Université de Corse Pascal-Paoli

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Université de Corse Pasquale Paoli
Image illustrative de l'article Université de Corse Pascal-Paoli
Devise Studià hè Libertà
Nom original Università di Corsica Pasquale Paoli
Informations
Fondation 1981
Type Université publique
Localisation
Coordonnées 42° 17′ 57″ N 9° 09′ 12″ E / 42.299167, 9.153333 ()42° 17′ 57″ Nord 9° 09′ 12″ Est / 42.299167, 9.153333 ()  
Ville Corte Corti
Pays Drapeau de la France France
Région Collectivité territoriale de Corse
Campus 4 sites : Corte/Corti, Ajaccio/Aiacciu, Bastia, Cargèse/Carghjese
Direction
Président Paul-Marie Romani
Chiffres clés
Personnel 360
Étudiants Environ 4 000
Divers
Site web www.univ-corse.fr

Géolocalisation sur la carte : Haute-Corse

(Voir situation sur carte : Haute-Corse)
Université de Corse Pasquale Paoli

L'université de Corse Pasquale Paoli / Università di Corsica Pasquale Paoli est la seule université présente sur le territoire insulaire de la Corse.

L'université de Corse accueille environ 4 000 étudiants. Son siège est à Corte (Corti), capitale historique de la Corse, dans le département de la Haute-Corse.

Histoire[modifier | modifier le code]


Les études supérieures à Corte[modifier | modifier le code]

C'est avec la Révolution de Corse que les insulaires revendiquent avec force l'implantation d'une Université en Corse. Par conséquent, rien de surprenant si la littérature de combat, plus particulièrement les deux grands textes justificatifs (le « Disinganno » et la « Giustificazione ») mise au service des Corses insurgés, n'ignore rien des propos légendaires de Giustiniani et de Filippini sur le médiocre état de l'instruction et s'efforcent d'en faire peser l'entière responsabilité sur Gênes. Les Corses reprochent à la République de Gênes le peu d'intérêt que celle-ci manifestait pour l'essor de l'instruction publique, au point d'interpréter ce désintérêt comme une volonté manifeste de maintenir les insulaires dans l'ignorance afin de mieux en assurer le contrôle.

Dès le mois d'avril 1731, les délégués corses réunis à la « consulta » de Vescovato (U Viscuvatu) préconisent la création dans l'île d'un « Collegio di studenti ». En avril 1736, lors du couronnement de Théodore de Neuhoff, l'exigence pour le nouveau royaume d'une université publique et d'un enseignement du droit et de la philosophie surgit avec force dans le quinzième article de ce qu'il est désormais convenu de désigner sous le nom de Constitution d'Alesani. En janvier 1756, le clergé corse réuni à Venzolasca (A Vinzulasca) réitère le souhait d'introduire dans l'île une « Università di scienze ».

Cette idée du développement de l'instruction publique sous la plume du clergé patriote devait être l'une des préoccupations majeure du jeune État corse. Jean-Jacques Rousseau proclamait que l'État doit organiser l'instruction, qui sera égale et obligatoire pour tous. Ce courant qui voit l'instruction publique devenir progressivement une fonction de l'État s'inscrit dans un large sillon creusé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

En 1763, une commission constituée de neuf personnalités (Don Gregorio Salvini, Francesco Giannettini, Don Francesco Cittadella, Giovanni Cosimo Quilichini, Filippo Maria Cuttoli, Carlo Grimaldi, Anton Battista Raffaelli, Giuseppe Maria Giuseppi) se penche sur les modalités de mise en œuvre de l'Université. Pasquale Paoli souhaitait que l'Université de Corse s'inspirât des grandes facultés européennes. C'est à ce titre qu'il se fit communiquer les statuts et réglements actualisés de l'Université de Cagliari, en Sardaigne. Dans le numéro de décembre 1763, les « Ragguagli dell'isola di Corsica », journal officiel de la Nation corse, annoncent fièrement que la capitale insulaire s'apprête à recevoir « une Université publique de toutes les sciences, sur le modèle des meilleures universités du continent ». Les travaux de la commission, réalisés par les « Soggetti scelti, considerati dei più illuminati e zelanti », sont présentés à la « consulta » du mois de mai 1764.

