Bataille de Tarvis (1797)

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Bataille de Tarvis
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Terrain du conflit

Informations générales
Date -
Lieu Tarvisio
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Napoléon Bonaparte
André Masséna
Jean Joseph Guieu
Charles-Louis d'Autriche-Teschen
Adam Bajalics von Bajahaza
Joseph Ocskay von Ocsko
Forces en présence
11 000 hommes 8 000 à hommes
Pertes
1 200 morts ou blessés 4 500 morts ou blessés
25 canons
400 500 chariots

Première Coalition
Guerres de la Révolution française

Batailles

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Coordonnées 46° 30′ nord, 13° 34′ est

Géolocalisation sur la carte : Frioul-Vénétie julienne

(Voir situation sur carte : Frioul-Vénétie julienne)
Bataille de Tarvis

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Bataille de Tarvis

La bataille de Tarvis a eu lieu près de Tarvisio, actuellement en région Frioul-Vénétie julienne en Italie, du au pendant la guerre de la Première Coalition.

Lors de cet affrontement, trois divisions d'une armée de la première République française commandée par Napoléon Bonaparte attaquent plusieurs colonnes de l'armée autrichienne dirigée par l'archiduc Charles-Louis d'Autriche-Teschen. Pendant trois jours de combats confus, les divisions françaises menées par Masséna, Guieu, et Sérurier réussissent à bloquer le col de Tarvis et capturent 3 500 autrichiens sous les ordres d'Adam Bajalics von Bajahaza.

Après la prise de la forteresse de Mantoue au début de février 1797, Bonaparte écrase sur son flanc sud l'armée des États Pontificaux. Renforcé par le front du Rhin, il décide de repousser l'armée autrichienne hors du nord-est de l'Italie. L'offensive commence en mars par une manœuvre conjointe de l'aile gauche des troupes de Joubert dans le comté de Tyrol, et de l'armée principale de Bonaparte en direction de l'Est.

Le gros de l'armée française force les troupes de l'archiduc à battre en retraite tandis que Joubert bat Wilhelm Lothar Maria von Kerpen dans le Tyrol. Charles-Louis tente de prendre le col de Tarvis en envoyant trois colonnes de renforts qui trouvent le col tenu par Masséna. Elles réussissent à se frayer un chemin mais la dernière colonne est prise au piège entre les trois divisions françaises et obligée de se rendre. Les Français s'approchent à 121 km de Vienne. À la mi-avril, Bonaparte propose aux Autrichiens le traité de Leoben. La plupart des conditions en sont ratifiées par le traité de Campo-Formio en octobre 1797.

Contexte[modifier | modifier le code]

Chute de Mantoue[modifier | modifier le code]

Le 2 février 1797, le siège de Mantoue prend fin avec la reddition du Generalfeldmarschall Dagobert Sigmund von Wurmser. Pour récompenser son courage, Wurmser, son état-major et une escorte de 700 soldats sont autorisés à rejoindre les lignes autrichiennes. 20 000 autres Autrichiens sont libérés sur parole contre la promesse de ne pas se battre contre la France le temps de l'échange de prisonniers. Chez les assiégés, on dénombre 16 333 tués, blessés, ou morts de maladie. Les Français s'emparent de 325 pièces d'artillerie à Mantoue et récupèrent 179 de leurs propres canons perdus auparavant[1].

Napoléon Bonaparte n'est pas présent à la capitulation, étant parti quelques jours avant en raison de la guerre contre les États Pontificaux. Suivant les instructions de Bonaparte, le général de Division Jean-Mathieu-Philibert Sérurier refuse de changer les termes de la proposition de reddition auxquels Wurmser finit par céder. Les Autrichiens, désarmés, quittent Mantoue les 4, 5 et 6 février[2].

Offensive française[modifier | modifier le code]

Le 3 février, une troupe de 9000 hommes de l'Armée d'Italie, sous les ordres de Claude-Victor Perrin, écrase les 9000 hommes de l'armée pontificale menée par le Feldmarschall-Leutnant Michelangelo Alessandro Colli-Marchi à la Bataille de Faenza (Bataille de Castel Bolognese). Si les Français ont perdu 100 hommes, les forces pontificales comptent 800 tués et blessés, 1 200 prisonniers, et perdent 14 canons, 8 étendards et 8 affûts. Le 9 février, les 1 200 hommes de la garnison d'Ancône se rendent à Perrin[1]. Bonaparte contraint le Pape à accepter le traité de Tolentino, obligeant ainsi les États Pontificaux à payer 30 millions de francs[3].

