Arbre de la Bodhi

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L'arbre Mahabodhi au temple Sri Mahabodhi à Bodh Gaya.

L’arbre de la Bodhi est un arbre important dans le bouddhisme.

Légende[modifier | modifier le code]

Le Bouddha, après avoir longtemps médité sous des jambus, aurait atteint l’illumination – ou bodhi – sous un pipal à Bodh Gaya. Cet arbre, appelé Bodhimanda ou Bo, occupe donc une place particulièrement importante dans la mythologie bouddhiste. Ses feuilles sont devenues un motif iconographique ainsi qu’un porte-bonheur. Il peut être considéré comme représentant Gautama lui-même ou son enseignement, car un double appelé Anandabodhi, planté sous la direction d’Ananda à Jetavana, recueillait les offrandes des visiteurs venus en l’absence du maître[1]. Il aurait été obtenu à partir d’un fruit de l’arbre original attrapé par Moggallana avant qu’il ne touche le sol. Anathapindika l’aurait enterré dans une jarre d’or et le Bouddha aurait fait pousser l’arbre en une nuit de méditation[2].

Représentation[modifier | modifier le code]

Des représentations anciennes de Shakyamuni l’évoquent sous la forme d’un figuier sortant d’un trône, ou lui attribuent une auréole en forme de feuille de pipal[3]. Selon le Tittira Jataka, le Bouddha lui-même causa l’apparition de l’arbre lors d’une vie antérieure alors qu’il était oiseau : il mangea une figue et une graine digérée donna naissance à l’arbre.

Historique[modifier | modifier le code]

L’arbre originel fut détruit au moins trois fois, dont l’une selon la légende sur ordre de Tissarakha[4], épouse d’Ashoka, jalouse de l'importance que le roi accordait à l'arbre. Il tenait en effet une cérémonie en son honneur tous les ans au mois de kattika (octobre-novembre)[5]. Il aurait été replanté à chaque fois à partir d’un clone sri-lankais. Selon un archéologue anglais, le dernier remplacement aurait eu lieu il y a 120 ans[6]. À l’époque d’Ashoka, il fut flanqué d’un temple, le Bodhimanda Vihara, devenu le temple de la Mahabodhi.

Clones[modifier | modifier le code]

En 288 av. J.-C., une branche de l’arbre de la Bodhi qui s’était détachée d’elle-même selon une prédiction du Bouddha fut apportée à Anuradhapura (Sri Lanka) par la fille d’Ashoka Sanghamitta[5]. Le roi de Sri Lanka, Devanampiya Tissa, planta la bouture en grande cérémonie. Ses successeurs prirent l’habitude de répéter ce rituel tous les douze ans[7]. Cet arbre, dont on prétend localement qu’il est le plus ancien angiosperme du monde, est protégé par une grille dorée. Des moines et laïcs consacrés en ont la charge. Les fidèles viennent prier devant lui. Ils font brûler des lampes d’huile de coco (pahan-puja), présentent diverses offrandes dont des pièces de monnaie (panduru) lavées dans du safran et effectuent une triple circumambulation de l’arbre[8].

Pèlerinages[modifier | modifier le code]

Les pèlerins prirent vite l’habitude d’emporter avec eux des feuilles et des graines des arbres de Bodh Gaya, Jetavana et Anuradhapura. De nombreux enfants de ces arbres existent dans le monde. Un arbre de la Bodhi représentant l’enseignement du Bouddha est planté près des nouveaux monastères[8].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. J.iv,228f.
  2. J.iv.228ff
  3. Beér 2004, p. 48-50
  4. Mahavamsa, chap. 20, 4f. (lakdiva.org)
  5. a et b Mahavamsa, chap. 17
  6. Présentation de Bodh Gaya
  7. Mahavamsa. Xxxviii,57
  8. a et b srimahabodhi.org

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert Beér, The encyclopedia of Tibetan symbols and motifs, Serindia Publications Inc.,

Compléments[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]