Maithripala Sirisena

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Maithripala Sirisena
(si) මෛත්‍රිපාල සිරිසේන
Illustration.
Maithripala Sirisena en 2017.
Fonctions
Président de la République démocratique socialiste du Sri Lanka

(4 ans, 10 mois et 9 jours)
Élection 8 janvier 2015
Premier ministre Mahinda Rajapakse
Ranil Wickremesinghe
Prédécesseur Mahinda Rajapakse
Successeur Gotabaya Rajapaksa
Ministre de la Défense

(4 ans, 10 mois et 6 jours)
Président Lui-même
Premier ministre Mahinda Rajapakse
Ranil Wickremesinghe
Prédécesseur Mahinda Rajapakse
Successeur Mahinda Rajapakse
Ministre de l'Environnement et des Énergies renouvelables

(4 ans, 10 mois et 6 jours)
Président lui-même
Premier ministre Mahinda Rajapakse
Ranil Wickremesinghe
Prédécesseur Susil Premajayanth
Biographie
Nom de naissance Pallewatte Gamaralalage Maithripala Yapa Sirisena
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Yagoda, Ceylan
Nationalité sri-lankaise
Parti politique Parti communiste du Sri Lanka (1966-1968)
Sri Lanka Freedom Party (depuis 1994)
Diplômé de Institut de littérature Maxime-Gorki, Moscou
Royal Central College, Polonnaruva

Signature de Maithripala Sirisena(si) මෛත්‍රිපාල සිරිසේන

Maithripala Sirisena
Présidents de la République démocratique socialiste du Sri Lanka

Maithripala Sirisena (en cingalais : මෛත්‍රිපාල සිරිසේන; en tamoul : மைத்திரிபால சிறிசேன), né le à Yagoda, est un homme d'État sri-lankais. Il est président de la République du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Maithripala Sirisena est né à Yagoda, un village dans le district de Gampaha[1]. Il est le fils de Albert Sirisena, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui a reçu cinq acres de rizières à Polonnaruwa par l'ancien Premier ministre Don Stephen Senanayake. Sa mère était institutrice.

Il a fait ses études à Thopawewa Maha Vidyalaya et au Royal College de Polonnaruwa, où il s'est d'abord intéressé à la politique. Alors qu'il était encore à l'école, à l'adolescence, Sirisena s'intéresse au communisme et rejoint le Parti communiste du Sri Lanka en devenant étroitement associé au chef du parti Shanmugathasan. En 1968, il a pris part à un rassemblement anti-gouvernement du parti communiste qui a été démantelé par la police.

À l'âge de 17 ans, il a été choisi comme secrétaire du parti des jeunes du Sri Lanka Freedom Party à Polonnaruwa, par le député Leelaratna Wijesingha[2]. En 1971, âgé de 19 ans, il a été emprisonné pendant 15 mois pour sa participation présumée à la tentative de révolution du Janatha Vimukthi Peramuna[3],[4]. Après sa libération de prison, Sirisena a rejoint l'organisation de jeunesse SLFP de Ceylan dirigée par Anura Bandaranaike et a rejoint la politique au niveau national.

En 1974 Sirisena a commencé à travailler à la Palugasdamana Multi Purpose Cooperative Society comme un bureau d'achat et en 1976, il est devenu un Grama niladhari, officier de village, mais a démissionné en 1978. Il a gravi les échelons du SLFP, rejoignant son bureau politique en 1981, où il a été choisi comme président et trésorier de l'organisation de jeunesse SLFP de toute l'île. Lors du scrutin présidentiel de 1982, lorsque Basil Rajapaksa a rejoint le United National Party, il a pris la responsabilité du secrétaire de l'organisation.

Sirisena a étudié pendant trois ans à l'école d'agriculture de Sri Lanka, à Kundasale, d'où il a obtenu un diplôme en agriculture en 1973. En 1980, il a obtenu un diplôme en sciences politiques à l'Institut de littérature Maxime-Gorki en Russie.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sirisena est mariée à Jayanthi Pushpa Kumari, ils ont deux filles, Chathurika, Dharani, et un fils, Daham[5].

