Pierre des Vallières

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Pierre des Vallières
Image illustrative de l'article Pierre des Vallières

Naissance 14 novembre 1868
Paris
Décès 28 mai 1918 (à 49 ans)

Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1888 (entrée à Saint-Cyr)-1918
Commandement 151e division d'infanterie (France)
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes Chemin des dames : bataille d'Hurtebise
Autres fonctions titulaire du cours de tactique de cavalerie à l'École de Guerre jusqu'à la guerre
Famille Lefebvre-Desvallières

Pierre des Vallières est un général de brigade français de la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Né le 14 novembre 1868 à Paris, dans la Lefebvre-Desvallières, famille de la haute bourgeoisie parisienne liée aux Messageries royales (puis impériales) et aux Messageries maritimes, il est le fils d'Ernest Louis Prosper Lefebvre-Desvallières (1827-1913), vice-président de la commission des monuments historiques, et le petit-fils de Peter Paul McSwiney.

Il fait ses études secondaires chez les Jésuites. Passionnié par le dessin, il consacre ses loisirs à fréquenter l'atelier d'Édouard Detaille (ami de ses parents).

Le , il entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, puis, en octobre 1890, il rejoint l'École de cavalerie de Saumur pour une année.

Il épouse Noémie Hart, petite-fille de Moses Hart, américain né à Philadelphie (États-Unis) que fut maire de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) avant le tremblement de terre de 1843. Il est le père de Jean des Vallières et le grand-père du publicitaire et dessinateur humoristique Hervé des Vallières (alias Hervé) et du critique de cinéma Pierre des Vallières (alias Michel Aubriant), ainsi que l'arrière grand-père de Nathalie des Vallières (1952-2005), épouse Rivière, auteur de nombreux ouvrages sur Antoine de Saint-Exupéry, son grand-oncle[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1890, il est affecté au 1er Régiment à cheval (à Châlons sur Marne puis à Sampigny dans la vallée de la Meuse).

En 1895, en tant que sous-lieutenant il est reçu 9e au concours de l'École supérieure de guerre.

En 1897, il sort de l'École supérieure de Guerre 1er sur 76 avec la mention "très bien". Ce classement lui permet d'être immédiatement nommé capitaine.

En 1898 et 1899, il fait un stage à l'État-Major de l'Armée.

En 1900 (janvier), il rejoint le 5e régiment de cuirassiers de Tours.

En 1902, il devient officier d'ordonnance du chef de l'École supérieure de guerre, le général de Lacroix.

En 1903, il suivit le général de Lacroix devenu commandant du 14e C.A. et gouverneur militaire de Lyon.

En 1905 (en juin), il effectue une mission en Allemagne à l'occasion du mariage du Kronprinz. Il s'agit de la première mission militaire française en Allemagne depuis 1871. Un document historique représente la mission française (composée du Général Lacroix, du Colonel Chabaud, du Capitaine des Vallières et du Lieutenant Cailliot) au camp de Dobrritz (près de Berlin) défilant à cheval en compagnie de Guillaume II d'Allemagne [2]

En 1906 (27 septembre), il est nommé chef d'escadron, commandant un demi-régiment du 11e régiment de cuirassiers à Saint-Germain-en-Laye, puis du 23e dragons à Vincennes.

En 1910, il est ensuite rappelé à l'École supérieure de guerre où il prend les fonctions de professeur-adjoint (puis professeur-titulaire) de Tactique appliquée de cavalerie.

En 1912, il part en mission en Russie avec le Général Foch pour participer aux grandes manœuvres à Krasnoïe Selo en présence du Tsar.

Le 1er août 1914, il quitte l'École supérieure de guerre et rejoint le 4e groupe de divisions de réserve, commandé par le général Valabrègue, dont il devint le chef d'État-major. Le groupe de divisions de réserve appartenait à la Ve armée du général Lanrezac.

À la fin de septembre 1914, il quitte ses fonctions pour devenir chef d'État-major du général Louis Ernest de Maud'huy, commandant un détachement d'armée autour d'Arras, puis du général Victor Louis Lucien d'Urbal, commandant la Xe armée sur le même terrain.

Il est nommé colonel en novembre 1914.

Le 22 juin 1915 il obtient le poste de commandant par intérim de la 101e Division, dont celui de la 101e brigade d'infanterie (rattachée à la 51e Division d'Infanterie) alors en retrait du Front à Rosières-en-Santerre. Il participe ensuite à la deuxième bataille de Champagne et enlève la ferme de Navarin.

Le 5 décembre 1915, il occupe le secteur des Eparges (région fortifiée de Verdun).

Le 23 décembre 1915, il remplace le général Huguet, comme chef de la Mission française auprès de l'armée britannique de St Omer.

Le 16 mai 1916, il est promu général de brigade (à titre temporaire).

Le 31 décembre 1916, il est promu "général de brigade" (à titre définitif).

