Robert Maxwell

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Robert Maxwell
Robert Maxwell 1989.jpg

Robert Maxwell en 1989.

Fonction
Membre du Parlement du Royaume-Uni
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Solotvino (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
TénérifeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Elisabeth Maxwell (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Parti politique
Membre de
43e Parlement du Royaume-Uni (d), 44e Parlement du Royaume-Uni (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Conflit
Distinction

Ian Robert Maxwell, né le 10 juin 1923 et mort le , est un magnat de presse et homme politique britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et carrière militaire[modifier | modifier le code]

À sa naissance dans le petit village de Slatinské Dôly (alors en Tchécoslovaquie, aujourd'hui en Ukraine), Robert Maxwell a pour nom Ján Ludvik Hoch. Il est élevé au sein d'une famille juive pauvre. Lors de l'occupation de la région par le Troisième Reich, il parvient à s'échapper. Sa famille est, en revanche, exterminée dans le cadre de la Shoah. Réfugié au Royaume-Uni en 1940, il s'engage dans la British Army. Intelligent et doué pour les langues, il réussit à monter rapidement les échelons. En obtenant la citoyenneté britannique, il change de nom pour s'appeler Robert Maxwell.

Carrière professionnelle et politique[modifier | modifier le code]

Officier dans les forces d'occupation de Berlin à la fin de la guerre, il met à profit ses relations pour créer diverses entreprises de négoce. Il propose de publier dans le monde les revues scientifiques de l'éditeur spécialisé allemand Springer Verlag, à une époque où il est interdit à cet éditeur de le faire en son nom propre. Profitant du succès de cette opération, il rachète en 1951 le petit éditeur Pergamon. Opérant au niveau international dans la vente d'encyclopédies et de revues scientifiques, Maxwell parvient rapidement à faire fortune et à faire de la Pergamon Press un éditeur de poids.

Il se tourne vers la politique dans les années 1960, et devient un bruyant député travailliste à la Chambre des communes britannique, de 1964 à 1970. Il n'est pas réélu, impopulaire dans son propre groupe parlementaire, du fait de ses manières brusques et arrogantes.

En tant qu'éditeur, il perd son premier affrontement contre l'Australien Rupert Murdoch en ne parvenant pas à racheter l'hebdomadaire d'actualité News of the World. Son tempérament vif et son style de management très particulier cachent une gestion opaque de ses sociétés. En 1969, le rapport d'un organisme de contrôle le déclare inapte à la gestion saine d'une entreprise côtée en bourse, comme la Pergamon. En froid avec ses actionnaires, il en perd le contrôle peu après.

S'appuyant sur la Fondation Maxwell, navire amiral de ses nombreuses entreprises basé au Liechtenstein, il retrouve le contrôle de la Pergamon, en 1974. Il rachète, en 1981, la British Printing Company pour en faire le groupe Maxwell Communications Corporation. Par ce biais il rachète le groupe qui publie le journal britannique de gauche The Daily Mirror, puis l'éditeur Reed International. Alors à son apogée, il possède également de nombreuses participations dans diverses activités, essentiellement dans le domaine des médias. Il profite aussi de ses bonnes relations avec le bloc de l'est pour conclure des accords commerciaux avec ces pays. Il intervientt énormément dans les opérations de chacun de ses groupes et dans les rédactions de ses journaux. Voyant en eux la possibilité de diffuser sa pensée, il signe par exemple un éditorial dans The Daily Mirror, journal qui n'a pas eu le succès qu'il espérait.

Partenaire de Francis Bouygues dans le projet de privatisation de la chaîne de télévision française TF1 en 1987, il met en avant son passé de gauche et son expérience des médias pour séduire François Mitterrand dans le cadre du rachat de la chaîne. Il se révèle par la suite un actionnaire minoritaire exigeant, au grand dam du groupe Bouygues, qui entend disposer d'une autonomie dans la gestion.

Le 31 août 1989, il reçoit un doctorat honoris causa de l'université du Québec à Trois-Rivières[1].

Tout au long de son parcours il s'est montré un dirigeant aux pratiques malsaines, associant des sociétés à la santé financière douteuse. De son vivant, Robert Maxwell a réussi à faire taire les critiques et à gagner en importance dans le paysage médiatique, où il a voulu être vraiment influent. Il apparait par la suite que son groupe, construit sur l'usage de la dette, manque véritablement de stabilité financière. L'échec du quotidien transnational The European (en), lancé en 1990, le force à céder la Pergamon au groupe Elsevier, mais profite de l'afflux de fonds pour racheter le New York Daily News. Fin 1990, des journalistes enquêtent sur un possible détournement des fonds des pensions de retraite des employés de ses sociétés.

Mort et révélations[modifier | modifier le code]

À 68 ans, Maxwell chute de son yacht alors qu'il est au large des îles Canaries. Son corps retrouvé flottant dans l'océan Atlantique, est enterré à Jérusalem.

La cause officielle de sa mort est la noyade accidentelle, mais cette version des faits a été mise en cause, on a parlé de meurtre ou de suicide. [2]. Gordon Thomas dans l'Histoire secrète du Mossad : de 1951 à nos jours[2], affirme qu'il était un membre éminent du Mossad auquel il avait accordé des financements en détournant notamment les fonds de pension de son groupe. Il aurait été tué alors qu'il voulait récupérer l'argent prêté au Mossad. Les services secrets israéliens auraient refusé et l'auraient éliminé de peur qu'il ne dévoile sur la place publique les nombreuses informations qu'il connaissait.

À cause de leur gestion hasardeuse, ses entreprises ne lui ont pas survécu et ont fait faillite. Maxwell s'étant également livré à plusieurs malversations financières, l'écroulement de son groupe Maxwell a été rapide et total. Le rapport Cadbury sur le gouvernement de ces entreprises, établi par le comité du même nom en mai 1992, a été finalisé en décembre de la même année.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il a été marié à Élisabeth Maxwell, née Meynard le 11 mars 1921, à La Grive, près de Saint-Alban-de-Roche en Isère), d'une mère catholique et d'un père protestant, et morte le 7 août 2013, en Dordogne. Rencontrée à la Libération de Paris, à La Madeleine, à l'occasion d'un comité d'accueil de soldats alliés, elle a de lui neuf enfants (dont deux morts en bas âge). Titulaire d'un doctorat, spécialiste de la Shoah, elle a créé, en 1987, la revue Holocaust and Genocide Studies, organisé de nombreuses conférences sur le sujet. Elle a été la première femme vice-présidente du Conseil international des chrétiens et des juifs[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. oraprdnt.uqtr.uquebec.ca
  2. a et b Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad : De 1951 à nos jours, Nouveau Monde Éditions, (réimpr. [Éd. mise à jour]) (ISBN 2847361588, OCLC 469911771), p. 525
  3. Florentin Collomp, « Elisabeth Maxwell, une vie contre l'oubli de l'Holocauste », Le Figaro, 10 août / 11 août 2013.