Robert Maxwell

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Robert Maxwell
Robert Maxwell 1989.jpg
Robert Maxwell en 1989.
Fonctions
Suppléant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
-
Membre du 44e Parlement du Royaume-Uni (d)
Buckingham
-
Membre du 43e Parlement du Royaume-Uni (d)
Buckingham
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
TénérifeVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Jan Ludvik Hyman Binyamin HochVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Christine Maxwell (en)
Michael Maxwell (d)
Philip Maxwell (d)
Anne Maxwell (d)
Ian Maxwell (en)
Kevin Maxwell (en)
Ghislaine Maxwell
Isabel Maxwell (en)
Karine Maxwell (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Parti politique
Arme
Grade militaire
Conflit
Distinction

Ian Robert Maxwell, né tchèque le et mort britannique le , a été militaire dans l'armée tchèque en exil, puis dans l'armée britannique, distributeur de Springer Verlag, puis propriétaire de média (Mirror Group) et maisons d'édition (Pergamon Press), ainsi que membre de la Chambre des Communes (MP) du Royaume-Uni.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et carrière militaire[modifier | modifier le code]

À sa naissance dans le petit village de Slatinské Doly (alors en Tchécoslovaquie, aujourd'hui Solotvyno, en Ukraine), Robert Maxwell a pour nom Benjamin Hoch. Il est élevé au sein d'une famille juive pauvre. Lors de l'occupation de la région par le Troisième Reich, il parvient à s'échapper en France, mais la plupart de sa famille est exterminée à Auschwitz. A Marseille, il rejoint l'Armée tchèque en exil en mai 1940. Lorsque la France est occupée, il rejoint le Royaume-Uni et s'engage dans le Régiment du North Staffordshire en 1943, depuis les plages de Normandie jusqu'à Berlin. Il est nommé capitaine et obtient, en janvier 1945, la Military Cross, des mains du Field Marshal Bernard Montgomery, pour avoir nettoyé un nid de mitrailleuses allemandes.

Au service du Ministère des Affaires étrangères, il a servi à Berlin pendant les deux années suivantes dans la section de la presse.

Naturalisé citoyen britannique le 19 juin 1946, il change de nom pour s'appeler Robert Maxwell, le 30 juin 1945.

Carrière professionnelle et politique[modifier | modifier le code]

Officier dans les forces d'occupation de Berlin à la fin de la guerre, il met à profit ses relations pour créer diverses entreprises de négoce. Il propose de publier dans le monde les revues scientifiques de l'éditeur spécialisé allemand Springer Verlag, à une époque où il est interdit à cet éditeur de le faire en son nom propre. Profitant du succès de cette opération, il rachète en 1951 le petit éditeur Pergamon. Opérant au niveau international dans la vente d'encyclopédies et de revues scientifiques, Maxwell parvient rapidement à faire fortune et à faire de la Pergamon Press un éditeur de poids.

Il se tourne vers la politique dans les années 1960, et devient un bruyant député travailliste à la Chambre des communes britannique, de 1964 à 1970. Il n'est pas réélu, impopulaire dans son propre groupe parlementaire, du fait de ses manières brusques et arrogantes.

En tant qu'éditeur, il perd son premier affrontement contre l'Australien Rupert Murdoch en ne parvenant pas à racheter l'hebdomadaire d'actualité News of the World. Son tempérament vif et son style de management très particulier cachent une gestion opaque de ses sociétés. En 1969, le rapport d'un organisme de contrôle le déclare inapte à la gestion saine d'une entreprise cotée en bourse, comme la Pergamon. En froid avec ses actionnaires, il en perd le contrôle peu après.

S'appuyant sur la Fondation Maxwell, navire amiral de ses nombreuses entreprises basé au Liechtenstein, il retrouve le contrôle de la Pergamon, en 1974. Il rachète, en 1981, la British Printing Company pour en faire le groupe Maxwell Communications Corporation. Par ce biais, il rachète le groupe qui publie le journal britannique de gauche The Daily Mirror, puis l'éditeur Reed International. Alors à son apogée, il possède également de nombreuses participations dans diverses activités, essentiellement dans le domaine des médias. Il profite aussi de ses bonnes relations avec le bloc de l'est pour conclure des accords commerciaux avec ces pays. Il intervient énormément dans les opérations de chacun de ses groupes et dans les rédactions de ses journaux. Voyant en eux la possibilité de diffuser sa pensée, il signe par exemple un éditorial dans The Daily Mirror, journal qui n'a pas eu le succès qu'il espérait.

