Dixiecrat

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Le terme Dixiecrat désignait autrefois aux États-Unis le States' Rights Democratic Party (Parti démocrate pour les droits des États) mais continue à être employé pour désigner les élus démocrates conservateurs du Sud.

Le terme historique de « Southern Democrat » continue également à désigner l'ensemble des élus du Parti démocrate dans les anciens États confédérés.

Aujourd'hui, le States' Rights Democratic Party a disparu et les élus Southern Democrats jouent leur survie au niveau de la politique locale des États car au niveau national, ils ont quasiment tous rallié le Parti républicain.

Politiquement, si les Southern Democrats sont des populistes conservateurs, les Dixiecrats sont plus à droite encore, voire à l'extrême droite.

Origine[modifier | modifier le code]

Le terme de Dixie désigne les États du Sud qui pratiquaient l'esclavage. Il fait plus directement référence au nom de l'hymne confédéré durant la Guerre de Sécession.

Les élus du Parti démocrate dans cette région se sont fait appeler Southern Democrats pour manifester leur origine et leur indépendance vis-à-vis du Parti démocrate au niveau national.

Populistes, anciens partisans de l'esclavage, les Southern Democrats appelés aussi Dixiecrats ont ainsi assuré pendant une centaine d'année la domination des démocrates dans les anciens États confédérés d'Amérique. Ils ont constitué une sorte d'État dans l'État au sein du Parti démocrate.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Défenseur d'une politique ségrégationniste (lois Jim Crow) au travers de l'exception culturelle du Sud, les Dixiecrats sont des ultraconservateurs du point de vue de la morale, sont opposés à l'intégration raciale mais sont également des partisans d'une politique très progressiste en matière de droit du travail, au bénéfice des « pauvres blancs » (poor whites). Leur devise est « Segregation Forever! »

Ils sont aussi les plus contestataires de l'impérialisme yankee assimilé aux gens du Nord, surtout quand ils sont républicains mais aussi démocrates. Ils sont très nostalgiques du Sud d'avant la Guerre de Sécession.

Certains Southern Democrats rejettent cependant ce terme de Dixiecrat car leur conservatisme et leur populisme ne va pas jusqu'à défendre inconditionnellement la ségrégation raciale et la nostalgie du vieux Sud.

Élection présidentielle de 1948[modifier | modifier le code]

En 1948, trente cinq délégués démocrates de l'Alabama et du Mississippi quittent la convention nationale démocrate ulcérés par la décision du président Harry Truman de procéder à l'intégration raciale dans les forces armées et par le discours du sénateur Hubert Humphrey du Minnesota appelant le parti à adopter d'urgence un programme anti-ségrégationniste.

Ces délégués créèrent alors le « parti démocrate pour le droit des États », premier parti officiellement Dixiecrat. À leur convention à Birmingham, Alabama, ils désignèrent Strom Thurmond, gouverneur de Caroline du Sud, comme candidat Dixiecrat à l’élection présidentielle de 1948 pour défendre les droits des États contre les empiètements de l'État fédéral. Sa candidature manifestait la crainte des Dixiecrats devant les demandes de déségrégation de plus en plus forte dans le reste du pays. Fielding Wright, gouverneur du Mississippi, était le candidat à la vice-présidence.

Ils réussirent à se faire déclarer candidats officiels du Parti démocrate dans quatre États, Alabama, Louisiane, Mississippi, et Caroline du Sud alors que dans les autres États, ils concouraient en tant que 3e parti.

Le ticket Thurmond-Wright emporta le jour de l'élection les quatre États les plus démocrates du sud qu'étaient le Mississippi (87 %), l'Alabama (80 %), la Louisiane (49 %) et la Caroline du Sud (72 %) représentant 2,41 % des électeurs américains pour 1 169 021 votes et totalisant 39 votes de grands électeurs.

Le tournant des années 1950 et 1960[modifier | modifier le code]

Les années 1950 et 1960 ont constitué un tournant avec la déclaration d'inconstitutionnalité de la ségrégation raciale par la Cour suprême des États-Unis puis avec la loi sur les droits civiques initiée par le président démocrate texan Lyndon Johnson.

Les élections présidentielles de 1964 et 1968 ont été les premiers signes de la désertion du Parti démocrate par les électeurs blancs, ulcérés par la fin de leurs privilèges, accordant pour la première fois leurs suffrages à des républicains conservateurs.

L'élection présidentielle de 1968 et l'American Independant Party[modifier | modifier le code]

En 1968, c'est George Wallace, gouverneur de l'Alabama qui reprend l'étiquette Dixiecrat pour se présenter à l'élection présidentielle. Candidat de l'American Independant Party, opposé aux droits civiques, Wallace arrive en tête devant les candidats républicains et démocrates en Arkansas (38 %), Louisiane (48 %), Alabama (65 %), Mississippi (63 %) et Géorgie (43 %), totalisant 13,53 % des suffrages représentant 9 901 118 électeurs et 46 grands électeurs.

Le basculement vers les républicains[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970, de nombreux élus Dixiecrats abandonnent le parti démocrate et rejoignent le parti républicain qu'ils refondent localement. D'autres plus populistes comme Wallace font leur aggiornamento et deviennent des partisans de l'intégration raciale, prenant souvent acte du fait que les électeurs de leur circonscription électorale étaient majoritairement noirs et ralliés aux démocrates.

Entre 1970 et 2003, tous les États du Sud vont se doter de gouverneurs républicains alors que le terme southern democrat supplante de nouveau celui de Dixiecrat.

Depuis les années 1980, les Southerns Democrats représentent souvent une des composantes de l'aile conservatrice du parti démocrate quand ils n'ont pas simplement rallié le parti républicain.

En 2000 et 2004, pas un seul État du Sud n'a voté pour un candidat démocrate à l'élection présidentielle. Bien au contraire, ils ont tous été le socle de la victoire du candidat républicain conservateur George W. Bush, lequel avait transformé quelques années auparavant l'État du Texas d'une chasse gardée démocrate en bastion républicain imprenable.

Enfin, en 2005, 22 des 26 sénateurs au Congrès représentant les anciens États de la Confédération sont des membres du Parti républicain. Dans les années 1950, ils étaient tous démocrates dont ils constituaient le socle de leur domination au Congrès.

Personnalités « southern democrats »[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]