Masako Owada

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Masako

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La Princesse Masako en 2009.

Titre

Princesse héritière consort

Depuis le 9 juin 1993
(21 ans, 3 mois et 13 jours)

Prédécesseur Michiko Shōda
Biographie
Dynastie Maison Yamato
Nom de naissance Masako Owada
Naissance 9 décembre 1963 (50 ans)
Minato, Tokyo
Père Hisashi Owada
Mère Yumiko Egashira
Conjoint Naruhito
Enfants Aiko
Résidence Palais du Tōgū

Son altesse impériale la princesse héritière consort Masako (皇太子妃雅子, Kōtaishihi Masako?) est l'épouse de l'héritier du trône impérial japonais, Naruhito, et donc membre par alliance de la Maison impériale du Japon, appelée à devenir un jour l'impératrice consort de l'archipel. Elle est née Masako Owada (小和田 雅子, Owada Masako?) le 9 décembre 1963 dans l'arrondissement de Minato à Tokyo au Japon.

Origines et carrière[modifier | modifier le code]

Origines familiales et éducation[modifier | modifier le code]

Masako Owada est la fille aînée du diplomate et spécialiste de droit international Hisashi Owada, qui fut successivement ambassadeur du Japon auprès de l'OCDE à Paris de 1988 à 1989 puis auprès de l'ONU de 1994 à 1998, et est actuellement, et depuis 2003, membre de la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye aux Pays-Bas. Masako a deux sœurs cadettes, jumelles, prénommées Setsuko et Reiko.

Elle a grandi au gré des affectations de son père. Elle s'installe ainsi avec sa famille, lorsqu'elle est âgée de 2 ans, à Moscou où elle est scolarisée durant toute son école maternelle. De retour au Japon, elle suit sa scolarité primaire et une partie de la secondaire (jusqu'à sa seconde année de lycée) au sein de l'établissement privé pour filles de la Denenchofu Futaba Gakuen dans l'arrondissement de Setagaya à l'ouest de Tōkyō. En 1978, son père est à nouveau nommé à l'étranger, en tant que professeur invité à l'Université Harvard et vice-ambassadeur auprès des Nations unies, et c'est donc aux États-Unis que Masako finit sa scolarité : elle est diplômée du Belmont High School, un lycée public de la banlieue nord de Boston dans le Massachusetts, où elle est présidente de la National Honor Society. Du fait de la profession de son père et de son éducation dans différents pays, Masako Owada parle couramment, outre le japonais, l'anglais et le français et est à l'aise en russe, allemand et espagnol, et s'oriente ainsi à son tour vers une carrière de diplomate.

Études et carrière de diplomate[modifier | modifier le code]

La future princesse Masako obtient en 1985 un Bachelor of Arts (B.A.) magna cum laude (l'équivalent d'une mention bien) en économie de l'Université Harvard, avec un mémoire en économétrie portant sur les effets des variations du prix du pétrole sur les cycles économiques du Japon, puis étudie également un temps, sans obtenir de diplôme, à l'université de Tokyo jusqu'en 1987 puis les relations internationales au Balliol College de l'université d'Oxford au Royaume-Uni de 1988 à 1990.

Elle intègre le ministère des Affaires étrangères en 1987, devient, entre 1987 et 1989, l'une des « plumes » en matière de politique étrangère du Premier ministre Noboru Takeshita, puis seconde notamment son père, alors directeur général et vice-ministre des affaires étrangères, tout en étant affecté à la division nord-américaine du ministère de 1991 à 1993. À ce poste, elle rencontre plusieurs leaders de la scène internationale de l'époque, dont le président américain Bill Clinton ou encore le président russe Boris Eltsine et sert d'interprète lors des négociations avec les États-Unis portant sur la supraconductivité[1]. Toutefois, son mariage le 9 juin 1993 avec le prince héritier du Japon va mettre fin à ce qui semblait devoir devenir une brillante carrière dans la diplomatie japonaise.

Princesse héritière du Japon[modifier | modifier le code]

Maison impériale du Japon
Japanese Imperial Seal.svg
Princes d’Akishino
Japanese Crest of Akisino no miya.svg
Princes de Hitachi
Japanese Crest of Hitachi no miya.svg
Princes de Mikasa
Japanese Crest of Mikasa no miya.svg
Princes de Takamado
Japanese Crest of Takamado no miya.svg

La rencontre avec son futur époux et le mariage[modifier | modifier le code]

Masako et Naruhito se seraient rencontrés pour la première fois lors d'une réception organisée à la résidence du prince héritier Akihito, le père du jeune homme et futur empereur du Japon, afin de trouver une épouse au prince (déjà âgé de 26 ans). Si Naruhito semble avoir très tôt choisi Masako, celle-ci aurait refusé pendant plusieurs années ses demandes en mariage par crainte de la vie stricte de la cour impériale et par sa volonté d'avoir une vie professionnelle. De son côté, la très conservatrice Agence impériale, qui gère les affaires de la famille régnante, aurait vu d'un mauvais œil cette union, jugeant la promise trop « américaine » et « indépendante ». De plus, le fait que son grand-père, Yutaka Egashira, ait été le dirigeant de la compagnie chimique Chisso restée tristement célèbre pour son implication dans le scandale de pollution au mercure à l'origine de l'épidémie de la maladie de Minamata dans les années 1950 et 1960 semble également avoir posé problème. Quoi qu'il en soit, après avoir été vus plusieurs fois ensemble dans la presse en 1987, Masako et Naruhito semblent interrompre leur relation par la suite, tout du moins publiquement et officiellement. Ainsi, lorsque finalement les médias annoncent leurs fiançailles, l'opinion publique est surprise.

