Noli me tangere

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo de Sienne par Duccio
Cappella Scrovegni, Padoue par Giotto
Hessisches Landesmuseum, Darmstadt par Hans Baldung
par Martin Schongauer, dit le Beau Martin, 1473
par Antonio Allegri da Correggio, dit Le Corrège, 1525

Noli me tangere (« Ne me touche pas » ou « Ne me retiens pas » ) est la traduction latine des paroles prononcées par Jésus ressuscité le dimanche de Pâques à l'adresse de Marie-Madeleine (Marie de Magdala). On trouve cette formule latine sous la plume de saint Jérôme dans la Vulgate, évangile selon saint Jean, chapitre 20, versets 11 à 18 (Vulgate Clementina, traduction : Bible de Jérusalem):

Le texte biblique[modifier | modifier le code]

  1. «  Maria autem stabat ad monumentum foris, plorans. Dum ergo fleret, inclinavit se, et prospexit in monumentum » :
    Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Or, tout en pleurant, elle se pencha vers l'intérieur du tombeau
  2. «  et vidit duos angelos in albis sedentes, unum ad caput, et unum ad pedes, ubi positum fuerat corpus Jesu. » :
    et elle voit deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds.
  3. «  Dicunt ei illi : Mulier, quid ploras ? Dicit eis : Quia tulerunt Dominum meum : et nescio ubi posuerunt eum. » :
    Ceux-ci lui disent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur dit : « Parce qu'on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis. »
  4. «  Hæc cum dixisset, conversa est retrorsum, et vidit Jesum stantem : et non sciebat quia Jesus est. » :
    Ayant dit cela, elle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
  5. «  Dicit ei Jesus : Mulier, quid ploras ? quem quæris ? Illa existimans quia hortulanus esset, dicit ei : Domine, si tu sustulisti eum, dicito mihi ubi posuisti eum, et ego eum tollam." :
    Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : « Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je l'enlèverai. »
  6. «  Dicit ei Jesus : Maria. Conversa illa, dicit ei : Rabboni (quod dicitur Magister). » :
    Jésus lui dit : « Marie ! » Se retournant, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » - ce qui veut dire : « Maître ».
  7. «  Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum : vade autem ad fratres meos, et dic eis : Ascendo ad Patrem meum, et Patrem vestrum, Deum meum, et Deum vestrum. » :
    Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va trouver mes frères et dis-leur : "je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu". »
  8. «  Venit Maria Magdalene annuntians discipulis : Quia vidi Dominum, et hæc dixit mihi. » :
    Vient Marie de Magdala, qui annonce aux disciples : « J'ai vu le Seigneur et voilà ce qu'il m'a dit. »

Dans l'art[modifier | modifier le code]

L'expression Noli me tangere désigne les nombreux tableaux montrant cette scène, nommés aussi :

  • l'Apparition à Marie-Madeleine,
  • l'Apparition au tombeau
  • le Christ jardinier,
  • le Christ à la bêche,
  • en Italien : Apparizione di Gesù risorto alla Maddalena in forma di ortolana.

Iconographie[modifier | modifier le code]

De nombreux détails iconographiques permettent de comprendre comment Marie-Madeleine doit reconnaître le Christ :

  • à son attitude
  • à ses attributs vestimentaires (linceul ou manteau brodé ou de couleur rouge)
  • au fait qu'il porte une croix en haut de son bâton
  • au nimbe ou au halo qui l'enveloppe
  • au lieu, en plein air
  • aux personnages accessoires

Quelques artistes ayant traité ce sujet[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres acceptions de l'expression[modifier | modifier le code]

  • Un phasme, Epidares nolimetangere porte aussi ce nom à cause du fait qu'il entre en catalepsie au moindre danger.
  • Elle a aussi inspiré le célèbre Noli me legere (« Ne me lis pas ») de Maurice Blanchot.
  • Les mots noli me tangere sont passés, en droit, pour synonymes de l'inviolabilité du corps humain.[réf. nécessaire]
  • Michel Foucault, dans Surveiller et punir, reprend l'expression Noli me tangere pour symboliser le passage, à l'âge classique, du supplice au châtiment carcéral systématique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur les bâtisseurs de cathédrales

Sur les autres projets Wikimedia :