Adriaen Valerius

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Adrianus Valerius

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Adriaen Valerius, Neder-landtsche gedenck-clanck, recueil publié à Haarlem par les héritiers de Valerius en 1626

Autres noms Adriaen Valéry
Adriaen Valerius
Activités Poète
Naissance entre 1570 et 1575
Middelbourg
Flag - Low Countries - XVth Century.png  Pays-Bas espagnols
Décès 27 janvier 1625
Veere
Provinces-Unies Provinces-Unies
Langue d'écriture néerlandais
Mouvement Renaissance
Genres Chanson
Poésie

Adrianus Valerius, latinisation d’Adriaen Valéry, aussi Adriaen Valerius, né entre 1570 et 1575 à Middelbourg et mort le 27 janvier 1625 à Veere, est un poète et compositeur de la République des Sept Pays-Bas. De nos jours, Valerius est surtout connu pour ses poèmes traitant de la vie bourgeoise et du patriotisme, et ses chansons de gueux sur la guerre de Quatre-Vingts Ans.

Fonctionnaire et mandataire[modifier | modifier le code]

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Valerius est le fils de François Valéry, un notaire, fonctionnaire des douanes et huguenot d’origine française, qui obtint un poste de commis judiciaire en 1592 chez Pieter van Reigersbergh, bourgmestre de la ville de Veere en Zélande. Six ans plus tard, Adriaen Valerius sera nommé douanier et péagiste à Veere, début d’une brillante carrière en tant que citoyen et patricien dans cette ville. Après son mariage avec la fille du bourgmestre en 1605, il fut promu percepteur d’impôt. Plus tard, il devint membre du conseil communal et bourgmestre de Veere.

« Nederlandtsche gedenck-clanck »[modifier | modifier le code]

Valerius fit preuve de ses mérites en tant que poète par sa participation au recueil important, le Zeeusche Nachtegael (Le Rossignol de Zélande), publié en 1623, en collaboration avec d’autres.

Cependant, son œuvre principale est la collection de chansons de gueux avec airs notés dans son Nederlandtsche gedenck-clanck (littéralement « son commémoratif des Pays-Bas ») traitant de la guerre de Quatre-Vingts Ans. Cette guerre ayant duré de 1568 à 1648, Valerius en donne l'état des choses jusqu’à peu avant sa mort, puisque le recueil fut publié un an plus tard, en 1626 à Haarlem, par les bons soins de son fils François. Imprégné par la morale calviniste et d’une croyance chiliastique, l’ouvrage dut devenir un pamphlet militant anti-catholique et anti-espagnol par excellence. Le livre raconte l’histoire de l’insurrection complété par - hormis quelques chansons de gueux adaptées - essentiellement des chansons dont il écrivit lui-même les paroles. Les chansons, toujours sur des airs préexistants mais adaptés et pourvus d’une tablature de luth et de cistre par Valerius lui-même, connurent une popularité limitée mais tombèrent dans l’oublie après. Elles redevinrent populaires à partir de la fin du XIXe siècle comme chansons patriotiques. La chanson la plus connue du recueil est le Wilhelmus, une chanson de gueux plus ancienne, dont l’origine remonte jusqu’au début de la révolte. La chanson de gueux devint l'hymne national des Pays-Bas ainsi que la plus ancienne chanson officielle et officieuse d’un état représenté au sein des Nations unies. En outre, les chansons Merck toch hoe sterck et Waer dat men sich al keerd of wend sont encore bien connues aujourd'hui. Valerius chercha ses mélodies dans le répertoire populaire de chansons populaires néerlandaises à la mode mais également de chansons et de danses d’origines anglaise, française, italienne, allemande et même espagnole.

Popularité du « gedenck-clanck »[modifier | modifier le code]

Le Gedenck-clanck de Valerius tomba dans l’oublie déjà peu après sa publication posthume, jusqu’à ce que le réveil nationaliste du XIXe siècle l’en retire. La signification historique d’un Valerius ne résulte pas en premier lieu de ses qualités poétiques, désormais considérées comme artificielles, ni dans le caractère original d’une œuvre estimée dériver d’un canon stylistique. Par contre, son recueil est le miroir de son temps et des coutumes et mœurs de l’époque. Le recueil est imprégné d’un sentiment identitaire patriotique néerlandais, y conférant ainsi le statut de symbole privilégié dans des temps troublés comme pendant l’occupation allemande des Pays-Bas dans la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui valut de se faire adopter par la résistance.

Popularité du « gedenck-clanck » à l’étranger[modifier | modifier le code]

« Erfolg » en Allemagne[modifier | modifier le code]

Sous l’empereur[modifier | modifier le code]

Le succès du recueil de Valerius en Allemagne mérite qu’on s’y attarde. Wilt heden nu treden voor God, den Here (Veuillez paraître devant Dieu, le Seigneur, maintenant) devint populaire, surtout grâce à l’engagement personnel de l’empereur allemand Guillaume II, dans la traduction allemande de Josef Weyl (1821-1895) et l’arrangement par le compositeur viennois Eduard Kremser (1838-1914) comme Wir treten zum Beten vor Gott, den Gerechten. Cette dernière chanson (devenue, dans son adaptation anglaise, We Gather Together) ou l’Altniederländisches Dankgebet (Prière des Anciens Pays-Bas) devinrent des symboles puissants de l’alliance entre le trône et l’autel dans l’expérience civile religieuse allemande, exemplaire du Thron und Altar - Zivilreligion de l’empire jusqu’en 1918. La chanson fut insérée dans le Großer Zapfenstreich et souvent jouée à l’occasion d’événements à caractère exceptionnel.

