Tourisme en Suisse

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Le tourisme est l'un des principaux revenus économiques de la Suisse. Il y a eu plus de 35 millions de nuitees en 2008.

Généralités[modifier | modifier le code]

En matière de tourisme, la Suisse est découpée en 13 régions touristiques dont certaines suivent les découpes cantonales alors que d'autres regroupent plusieurs cantons ou, au contraire, ne couvrent qu'une partie précise d'un canton.

Détail des régions touristiques
Nom de la région Description[1] Établissements / lits[2] Nuitées[2] Taux d'occupation[2]
Grisons Le canton des Grisons 685 / 38 446 5 706 535 44,5 %
Suisse orientale Les cantons de Glaris, Schaffhouse, de Thurgovie, d'Appenzell Rhodes Intérieures et Extérieures et de Saint-Gall, à l'exception de la région du See-Gaster. 578 / 18 512 1 923 726 29,8 %
Région de Zurich Le canton de Zurich, plus les districts de Baden, de Bremgarten et de Zurzach (canton d'Argovie), d'Höfe et de March (canton de Schwytz), ainsi que la région du See-Gaster du canton de Saint-Gall. 370 / 23 598 4 282 332 50,3 %
Région de Bâle Les cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne, ainsi que les districts de Dorneck, et de Thierstein (canton de Soleure), et ceux de Kulm, de Muri et une partie de ceux de Laufendurg, de Rheinfelden et de Zurzach du canton d'Argovie. 161 / 7 999 1 216 808 42,5 %
Suisse centrale Les cantons de Lucerne, d'Uri, d'Obwald, de Nidwald, de Zoug et de Schwytz (à l'exception des deux districts déjà cités) ainsi que des portions des districts de Kulm, Muri et Lenzburg du canton d'Argovie. 542 / 25 763 3 492 234 38,5 %
Mittelland Le canton de Berne, à l'exception du Jura bernois et de l'Oberland bernois, le canton de Soleure, à l'exception des districts inclus dans la région de Bâle, ainsi que les districts d'Aarau, de Brugg et de Zofingue du canton d'Argovie. 353 / 12 909 1 687 682 36,9 %
Neuchâtel, Jura et Jura bernois Les cantons de Neuchâtel et du Jura, ainsi que l'arrondissement du Jura bernois du canton de Berne. 191 / 4 834 339 559 20,4 %
Région lémanique Le canton de Vaud 333 / 17 591 2 452 920 39,9 %
Région de Fribourg Le canton de Fribourg 125 / 4 203 367 151 25,0 %
Oberland bernois Les districts de Frutigen, d'Interlaken, du Niedersimmental, d'Oberhasli, de Saanen et de Thoune du canton de Berne. 471 / 25 108 3 769 017 44,0 %
Tessin Le canton du Tessin 440 / 18 186 2 706 649 42,3 %
Valais Le canton du Valais 591 / 29 063 4 250 646 42,9 %
Genève Le canton de Genève 127 / 14 218 2 653 167 51,3 %

Histoire du tourisme en Suisse[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle, la Suisse n'est pas une destination, mais plus un passage obligé de par sa situation au centre de l'Europe. Les principales exceptions sont alors les villes de Bâle et Genève, qui sont reconnues respectivement pour son université et pour son rayonnement religieux ainsi que les sources d'eau, utiles pour les cures balnéaires.

Les débuts du tourisme dans le pays sont provoqués par les travaux des écrivains et des peintres naturalistes de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle qui suscitent l'intérêt des voyageurs romantiques par leurs descriptions de paysages campagnards et montagnards. Les régions principalement mises en valeur sont l'Oberland bernois et les villages d'Interlaken du Lauterbrunnen ou de Grindelwald et le canton du Valais, en particulier avec Zermatt dès 1850.