Partenaire de Francis Bouygues dans le projet de privatisation de la chaîne de télévision française TF1 en 1987, il met en avant son passé de gauche et son expérience des médias pour séduire François Mitterrand dans le cadre du rachat de la chaîne. Il se révèle par la suite un actionnaire minoritaire exigeant, au grand dam du groupe Bouygues, qui entend disposer d'une autonomie dans la gestion.

Le , il reçoit un doctorat honoris causa de l'université du Québec à Trois-Rivières[1].

Tout au long de son parcours, il s'est montré un dirigeant aux pratiques malsaines[réf. nécessaire], associant des sociétés à la santé financière douteuse. De son vivant, Robert Maxwell a réussi à faire taire les critiques et à gagner en importance dans le paysage médiatique, où il a voulu être vraiment influent. Il apparaît par la suite que son groupe, construit sur l'usage de la dette, manque véritablement de stabilité financière. L'échec du quotidien transnational The European, lancé en 1990, le force à céder la Pergamon au groupe Elsevier, mais profite de l'afflux de fonds pour racheter le New York Daily News. Fin 1990, des journalistes enquêtent sur un possible détournement des fonds des pensions de retraite des employés de ses sociétés.

[2]Mort et révélations[modifier | modifier le code]

À 68 ans, Maxwell a chuté de son yacht au large des Îles Canaries.

Le 4 novembre 1991, au lieu de se rendre à une réunion prévue avec la Bank of England sur un défaut de paiement sur des prêts de £50,000,000, Maxwell voyageait sur son yacht. Le 5 novembre, son équipage le vit pour la dernière fois à 4:25 du matin, heure locale, mais le déclara disparu plus tard dans la matinée.

Son corps, retrouvé flottant dans l'océan Atlantique, fut amené à Las Palmas. Faute de blessure particulière constatée sur son cadavre, la décision officielle, suite à l'enquête menée en décembre 1991, est que Maxwell est décédé d'une crise cardiaque, combinée avec une chute accidentelle en mer. Maxwell souffrait en effet d'un coeur et de poumons en mauvais état. Une cause de mort par meurtre ou suicide a été écartée par le juge concerné.

Maxwell fut enterré au cimetière juif du mont des Oliviers à Jérusalem, en Israël, lors de funérailles auxquelles participèrent le Président, Chaim Herzog, le Premier ministre, Yitzhak Shamir, six actuels ou anciens chefs de services secrets israéliens, ainsi que son ami et avocat, Samuel Pisar.

À cause de leur gestion hasardeuse, ses entreprises ne lui ont pas survécu et ont fait faillite. Maxwell s'étant également livré à plusieurs malversations financières, l'écroulement de son groupe a été rapide et total. Le rapport Cadbury sur le gouvernement de ces entreprises, établi par le comité du même nom en , a été finalisé en décembre de la même année.

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Il a été marié à Elisabeth Maxwell, née Meynard le , à La Grive, près de Saint-Alban-de-Roche en Isère, d'une mère catholique et d'un père protestant, et morte le , en Dordogne. Rencontrée à la Libération de Paris, à La Madeleine, à l'occasion d'un comité d'accueil de soldats alliés, elle a de lui neuf enfants (dont deux morts en bas âge). Titulaire d'un doctorat, spécialiste de la Shoah, elle a créé, en 1987, la revue Holocaust and Genocide Studies et organisé de nombreuses conférences sur le sujet.

Elle a été la première femme vice-présidente du Conseil international des chrétiens et des juifs[3].

Il est le père de Ghislaine Maxwell, poursuivie par la justice américaine dans des affaires de détournement de mineures de Jeffrey Epstein[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. oraprdnt.uqtr.uquebec.ca
  2. (en-US) Marlise Simons, « Autopsy Indicates Maxwell Did Not Drown », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 août 2020)
  3. Florentin Collomp, « Elisabeth Maxwell, une vie contre l'oubli de l'Holocauste », Le Figaro, 10-11 août 2013.
  4. (en) Kate Briquelet et Jamie Ross, « Ghislaine Maxwell, Jeffrey Epstein’s Confidante, Caught by the FBI in New Hampshire », The Daily Beast,‎ (lire en ligne, consulté le 2 juillet 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]