Maurice Zundel

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Maurice Zundel, né le 21 janvier 1897 à Neuchâtel et mort le 10 août 1975 à Ouchy (Lausanne) est un prêtre et théologien catholique suisse. On a dit de lui qu'il se situe « au croisement des théologies protestante et catholique, de la philosophie existentielle et du personnalisme. »[1]

Sa vie[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre dans le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, il passe quelques années à Rome pour y obtenir en 1927 un doctorat en théologie à la Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin, Angelicum. Il s'initie aux recherches de la science, de la littérature et des arts.

Il mène ensuite une vie itinérante de conférencier qui le conduit de Suisse en France, en Palestine, en Égypte et au Liban. C'est à Paris, en 1926, qu'il fait la connaissance de l'abbé Jean-Baptiste Montini qui deviendra le pape Paul VI. Paul VI invitera Maurice Zundel à prêcher la retraite de carême au Vatican en 1972.

Il a eu toutefois l'interdiction de faire usage de la parole en public à cause de ses positions controversées – voire hérétiques – sur la présence du Christ dans l'eucharistie. Son concept de présence "spirituelle" du Christ nierait le magistère de l'Église dans le sens où celle-ci affirme la présence réelle (en corps et en sang) du Christ dans l'eucharistie.

Écrivain, poète et conférencier, Maurice Zundel a publié une trentaine de livres. Il meurt à Ouchy (Lausanne), en 1975. Son corps repose en la Basilique Notre-Dame de l'Assomption de Neuchâtel.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

La pensée de Zundel est à la fois mystique, éthique.

Le mysticisme de Zundel est orienté sur la libération des déterminismes biologiques par l'intervention de l'Esprit dans l'art, la science, et surtout la religion. Pour lui, le don ou sacrifice de soi est un acte joyeux de communion et non un renoncement triste. Il affirme que l'homme ne devient une personne libre qu'en se libérant radicalement de son statut d'individu biologique. Reprenant à son compte la formule de Rimbaud « on ne naît pas libre, on le devient »[2], il lui donne un sens philosophique et mystique porté sur l'altérité, selon lequel la liberté s'obtient par la totale désappropriation de soi sur le modèle trinitaire. C'est alors que « je est un autre » par la rencontre du « tu ». La libération est donc le passage de l'homme réel à l'homme possible, de l'individu à la personne. La personne est "l'homme possible" ou libre ; l'individu, c'est l'homme réel asservi aux déterminismes cosmiques.

La mystique de Zundel prend appui sur la méditation trinitaire du don infini de chacune des trois personnes divines en direction des deux autres. La doctrine trinitaire est ainsi la méditation d'une circulation infinie d'Amour entre les trois personnes. Enfin elle met en avant la conception d'un Dieu d'Amour,selon laquelle Dieu n'est pas un Dieu vengeur mais un Père tendre qui aime et pardonne. Ce n'est pas un pharaon ou un souverain, c'est un homme-dieu qui aime et qui souffre dans la personne du Christ.

Du point de vue éthique, Zundel fonde une « morale de la libération » rompant avec les morales de l'obligation ou du devoir. La morale de la libération n'est pas une morale de tabous ou d'interdits. Elle consiste en un dépassement de soi par le don infini de soi. Pour Zundel en effet, l'homme ne se trouve qu'en se perdant joyeusement, qu'en se désappropriant totalement de soi.

Publications[modifier | modifier le code]

Cette bibliographie est indicative car l'Association Les Amis de Maurice Zundel (AMZ) fait publier ou republier assez régulièrement des ouvrages de Maurice Zundel. Deux courtes compilations ont été publiées en 1997 avec le concours de l'AMZ en direction de tous ceux qui veulent découvrir sa pensée : "Vivre l'Evangile avec Maurice Zundel : L'Homme, le grand malentendu" (Edition Saint-Paul) et "Dieu, le grand malentendu" (Saint-Paul). On trouvera auprès de l'AMZ également un bulletin trimestriel d'information.

Aux éditions Anne Sigier : Hymne à la joie, 1992. Je est un autre, 1986. Je parlerai à ton cœur (retraite aux franciscaines du Liban), 1990. Morale et mystique, 1986. Silence, Parole de vie (retraite aux franciscaines du Liban), 1990. Ta Parole comme une source - 85 sermons inédits (1953-1975), 1987. Vie, mort, résurrection (retraites données en 961-1972), 1995. Pèlerin de l'espérance, 1997.

Aux éditions du Cerf : Croyez-vous en l'homme ?, Coll. Foi vivante, 1992. Notre Dame de la Sagesse, Coll. Foi vivante, 1995. La Pierre vivante, 1992. Fidélité de Dieu et grandeur de l'homme. Retraite à Timadeuc, 2009

Aux éditions Desclée : Ouvertures sur le vrai, 1989. Recherche de la personne, 1990. Ton visage, ma lumière -90 sermons de Maurice Zundel (1960-1975), 1989. Dialogue avec la vérité, 1991.

Aux éditions Saint Augustin : Avec Dieu dans le quotidien, 1988. Emerveillement et pauvreté (retraite aux oblates bénédictines de La Rochette), 1990. L'Evangile intérieur, 1991. La liberté de la foi, 1992. Quel homme et quel Dieu ? (Retraite au Vatican), 1986.

Chez Mame / Le Moustier : Poème de la Sainte Liturgie, coll. goûtez et voyez, 1991. Sous le pseudonyme de Frère Benoît

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Fromaget, Mort et émerveillement dans la pensée de Maurice Zundel, Lethielleux éd., 2011
  • Bernard de Boissière et France-Marie Chauvelot, Maurice Zundel, préface de Sylvie Germain, Paris, Presses de la Renaissance, 2009
  • Gustave Martelet, Maurice Zundel, un christianisme libérateur, Actes du colloque de Paris, mars 1997, éd. Anne Sigier, 2004
  • François Darbois, Oraison sur la vie, Anne Sigier, Quebec, 1997, 170p.
  • Marc Donzé. La pensée théologique de Maurice Zundel, pauvreté et libération, Paris, Cerf, 1980
  • Marc Donzé. L'humble présence. Maurice Zundel, inédits recueillis et commentés par Marc Donzé. éditions du Jubilé, 2008

Notes[modifier | modifier le code]

  1. René Habachi, Quatre aspects de Maurice Zundel, Cariscript, 1992.
  2. Notamment dans son livre Le problème que nous sommes, 2000, Éditions du Sarment.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]