Les premiers voyages organisés sont lancés par l'agence anglaise Thomas Cook avant que l'industrie touristique locale ne commence à se développer vers 1850, tant dans l'hôtellerie que dans les moyens de transport. Cependant, les tarifs élevés réservent le tourisme suisse aux classes les plus aisées seulement, jusqu'à la crise économique des années 1870 - 1890 qui force les professionnels de la branche à offrir des prix plus avantageux et des séjours plus long, en particulier en développant le tourisme hivernal à la fois dans les régions septentrionales du pays, tel que le canton du Tessin ou la région de Montreux, ainsi qu'en lançant les sports d'hivers, jusqu'alors inexistants, dans les stations telles que St-Moritz ou encore en créant des établissements de cure en montagne à Davos à Montana ou à Leysin pour y soigner la tuberculose. Les touristes sont alors majoritairement anglais, mais également Français ou Américains.

Au début du XXe siècle, la Suisse dépense environ 3 % de son budget annuel pour l'hôtellerie, et les recettes de ce secteur s'élèvent jusqu'à 320 millions de francs par année, ce qui constitue une valeur record jusqu'en 1960. Le développement, après la Première Guerre mondiale, des congés payés provoque une augmentation du tourisme des classes moyennes et basses qui devient largement majoritaire au début des années 1950[3].

Provenance du tourisme[modifier | modifier le code]

Si la majeure partie (plus de 40 %) des nuitées enregistrées sont des Suisses, la nation étrangère la plus importante du tourisme en Suisse est l'Allemagne avec 14,4 % des nuitées, suivie de la France avec 5,3 %, le Royaume-Uni avec 4,8 et l'Italie avec 3,8. Premier pays non-européen, les États-Unis d'Amérique représentent 3,3 % du total alors que l'Australie et la Nouvelle-Zélande regroupées ne représentent que 0,6 % et le Japon 0,4 %, soit le double de la Chine (0,2 %)[4].

En 2011[modifier | modifier le code]

La force du franc et une météo capricieuse ont pesé sur l'hôtellerie suisse durant l'année 2011. Le nombre de nuitées a ainsi reculé de 2 % par rapport à 2010. Un total de 35,5 millions de nuitées ont été enregistrées en Suisse en 2011, soit un recul de 2 %, ont indiqué mardi l'Office fédéral de la statistique et hotelleriesuisse.

Les hôtes indigènes sont restés plus ou moins fidèles, effectuant 15,8 millions de nuitées à travers le pays, soit une baisse de 0,1 % par rapport à 2010. Les séjours des touristes étrangers affichent un recul de 2,5 %. Mais en fait, seules les nuitées générées par les visiteurs européens sont en baisse, avec un repli de 7,3 %.

Hébergement et restauration[modifier | modifier le code]

Les données statistiques concernant l'hébergement en Suisse sont collectées et consolidées par une branche de l'office fédéral de la statistique appelé statistique de l'hébergement touristique (HESTA) depuis le 1er janvier 2005[5]. Cette entité sépare les possibilités d'hébergement en trois catégories à savoir l'hôtellerie (qui regroupe les hôtels, pensions, auberges et motels), les établissements de cure (incluant, outre les établissements de soin, les cliniques d'altitude ainsi que les établissements thermaux) et la parahôtellerie (qui regroupe les campings, les logements de vacances, les auberges de jeunesse ainsi que tous les établissements d'hébergements qui ne tombent pas dans les deux premières catégories, tels que les refuges de montagne ou les dortoirs). Les établissements des deux premières catégories cumulées disposent de 0 à 10 lits dans 17,2 % des cas, de 11 à 20 lits pour 22,9 % d'entre eux, de 21 à 50 lits pour la plus forte proportion, à savoir 33,1 %. Les hôtels de plus de 100 lits représentant un peu plus de 10 %[6].

Catégories d'hôtels[modifier | modifier le code]

Selon l'office de la statistique, en 2007, la Suisse offre 241 019 lits disponibles, répartis dans 4 954 établissements. Avec, toujours pour la même année, un nombre de nuitées s'élevant à 36 400 000, le pays compte un taux d'occupation net de 53,3 %[2]. Si plus de la moitié des établissements n'indiquent pas leur catégorie d'étoiles, l'autre moitié se divise en 76 hôtels de cinq étoiles (soit 4,3 %), 411 de quatre étoiles (23,4 %), 930 de trois étoiles (53,0 %) et 338 de une et deux étoiles (19,2 %).

