Jean Fréville

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Jean Fréville, de son vrai nom Eugène Schkaff (né le 25 mai 1895 à Kharkov en Ukraine ; décédé le 23 juin 1971 à Paris) est un écrivain et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise russe qui fut contrainte de s'enfuir après la révolution bolchevique, des problèmes graves avec son père le poussent à devenir sympathisant de la révolution. Il obtient la naturalisation française en 1927 et la même année, il se rend à Moscou pour les célébrations du 10e anniversaire de la Révolution d'Octobre. Il y rencontre Maurice Thorez et à son retour à Paris, rejoint le Parti communiste français dès 1927. Il devient alors chroniqueur littéraire pour L'Humanité et il est le premier à utiliser le concept de « réalisme socialiste » avant que celui-ci soit conceptualisé en URSS. Il est un des plus proches collaborateurs de Maurice Thorez, à tel point qu'il rédige de nombreux textes pour le secrétaire général du Parti, notamment son autobiographie, Fils de Peuple.

Docteur en droit, Fréville traduisit en français les écrits des grands penseurs du Marxisme sur l’esthétique : « Les Grands textes du marxisme sur la littérature et l'art » (1937), « L'art et la vie sociale — Plékhanov et les problèmes de l'art » (1949). Il écrivit sur la place des femmes dans la société communiste (La Femme et le communisme, 1950 ; Une grande figure de la Révolution russe : Inessa Armand, 1957). Son premier roman, « Pain de brique » (1937), est consacré aux grèves, et « Port-Famine » (1939) à la condition des marins. Son recueil de nouvelles intitulé « Les collabos » (1946) et son roman « Plein vent » (1950) décrivent avec beaucoup de réalisme la vie et les difficultés de ré-insertion des résistants dans l'immédiat après-guerre. Parmi ses écrits proprement historiques, il faut citer « Avec Maurice Torez » (1950), « La Nuit finit à Tours » (1950, récit du Congrès de Tours et des événements qui menèrent à la sécession d’avec la SFIO), ainsi que ses biographies : « Henri Barbusse » (1946), « Zola, semeur d'orages » (1952), « Lénine à Paris » (1968). Il est aussi nécessaire de rappeler que Jean Fréville est l'auteur du livre de « Maurice Thorez : Fils du peuple ». Pages 36 et 37 des premières éditions il est écrit en forme d'acrostiche : "Ferrailles rongées et verdies, informes lacis, larges entonnoirs aux escarpements crayeux, ravinés, immenses tranchées creusées en labyrinthes, infranchissables vallonnements, ravagés,..." En prenant la première lettre de chaque mot il convient de lire : « Fréville a écrit ce livre ». Cette information disparaîtra des éditions suivantes...

Après la guerre, il est une des chevilles ouvrières du Cabinet de Thorez devenu ministre. Après l'éviction des communistes en mai 1947, il continue d'être un collaborateur proche mais discret de Maurice Thorez. C'est notamment lui qui fait de nombreux allers-retours en URSS pour rencontrer Thorez malade. En tant qu’intime de la famille Thorez, il fut l'un des principaux intellectuels communistes français qui a participé au culte du secrétaire général.

Il semblerait qu'à partir du début des années 1960, Thorez s'éloigne peu à peu de lui, particulièrement après que l'acrostiche inséré dans le Fils du Peuple eut été connu du grand public. Il est cependant resté membre du Parti jusqu'à la fin de sa vie et continua de nourrir la mémoire de Thorez.

Sources[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Fréville par genre

Le Marxisme et la littérature

-          Marx et Engels sur la littérature et l’art ( 1936 )

-          Paul Lafargue : Critiques Littéraires ( 1936 )

-          Lénine, Staline : Sur la littérature et l’art ( 1937 )

-          L’art et la vie sociale ( étude sur Plekhanov ) ( 1950)

-          Marx et Engels sur la littérature et l’art ( 1954 ) ( introduction de Thorez )

-          Lénine sur le littérature et l’art ( 1957 )

Biographies[modifier | modifier le code]

-          Henri Barbusse ( avec J. Duclos ) ( 1946 )

-          Avec Maurice Thorez ( 1950 )

-          Zola, semeur d’orages ( 1952 )

-          Inessa Armand, une grande figure de la Révolution russe ( 1957 )

-          Marcel Cachin vous parle ( introduction de Fajon et une étude de Fréville ), (1959)

-          Lénine à Paris ( 1968 )

La question des femmes

-          Marx ; Engels, Lénine : sur la famille ( 1938)

-          La femme et le communisme ( 1950 ) ( introduction de Vermeersch )

La naissance de PCF

-          La nuit finit à Tours ( 1950 )

-          Né du feu ( 1960 )

-          La nuit finit à Tours ( 1970 )

Essais politiques et philosophiques

-          Lénine et la liberté ( 1947 )

-          Les Briseurs de chaînes ( 1948 )

-          L’épouvantail malthusien ( 1956 )

Roman, Poèmes et Nouvelles

-          A la gueule des loups ( poèmes 1945 )

-          Pain de brique ( roman 1937 ) ( prix de la Renaissance 1938 )

-          Pain de brique ( édition définitive 1956 )

-          Port-Famine ( roman 1939 )

-          Les Collabos ( nouvelles 1946 )

-          Plein Vent ( roman 1950 )

-          Sans un ( roman 1969 )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Jean Fréville n’est plus », Cahiers de l’lnstitut Maurice Thorez, no 23,‎ 1971.
  • Jean-Pierre Bernard, « Le Parti communiste français et les problèmes littéraires (1920-1939) », Revue française de science politique, vol. 17, no 3,‎ 1967, p. 520-544
  • Deniz Uztopal, "Jean Fréville, un intellectuel au service de la cause de Maurice Thorez", Mémoire de Maitrise, 2005, Université Paris1.