Il est un abstème, végétarien et bouddhiste[6].

Son plus jeune frère, Priyantha Sirisena, est mort le après une attaque à la hache qu'il a subie deux jours plus tôt, dans sa ville natale de Polonnaruwa. Priyantha a été immédiatement transféré à l'hôpital dans un état critique, où il est mort de graves blessures à la tête ; Sirisena était en Chine lors d'une visite d'État à l'époque[7].

Sa fille, Chathurika Sirisena, publie son premier livre Janadhipathi Thaththa en 2017[8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député[modifier | modifier le code]

Membre du Sri Lanka Freedom Party, Sirisena est député au Parlement du Sri Lanka à partir de 1989. Après la victoire de son parti aux élections de 1994, il devient vice-ministre de l'Irrigation dans le gouvernement de Chandrika Kumaratunga, puis ministre chargé du Développement du Mahaweli et des Affaires parlementaires de 1997 à 2001.

Il retrouve brièvement le gouvernement d'avril 2004 à novembre 2005 en tant que ministre de l'Irrigation, du Développement du Mahaweli et du Rajarata. Il est également secrétaire général du Parti de la liberté de 2001 à 2014 et ministre de la Santé de 2010 à septembre 2014, sous la présidence de Mahinda Rajapakse.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Sirisena lors de la formation du gouvernement en 2015

Le , il devient le candidat de la coalition de l'opposition à l'élection présidentielle anticipée, annoncée par le président Rajapakse. Il rejoint alors le Nouveau Front démocratique. Le , il est élu président de la République avec 51,28 % des voix face à Mahinda Rajapakse, alors que la presse le présentait comme l'outsider de l'élection. Il prête serment et entre en fonction le lendemain[9].

Le lendemain, il nomme Ranil Wickremesinghe, avec qui il a noué une alliance de circonstance, au poste de Premier ministre[10], qu'il reconduit à la suite des élections législatives srilankaises de 2015[11]. Par la suite, des dissensions apparaissent entre les deux alliés[12].

Crise politique[modifier | modifier le code]

Le 26 octobre 2018, Maithripala Sirisena démet Ranil Wickremesinghe de ses fonctions et nomme immédiatement l'ancien président Mahinda Rajapakse à sa place. Ayant fait amender en 2015 la constitution de sorte de retirer au président le droit de limoger le Premier ministre[13], Wickremesinghe considère cet acte comme inconstitutionnel et déclare demeurer à son poste[14]. Il refuse alors de quitter ses fonctions, recevant ainsi le soutien de Karu Jayasuriya, le président du Parlement, institution suspendue jusqu'au 16 novembre par le président de la République[15]. Le 28 octobre, alors que les partisans de Rajapakse tentent d'entrer dans sa résidence, un garde du corps du ministre sortant du Pétrole tire sur eux, faisant un mort et deux blessés[16].

Le 1er novembre, Sirisena annonce la levée de la suspension du parlement[17] et le convoque pour le 5 novembre[18], puis reporte la date au 7 puis au 14 novembre[19]. Le 9 novembre, le président dissout le parlement et convoque des législatives anticipées pour le 5 janvier 2019[20]. Le 11 novembre, le président du Parlement conteste cette décision, estime que le président ne possède pas le pouvoir de dissolution[21]. Le 13 novembre, la Cour suprême annule la dissolution[22].

Le 14 novembre, le gouvernement de Rajapakse est renversé par une motion de censure[23]. Les 15 et 16 novembre, ont lieu des séances houleuses au parlement[24]. Wickremesinghe demande alors à être réinvesti[25]. Le 18 novembre a lieu une réunion de sortie de crise[26].

Le 25 novembre, Sirisena annonce qu'il ne nommera plus jamais Wickremesinghe comme Premier ministre, l'accusant de corruption[27].

Le 3 décembre, la Cour suprême suspend les pouvoirs du second Premier ministre, Mahinda Rajapakse. Cette décision très attendue des magistrats a été rendu avant le 12 décembre, car ils ont estimé que des « dommages irréparables ou irrémédiables » pouvaient survenir sur l'île[28].

Le 13 décembre, la Cour suprême confirme l'annulation des élections anticipées, estimant que le président ne possède pas le droit de dissoudre la chambre[29].

