Mort et funérailles de Diana Spencer

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La mort de Diana Spencer survient le 31 août 1997 à h 25, à la suite d'un accident de la route dans le tunnel du pont de l’Alma à Paris.

Diana Spencer en 1987.
L'Hôtel Ritz, à Paris.
Entré Est du pont de l’Alma.
La Flamme de la Liberté sur l'entrée Ouest du pont de l’Alma

Mort[modifier | modifier le code]

Le 30 août 1997, le couple Hemad Fayed dit Dodi Al-Fayed - Diana Spencer arrive au Ritz, un célèbre palace parisien appartenant au milliardaire égyptien Mohammed Al-Fayed, père de Dodi.

C'est vers h 20 que l'accident de voiture qui coûta la vie au couple a eu lieu.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Peinture représentant l'épave de la Mercedes-Benz S280 (W140).
  • 15 h 20

Le couple Dodi Al-Fayed - Diana Spencer se pose sur l'aéroport du Bourget avec son jet privé Gulfstream IV, en provenance d'Olbia, en Sardaigne où il avait passé la fin de ses vacances.

  • 16 h 35

Le couple arrive au Ritz, un célèbre palace parisien situé sur la chic place Vendôme, au 1er arrondissement de Paris, dont le propriétaire n'est autre que Mohamed Al-Fayed, le père de Dodi Al-Fayed.

  • 19 h 0

Retour au n° 1, rue Arsène-Houssaye, dans l'appartement de Dodi. Ils se lavent puis se reposent. Les photographes qui suivent le couple à moto, comme en voiture, font le guet au pied de l'appartement.

  • 21 h 25

Retour au Ritz dîner dans le restaurant L'Espadon, mais le couple décide finalement de se faire servir à l'étage dans la suite impériale, le service de sécurité du Ritz s'inquiétant du comportement étrange dans la salle de restaurant de deux clients inconnus, avec de gros sacs en plastique à leurs pieds. L'enquête révélera plus tard que les deux clients en question n'étaient en fait que de paisibles touristes[1]. Le couple est filmé par les caméras de surveillance[2].

  • 31 août 1997, h 10

Des paparazzis les guettant à la sortie du Ritz, Dodi décide de laisser devant le palace sa propre voiture, une Mercedes-Benz S280 (W140) conduite par son chauffeur personnel Philippe Dourneau ainsi que la Range Rover des gardes du corps conduite par Jean-Francois Musa, propriétaire de la compagnie Étoile Limousines qui fournissait des voitures de fonction au Ritz, simulant le départ à bord de Diana et Dodi[3]. Le couple emprunte à l'arrière du palace une seconde sortie plus discrète et entre dans une Mercedes-Benz W140 immatriculée 688 LTV 75 (voiture leurre non homologuée[4] de la compagnie Étoile Limousines pour échapper aux paparazzi) conduite par Henri Paul, chef de la sécurité du Ritz, le garde du corps Trevor Rees-Jones montant à l'avant du côté passager. Mais quelques paparazzi qui ne se sont pas laissé prendre à la manœuvre de diversion s'approchent déjà.

  • h 20

La Mercedes démarre, à destination de l'appartement de Dodi, court trajet qui doit durer cinq minutes. Des paparazzi les suivent et certains les précèdent déjà, comme le montre une photo prise par Jacques Langevin de la Mercedes par son avant[5]. Mais Dodi change de plan et demande à Henri Paul de contourner la route par des petits carrefours[réf. souhaitée] et de foncer à travers des voies moins éclairées pour échapper à une douzaine de paparazzi et un motard de presse et gâcher leurs photos nécessitant le flash[6]. Le chauffeur prend rue de Rivoli, traverse la place de la Concrode puis, au lieu d'emprunter les Champs-Elysées, s'engage à vive allure dans la Voie Georges-Pompidou, le cours la Reine et le cours Albert-Ier, trois voies sur berge rive droite de la Seine, parvenant à distancer les paparazzi[7].

  • entre h 23 et h 25

Amorçant mal le virage du souterrain du pont de l'Alma, par son entrée Est, alors qu'il roule à une vitesse estimée comprise entre 118 et 155 km/h (vitesse déterminée par deux crash tests réalisés par des experts du service d'accidentologie Mercedes-Benz qui ont également évalué la vitesse de l'impact sur le pilier, 105 km/h[8]), Henri Paul « freine une première fois. Sur 19 mètres, comme l'attestent les traces de pneus sur la chaussée. La Mercedes effleure le troisième pilier qui sépare les deux voies. (On retrouvera par terre des débris de phare.) L'embardée se poursuit[9]. Henri Paul freine à nouveau, sur 32 mètres cette fois, avant de s'écraser de plein fouet sur le treizième pilier. La voiture fait un tête-à-queue »[10]. L'impact frontal contre le pilier de béton armé, non protégé par une glissière de sécurité, est violent. Dodi et Paul meurent sur le coup ; Diana , recroquevillée entre les deux sièges et en coma vigil, et son garde du corps Trevor Rees-Jones, le seul a avoir attaché sa ceinture de sécurité, sont grièvement blessés. Ils sont d'abord réanimés sur place alors que la police tente d'écarter les paparazzi qui mitraillent la Mercedes[7].

