Fornication

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Le terme fornication désigne un rapport sexuel consenti entre un homme et une femme libres de tout lien ou empêchement, c’est-à-dire non mariés (ni entre eux ni chacun de leur côté) ni liés par des vœux de religion, ni parents. Cette pratique est considérée comme un péché de la chair, par le christianisme et l’islam.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, le terme vient du mot latin fornicatio avec le même sens et qui a pour racine fornix, « voûte ».

Dans les textes littéraires ou religieux, le terme fornication est le plus souvent employé dans un sens péjoratif; il est alors lié au péché de luxure et exprime le caractère bestial, primaire de la sexualité.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La fornication se distingue de :

  • l’adultère, qui implique qu’au moins l’un des deux acteurs soit marié « de son côté » ;
  • du viol, qui implique l’absence de consentement ;
  • l’homosexualité ;
  • l’inceste, qui implique certains liens de parenté ;
  • l’union sacrilège, commise avec ou par une personne liée par des vœux religieux.

Loi civile[modifier | modifier le code]

La fornication était par le passé une infraction pénale dans certains États des États-Unis[1]. Actuellement, c’est toujours considéré comme un crime dans certains pays musulmans[réf. souhaitée].

Les religions et la fornication[modifier | modifier le code]

La fornication selon l’Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Exode 22: 16–17.

« Si un homme séduit une vierge qui n’est pas fiancée, et couche avec elle, il paiera sa dot et la prendra pour femme. Si le père refuse de la lui accorder, le séducteur paiera l’argent qu’on donne pour la dot des vierges. »

Deutéronome 22: 13–21.

« Si un homme, qui a pris une femme et est allé vers elle, éprouve ensuite de l’aversion pour sa personne, s’il lui impute des choses criminelles et porte atteinte à sa réputation, en disant : “J’ai pris cette femme, je me suis approché d’elle, et je ne l’ai pas trouvée vierge”, alors le père et la mère de la jeune femme prendront les signes de sa virginité et les produiront devant les anciens de la ville, à la porte. Le père de la jeune femme dira aux anciens : J’ai donné ma fille pour femme à cet homme, et il l’a prise en aversion ; il lui impute des choses criminelles, en disant : Je n’ai pas trouvé ta fille vierge. Or voici les signes de virginité de ma fille. Et ils déploieront son vêtement devant les anciens de la ville. Les anciens de la ville saisiront alors cet homme et le châtieront ; et, parce qu’il a porté atteinte à la réputation d’une vierge d’Israël, ils le condamneront à une amende de cent sicles d’argent, qu’ils donneront au père de la jeune femme. Elle restera sa femme, et il ne pourra pas la renvoyer, tant qu’il vivra. Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s’est point trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra, parce qu’elle a commis une infamie en Israël, en se prostituant dans la maison de son père. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. »

La fornication selon le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

1 Corinthiens 6: 15–20.

« Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ? Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d’une prostituée? Loin de là! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. Fuyez la fornication. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. »

Hébreux 13: 4

« Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal épargné par la souillure : ceux qui se livrent à l’immoralité sexuelle (fornication ou relations sexuelles en dehors du mariage) et à l’adultère, Dieu les jugera. »

Selon le Coran[modifier | modifier le code]

Le terme fornication (zina (en)) désigne un rapport sexuel entre un homme et une femme non mariés entre eux (adultère ou non). L’islam prohibe cette pratique.[2]

Sourate 17, Verset 32.

« Évitez l’adultère [ou la fornication – même mot en arabe] car c’est une turpitude et une mauvaise route. »

Sourate 24, Verset 2–5

« Vous infligerez à l’homme et à la femme adultères* cent coups de fouet à chacun. Que la compassion ne vous entrave pas dans l’accomplissement de ce précepte de Dieu, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Que le supplice ait lieu en présence d’un certain nombre de croyants. – Un homme adultère ne doit épouser qu’une femme adultère ou une idolâtre, et une femme adultère ne doit épouser qu’un homme adultère ou idolâtre. Ces alliances sont interdites aux croyants. – Ceux qui accuseront d’adultère une femme vertueuse, sans pouvoir produire quatre témoins, seront punis de quatre-vingts coups de fouet; au surplus, vous n’admettrez jamais leur témoignage en quoi que ce soit, car ils sont pervers. – À moins qu’ils ne se repentent de leur méfait et ne se conduisent exemplairement; car Dieu est indulgent et miséricordieux. »

Sourate 25, Verset 63–76.

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : “Paix”, qui passent les nuits prosternés et debout devant leur Seigneur ; qui disent : “Seigneur, écarte de nous le châtiment de l’Enfer” – car son châtiment est permanent. Quel mauvais gîte et lieu de séjour ! Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu.

Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu’Allah a rendu sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication — car quiconque fait cela encourra une punition et le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’ignominie ;

sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre ; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux ; et quiconque se repent et accomplit une bonne œuvre c’est vers Allah qu’aboutira son retour.

Ceux qui ne donnent pas de faux témoignages ; et qui, lorsqu’ils passent auprès de frivolité, s’en écartent noblement ; qui lorsque les versets de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles ; et qui disent : “Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous un guide pour les pieux.” Ceux-là auront pour récompense un lieu élevé [du Paradis] à cause de leur endurance, et ils y seront accueillis avec le salut et la paix, pour y demeurer éternellement. Quel beau gîte et lieu de séjour ! »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jim Thompson, The Journal of Criminal Law, Criminology, and Police Science [« Le journal du droit criminel, de la criminologie et des sciences policière »], vol. 49 : nov.–déc. 1958, États-Unis (no 4), , p. 350–356.
  2. (en) Ludwig W. Adamec, Historical Dictionary of Islam [« Dictionnaire historique de l’Islam »], États-Unis, Scarecrow Press, , p. 103.