Ceylan néerlandais

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Ceylan néerlandais
(en) Dutch Governorate of Ceylon
(nl) Nederlands-Ceylon

1640–1796

Drapeau
Drapeau du Ceylan néerlandais
Blason
Armoiries du Ceylan néerlandais
Description de l'image Dutch Ceylon.svg.
Informations générales
Statut Inde néerlandaise
Capitale Colombo
Langue(s) néerlandais, tamoul, cingalais, créole ceylan-portugais
Histoire et événements
Convention de Kandy
Gouverneur du Ceylan néerlandais

Willem Jacobszoon Coster

Joan Maetsuycker

Rijcklof van Goens

Gustaaf Willem baron van Imhoff

Joan Gideon Loten

Johan van Angelbeek

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Ceylan néerlandais était un gouvernorat administré par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales sur le territoire de l'actuel Sri Lanka. Il a existé entre 1640 et 1796.

Jusqu'au XVIIe siècle, le Sri Lanka était partiellement dirigé par l'Empire colonial portugais, par le Royaume de Kandy que les Portugais ne réussirent pas à vaincre, et par plusieurs chefferies tels que les Vannimai.

Alors que les Provinces-Unies[1] étaient engagées dans la guerre de Quatre-Vingts Ans contre les Espagnols, le roi de Kandy invita les Néerlandais à venir se battre contre les Portugais à Ceylan. Les Néerlandais acceptèrent de déclarer la guerre au Portugal et s'emparèrent de l'île en 1640[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Guerre Portugal - Provinces-Unis[modifier | modifier le code]

En 1579 se produit 2 événements qui marqueront le destin du Sri Lanka: d'une part le roi d'Espagne Philippe II devient le souverain du Portugal; d'autre part, les Provinces-unies, guidées par la Hollande, se soulèvent et combattent pour leur indépendance nationale et leurs libertés religieuses. Les Hollandais deviennent ainsi les ennemis de leurs vieux rivaux des mers, les Portugais.

Dès 1602, des marins néerlandais font escale à Trincomalee et entre en relation avec Vimaladharmasuriya I. Le roi de Kandy accepte de s'allier pour chasser les portugais, leurs ennemis communs. Il va très vite comprendre qu'il a fait une erreur avec ses nouveaux amis encombrant.

En 1604, le général Senarat succède a Wimala dont il épouse sa veuve. Il entretient des relations cordiales avec les Hollandais, mais il cherche d'autres allies contre les portugais. En 1620, Senarat propose d'offrir tout le nord de Ceylan à une ambassade danoise. Le Danemark refuse ce présent empoisonné, qui l'aurait opposé à la fois aux Portugais et aux Néerlandais.

En 1636, Râjasimha II succède à son père, il reste le héros historique de l'indépendance cingalaise combattant tour à tour contre les deux envahisseurs. Malgré une alliance passagère avec les Hollandais en 1638, le roi ne tarde pas à s'opposer à ces derniers qui achèvent d'éliminer les derniers bastions portugais.

Période coloniale néerlandaise (1640 - 1796)[modifier | modifier le code]

En 1658, tous les bastions portugais sont tombés, et les Hollandais se retrouvent dans la même situation que leurs prédécesseurs: maître comme eux des Provinces maritimes, mais leurs expéditions échouent de la même manière contre le Royaume de Kandy.

En 1672, Râjasimha II devient de plus en plus xénophobe à force d'être harcelé par les Européens. Un envoyé de Louis XIV, Jacob Blanquet de la Haye lance des expéditions contre le Ceylan néerlandais, et Trinquemalay devient français pendant 3 mois. Néanmoins, le roi de Kandy n'apporte pas son soutien et en a marre des Européens, même si les Français annoncent avoir le même ennemi, les Néerlandais. La flotte hollandaise commandée par Rijcklof van Goens finit par encercler et affamer les Français, qui partiront vers le sud de l'Inde.