Painting depicts a clean-shaven man with long hair in a dark blue military uniform with a bright sash around his waist. He holds a sword in his right gloved hand and a flag in his left.
Napoléon Bonaparte

En 1796, la campagne d'Allemagne est pour la France le principal théâtre d'opération. Ce n'est que tardivement que le gouvernement français décide d'envoyer des troupes en Italie sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Bernadotte et Antoine Guillaume Delmas. Le nouveau commandant autrichien en Italie, le feldmarschall Charles-Louis d'Autriche-Teschen, dispose de 50 000 soldats mais ceux-ci sont répartis sur l'ensemble du front. Bonaparte choisit d'attaquer avant que les Autrichiens n'aient le temps de se préparer. Comptant 60 000 hommes disponibles, Bonaparte prévoit d'attaquer dans le Frioul avec deux-tiers de ces troupes. On confie 20000 hommes au général Barthélemy Catherine Joubert pour protéger le comté de Tyrol d'une possible intervention autrichienne. En l'absence de menace, Joubert a l'ordre de rejoindre Bonaparte dans la vallée de la Drave[4].

Le général Pierre Augereau étant en permission, Jean Joseph Guieu prend le commandement de sa division. Les généraux André Masséna, Bernadotte, et Sérurier marchent avec le gros de l'armée qui franchit la Brenta à la fin de février[4]. Les intempéries amènent à suspendre les opérations, mais le 10 mars, deux colonnes s'ébranlent : Bonaparte emmène 32 000 hommes vers Valvasone en passant par Sacile. Le flanc gauche est protégé par Masséna et plus de 11 000 hommes. L'archiduc Charles-Louis a déployé ses forces principales entre Spilimbergo et San Vito al Tagliamento. Le 14, Masséna affronte une troupe autrichienne sous les ordres du major-général Franz Joseph de Lusignan[5].

Le 16 février 1797, les divisions de Guieu et de Bernadotte franchissent le Tagliamento, couvertes par un feu d'artillerie[5]. Lors de la bataille de Valvasone, les Français infligent à leurs adversaires 700 tués et prennent six canons. Le lendemain à Gradisca d'Isonzo, Bernadotte isole et force à se rendre une colonne de 2 500 soldats. Trois bataillons du régiment d'infanterie n°4 de la Hoch-und Deutschmeister, un bataillon du régiment d'infanterie n°51 Splényi, 10 canons, et 8 étendards tombent aux mains des Français[6].

Au même moment, plus au nord, Joubert et 18 000 hommes affrontent le 20 mars 12 000 soldats du Feldmarschall-Leutnant Wilhelm Lothar Maria von Kerpen. À Salorno, Joubert met l'adversaire en déroute, faisant 300 tués et blessés et plus de 3 500 prisonniers, ne perdant lui-même que 200 tués et blessés. L'armée de Kerpen comptait cinq bataillons de trois régiments d'infanterie, trois escadrons de dragons et 5 000 miliciens tyroliens[6].

Bataille[modifier | modifier le code]

Painting shows an unsmiling man in a dark blue marshal's uniform with a red sash, much gold braid, and at least two decorations on his chest.
André Masséna.

Comme Masséna avance vers Tarvis (Tarvisio) en repoussant les troupes de Lusignan, l'archiduc Charles-Louis envoie trois divisions pour tenir le col. Mais à leur arrivée, les Autrichiens se trouvent pris entre Masséna et d'autres divisions de Bonaparte opérant derrière eux[5]. Le 21 mars, l'avant-garde de Masséna repousse le major-général autrichien Joseph Ocskay von Ocsko (en) hors de Tarvis. Plus tard dans la journée, le major-général Charles Philippe de Vinchant de Gontreuil arrive avec une colonne et chasse les Français de Tarvis. Masséna lance un assaut le 22 mars, forçant Gontreuil à se retirer de la ville en direction de Villach[7].

Cette manœuvre laisse la colonne du Feldmarschall-Leutnant autrichien Adam Bajalics von Bajahaza du mauvais côté de la passe. Bajalics et le général-major Samuel Köblös de Nagy-Varád combattent le 22 mars contre les divisions de Masséna, Guieu, et Sérurier. Le lendemain, ils se rendent avec 4 000 soldats autrichiens, 25 pièces d'artillerie, et 500 chariots[7]. Selon une autre source, les Français s'emparent de 3 500 Autrichiens, 25 canons, et 400 véhicules. Lors des affrontements, les Français perdent 1 200 hommes tout en infligeant une perte de 1 000 tués et blessés à leurs adversaires[6].

