Histoire du Sri Lanka

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Cet article présente les faits saillants de l’histoire du Sri Lanka.

Premiers habitants[modifier | modifier le code]

Si la présence des Veddas semble remonter à la protohistoire[1], en revanche l'antériorité de l'arrivée des Cingalais ou des Tamouls au Sri Lanka est l'objet d'âpres polémiques, car le conflit ethnique entre les deux communautés (qui a entraîné la guerre civile des années 1980 et 1990) divise les experts. Selon une théorie, les Tamouls seraient arrivés les premiers dans l'île, connue sous le nom d'Eelam dans les premières œuvres de la littérature tamoule, avant la dynastie Chola du du Xe siècle ; selon une autre, il n'y aurait pas eu de présence tamoule organisée au Sri Lanka avant cette dynastie venue du sud de l'Inde.

L'indianisation[modifier | modifier le code]

La place de Ceylan dans l'empire néerlandais aux XVIIe-XVIIIe siècles, sous la direction de la compagnie des Indes.

Les chroniques des Cingalais, en langue cingalaise indo-européenne, rapportent que ceux-ci, originaires du nord de l'Inde, seraient venus des environs du Bengale, peut-être de l'Orissa, vers -600. Le bouddhisme s'installa trois siècles plus tard, traditionnellement du fait de l'action missionnaire initiée par l'empereur Ashoka, en même temps qu'un système d'irrigation sophistiqué notamment dans le centre et le nord.

Contrairement à l'Inde où la tradition historique est peu répandue, le Sri Lanka dispose de plusieurs chroniques historiques. Ces chroniques, mêlant certains épisodes légendaires aux faits historiques, sont néanmoins considérés par les chercheurs comme une source relativement fiable, bien que moins rigoureuse que les chroniques chinoises, car de nombreux éléments ont pu être confirmés par recoupement avec des sources étrangères et les fouilles archéologiques. Elles permettent même parfois d'éclairer l'Histoire de l'Inde.

Trois chroniques couvrent l'histoire de l'île :

  • le Dīpavamśa ou Dipavamsa ("généalogie de l'île"),
  • le Mahavamśa ou Mahavamsa ("grande généalogie"), compilée par Mahanama,
  • Le Cūlavamśa ou Culavamsa ("dernière généalogie"), reprenant l'histoire de l'île au IVe siècle, date où s'arrêtaient les chroniques précédentes, jusqu'à la conquête britannique.

L'île connut des royaumes unifiés avec comme capitales Anuradhapura de -200 vers 1070, puis Polonnaruva jusqu'en 1200. L'île fut, autour de l'an mille, complètement intégrée au royaume tamoul des Chola. Elle conserva d'ailleurs un royaume tamoul avec Jaffna comme capitale, de 1200 jusqu'à la prise de la ville par les Portugais en 1619.

Influences extérieures[modifier | modifier le code]

Ancienne carte du Sri Lanka datant de 1686.

La situation de l'île au milieu de l'océan Indien en a fait un centre de commerce très important au cours de l'Histoire. Les marins de la Rome antique la nomment « Taprobane ».

Les commerçants arabes, qui prennent le relais et maîtrisent les échanges entre la Méditerranée et le monde indien jusqu'à l'arrivée des Portugais, la connaissent comme « Serendip » - dérivé depuis le nom sanskrit Sinhala-dweepa - qui est la racine du mot anglais « serendipity », ou en français « sérendipité », signifiant découverte heureuse faite par hasard. C'est de cette implantation et de sa descendance que provient la population musulmane (7 %).

Les navigateurs portugais à la recherche des épices s'emparent en 1505 des régions côtières et introduisent le catholicisme. Les Hollandais les supplantent en 1658.

Bien que les Britanniques prennent définitivement le contrôle de l'île en 1796, les lois hollandaises restent le pivot de la jurisprudence. En 1815, les Britanniques obtiennent une victoire sur le dernier roi de Kandy, Sri Vikrama Rajasinha, qu'ils déposent en mars par la convention de Kandy. Ils créent la colonie royale de Ceylan, où ils établissent une économie basée sur le thé, la tentative d'exploitation du café s'étant révélée infructueuse, et dans une moindre mesure sur le caoutchouc et la noix de coco ; ils favorisent une nouvelle émigration tamoule dans le centre et le sud de l'île pour travailler dans les plantations.