Valeurs de référence par catégorie d'hôtels[7]
Catégorie d'hôtel * et ** *** **** *****
Nombre moyen de lits 37 63 101 200
Taux d'occupation en % 26,2 40,5 44,5 42,4
Durée moyenne du séjour 2,7 3,1 3,4 3,8
Prix moyen de la chambre 64.- 80.- 117.- 238.-

Parahôtellerie[modifier | modifier le code]

Comme mentionné plus haut, la parahôtellerie en Suisse regroupe tous les établissements ne rentrant pas dans les deux premières catégories, principalement les appartements de vacances et les chambres d'hôtes.

Les différentes offres d'agro-tourisme connaissent un succès particulier depuis le début des années 2000 avec en particulier les vacances à la ferme, proposées par 240 établissement en 2006[8] et les offres aventure sur la paille avec plus de 200 établissements en 2007[9].

La Suisse compte, en 2006, 255 campings enregistrés au Registre des entreprises et des établissements répartis sur l'ensemble du territoire. Les 43 885 places disponibles se découpent en 24 003 places de passage et 19 882 places fixes. Si les campeurs suisses représentent 54,3 % de la clientèle, 31,6 % de ceux-ci sont allemands ou Néerlandais. L'utilisation des campings est principalement concentrée en été avec un pic à 61,4 % de la demande entre les mois de juillet et d'août[10].

Il existe 46 auberges de jeunesse en Suisse, offrant 5 261 lits. Les 873 494 nuitées enregistrées en 2006 sont pour 57,9 % le fait de Suisses, suivi par les Allemands avec 14,5 %. Les résidents asiatiques et américains représentent respectivement 5,3 % et 4,6 %[11].

Restauration[modifier | modifier le code]

En 2006, les établissements de restauration en Suisse disposent de moins de 25 places assises pour 4 % d'entre eux, entre 25 et 50 places pour 23 %, et entre 50 et 75 pour 21 %. Le même pourcentage de 21 % représente également les établissements offrant entre 75 et 100 places ainsi que ceux offrant de 100 à 200 places. Enfin, les 9 % restants offrent plus de 200 places assises.

Les restaurants figurent en tête des établissements de restaurations, avec 67 % du total. Suivent les hôtels-restaurants (17 %), les auberges (14 %), les bars, pubs ou bars à vin (14 %), les pizzerias (9 %) et les salons de thé (9 %)[12]

Plus d'un tiers des établissements d‘hôtellerie-restauration réalisent un chiffre d'affaires annuel de moins de 350 000 francs, plaçant ainsi la plus grande partie des acteurs de la restauration dans le domaine des PME. À l'autre bout de l'échelle, 7 % des établissements gagnent plus de 2 millions de francs par année.

Transports et activités[modifier | modifier le code]

Si la voiture privée est de loin le mode de transport le plus utilisé par les touristes pour se déplacer en Suisse, 20 % d'entre eux voyagent toutefois en train, 18 % en avion et 4 % le bus, le car postal, le tramway ou le métro.

Différents modes de transport[modifier | modifier le code]

Le réseau total de transports publics en Suisse représente une longueur de 28 112 kilomètres, avec 27 300 arrêts.

Le réseau ferroviaire du pays se compose de 5 270 kilomètres de rails sur lesquels circulent quotidiennement 5 600 trains qui parcourent un total de 344 000 kilomètres. Il s'agit du réseau le plus dense du monde[13]. De plus, les Suisses sont les Européens qui voyagent le plus en train avec une moyenne de 44 trajets par année, moyennant 2 009 kilomètres[réf. nécessaire]. Sur le plan mondial, seul le Japon est meilleur avec 69 déplacements annuels pour "seulement" 1 950 kilomètres[réf. nécessaire].

Le réseau de tram, trolleybus et bus est assuré par 17 entreprises différentes, qui transportent, en 2006, 864 millions de passagers sur 1 765 kilomètres de lignes. De leur côté, les 81 entreprises d’autocars, ont transporté 258 millions de passagers sur 16 516 kilomètres.

Sur 22 lacs et rivières suisses, 26 sociétés de navigation offrent 177 bateaux répartis en 6 catégories différentes qui ont transporté en 2006, 13,4 millions de passagers[14]

En 2006 toujours, les sept plus importants aéroports du pays ont enregistré 620 000 décollages ou atterrissages d'avions pour un total de 33.5 millions de passagers (dont 6 millions de transit)[15].