Le 20 mai 1917, il reçoit le commandement par intérim de la 151e Division d'Infanterie, à la suite du Général Pierre Ernest Lanquetot.

Le 14 juillet 1917, à Lagny, il assiste le général Pétain qui décore le drapeau de 410e RI et remet des décorations gagnées à Courcy.

Le 28 juillet 1917, il rejoint Fismes.

Le 16 août 1917, le général Duchêne confie au général des Vallières le soin de s’emparer de l’isthme d’Hurtebise. Des Vallières obtient que l’attaque soit élargie jusqu’au plateau de Californie, malgré les premiers refus de son supérieur. L’attaque est minutieusement préparée, répétée à l’entraînement sur un terrain qui reconstitue les lieux et les tranchées existantes.

Le Chemin des Dames. 29 août - 5 septembre 1917 : Hurtebise, Craonne. Le 29 août 1917, la préparation d’artillerie, minutieusement programmée par le général des Vallières, commence. L’assaut terrestre est effectif le 31 août : à 19 heures, les deux premiers bataillons du 403e RI se lancent à l'assaut des hauteurs en direction de la ferme d'Hurtebise, sur le Chemin des Dames. Ils atteignent leur objectif une heure plus tard après s'être emparé de la caverne du Dragon position jugée inexpugnable dans les « creutes » calcaires. Certains [soldats du 403e sont parvenus au-delà de l’isthme ; le général les en fait revenir, malgré l'avis de Duchêne (:Vous m’avez fixé des objectifs, je m’y tiens. Il ne s’agit pas d’aller le plus loin possible pour être reconduit ensuite mais de garder les positions les meilleures. Les marges vues qu’elles nous donnent sur la vallée de l’Ailette ont retourné la situation à notre avantage. C’est ce que vous m’avez demandé et c’est ce que j’ai fait.)Les contre attaques allemandes lancées le 1er et le 2 septembre sont repoussées. Le 403e RI sera alors relevé par son « régiment frère », le 410e. Les contre-attaques allemandes sont nombreuses et la relève promise n’arrive pas. Le général des Vallières juge sévèrement l'attitude de sa hiérarchie, notamment celle du général Emile Alexis Mazillier : " Il suce jusqu’au bout mes troupes qui, après avoir fourni l’attaque, en sont à leur huitième nuit sans sommeil. Je refuse, devant tous les officiers, de serrer la main du général Mazillier (commandant du 1er corps d'armée colonial )". Cet exploit vaudra au 403e régiment d'infanterie une seconde citation à l'ordre de l'armée.

Le 8 septembre 1917, la 151e division d'infanterie est enfin relevée. Le général des Vallières va lui-même saluer ses soldats, rendre compte à Pétain de la victoire d’Hurtebise et obtient la croix de guerre pour le 403e régiment d'infanterie qui a mené le combat. Plusieurs cérémonies ont lieu, à Soissons, Versailles et Saint-Germain-en-Laye. Le général des Vallières reçoit pour sa part une nouvelle citation à l'ordre de l'Armée.

Le 21 septembre 1917, il défile à cheval (sur Prophète) devant le château de Versailles, lors de la revue de la 151e DI.

Dès le 10 mars 1918 et jusqu'au 27 mai 1918, il participe à la bataille de Picardie.

Le 27 mai 1918, en permission, il se rend à Paris pour fêter ses noces d'argent, mais est rappelé au PC de la 151e division d'infanterie, à Chavigny, pour faire face à l’offensive Ludendorff.

Le 28 mai 1918, il décède dans les circonstances suivantes : Au cours de l'offensive allemande de mai 1918 contre Chemin des Dames, la 151e Division d'Infanterie, que commandait le général des Vallières, tenait un front d'une douzaine de kilomètres entre Margival et le mont des Tombes aux environs de Chavignon. Depuis son PC situé dans une creute de Juvigny, le général des Vallières ne cesse de parcourir le front de sa division. En fin d'après-midi, de retour de Clamecy, où un bataillon du 5e régiment de cuirassiers à pied, venu en renfort, avait réussi à arrêter l'avance allemande ; le général arrive par la route de Leury au carrefour de Juvigny. Il ignore que des troupes allemandes sont déjà aux abords de Juvigny. A l'instant où sa voiture aborde le carrefour, une mitrailleuse, cachée à proximité, ouvre le feu et le blesse mortellement. Son chauffeur et l'officier Richard qui l'accompagnent, parviennent à transporter son corps, dans un ancien boyau où ils sont contraints de l'abandonner. En fin de journée, un groupe d'hommes parvient à revenir sur place et ramène le corps du général des Vallières. Son fils Jean des Vallières, lui aussi militaire, apprend la nouvelle depuis le camp où il est prisonnier (à Magdebourg).

