Mathilde Larrère

Cette page est concernée par la règle R3R
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Mathilde Larrère
Image dans Infobox.
Mathilde Larrère en 2018.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Père
Mère
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Comité d'histoire de la ville de Paris (d)
Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoireVoir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse

Mathilde Larrère, née à Paris le , est une historienne française.

Elle est spécialiste des mouvements révolutionnaires et du maintien de l’ordre en France au XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Née dans un milieu bourgeois, fille de Raphaël Larrère, ingénieur agronome, et de Catherine Larrère, philosophe[1],[2], Mathilde Larrère est ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (promotion L1991)[3]. Elle est major de l'agrégation d'histoire (1994)[4]. Elle est également doctoresse en histoire (2000) avec une thèse soutenue sous la direction d'Alain Corbin ayant pour sujet « La garde nationale de Paris sous la monarchie de Juillet, le pouvoir au bout du fusil ? »[5]. Elle a également suivi des cours comme auditrice libre à l'École pratique des hautes études[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle a notamment été monitrice à l'université Paris-I. De 2002 à 2007, elle est maître de conférences à l'université Paris-XIII et depuis 2007 à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée[7],[8]. Elle est également vacataire à l'Institut d'études politiques de Paris[9].

Ses recherches portent sur l’histoire de la citoyenneté, l’histoire des rapports des citoyens à l’État, l’histoire du maintien de l’ordre, et plus particulièrement sur l’histoire de la révolution de 1830[10]. Travaillant sur la garde nationale de Paris, milice citoyenne chargée de l’ordre public local, et se retrouvant de part et d’autre des barricades selon les événements, elle est amenée à réfléchir sur l’ordre public, sur les politiques de son maintien, dans un contexte politiquement troublé et socialement agité, travail qui la conduit à réfléchir également sur le « désordre » public. Utilisée par le pouvoir comme par l’opposition, la garde nationale lui apparaît comme un bon observatoire d’une citoyenneté vécue par les hommes. Elle approfondit ces pistes en travaillant plus généralement sur les usages politiques de l’espace parisien au XIXe siècle. En 2017 et 2018, elle est chroniqueuse sur les sites d'Arrêt sur images et Mediapart[11] avec Laurence De Cock pour une chronique intitulée « Les détricoteuses »[10].

Elle est membre du Comité d'histoire de la ville de Paris[12].

Elle revendique une approche politisée de l'Histoire en indiquant : « On ne raconte pas des choses fausses parce qu’il y a une approche politisée, à partir du moment où on est solide scientifiquement et qu’on ne trahit pas les sources. Moi j’affiche la couleur[13]. »

Elle rejette également le concept de neutralité de l'Histoire : « Dire que l'histoire est neutre, c’est une grande arnaque pour faire passer une histoire de droite[14]. » Elle a appartenu au Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire[15].

Inscrite sur le réseau social Twitter en 2013, elle y publie des éphémérides historiques sous forme de « mini-cours »[10],[13] et gagne en notoriété en critiquant certaines prises de positions de Manuel Valls[16], Nicolas Sarkozy[17], François Fillon, Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron concernant divers éléments de l'histoire de France tels que la colonisation ou l'ordonnance de Villers-Cotterêts[9].

Engagement politique et syndical[modifier | modifier le code]

Mathilde Larrère adhère au Parti de gauche (PG) en 2012. Lors des élections municipales de 2014 à Paris, elle est candidate sur la liste PG du 12e arrondissement. Elle quitte le PG en , après des « désaccords politiques »[13].

Elle cofonde un collectif qui veut renouveler la gauche, Le Temps des Lilas, et participe au mouvement Nuit debout[13].

Elle milite au SNESUP-FSU[18].

Elle fait partie des premiers signataires appelant à la manifestation contre l'islamophobie du 10 novembre 2019[19].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Axel Dröber, « Mathilde Larrère, L’Urne et le Fusil », Revue d'histoire du XIXe siècle, no 52,‎ , p. 206-207 (lire en ligne)
Aurélien Lignereux, « Mathilde Larrère, L’Urne et le Fusil », sur hypotheses.org,
  • Mathilde Larrère et Aude Lorriaux, Des intrus en politique. Femmes et minorités : dominations et résistances, Paris, Détour, , 223 p. (ISBN 979-10-97079-28-4)
  • Mathilde Larrère, Il était une fois les révolutions, Paris, Détour, , 224 p. (ISBN 979-10-97079-46-8)
  • Mathilde Larrère, Rage against the machisme, Paris, Détour, , 224 p. (ISBN 979-10-97079-63-5)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bastide 2017, à 17 min 42 s.
  2. « Écologie et morale : « En traitant la nature comme hors de nous, on se nie nous-mêmes » » sur le site Arrêt sur images.
  3. « Recherche » « Larrère Mathilde », sur lyon-normalesup.org/Annuaire.
  4. « Agrégations », sur Le Monde, .
  5. Sous la dir. d'Alain Corbin, La Garde nationale de Paris sous la monarchie de Juillet : le pouvoir au bout du fusil ? (thèse de doctorat en histoire), Paris, université Paris-I, , 723 p. (SUDOC 059975245).
  6. « Histoire des monarchies constitutionnelles en France et de leurs doctrines [1830-1900] », Livret de l'École pratique des hautes études, 4e section, sciences historiques et philologiques, vol. 127, no 10,‎ , p. 144 (lire en ligne).
  7. Analyse Comparée des Pouvoirs, « Mathilde Larrère », sur acp.u-pem.fr, (consulté le ).
  8. « Engagement 4/4 », sur La Fabrique de l'histoire, .
  9. a et b Lefebvre 2017.
  10. a b et c Bastide 2017.
  11. Romain Jeanticou, « Mathilde Larrère : “Dimanche, il s'agit davantage d'un vote antifasciste que d'un front républicain” », Télérama,‎ (lire en ligne).
  12. « Les 49 membres du Comité d’histoire de la Ville de Paris, nommés pour la mandature », sur api-site.paris.fr.
  13. a b c et d Brouze 2016.
  14. Pablo Pillaud-Vivien, « Mathilde Larrère : “L’histoire neutre ? Une arnaque pour faire passer une histoire de droite.” », sur regards.fr/,
  15. « Adhérents du CVUH », sur CVUH.
  16. Marion Kremp, « Champs-sur-Marne. Prof d’histoire à l’université, elle corrige les politiques sur Twitter », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  17. Judith Waintraub et Vincent Nouzille, « L'islamosphère », Le Figaro Magazine,‎ , p. 50-56.
  18. « Listes du SNESUP-FSU pour le Conseil National des Universités », (consulté le )
  19. « Islamophobie : plus de 50 personnalités de gauche appellent à manifester le 10 novembre », sur leparisien.fr, (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :