Appel du comité central de la garde nationale le 25 mars 1871

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L’Appel du comité central de la garde nationale le 25 mars 1871 est un appel à la vigilance et à la réflexion émis par le Comité central de la Garde nationale et diffusé par affiches aux électeurs parisiens la veille des élections municipales pour le 26 mars.

Cet appel a été lancé lors d'une période insurrectionnelle de l'histoire de Paris appelée la Commune de Paris. La Commune de Paris dura deux mois, du 18 mars au 28 mai 1871 (pour s'achever par la Semaine sanglante du 21 au 28 mai). Cette insurrection contre le gouvernement investi par l'Assemblée nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel masculin, ébaucha pour la ville une organisation proche de l'autogestion. Elle fut, au départ, principalement une réaction à la défaite française lors de la Guerre franco-allemande de 1870.

Le Comité central de la Garde nationale a tenu un rôle majeur dans l'organisation de la révolte. Quelques semaines après son installation à l'Hôtel de Ville, le Comité avait organisé des élections municipales pour le 26 mars.

Le texte de l'appel[modifier | modifier le code]

« CITOYENS

Notre mission est terminée: nous allons céder la place dans votre Hôtel-de -Ville à vos nouveaux élus, à vos mandataires réguliers. Aidés par votre patriotisme et votre dévouement, nous avons pu mener à bonne fin l'œuvre difficile entreprise en votre nom. Merci de votre concours persévérant ; la solidarité n'est plus un vain mot : le salut de la République est assuré. Si nos conseils peuvent avoir quelque poids dans vos résolutions, permettez à vos plus zélés serviteurs de vous faire connaître, avant le scrutin, ce qu'ils attendent du vote aujourd'hui.

CITOYENS * Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux. * Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne considèrent que leurs propres intérêts et finissent toujours par se considérer comme indispensables. * Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l'action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. * Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. * Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du Peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. * Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c'est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. * Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maîtres. »

— Hôtel-de-Ville, 25 mars 1871, le comité central de la Garde nationale

Politique française[modifier | modifier le code]

Le texte a été repris par Olivier Besancenot comme justification de sa non candidature pour le Nouveau Parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2012[1].

Références[modifier | modifier le code]