Finalement, Masako accepte la demande en mariage du prince en décembre 1992. Comme le veut la tradition au sein de la famille impériale, l'union se fait en trois étapes : il obtient l'agrément du Conseil de la maison impériale (présidé par le Premier ministre, il comporte notamment des représentants des trois pouvoirs démocratiques, à savoir l'exécutif, le législatif et le judiciaire, des membres de l'Agence impériale et de la famille souveraine) le 19 janvier 1993, puis a lieu la cérémonie traditionnelle des fiançailles (Nosai No Gi) le 12 avril 1993 et celle enfin du mariage le 9 juin suivant. Elle est alors la seconde princesse héritière, et future impératrice, à n'être pas issue de l'aristocratie, après sa belle-mère l'impératrice Michiko[2].

Comme tous les membres de la famille impériale, une plante est choisie pour devenir son emblème personnel (お印, o-shirushi?) : il s'agit du rosier du Japon (ハマナス, Hamanasu?).

Famille et succession[modifier | modifier le code]

En tant qu'épouse de l'héritier du trône, la princesse Masako subit des pressions constantes de la part de l'Agence impériale pour qu'elle enfante d'un héritier. Ce n'est qu'après huit ans de mariage, et suite à une fausse couche en 1999[3], qu'elle donne naissance à son premier, et jusqu'à présent unique enfant, une fille : Son Altesse impériale la princesse impériale Aiko de Toshi (敬宮愛子内親王, Toshi-no-miya Aiko naishinnō?), née le 1er décembre 2001.

Or, la loi de la maison impériale de 1947 exclut les femmes de la succession au trône (et alors que le Japon a déjà connu des impératrices régnantes, mais toujours dans des situations transitoires ou de régences dues à la minorité de l'héritier masculin). La pression de l'Agence impériale sur la princesse impériale ne se relâche pas, le grand intendant de l'Agence déclarant notamment : « J'espère fortement qu'il y aura un autre enfant »[4], et cela même si le gouvernement du réformateur Jun'ichirō Koizumi lance à partir de 2005 des réflexions afin d'amender la loi de 1947 et de permettre l'accession au trône des femmes.

Quoi qu'il en soit, la tension au sein de l'Agence et de la famille impériale concernant cette crise de succession s'ajoutant à sa frustration de n'avoir pas pu continuer sa carrière de diplomate entraîne la princesse dans une grave dépression nerveuse, qui la pousse à ne plus remplir de rôle officiel au côté de son époux et à être totalement absente de la scène publique pendant plus d'un an et demi entre décembre 2003 et juillet 2005[5]. L'état de santé de la princesse pousse même son époux à s'en prendre directement à l'Agence impériale lorsque celle-ci, en mai 2004, refuse, en raison justement de sa fragilité, qu'elle l'accompagne dans un voyage officiel aux Pays-Bas : « La princesse Masako, après avoir abandonné son travail de diplomate pour entrer dans la maison impériale, a été grandement affectée d'apprendre qu'elle n'était pas autorisée à voyager à l'étranger pour un long moment [...] Il y a eu des évènements qui ont été à l'encontre de la carrière et de la personnalité de la princesse Masako »[6]. Cette déclaration vaudra d'ailleurs à Naruhito d'être critiqué par son père et son frère.

La pression sur la princesse se relâche quelque peu lorsque sa belle-sœur, l'épouse du prince Akishino, accouche d'un fils, le prince Hisahito d'Akishino, mettant provisoirement un terme à la crise de succession impériale, le 6 septembre 2006. Si à partir du courant de l'année 2005 elle recommence à faire des apparitions publiques sporadiques, elle ne recommence à remplir des obligations officielles qu'à partir de la visite du prince de Galles Charles et de la duchesse de Cornouailles Camilla au Japon en octobre 2008[7].

Ses ennuis de santé ne l'ont pas empêchée de garder une profonde popularité au sein de la population japonaise qui la considère comme une victime d'une Agence impériale trop conservatrice, et cela même si certains titres de la presse populaire japonaise lui ont reproché au cours de l'année 2008, avant la reprise de ses obligations officielles, de négliger celles-ci afin de s'aménager de nombreuses sorties entre amis ou en famille[8]. À l'heure actuelle, sa seule fonction caritative est la vice-présidence honorifique, détenue par toutes les princesses impériales et certains membres masculins de la famille impériale dont son époux, de la Croix-Rouge japonaise[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]