Grades successifs[modifier | modifier le code]

Distinctions et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Décorations françaises :

Citations à l'ordre de l'Armée française :

  • le 10 octobre 1914 : « A fait preuve d'intelligence et de dévouement dans l'exercice de ses fonctions depuis la constitution de l'armée ».
  • le 13 mai 1915 : « Remplit les fonctions de Chef d'État-major d'une armée avec un rôle et une activité inlassable. Ne se laisse arrêter par aucune difficulté. A montré au cours de la campagne les plus belles qualités militaires ».
  • le 16 mai 1915 : « Officier supérieur de haute valeur militaire. A rendu comme Chef d'État-Major d'un groupe de Divisions de réserve, puis comme Cher d'État-Major d'une Armée, des services éminents ».
  • le 1er mai 1918 : « Chargé en août 1917, avec sa Division, d'exécuter une attaque difficile, a su la mener à bien, conquérant ses objectifs. Au cours des attaques récentes, attaqué par des forces très supérieures et débordé sur l'un de ses flancs, a tenu bon et repoussé toutes les attaques, allant sur place, en pleine lutte, coordonner l'action de ses troupes engagées et exalter le courage et la confiance de tous par sa présence et son action personnelle ».
  • le 14 août 1918 : « Officier général de la plus haute valeur qui joignait les qualités morales exceptionnelles, une science professionnelle particulièrement étendue. Connaissant parfaitement la troupe, et aimé de ses soldats, avait sur faire de sa Division une Division d'élite. Le 26 mai 1918, est tombé glorieusement sur le champ de bataille où il s'était porté pour encourager les bataillons par sa présence et donner sur le terrain même les ordres nécessaires ».

Décorations étrangères

L'un des cinq généraux morts pour la France durant l'année 1918

Il s'agit des généraux des Vallières, Paul François Grossetti, Guignaboudet, Lizé et Vanvaetermeulen.

Marques de reconnaissance

  • A l'École militaire (France) l'un des amphithéâtres porte le nom du Général des Vallières.
  • Le quartier de Cavalerie de Metz, porte également son nom.
  • À l'endroit même où il a été tué, sur la commune de Juvigny (Aisne), un monument a été édifié à sa mémoire [3]. Situé au carrefour des routes menant à Crécy-au-Mont, à la D1 (par la D428) et à Leury, ce monument a été élevé par ses anciens soldats des 403e, 407e et 410e régiments d'infanterie et le 28e régiment d'artillerie de campagne. Sur le monument, il est inscrit : « Ici le 28 mai 1918, tomba sur la ligne de feu le général Pierre des Vallières commandant la 151e D.I. »
  • Sur le monument aux morts de la commune de Mongobert, il est ajouté une plaque en marbre blanc avec la mention suivante : Général Pierre des Vallières, tué à Mongobert le 26 mai 1918 à la tête de la 151e D.I.

Homélie

Le 19 juin 1918, en l'église de Beaumont (Seine et Oise), l'aumônier volontaire à la 151e D.I. : M.Chevrot, prononce les mots suivants lors du Service Funèbre célébré pour le Général des Vallières et les morts de la 151e D.I.  : Après le départ du Général Lanquetot, nous vîmes arriver notre nouveau chef, grand de stature, d'allure et d'âme, d'abord un peu distant, tant qu'il gardait le silence, mais qui se révélait, après quelques minutes d'entretien, l'homme d'une rare intelligence et d'un cœur plus vaste encore..... Il a été tué le 28 mai, journée particulièrement cruelle pour notre division. Attaqué dès la première heure du 27, le 410e R.I. avait remarquablement résisté, repoussant du Mont-des-Tombes l'adversaire qui était parvenu à s'y accrocher au travers de nos rangs décimés par le plus violent bombardement. Il s'apprêtait à poursuivre la contre-attaque, lorsque des ordres contraires, motivés par la situation générale, obligèrent un de ses bataillons à se replier légèrement et amenèrent à sa droite son vieux frère d'arme, le 403e. Ce fut alors, pour les deux régiments, dès le lendemain matin et toute la journée du 28, une lutte sans merci.... Devant la gravité des événements, le Général des Vallières lança l'ordre de résister à outrance. Toutes ses réserves étaient en ligne..... Il voulut aller lui-même confirmer, expliquer son ordre, dont la rigueur ne lui échappait pas, mais que sa parole et surtout sa présence rendraient sans doute d'une exécution moins amère. Et c'est comme il revenait d'encourager nos camarades du 403e, atrocement éprouvés depuis quelques heures qu'un parti ennemi qui s'était insinué en deçà de nos lignes, à travers les blés et sous le couvert déloyal des capotes bleues de nos prisonniers, braqua sa mitraillette sur le chef qui s'avançait sans méfiance. Une balle l'atteignit au cœur....... L'Armée perdait un de ses officiers les plus remarquables

Sources[modifier | modifier le code]

Notes & références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pierre des Vallières sur la base Leonore