Sous le nazisme[modifier | modifier le code]

Sous le national-socialisme, la chanson fut sciemment intégrée dans les spectacles de masse afin d’y créer une atmosphère sacrée et d’exprimer la continuité, voulue de Dieu, du Troisième Reich comme prolongation de l’Empire allemand. Ainsi, par exemple, le 9 avril 1938 après le discours d’Adolphe Hitler à Vienne :

Danach Niederländisches Dankgebet, gesungen vom Wiener Männergesangsverein. Die Nation singt mit. Bei der dritten Strophe läuten alle Glocken der Kirchen im Reichsgebiet.
« Ensuite, la prière de grâce néerlandaise, chantée par la chorale d’hommes viennoise. La nation chante avec eux. À partir de la troisième strophe, toutes les cloches de l’Empire sonnent. »

Gott, der Gerechte (Dieu, le Juste) devint métaphorique pour la Vorsehung (prévoyance), et la chanson servit comme encouragement. En tant que tel, elle figure dans le film Fridericus Rex et dans Kolberg (1944), du réalisateur allemand Veit Harlan, ainsi que dans Stalingrad (1994) de Joseph Vilsmaiers.

Succès dans les pays anglo-saxons[modifier | modifier le code]

Wilt heden nu treden, depuis sa redécouverte au XIXe siècle, trouva rapidement des adeptes en Angleterre et aux États-Unis. We gather together, la traduction de Theodore Baker (1894), devint incontournable dans le répertoire de chansons du jour de Thanksgiving. En 1902, Julia Bulkley Cady Cory en fit une nouvelle traduction : We praise thee, o God, our Redeemer (Nous Vous louons, ô Dieu, notre Rédempteur).

Si la chanson est aujourd'hui, en raison de la récupération par le national-socialisme, devenue suspect en Allemagne et y est à peine connue, en dehors de son usage traditionnel à l'armée lors des vœux (tout comme dans le passé), on peut tout de même l’écouter aujourd'hui dans de nombreuses harmonisations en Amérique, entre autres le 4 juillet à l’occasion du jour de Thanksgiving par les Boston Pops.

Le « Gedenck-Clanck » et le « Liedboek voor de Kerken »[modifier | modifier le code]

En dehors de chansons profanes, Valerius écrivit et publia également plusieurs hymnes chrétiens, toujours chantés dans certaines églises des Pays-Bas. Dans le chansonnier des Églises (Liedboek voor de Kerken), ce sont :

  • No 276: Als Godes Zoon, de heerser over al (Comme le Fils de Dieu, le souverain de tous) sur l’air de « Wanneer ik slaap voel ik mijns levens vreugd », Quand je dors, je ressens de la joie dans ma vie)
  • No 320: Zingt een nieuw lied voor God de Here (Chantez un chant nouveau pour le Seigneur Dieu, sur l’air de « Komt nu met zang van zoete tonen », Venez maintenant avec des tons doux de la voix)
  • No 411: Het Wilhelmus (le Wilhelmus sur l’air de « Chartres »)
  • No 412: O Heer, die daar des hemels tente spreidt (Ô Seigneur, qui étendez la tente du ciel) *
  • No 413: De Heer in zijnen troon, zeer schoon (Le Seigneur, sur son beau trône, sur l’air de « De mei die komt ons bij zeer blij », Le mois de mai, qui joliment s’approche) *
  • No 414: Wilt heden nu treden voor God, den Here (Veuillez apparaître devant Dieu, le Seigneur, maintenant, sur l’air de « Wilder dan wild, wie zal mij temmen », Je suis la plus farouche, qui saura m’apprivoiser ?) *
  • No 415: Komt nu met zang van zoete tonen (Venez maintenant, avec un chant aux accents doux) *
  • No 416: Gelukkig is het land (Heureux, le pays qui) *
  • No 417: Hoe groot, o Heer, en hoe vervaarlijk (Si grand, ô Seigneur, et si dangereux, sur l’air de « Zal ik nog lang met hete tranen », Devrais-je encore, en larmes brûlantes) *
  • No 418: Here, kere van ons af (Seigneur, épargnez-nous de, sur l’air de « Now, o now I needs must past ») *

À l’exception du no 417, toutes ces chansons furent publiées dans le Nederlandtsche gedenck-clanck. Les hymnes marqués d’un astérisque (* ) ont été écrits par Valerius lui-même.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Adriaen Valerius, biographies et œuvres sur le site Internet de la Bibliothèque numérique de la littérature néerlandaise