Bataille de Ponte Novu

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Bataille de Ponte Novu
Ponte novu
Ponte novu
Informations générales
Date 8 au 9 mai 1769
Lieu Ponte Novu, Castello-di-Rostino
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Flag of Corsica.svg République corse
Commandants
Comte De Vaux Pasquale Paoli
Forces en présence
5 000 hommes 1 200 à 2 500 hommes
Pertes
400 à 800 morts 500 à 1000 morts
Coordonnées 42° 29′ 06″ N 9° 16′ 48″ E / 42.485, 9.2842° 29′ 06″ Nord 9° 16′ 48″ Est / 42.485, 9.28  

Géolocalisation sur la carte : Corse

(Voir situation sur carte : Corse)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Ponte Novu.

La bataille de Ponte-Novu, qui eut lieu du 8 au 9 mai 1769, est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli - composées de Corses et de mercenaires allemands - et les armées du roi de France, Louis XV aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse.

Voltaire, dans Le Précis du Siècle de Louis XV (1ère édition en 1768)[1], écrit, admiratif, à l'occasion de ce combat :

« L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

Le pont génois (ci-contre) reliant les deux rives du Golo à Ponte Novu, lieu d’affrontement direct entre troupes paolistes composées de corses et de mercenaires prussiens, et les armées françaises auxquelles se rallient néanmoins de nombreux combattants corses notamment des familles Boccheciampe d'Oletta, Casabianca de Vescovato, Rossi d'Ajaccio (…) a été détruit durant la Seconde Guerre mondiale. Il est aujourd'hui, pour tous les Corses, le symbole d'une résistance héroïque. Suite à cette défaite, Paoli prendra le chemin de l'exil. Il faut noter que dans les mois qui suivirent près d'une centaine de familles corses, parmi les plus influentes, furent anoblies par Louis XVI, dont la plupart de celles qui avaient participé à la bataille aux côtés de Paoli (l'exemple des Buonaparte est le plus connu).

Fin de l'indépendance Paoliste, qui aura donc duré 14 ans, de 1755 à 1769. Ainsi s'achève le rêve d'un royaume Corse indépendant, doté d'une constitution, d'un drapeau (qui précède notamment le drapeau tricolore), de sa monnaie, son armée, sa marine, son université où sont admis des boursiers sélectionnés selon leurs mérites, et où, sous conditions d'être chef de famille, les femmes avaient le droit de vote (lorsque aucun peuple Européen, sans distinction de sexe, ne disposait encore de ce droit). Pour ses réalisations, Paoli, ainsi chu à Ponte Novu, bénéficia de nombreux témoignages d'admiration, et demeure connu aux Etats-Unis en particulier, comme l'un des principaux inspirateurs de la déclaration d'indépendance de 1776, et de la constitution américaine.

Aujourd'hui encore, la bataille de Ponte Novu est commémorée chaque année avec ferveur, et donne le plus souvent lieu à des reconstitutions en costumes d'époque. D'aucuns trouvent curieux que les patriotes Corses ou déclarés tels célèbrent une défaite aux effets radicalement destructeurs pour une nation qui avait déjà pris corps à la suite de la première déclaration d'indépendance opérée le 30 janvier 1735, avec l'aval des autorités religieuses locales (ceci à la suite d'une dispute théologique ayant duré quatre ans, de 1731 à 1735). A l'exception de l'éphémère royaume anglo-corse de 1794, la Corse n'a pas regagné son indépendance depuis. D'autres objectent que ces commémorations rappellent que l'histoire s'est arrêtée là, et c'est là qu'elle reprendra.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chapitre XL (p.355), De la Corse, ajouté en 1769.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Pomponi (sous la direction de), Le Mémorial des Corses, t. 2, SARL Le Mémorial des Corses, Ajaccio, 1981.
  • Dalisu Paoli - Roccu Multedo, Pontinovu : Campagne du Comte de Vaux, Cismonte è Pumonti Edizione, Nucariu, 1988.