  • h 50

Diana est transporté en SAMU à l’hôpital à 1 h50 du matin. Sur le chemin, elle fait un second arrêt cardiaque au niveau du pont d'Austerlitz, ce qui oblige le médecin, le docteur Martino, à s'arrêter sur le bord de la route pour faire redémarrer le cœur. L'ambulance roule lentement (40 km/h) et met environ 15 minutes pour arriver à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière car rouler au-delà aurait augmenté la pression artérielle de la victime et ainsi aggravé son état, Diana faisant notamment une hémorragie interne. Une thoracotomie d'urgence met en évidence une plaie importante de la veine pulmonaire gauche. Malgré la fermeture de cette plaie et un massage cardiaque interne et externe, les médecins la déclarèrent morte deux heures après son arrivée, à 4 h 25 du matin[11].

  • h 5 du matin

Le professeur Bruno Riou, médecin anesthésiste-réanimateur, annonce aux autorités présentes (le ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, le préfet de police, Philippe Massoni, et l'ambassadeur de Grande-Bretagne en France, sir Michael Jay (en)), que la princesse Diana est morte à la suite d'une hémorragie sur rupture de la veine pulmonaire[12].

  • h 45

Le décès est officiellement déclaré.

Funérailles[modifier | modifier le code]

Le cortège funèbre de princesse de Galles à St. James Park, Londres.

Les funérailles à l’abbaye de Westminster, le 6 septembre ont rassemblé environ 3 millions de personnes à Londres. Plus d’un million de bouquets ont été déposés à son domicile londonien au palais de Kensington. On demanda au public de ne plus apporter de fleurs au domaine familial d’Althorp, car le nombre de gens et de fleurs sur les routes surchargées mettait en danger la sécurité publique.

La réaction de la famille royale à la mort de Diana causa un tollé sans précédent. Le respect pointilleux du protocole de la Maison de Windsor a été interprété par le public comme une absence de sensibilité. Le refus de Buckingham Palace de mettre en berne l’Union Jack provoqua des manchettes acerbes dans les journaux : « Où est notre reine ? Où est notre drapeau ? » demandait le Sun. La reine, qui était revenue de Balmoral à Londres, accepta une allocution à la télévision. À la demande expresse de Downing Street, ce qui devait être un enregistrement devint du direct et le texte fut revu par Alastair Campbell pour être « plus chaleureux ».

Le public présent aux funérailles jeta des fleurs au passage de la procession tout au long de son parcours. À l’extérieur de l’abbaye de Westminster, la foule acclamait les nombreuses célébrités qui se trouvaient à l’intérieur : le chanteur Sir Elton John (qui a interprété une version de sa chanson Candle in the Wind, réécrite à cette occasion), Tom Cruise et Nicole Kidman, le metteur en scène Steven Spielberg, l’homme d’affaires britannique Richard Branson, la reine Noor de Jordanie, Hillary Rodham Clinton et Bernadette Chirac. La cérémonie religieuse a été retransmise en direct à la télévision.

Des haut-parleurs avaient été placés à l’extérieur pour que la foule puisse entendre le déroulement de l’office. Les invités applaudirent les paroles du frère de Diana, Lord Spencer, qui attaqua vertement la presse et critiqua indirectement la famille royale pour son comportement vis-à-vis de sa sœur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dupuis Jérôme, « Diana Le récit inédit des témoins du Ritz », sur L'Express,‎ 12 mars 1998
  2. (en) Robert Barr, « Last photos of Diana shown to inquest jury », sur The Boston Globe,‎ 4 octobre 2007
  3. (en) Anne Commire, Women in World History, Gale,‎ 1999, p. 599
  4. Cette voiture de grande remise nécessite, pour être conduite, une habilitation particulière (permis spécial) de la préfecture de police.
  5. (en) Victoria Ward, « Last Picture Of Princess Diana Before Crash », sur Daily Record,‎ 3 octobre 2007
  6. (en) Simon R. Smith, Diana. The Lying Game, Lulu,‎ 2007, p. 39
  7. a et b Dupuis Jérôme, Lis Céline et Rosso Romain, « Enquête : les dernières heures de Diana », sur L'Express,‎ 11 septembre 1997
  8. (en) Martyn Gregory, Diana. The Last Days, Random House,‎ 2010, p. 347
  9. Henri Paul effleure le troisième pilier, fait une embardée sur le droite, se déporte vers le mur droit ou heurte une Fiat Uno blanche, puis refait une embardée sur la gauche. Source : Simon R. Smith, op. cit., p. 41
  10. (en) The crash that killed Diana
  11. Daniel Bourdon, Diana. Cette nuit-là, Michel Lafon,‎ 2014, p. 57
  12. (en) Tina Brown, The Diana Chronicles, Random House,‎ 2011, p. 396

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]