Le 3e bataillon du régiment d'infanterie n°14 Klebek, le 4e bataillon du régiment d'infanterie n°52 Archiduc Anton, et le bataillon de grenadiers Khevenhüller sont faits prisonniers. D'autres unités autrichiennes impliquées dans les combats sont deux bataillons du régiment d'infanterie n°36 Fürstenburg, trois bataillons du régiment d'infanterie n°39 Nadásdy, le bataillon de grenadiers Rüdt, quatre escadrons du régiment de hussards n°11 Erdödy, et un escadron du régiment de dragons n°26 Toscane[6].

Suites militaires[modifier | modifier le code]

Painting shows a sober-looking curly-haired man in a white military uniform with a red and white sash and a gold collar.
Charles-Louis d'Autriche-Teschen

Alors que Bernadotte poursuit l'armée en retraite de Charles-Louis dont l'armée se replie sur Laybach (Ljubljana), le général Charles Dugua occupe le port de Trieste avec une colonne de cavalerie. Voyant sa ligne de ravitaillement s'allonger, Bonaparte crée un nouveau centre d'opérations à Palmanova[5]. Pour empêcher que son flanc gauche soit inquiété, Bonaparte ordonne à Joubert de sécuriser Bressanone. À ce moment, le général Louis François Jean Chabot prend en charge les troupes de Sérurier, alors malade. Le 29 mars, les divisions de Masséna, Guieu et Chabot prennent Klagenfurt[8].

Ayant trop peu de troupes disponibles pour une offensive, Bonaparte déplace son centre d'opérations à Klagenfurt et ordonne à Joubert, Bernadotte et Perrin (alors resté dans les États pontificaux) de le rejoindre. Le général de brigade Louis Friant est chargé de tenir Trieste avec 1 500 soldats. Le 31 mars, Bonaparte envoie une lettre à l'archiduc Charles-Louis lui proposant un armistice. Il espère ainsi gagner du temps jusqu'à ce que le général Jean Victor Marie Moreau déclenche l'offensive en Allemagne. Pour faire impression sur les Autrichiens, Bonaparte fait avancer ses troupes jusqu'à Leoben qui est pris le 7 avril, à seulement 121 kilomètres de Vienne. Le même jour, les Autrichiens conviennent de cinq jours de suspension des hostilités[8].

Après s'être assuré de cinq jours de trêve supplémentaires, Bonaparte propose l'ouverture de négociations le 16 avril, bien qu'il n'aie pas autorité pour le faire. Conscients que les Français sont sur le point de lancer une offensive sur le Rhin, les Autrichiens signent le traité de Leoben le 18. La plupart des termes de cet accord sont confirmés par le traité de Campo-Formio le 17 octobre 1797[9]. Après l'armistice, des combats sans intérêt ont lieu sur le Rhin. Le 18 avril, l'armée française sous les ordres du général Lazare Hoche vainc le Feldmarschall-Leutnant Franz von Werneck à la bataille de Neuwied. L'armée de Moreau entre finalement en action les 20 et 21 avril en repoussant les troupes du Feldmarschall-Leutnant Anton Sztáray von Nagy-Mihaly (en) à la bataille de Diersheim (en)[10].

Pendant les combats à Tarvis, la colonne de Joubert poursuit son avancée. Le 21 mars, elle repousse une attaque du général-major Johann Ludwig Alexius von Loudon (en) à Neumarkt. Joubert laisse 5 000 hommes de la division de Delmas protéger sa ligne de ravitaillement et marche sur Klausen où il bat von Kerpen le 22 mars. Les Autrichiens battent en retraite et sont à nouveau vaincus le 28 mars et repoussés hors de Sterzing. L'intervention de la milice du Tyrol force Joubert à revenir à Brixen où von Kerpen attaque le 31 mars et, fort de 12 000 hommes supplémentaires le 2 avril, sans toutefois pouvoir l'en déloger. Néanmoins, Delmas se retire de Bozen (Bolzano) le 4 avril. Le 5, Joubert part pour Villach et, après d'incessantes escarmouches avec la milice tyrolienne, effectue la jonction avec Bonaparte le 8 mai, bien après la signature du traité de Leoben. Pendant la campagne de Joubert, les pertes françaises ont atteint 8 000 hommes[11].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Smith (1998), 132-133
  2. Boycott-Brown (2001), 521-522
  3. Chandler (1966), 121
  4. a et b Chandler (1966), 122
  5. a, b, c et d Chandler (1966), 123
  6. a, b, c et d Smith (1998), 133-134
  7. a et b Smith & Kudrna, Köblös de Nagy-Varád, Samuel
  8. a et b Chandler (1966), 124
  9. Chandler (1966), 125
  10. Smith (1998), 134-135
  11. Smith & Kudrna, Kerpen, Wilhelm Lothar Maria von

Références[modifier | modifier le code]