Élément important du tourisme de montagne, les remontées mécaniques génèrent une valeur ajoutée brute directe de quelque 380 millions de francs par an. Le pays compte au total plus de 200 000 téléphériques, télécabines, télésièges, chemins de fer à crémaillère, ou funiculaires. Dans le même domaine, 180 écoles de ski alpin, de snowboard de télémark ou de ski de fond emploient plus de 4 000 moniteurs brevetés et aide-moniteurs qui prodiguent plus de 2 millions de leçons d'une demi-journée par année[16].

Enfin, en 2004, les différents parcours de La Suisse à vélo ont été empruntés par plus de 170 000 cyclotouristes qui ont parcouru un total d'environ 235 millions de kilomètres à vélo.

Activités touristiques[modifier | modifier le code]

Les destinations les plus prisées en Suisse sont, dans l'ordre Zurich (avec 2,4 millions de nuitées en 2006), Genève (1,9 million de nuitées), Zermatt (1,3 million) et Lucerne (1,0 million). Suivent ensuite Bâle, Davos, Saint-Moritz, Lausanne, Berne, Interlaken, Lugano, Lauterbrunnen, Grindelwald, Arosa, Opfikon et Ascona[17]. Les parcs aquatiques sont très bien représentés en Suisse ainsi que quelques parc d'attractions et fête foraines en été. La Suisse est connue pour ses paysages de lacs et montagnes (Cervin) et moins pour ses monuments même si certains comme le Jet d'eau de Genève, le Kapellbrücke de Lucerne ou la Fosse aux ours de Berne sont célèbres.

Les professionnels du tourisme[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Emplois et employés[modifier | modifier le code]

Associations, institutions et labels[modifier | modifier le code]

Associations du tourisme[modifier | modifier le code]

Labels de qualité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 19
  2. a, b, c et d OFS, « Hôtellerie1) : offre et demande des établissements ouverts par région touristique » (consulté le 2 décembre 2007)
  3. Jean-François Bergier, Histoire économique de la Suisse, Lausanne, Payot,‎ 1984 cité par CPLN – CIFOM, « Petite histoire du tourisme » (consulté le 16 décembre 2007\n)
  4. [xls] OFS, « Hôtels et établissements de cure: arrivées et nuitées par catégorie (valeurs cumulées de janvier à décembre) » (consulté le 2 décembre 2007)
  5. InfoTeam Holding, « Nouvelle statistique de l'hébergement » (consulté le 2 décembre 2007)
  6. Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 21
  7. Société suisse de crédit hôtelier citée par Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 23
  8. Selon la société Reka, citée par Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 26
  9. (fr) « Aventure sur la paille », sur www.abenteuer-stroh.ch,‎ 2003 (consulté le 3 décembre 2007)
  10. [PDF] OFS, « Auberges de jeunesse et terrains de camping en 2006 », sur www.bfs.admin.ch,‎ 23 avril 2007 (consulté le 3 décembre 2007)
  11. Selon l'citée par Le tourisme suisse en chiffres , op. cit. page 28
  12. Source GastroSuisse, Reflet économique de la branche 2007, cité par Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 29
  13. Trains en Suisse, InterRail, consulté le 22 décembre 2011
  14. Selon le Service d’information pour les transports publics, cité par Le Tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 35
  15. Selon la Swiss International Airports Association, citée par Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 35
  16. Selon Swiss Snowsports, cité par Le tourisme suisse en chiffres, op. cit. page 37
  17. [xls] OFS, « Hôtels et établissements de cure: arrivées, nuitées et nuitées-chambre par commune (valeurs cumulées de janvier à décembre) » (consulté le 2 décembre 2007)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Ruffieux et Claude Reichler, Le Voyage en Suisse, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 1998, 1760 p. (ISBN 2221072391)
  • Denis Perin, Des Belges chez les Helvètes. Étude du tourisme belge en Suisse à travers les récits de voyage, 1875 - 1914, Université catholique de Louvain, mémoire de licence en histoire,‎ 1994, 177 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]