Punaise des lits

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Punaise des lits
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Punaise des lits » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Cimex lectularius
Cimex lectularius
Taxons concernés

L'appellation punaise des lits peut désigner plusieurs espèces d'hétéroptères de la famille des Cimicidae, selon les régions du monde où le terme est employé. Exclusivement hématophages, elles piquent et sucent le sang de leur hôte. Au début du XXIe siècle, certaines espèces de punaises semblent de nouveau proliférer. Ce sont des insectes exclusivement nocturnes, mais lorsque la population augmente ceux-ci peuvent se promener même le jour.

Les espèces[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cimex lectularius.

Classiquement, Punaise des lits désigne :

Un avant bras plein de pustules rougissantes, plus ou moins alignés
Piqûres de Cimex lectularius

Parmi les autres espèces, on compte :

  • Cimex hemipterus que l'on trouve dans les régions tropicales parasitant également les volailles et les chauves-souris
  • Cimex pilosellus parasitant les chauves-souris.
  • Cimex pipistrella parasitant les chauves-souris.
  • Leptocimex boueti que l'on retrouve dans les régions tropicales de l'Ouest Africain et en Amérique du Sud, s'attaque aux humains et aux chauves-souris.
  • Haematosiphon inodora, que l'on retrouve en Amérique du Nord, s'attaque surtout à la volaille.

Les espèces du genre Oeciacus, bien que ne faisant pas partie de la famille des punaises des lits, possèdent beaucoup de points communs avec celles-ci et affectent surtout les oiseaux.

Interactions écologiques[modifier | modifier le code]

La Scutigère véloce est l'un des prédateurs de la punaise de lit

Hématophage[modifier | modifier le code]

Elles sont des ectoparasites exclusivement hématophages, elle piquent et sucent le sang de leur hôte puis se cachent pendant dix à douze jours pour digérer le sang.

Vecteur de maladies[modifier | modifier le code]

D'après le Centre de Collaboration Nationale des Maladies Infectieuses (CCNMI), il n'a jusqu'à ce jour pas été démontré que les punaises de lit pouvaient transmettre des maladies infectieuses comme peuvent le faire les moustiques. Mais elles restent considérées comme un problème de santé publique[réf. nécessaire].

Leurs prédateurs[modifier | modifier le code]

Son plus grand prédateur naturel serait la Scutigère véloce (S.Coleoptrata), un petit arthropode myriapode ressemblant à un mille-pattes, un peu moins trapu et aux pattes plus longues.

L'éradication des punaises de lit[modifier | modifier le code]

Bois de lit avec petites larves blanches et adultes rouges
Adultes et larves dans le bâti d'un lit infesté

L'éradication des punaises de lit est un travail long et difficile, même avec les techniques modernes.

De nombreuses entreprises proposent leurs services à des prix plus ou moins élevés, souvent plusieurs centaines d'euros, y compris pour de petites surfaces. Généralement elles disposent d'équipements et de produits plus efficaces. Les traitements professionnels les plus chers, mais aussi légèrement plus efficaces sont des traitements thermiques par la chaleur ou le froid de l'habitation entière. La combinaison des traitements thermiques et chimiques augmente la probabilité d'éradication. Si plusieurs appartements d'un immeuble sont infestés, seul le traitement intégral a des chances d'être efficace[réf. nécessaire].

Dans certaines situations, l’utilisation d’un chien détecteur de punaises peut s’avérer utile pour détecter les zones infestées et cibler les traitements de désinsectisation. Très souvent utilisée aux Etats-Unis et au Canada, cette méthode de détection existe également en France[1].

Méthodes dissuasives[modifier | modifier le code]

Les dessécher avec de la terre de Diatomée : une solution ancestrale consiste à répandre de la terre de Diatomée autour du lit et même dans le lit (version alimentaire), ainsi que dans le reste du logement. C'est un insecticide mécanique inoffensif pour les animaux domestiques et les hommes, peu couteux à l'usage et qui se nettoie d'un simple coup d'aspirateur. Une exposition prolongée peut cependant exposer à un risque de pneumoconiose comme la silicose du fait de sa teneur en silice cristalline (variable selon les terres de Diatomée utilisées). Il n'agit que sur les larves et adultes, il faut donc en répandre régulièrement tant qu'il reste des œufs à éclore. Son efficacité s'applique à tous les insectes, même bénéfiques, en absorbant la couche de cire qui leur permet de conserver leur hydratation corporelle, ce qui les dessèche en quelques jours. Il vaut donc mieux éviter d'en répandre à l'extérieur du logement[2].

Une autre solution consiste à empêcher le contact entre la punaise et sa victime : en enveloppant le matelas et les oreillers d'un emballage anti-acarien de qualité et en tapissant les murs de papier collant. Cette méthode possède l'avantage de ne pas présenter de risque grave pour la santé de l'homme. Les punaises de lit adultes parvenant à traverser les surfaces du papier collant bureautique, l'utilisation du papier collant spécial contre les insectes s'impose. Une variante plus efficace de la méthode consiste à mettre les pieds du lit dans des récipients glissants pour les punaises ou des coupelles remplies d'eau, ou à les enduire de vaseline. Pour juger de l'efficacité de telles isolations, il ne faut pas oublier que les punaises peuvent tomber du plafond sur le lit, si elles trouvent un moyen d'y monter[2].

Enfin, les punaises se cachant dans des recoins ou fissures durant le jour, il convient de reboucher fentes et jointures du logement, y compris dans le mobilier, et de limiter le nombre d'objets dans un espace infesté pour permettre un nettoyage parfait[2].