Les Hollandais s'installent solidement dans les provinces maritimes, construisent de nouvelles citadelles, agrandissent les villes côtières, creusent des canaux et monopolisent tout le commerce de Ceylan. Des pasteurs se consacrent à l'étude du cingalais et à l'évangélisation du pays mais les catholiques sont victimes de préjudices. Les prêtres catholiques, d'origine portugaise, doivent vivre dans la clandestinité ou se réfugier dans le Royaume de Kandy.

Au XVIIIe siècle, les Cingalais commencent à réagir contre les envahisseurs : une renaissance culturelle et religieuse débute dès le règne de Vimaladharma Surya II, qui succède à son père en 1687. Il négocie avec les Hollandais et s'efforce d'améliorer le statu quo. Il obtient le droit d'envoyer une ambassade au Siam pour que le roi de pays fidèle au bouddhisme Hinayana lui envoie un chapitre de moines qui pourraient ranimer le Bouddhisme cingalais en ordonnant régulièrement de nouveaux sujets. Le roi Vijaya Rajasinha reprend la même politique.

En 1747, le nouveau roi Kirti Sri Rajasinha, fervent bouddhiste, accueille les moines siamois à Trinquemalay, et des monastères reprennent vie selon le rituel et les règles du clergé de Siam. Tout en poursuivant la rénovation religieuse de son pays, Kirti Sri rêve de refouler les Hollandais et les combats reprennent. La guerre ouverte durera de 1760 à 1767. Après quelques succès dans le sud où les forces kandyennes se maintiennent sept ans sur le littoral, Kirti Sri doit s'incliner.

Sous Sri Rajadhi Rajasinha, Ceylan connut de nouveaux envahisseurs, pendant la guerre d'indépendance américaine, les Anglais puis les Français occupèrent Trincomalee.

Prise de contrôle britannique[modifier | modifier le code]

A la veille de perdre Ceylan, les Hollandais semblaient bien enracinés dans l'île. Il y avaient fait souche et le métissage paraissait bien adapté. L'un des derniers gouverneurs Iman Willem Falck, avait du sang cingalais. Mais, à partir de 1795, la France révolutionnaire envahi les Provinces-Unies et crée la République batave. Les britanniques se saisirent de l'occasion pour attaquer toutes les possessions hollandaises en Ceylan. Les gouverneurs et administrateurs, divisés entre jacobins et monarchistes, ne présentent aucune résistance aux corps d'expédition anglais. Le dernier fort tombe en 1796.

L'Empire britannique intégra l'île de Ceylan en tant que province en 1796 au détriment des Hollandais. Le territoire devint officiellement une colonie entre 1802 et 1948. Au début, ce territoire ne comprenait pas le Royaume de Kandy, devenu un protectorat en 1815, mais à partir de 1817, les possessions britanniques couvraient toute l'île de Ceylan. Ce contrôle britannique fut confirmée au Congrès de Vienne, en 1814 et 1815 puis par la convention de Kandy de 1815.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le gouverneur de Ceylan était l'autorité suprême de l'île. Il était assisté d'un conseil de hauts fonctionnaires, le Conseil politique. Les membres du Conseil politique étaient :

  • le deuxième administrateur du pays
  • le responsable des entrepôts liés à l'importation et l'exportation
  • le responsable des questions juridiques
  • le comptable
  • le secrétaire
  • le chef du bureau militaire et le commandant de l'armée.

Les commandants de Jaffna et de Galle, où se trouvaient les autorités du district, étaient également membres du Conseil et assistaient aux réunions lorsqu'ils étaient à Colombo. Ceylan était divisé en trois districts administratifs: Colombo, Galle et Jaffna. Colombo était gouverné par le gouverneur, Galle et Jaffna par des commandants. Les trois zones ont été subdivisées de manière traditionnelle en dessavany (provinces)[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Les Provinces-Unies ont construit de nombreux forts dans l'île, comme celui d'Elephant Pass qui a été un fort clé dans la guerre civile du Sri Lanka; et ont fortifié ceux déjà construit par les portugais, comme le fort de Galle, qui est aujourd'hui au patrimoine de l'UNESCO.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]