Le 14 décembre, la démission prochaine de Rajapakse est annoncée par son fils, étant effective pour le lendemain 15 décembre[30]. Wickremesinghe est réinvesti le 16 décembre[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Directory of Members: Sirisena, Maithripala », Parlement du Sri Lanka
  2. Prasad Gunewardene, « 'Mangala, Sripathi, JVP and UPFA' », Daily News (Sri Lanka),‎ (lire en ligne)
  3. « Sri Lanka's Maithripala Sirisena looks to have toppled Rajapaksa », BBC News,‎ (lire en ligne)
  4. Shihar Aneez, « Friend turned foe - the challenger for Sri Lanka's presidency », Reuters,‎ (lire en ligne)
  5. « Biographical information on Sri Lanka's Sirisena », sur Mail Online,
  6. Burke, « Sri Lanka election result: Who is new President Maithripala Sirisena? »,
  7. « Sirisena’s brother dies after assault »,
  8. « President's daughter Chathurika Sirisena pays a great tribute to her father: 'Janadhipathi Thaththa' launched today - Sri Lanka Latest News », sur Sri Lanka News - Newsfirst,
  9. « L'outsider Sirisena élu nouveau président du Sri Lanka », France 24, 9 janvier 2015
  10. « Au Sri Lanka, le premier ministre Ranil Wickremesinghe réinvesti après son limogeage », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 27 novembre 2019).
  11. « Sri Lanka: le parti au pouvoir remporte les élections législatives », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 27 novembre 2019).
  12. « Crise au Sri Lanka: mobilisation de masse pour le Premier ministre démis », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 27 novembre 2019).
  13. « Le Sri Lanka s’enfonce dans une crise politique », sur Libération.fr (consulté le 28 octobre 2018)
  14. (en) Rulers.
  15. https://www.swissinfo.ch/fre/le-premier-ministre-refuse-de-quitter-sa-résidence--un-mort/44504184
  16. Le Point, magazine, « Sri Lanka : la crise politique s'aggrave, un tué par balles », sur Le Point (consulté le 28 octobre 2018)
  17. « Crise au Sri Lanka : la suspension du Parlement levée », sur Le Monde.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  18. Zone Bourse, « Le parlement sri-lankais convoqué en session le 5 novembre » (consulté le 14 novembre 2018)
  19. « Sri Lanka: le parlement convoqué une semaine plus tard que prévu », sur Libération.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  20. « Sri Lanka : le président dissout le Parlement », sur Le Monde.fr (consulté le 14 novembre 2018)
  21. « Sri Lanka: le président "usurpe" les pouvoirs des députés (président du Parlement) » (consulté le 14 novembre 2018)
  22. BFMTV, « Sri Lanka: la Cour suprême annule la dissolution du Parlement », sur BFMTV (consulté le 14 novembre 2018)
  23. « Sri Lanka: le Parlement vote une motion de censure contre le Premier ministre - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 15 novembre 2018)
  24. « Sri Lanka: des députés se balancent des chaises et du piment », sur LExpress.fr (consulté le 18 novembre 2018)
  25. Le Point, magazine, « Crise au Sri Lanka: l'ex-Premier ministre demande à reprendre ses fonctions », sur Le Point (consulté le 18 novembre 2018)
  26. « Sri Lanka : le président convoque une réunion », sur Le Figaro (consulté le 18 novembre 2018)
  27. « Sri Lanka : le président promet de ne jamais reprendre le Premier ministre limogé », sur LExpress.fr (consulté le 25 novembre 2018)
  28. « Au Sri Lanka, la cour suprême suspend le premier ministre »,
  29. « Sri Lanka: la Cour suprême juge la dissolution du Parlement illégale - Asie-Pacifique - RFI », sur RFI (consulté le 14 décembre 2018)
  30. « Sri Lanka: démission du premier ministre », sur Le Figaro (consulté le 14 décembre 2018)
  31. Le Point, magazine, « Sri Lanka: Rajapakse se retire, mettant fin à l'impasse politique », sur Le Point (consulté le 15 décembre 2018)