Robert Castel (sociologue)

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Robert Castel
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Robert Castel, né le à Saint-Pierre-Quilbignon et mort le à Paris, est un sociologue et philosophe français, spécialiste de sociologie du travail et des questions relatives à l'exclusion sociale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Pierre-Quilbignon, aujourd'hui dans l'agglomération brestoise, il fait d’abord un CAP, puis un enseignant technique lui conseille de s’orienter plutôt vers le lycée [1]; il persévère dans les études et obtient l'agrégation de philosophie en 1959. Il est maître-assistant de philosophie à la faculté de lettres de Lille jusqu'en 1967, année où Raymond Aron lui propose de le rejoindre à la Sorbonne. C'est dans ces années là qu'il rencontre Pierre Bourdieu, avec qui il commence à travailler, se spécialisant en sociologie. Après mai 68, il enseigne au département de sociologie de l'université de Vincennes[2], qui devient l'université Paris 8.

Sociologie critique de la psychiatrie et de la prise en charge des malades mentaux[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970 et au début des années 1980, il s'intéresse à la psychanalyse et à la psychiatrie, ainsi qu'au traitement et à la prise en charge des malades mentaux, en établissant une sociologie critique de ces questions et en se rapprochant de Michel Foucault[3], dont il reprendra l'approche généalogique. Ces recherches aboutiront à une thèse d'État ès lettres et sciences humaines, soutenue en 1980. Il est à l'origine de la constitution du Groupe d'analyse du social et de la sociabilité (GRASS)[4].

Apport à la sociologie et à l'histoire du travail[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980 et 1990, il s'intéresse au travail, en relation avec les transformations de l'emploi, l'intervention sociale et les politiques sociales. Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)[3] à partir de 1990 et directeur du Centre d'étude des mouvements sociaux (EHESS-CNRS) jusqu’en 1999, ses ouvrages, depuis Les métamorphoses de la question sociale, analysent la constitution de la société salariale, puis son effritement à partir du milieu des années 1970 et ses conséquences : l'exclusion (ou plutôt ce qu'il appelle la désaffiliation), la vulnérabilité et la fragilisation qui frappent les individus « par défaut ». Il veut ainsi comprendre comment le salariat, qui fut d'abord une position méprisée, s'est petit à petit imposé comme modèle de référence et s'est progressivement associé à des protections sociales, et à la notion de propriété sociale, créant un statut constitutif d'une identité sociale qui sera ensuite mise en question par les transformations sociales qui auront lieu après la crise des années 1970[5].

Ses œuvres les plus récentes constatent la montée croissante des incertitudes et des risques dans les sociétés contemporaines, conséquence du passage à un nouveau régime du capitalisme auquel la précarité croissante serait consubstantielle[6].

Filiation[modifier | modifier le code]

Dès la sortie de son ouvrage Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, il devient une référence pour les chercheurs qui s’intéressent à l’emploi, aux politiques sociales ou à l’État[7]. Par la suite, il est attentif à la réception de ses publications, examine les réactions et apporte des précisions ou des compléments[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le psychanalysme : l'ordre psychanalytique et le pouvoir, Éditions Maspero, Paris, 1973 (rééditions 10-18, 1976 et Champ-Flammarion, Paris, 1981).
  • L'ordre psychiatrique, Éditions de Minuit, Paris, 1977.
  • La gestion des risques, Éditions de Minuit, Paris, 1981.
    • La gestion des risques : de l'antipsychiatrie à l'après psychanalyse., Éditions de Minuit, Paris, 2011.
  • La société psychiatrique avancée : le modèle américain, (avec F. Castel et A. Lovell) Grasset, Paris, 1979.
  • Les métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, Fayard, Paris, 1995, réédition Folio-Gallimard, Paris, 2000.
  • Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi (avec Claudine Haroche), Paris, Fayard, 2001.
  • L'insécurité sociale : qu'est-ce qu'être protégé ?, Éditions du Seuil, 2003.
  • La discrimination négative, Paris, La République des idées/Seuil, 2007.
  • Présentation du livre Asiles : études sur la condition sociale des malades mentaux de Erving Goffman, Les éditions de Minuit, 2007.
  • La montée des incertitudes : travail, protections, statut de l'individu, Paris, Éd. du Seuil, 2009.
  • Nous avons quelque chose à vous dire... Paroles des jeunes des quartiers, Paris, L'Harmattan, 2010 (avec J.-L. Reiffers, et avec la participation de S. Menu).
  • avec Gabriel Kessler, Denis Merklen et Numa Murard Individuación, precariedad, inseguridad. ¿Desinstitucionalización del presente?, Barcelona, Buenos Aires, Mexico, Editorial Paidós, 2013, 176 p. (ISBN 978-950-12-6586-6)
  • Le travail au long cours. Entretien avec Robert Castel, Vacarmes, 40, , p. 4-12, [lire en ligne].

Documents sonores[modifier | modifier le code]

  • L’insécurité sociale (conférence, extraits), [1].
  • Entretien, Radio Univers [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Robert Castel : podcasts et actualités », sur Radio France (consulté le )
  2. DUVOUX Nicolas, « Robert Castel (1933-2013) », Revue française de sociologie,‎ , p. V à VII (lire en ligne [html], consulté le )
  3. a et b « Le sociologue Robert Castel est mort », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « Robert Castel | Revue Esprit », sur Esprit Presse (consulté le )
  5. « Robert Castel (1933-2013) », Vie sociale,‎ , p. 7-9 (lire en ligne [htm, pdf], consulté le )
  6. Serge Paugam, « Robert Castel, L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ? », Sociologie du travail, vol. 46, no 4,‎ , p. 529–531 (ISSN 0038-0296, lire en ligne, consulté le )
  7. Emmanuel Pierru, « Filiations de Robert Castel », La Vie des idées,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Gardella et Julien Souloumiac, Entretien avec Robert Castel, Tracés. Revue de sciences humaines et sociales, no 6 , p. 103-112, [lire en ligne].
  • Pierre Chaillan, (entretien) « Robert Castel : "je pense que l’individu est un sujet social", dernière rencontre avec le penseur de la "question sociale" », L'Humanité, , [lire en ligne].
  • Michel Chauvière, « La question du contrôle social chez Robert Castel », Sciences et actions sociales, 2017, 6, pp. 132–143, [3]
  • Propriété sociale
  • Vulnérabilité sociale

Liens externes[modifier | modifier le code]