C'est un édit du « Generale e Supremo Consiglio di Stato del Regno di Corsica » qui, le 25 novembre 1764, instaure une Université placée sous le patronage de saint Grégoire le Grand.

L'inauguration de l'Université a lieu le 3 janvier 1765 en présence de toutes les autorités corses. Les cours débutent le 7 janvier suivant.

L'année universitaire se déroule sur huit mois, de novembre à juin dans les locaux de la « Casa Rossi ». Si de l'aveu même de ses promoteurs les débuts de l'Université sont modestes, l’Édit de création prévoyait toutefois l'enseignement d'un large éventail de disciplines. En premier lieu, le plan d'études laisse apparaître un cours de théologie scolastique et dogmatique. En second lieu, l'étude de la théologie morale, le droit civil et canonique, l'enseignement de l'éthique. Les leçons d'éthique, absentes à l'époque de toutes les grandes Universités d'Europe, constituent l'empreinte la plus significative de Pascal Paoli sur le contenu des programmes. La philosophie et les mathématiques, la rhétorique font également l'objet d'un enseignement. Excepté la « Pratica civile e criminale », dispensée « in lingua volgare », c'est-à-dire en italien, tous les autres enseignements le sont en latin. Composé de religieux acquis entièrement au gouvernement national, le corps enseignant fit preuve d'une abnégation remarquable en acceptant de se satisfaire de modestes salaires.

Comme recteur, le père Francesco Antonio Mariani assume la direction de l'Université de Corse. Issu d'une famille modeste de Corbara (Balagna), Francesco Antonio pousse la porte du couvent franciscain des Observantins de son village natal. Élève doué, il poursuit sa formation à Rome puis en Espagne, à l'Université de Salamanque. Par la suite, avant son retour en Corse, il sera nommé professeur à l'Université d'Alcala de Henares.

En fait Pascal Paoli, homme des Lumières, a pour la jeunesse corse de grandes ambitions: donner à chacun les possibilités d'un développement harmonieux et complet, le libérer par le savoir et l'exercice de la pensée. Si Paoli manifeste d'abord son intérêt pour l'éducation en créant l'Université, c'est qu'il est urgent de donner à la Corse des cadres dirigeants. Quelques centaines d'étudiants fréquentèrent l'Université de Corse comme Carlo Maria Bonaparte, le père de Napoléon.

C'est au moment où l'Université allait produire ses premiers fruits que la défaite des Corses face aux soldats du roi de France allait la réduire à néant. Les derniers examens eurent lieu en mai 1768, et c'est alors qu'il saisit la grave menace pesant sur son pays, qu'un étudiant prononce le « Discorso alla valorosa gioventu di Corsica » (Discours à la valeureuse jeunesse de Corse), vibrant appel à la mobilisation générale. Les étudiants de l'Université de Corse ajournèrent à Vivario et dans les parages la progression des troupes françaises, assurant ainsi le repli de Paoli et son départ vers l'exil.

Après la conquête française de la Corse, malgré les demandes répétées des représentants insulaires, Versailles et Paris ne manifestèrent guère le souhait de garder ouverte l'Université de Corse.

L'université de Corse à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'actuelle université ouvre en 1981, suite à une forte mobilisation populaire. Dans le domaine de la recherche, trois plates-formes de recherche et développement ont émergé, en partenariat avec de grands organismes de recherche et des groupes industriels : Myrte et Paglia Orba en matière d’énergies renouvelables ; Stella Mare en matière de ressources halieutiques.

Autonome depuis le 1er janvier 2009, l'université de Corse a créé sa fondation universitaire - « A Fundazione di l'Università di Corsica » -, présidée par Francine Demichel. En 2011, elle a célébré trente ans d'activité.