En haut: illustration de Delineatio characterum quorundam incognitorum, quos in insula Ceylano spectandos praebet tumulus quidam sepulchralis publié sur les Acta Eruditorum du 1733

En 1931, les Britanniques accordent une certaine autonomie, puis l'indépendance le dans le cadre du Commonwealth.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le , Ceylan élit Sirimavo Bandaranaike comme premier ministre. C'est la première femme à occuper ce poste dans le monde.

Le , le pays adopte une nouvelle constitution qui change son nom en Sri Lanka, déplace la capitale de Colombo à Kotte, définit un nouveau drapeau et pratique une discrimination de fait en faveur de la majorité cinghalaise et au détriment de la minorité tamoule.

Les Tamouls réagissent en demandant une décentralisation de la fédération et même, pour les « Tigres de libération de l'Îlam tamoul », une indépendance de l'Eelam Tamoul. La guerre civile éclate avec une tentative d'interposition de l'Inde ; elle provoque la mort de 60 000 personnes en vingt ans[2]. Des soulèvements marxistes comme le Janatha Vimukthi Peramuna sont aussi réprimés dans le sang.

La guerre contre les Tamouls du nord s'est conclue en 2009 par une victoire militaire du gouvernement.

Dérive autoritaire[modifier | modifier le code]

Depuis la réélection de Mahinda Rajapakse (United People's Freedom Alliance) en 2010, les associations de défense des droits de l'Homme dénoncent le glissement vers la dictature en train de s'opérer au Sri Lanka[3] à travers les lois qui renforcent le pouvoir de l'exécutif au détriment du parlement, l'étatisation de l'économie, les discriminations envers les tamouls, le musèlement des médias, l'emprisonnement et même la torture qui frappent les opposants, les pleins pouvoirs données à l'armée, la corruption, les fraudes électorales, la non-réparation des dommages causés par la guerre contre les indépendantistes tamouls (Tigres de libération de l'Îlam tamoul, 1983-2009) et la guérilla marxiste (Janatha Vimukthi Peramuna, 1971 et 1987-1989), ainsi que le rejet de l'aide humanitaire envoyée aux camps de réfugiés tamouls. Certains craignent même le retour à la dictature nationaliste et raciste pro-cinghalaise et anti-tamoule ayant dirigé le pays entre 1960 et 1987. [réf. souhaitée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brenda et Charles Seligman (dir.), (en) The Veddas, Navrang publ.,, New Delhi 1993 (rééd. de Cambridge 1911), 463 p., ISBN 81-7013111-1
  2. Auriane Boudin, « 61 morts dans un attentat », dans L'Express du 15/06/2006
  3. http://www.lepoint.fr/monde/sri-lanka-la-face-cachee-du-tourisme-08-01-2013-1610987_24.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) K. Samaranayke, Famous kings of ancient Sri Lanka, K. Samaranayake, Nawala, 2007, 79 p. (ISBN 978-955-988900-7)
  • (en) A. Samarsinghe et Vidyamali Samarsinghe, Historical Dictionary of Sri Lanka, Scarecrow Press, Lanham Md, 1997 (nouvelle éd. en préparation), 264 p. (ISBN 978-0-8108-3280-0)
  • (en) Anton Sebastian, A complete illustrated history of Sri Lanka, Vijitha Yapa Publications, Colombo, 2012, 684 p. (ISBN 978-955-665-149-2)
  • (en) S.U. Deraniyagala, The prehistory and protohistory of Sri Lanka, Central Cultural Fund, Colombo, 2007, 96 p. (ISBN 978-955-613-210-6)
  • (en) Nath Yogasundram, A comprehensive history of Sri Lanka : from prehistory to Tsunami, Vijitha Yapa Publications, Colombo, 2006, 375 p. (ISBN 978-955-126613-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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