nuisances" Tous les jours de 20h à 22h
  • ...

Les journalistes[modifier | modifier le code]


Magazine de la rédaction : le samedi à 12h30

Les coloristes d'antenne[modifier | modifier le code]

C'est à Radio 7 qu'apparut de façon explicite la fonction de Coloriste d'antenne. Il s'agit de veiller à la cohérence de l'habillage d'antenne (génériques, jingles), de la production des promos et autopromos et de la rythmique d'antenne, le tout en collaboration avec le responsable des programmes.

Il y eut quatre coloristes d'antenne :

  • Didier Montebello ;
  • Jean-Pierre Hubert ;
  • Gérard Leroux ;
  • Jean-Charles Aknin.

Les techniciens[modifier | modifier le code]

Ils étaient au nombre de sept (environ suivant les périodes).

Le ton et l'énergie dispensés au cours des programmes ont incité les techniciens à développer une réactivité (rapidité, souplesse, adaptation) qui était jusque-là peu répandue dans la pratique de leur métier. L'essentiel de l'antenne se faisait en direct et la composante d'improvisation était importante. Du point de vue de la réalisation radiophonique, Radio 7 (et avec elle, bon nombre de « radios libres ») a ouvert une nouvelle façon de faire de la radio.

L'équipe technique, dotée des moyens de Radio France (dont un minicar équipé en studio d'enregistrement), a aussi eu l'occasion d'enregistrer en extérieur dans les lieux de concerts parisiens.

La fin[modifier | modifier le code]

Deux facteurs principaux vont se conjuguer pour aboutir à la fermeture de l'antenne.

Premier facteur[modifier | modifier le code]

La fin de Radio 7 est principalement provoquée par un événement qui a lieu dix-huit mois seulement après ses débuts.

En 1981, à la suite de l'arrivée de la Gauche au pouvoir, le monopole d'État qui interdisait aux radios libres d'émettre en FM sur le territoire français est aboli (9 novembre 1981). De fait, la libération de la bande FM fait subir à Radio 7 une forte concurrence. En quelques mois, les radios libres s'organisent : La Voix du Lézard devient Skyrock, NRJ se popularise, Fun Radio, Kiss FM (Paris), Maxximum naissent et d'autres encore. Les réseaux se créent au niveau national, le marché des fréquences est ouvert et les radios privées héritent de la manne publicitaire. Face à cette mutation, Radio 7, cantonnée à sa zone de couverture parisienne, ne réussira pas à maintenir sa place.

Deuxième facteur[modifier | modifier le code]

Roland Faure, président-directeur général de Radio France, et ancien directeur de l'information, ambitionne dès sa nomination en 1986 de créer une radio « tout info » sur le modèle des radios All News américaines. Pour cela, il lui faut des moyens.

En quelques mois, Jérôme Bellay et Michel Meyer élaborent ce qui deviendra France Info et au début de l’année 1987, la décision de fermer Radio 7 est prise. Le vendredi 20 février, Jean Izard (directeur général de Radio France) annonce la fermeture à Charlotte Latigrat (directrice de Radio 7). Une semaine plus tard, Radio 7 cesse d'émettre.

Le , sa fréquence et ses locaux sont repris par la station France Info.

Fin (suite)[modifier | modifier le code]

Afflux des auditeurs dans les locaux de Radio 7 le soir de la fermeture de l'antenne

Les auditeurs, pris de court, constituent un groupe de soutien et organisent une manifestation le samedi 28 février 1987 sur les Champs-Élysées. Concurremment la chaine TV6 (première chaîne de télévision française privée et gratuite nationale consacrée à la musique et pour la jeunesse) vit aussi ses derniers instants. Ainsi le même jour, les deux cortèges fusionnent en une manifestation d'environ quinze mille personnes à laquelle participent des artistes tels Patrick Bruel, Mylène Farmer, Francis Lalanne, Marc Lavoine...

Durant toute la journée du 28 février, les personnels de Radio 7 organisent une antenne ouverte où s'exprimeront tous les artistes qui avaient collaboré ou tout simplement apprécié Radio 7.

Les dernières paroles prononcées en direct à l'antenne seront de Robert Lévy-Provençal, suivies d'un montage sonore où toutes les voix de la radio (extraits de promos et d'enregistrement d'antenne) se répondaient dans un dialogue artificiel où s'exprimaient leur joie de vivre la radio et, en demi-teinte, leur nostalgie à venir de ne plus être au rendez-vous sur Radio 7. Enfin un court bruitage, tiré du film "Le Bon, la Brute et le Truand" figure une scène où une voix interpelle Radio 7 et, sans autre semonce, lui tire une balle.

D'un commun accord, l'équipe avait décidé de cesser sa diffusion une minute avant minuit pour que ce "blanc" représente la minute de silence de rigueur en pareille circonstance.


Fréquences[modifier | modifier le code]

Radio 7 a diffusé en stéréophonie depuis le site de TDF Paris-Nord à Sannois (Val d'Oise) sur 99,8 MHz, puis dans un deuxième temps sur 91,3 et 91,7 MHz. Ce changement de plan de fréquence n'a pas été sans conséquence sur le destin de la station.

L'héritage[modifier | modifier le code]

Après dix ans sans programme comparable, Radio France crée Le Mouv' considéré par certains[Qui ?] comme son héritier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]