Composantes[modifier | modifier le code]

Unités de formation et de recherche[modifier | modifier le code]

  • UFR Lettres, Langues, Arts, Sciences humaines et sociales
  • UFR Droit, Sciences économiques et Gestion
  • UFR Sciences et Techniques

Écoles et instituts[modifier | modifier le code]

Formation et recherche[modifier | modifier le code]

Domaines[modifier | modifier le code]

Son positionnement thématique s’appuyant sur une stratégie de niches, l’université de Corse a articulé son identité scientifique autour de sept projets pluridisciplinaires labellisés au plus haut niveau par le CNRS :

– énergies renouvelables : étude et gestion des systèmes à source renouvelable d’énergie ;
– les eaux en Méditerranée : étude et gestion de la disponibilité et de la qualité de cette ressource ;
– feux de forêt : étude des risques, décisions et politiques publiques dans le domaine des feux de forêt ;
– ressources naturelles : analyse et valorisation des ressources naturelles, notamment des agro-ressources ;
– dynamiques des territoires et du développement durable : analyse des recompositions territoriales dues aux pressions des activités économiques sur l’environnement ;
– identités, cultures : analyse des processus de patrimonialisation et valorisation des patrimoines ;
– technologie de l’Information et de la Communication (TIC) : articulation de la recherche scientifique et technologique dans le cadre du Web 2.0.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

L'université de Corse est membre du seul Pôle de recherche et d'enseignement supérieur transnational - le PRES euro-méditerranéen - qui regroupe les universités de Nice-Sophia Antipolis, Sud Toulon Var, Paris-VI, Gênes et Turin.

L'université de Corse a aussi impulsé en juillet 2010 la création du Réseau d’excellence des territoires insulaires (RETI) qui rassemble et engage 24 universités insulaires dans des collaborations aussi bien pédagogiques que scientifiques.

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
3 509[1] 3 587[2] 3 507[3] 3 441[4] 3 572[5] 3 789[6] 3 932[7] 4 058[8]
2008 2009 2010 2011 - - - -
3 761[9] 3 714[10] 3 820[11] 3 732[12] - - - -

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2001, Imprimerie nationale, p. 161, (ISBN 2-11-092136-6), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  2. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2002, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-092152-8), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  3. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2003, Imprimerie nationale, p. 155, (ISBN 2-11-093455-7), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  4. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2004, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-094345-9), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  5. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2005, Imprimerie nationale, p. 175, (ISBN 2-11-095390 X), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  6. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2006, Imprimerie nationale, p. 179, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  7. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2007, Imprimerie nationale, p. 181, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  8. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2008, Imprimerie nationale, p. 173, consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  9. Daniel Vitry, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2009, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097805-9), consulté sur www.education.gouv.fr le 10 août 2010
  10. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2010, Imprimerie moderne de l’Est, p. 173, (ISBN 978-2-11-097819-6), consulté sur www.education.gouv.fr le 17 septembre 2010
  11. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2011, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097810-3), consulté sur www.education.gouv.fr le 2 septembre 2011
  12. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur www.education.gouv.fr le 30 août 2012

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Eugène F.-X. GHERARDI, « Aux origines de l’Université de Corse », Histoire de l’école en Corse, sous la dir. de Jacques Fusina, Ajaccio, Albiana, coll. Bibliothèque d’histoire de la Corse, 2003, p.117-174.

Francis PALLENTI, Pascal Paoli. La leçon d'un "Citoyen du ciel", Ajaccio, Albiana, coll. Prova, 2004, 106 pages.

Antoine Laurent SERPENTINI, "L'Université de Pascal Paoli", Pasquale de Paoli. La Corse au cœur de l'Europe des Lumières, Corte, Musée de la Corse, Albiana, 2007, p.163-171.

Jean-Baptiste CALENDINI, Vannina BERNARD-LEONI (dir.), 'Studià in Corsica, Une histoire de notre Université, Ajaccio, coédition Albiana-Université de Corse, 2011.

Lien externe[modifier | modifier le code]