Méthode végétale[modifier | modifier le code]

Une méthode ancestrale, récemment redécouverte, consiste à disposer des feuilles fraîches de haricot vert autour de son lit. Ces végétaux sont porteurs de sortes de poils acérés (des trichomes) qui agissent comme une planche à clous pour les punaises qui s'y empalent les pattes. Comme les feuilles se fanent vite, les chercheurs essaient de mettre au point une surface comparable pour piéger ces punaises[3],[4].

Méthodes thermiques[modifier | modifier le code]

On peut utiliser le froid par congélation à -20°C pendant 48h ou un chauffage à plus de 65°C pendant 5h pour détruire les punaises à tous les stades de leur développement. On utilisera par exemple un camion frigorifique. Il est important de s'assurer que la température requise est atteinte en profondeur de l'objet en cours de désinsectisation. Par exemple, un oreiller mis en machine à laver à 60°C ou même à 95°C ne sera probablement pas chauffé à l’intérieur à cette température pendant les 2h de lavage, et risque donc de ne pas être désinfecté. Pour être sûr du résultat, l'ébullition pendant 10-30 min dans une marmite est préférée, bien que cela abîme certains objets désinsectisés. Le repassage scrupuleux avec un fer à repasser vapeur est un moyen efficace contre les oeufs et les punaises de lit adultes (à condition que les derniers ne s’échappent pas en cours de procédure) cachés dans le linge ou vêtements.

Méthodes chimiques[modifier | modifier le code]

Les insecticides ne détruisent généralement pas les œufs, ce qui implique de les utiliser plusieurs fois avec un intervalle de 2 à 3 semaines afin d'empêcher que les larves issues des œufs ne deviennent adultes[réf. nécessaire].

L’autre inconvénient majeur du traitement avec la plupart des insecticides autorisés en Europe est le phénomène de résistance [5],[6]. Ainsi les produits qui peuvent être achetés dans des grandes surfaces sont généralement très peu efficaces contre les souches de punaises de lit devenues résistantes[réf. nécessaire].

Dans le cas où un recours à un professionnel s'avère trop cher, il est possible de trouver dans des drogueries ou sur les sites web spécialisés les mêmes produits professionnels dédiés à l'éradication de ces insectes, mais ces produits chimiques peuvent être dangereux pour la santé si l'utilisateur ne respecte pas bien les consignes d'utilisation et de sécurité[réf. nécessaire]. Le seul moyen chimique relativement fiable est la fumigation du bâtiment / voiture entière sous bâche avec Fluorure de sulfuryle. Ce gaz est commercialisé sous le nom de Vikan aux Etats-Unis et Profume en Europe, mais n'est pas encore[Quand ?] homologué en France pour la désinsectisation des habitations[réf. nécessaire].

Après une décontamination[modifier | modifier le code]

Une fois desinsectisés, les objets doivent être préservés de la ré-contamination. Pour ceci, les sacs plastiques transparents à fermeture étanche doivent être utilisés (sacs de congélation pour petits objets ou similaires pour des objets plus grands. Pour protéger les objets de façon efficace, il est nécessaire de faire un test de fuite de l'air au préalable, de fermer des trous éventuels avec du scotch, et évidemment de bien fermer les sacs. Un marquage des sacs : objets propres / objets infestés peut également être utile.

Les meubles infestés jetés doivent être déposés directement aux déchetteries ou au moins marqués comme infestés par punaises de lit et donc dangereux, afin de prévenir la contamination de ceux qui pourraient éventuellement les reprendre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. W. McKenny-Hughes et C. G. Johnson The bed-bug : its habits and life-history and how to deal with it, British Museum, Londres, 1949 (6e éd.), 18 p. (brochure)
  • (fr) Jean-Marie Doby, Des compagnons de toujours : puce, pou, morpion, punaise et autres parasites de notre peau, dans l'histoire, l'art, la littérature, la chanson, le langage, les traditions populaires, vol. III : Punaise des lits, moustiques, gale et son acarien, L'Hermitage, 1997, 236 p.
  • (fr) Stéphane Foret, La punaise des lits : cimex lectularius, Université de Strasbourg 1, 2005, 60 p. (thèse de pharmacie)
  • (en) Jerome Goddard & Richard deShazo (2009). "Bed bugs (Cimex lectularius) and clinical consequences of their bites". Journal of the American Medical Association 301 (13): 1358–1366. doi:10.1001/jama.2009.405. PMID 19336711.
  • (en) Steelman, C. Dayton; Allen L. Szalanski, Rebecca Trout, Jackie A. McKern, Cesar Solorzano, and James W. Austin. "Susceptibility of the Bed Bug Cimex lectularius L. (Heteroptera: Cimicidae) Collected in Poultry Production Facilities to Selected Insecticides". J. Agric. Urban Entomol 25 (1): 41–51. Retrieved 21 December 2012.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://eco-flair.fr/
  2. a, b et c Questions et réponses au sujet des punaises des lits, décembre 2010, sur le site Santé et Service sociaux du Canada
  3. Agnès Roux, Des feuilles de haricot pour capturer les punaises de lit sur le site Futura-sciences, consulté le 21 déc. 2013
  4. Un vampire de lit mis au pieu par une feuille de haricot sur le site Le monde, consulté le 21 déc. 2013
  5. (en) Jerome Goddard & Richard deShazo (2009). "Bed bugs (Cimex lectularius) and clinical consequences of their bites". Journal of the American Medical Association 301 (13): 1358–1366. doi:10.1001/jama.2009.405. PMID 19336711.
  6. (en) Steelman, C. Dayton; Allen L. Szalanski, Rebecca Trout, Jackie A. McKern, Cesar Solorzano, and James W. Austin. "Susceptibility of the Bed Bug Cimex lectularius L. (Heteroptera: Cimicidae) Collected in Poultry Production Facilities to Selected Insecticides". J. Agric. Urban Entomol 25 (1): 41–51. Retrieved 21 December 2012.