Thomas Edmund Dewey

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Thomas Edmund Dewey

Thomas Edmund Dewey (24 mars 1902 - 16 mars 1971) était un homme politique américain, gouverneur de l'État de New York de 1943 à 1955. Il a été le candidat républicain aux élections présidentielles de 1944 et 1948, qu'il perdit. Il fut le premier candidat né au XXe siècle.

Jeunesse, études et début de carrière[modifier | modifier le code]

Né et élevé à Owosso (Michigan), son père était l'éditeur du journal local. Il sort diplômé de l'Université du Michigan en 1923 et en droit de la Columbia Law School de New York en 1925. Pendant les années 1930, il a été le avocat défenseur des intérêts de la ville de New York dans les procès pénaux : il aida à la condamnation de Lucky Luciano. En 1939, il poursuivit le leader nazi américain Fritz Kuhn.

Il échoua en 1938 à être élu gouverneur de New York, mais réussit en 1942 et fut réélu en 1946 et 1950. Il fut considéré comme un gouverneur honnête et efficace. Il réduisit les impôts, doubla l'aide de l'État pour l'éducation, augmenta les salaires des fonctionnaires de l'État, et réduisit le déficit de l'État de plus de 100 millions de dollars. Il fit voter une loi qui interdit la discrimination raciale à l'embauche et promulgua les lois créant la State University of New York.

Le candidat à la présidence[modifier | modifier le code]

Pour l'élection présidentielle de 1940, Dewey fut défait au cours des primaires du parti républicain par Wendell Willkie qui fut défait par le président Roosevelt. Dewey, candidat républicain, fut battu par le même Roosevelt en 1944. Mais sa campagne réussit à obtenir plus de voix que les autres candidats républicains depuis Herbert Hoover en 1928.

Il emporta la primaire républicaine de 1948 face à Harold Stassen à la suite du Débat Dewey-Stassen, mais la célébrité de Thomas Dewey a été causée par une anecdote lors de l'élection présidentielle de 1948 face au président Harry Truman : le journal Chicago Daily Tribune titra prématurément la nuit du vote « Dewey Defeats Truman » (Dewey a battu Truman). En fait, Truman l'avait emporté malgré une popularité qui semblait décliner. L'ironie veut que Dewey fut le premier candidat à la présidentielle à avoir une équipe chargée de recueillir les résultats des votes.

Lors de cette campagne, Dewey ne prit aucun risque pour profiter des problèmes de Truman. Il enfila les platitudes, comme : « You know that your future is still ahead of you » (Vous savez que votre avenir est encore devant vous). Un éditorial du Louisville Courier-Journal résuma cette campagne ainsi :

« No presidential candidate in the future will be so inept that four of his major speeches can be boiled down to these historic four sentences: Agriculture is important. Our rivers are full of fish. You cannot have freedom without liberty. Our future lies ahead. »
(À l'avenir, aucun candidat à la présidentielle ne sera assez inepte pour que ses principaux discours puissent être résumés dans ces quatre phrases historiques : l'agriculture est importante. Nos fleuves sont pleins de poissons. Vous ne pouvez être libre sans la liberté. Notre avenir est devant nous).

Si Dewey fut critiqué pour son agressivité en 1944, il avait réussi à la contenir en 1948.

De son côté, Truman lia son adversaire au Congrès républicain qu'il qualifia de « do-nothing Congress » (le Congrès qui ne fait rien), contre lequel le président avait bataillé pendant son mandat. Dewey n'était cependant pas si conservateur que les membres républicains de l'assemblée fédérale. Par exemple, au contraire de son concurrent aux primaires, le sénateur Robert Taft, Dewey n'était pas un isolationniste : au début de la Guerre froide, il soutint le plan Marshall, l'aide à la Grèce, la reconnaissance de l'État d'Israël et le pont aérien contre le blocus de Berlin.

Retraite[modifier | modifier le code]

Il ne se représenta pas en 1952 et aida Dwight Eisenhower qui fut élu président. Il se retira de la politique à la fin de son troisième mandat de gouverneur de New York et retourna à la pratique de la loi. Il mourut d'une crise cardiaque le 16 mars 1971.

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1937, le dessinateur Al Taliaferro nomma un des neveux de Donald Duck (Riri, Fifi et Loulou en français) d'après le gouverneur Dewey, (les deux autres s'appelant « Huey » en référence au gouverneur démocrate de Louisiane Huey Pierce Long, et « Louie » en référence à un animateur de Disney, Louis Schmitt)[1].

En 1964, l'assemblée législative de l'État de New York baptisa officiellement en son honneur une autoroute à péage reliant Buffalo à la ville de New York, même si le nom Thomas E. Dewey Thruway est peu couramment utilisé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dana Coty, a gag man who later sold ideas to Barks for the comics, came up with the euphonious names Huey, Dewey and Louie, with the names taken from Huey Long, governor and later senator of Louisiana; Thomas Dewey, governor of New-York, and subsequently a presidential candidate; and Louis Schmitt, an animator at the Disney Studio in the 1930s and 1940s. » Cité dans Thomas Andrae, Carl Barks And the Disney Comic Book: Unmasking the Myth of Modernity, Univ. Press of Mississippi, 2006 (ISBN 1578068584))

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]