Mohamed Al-Fayed

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Statue de cire de Mohamed Al-Fayed.

Mohamed Abdel Moneim Fayed ou Mohamed Al-Fayed (en arabe : محمد الفايد), né le 27 janvier 1929 à Bakos (باكوس), un village situé à l'est d'Alexandrie en Égypte, est un homme d'affaires. Il est, entre autres, l'ancien propriétaire du club de football de Premier League londonien, le Fulham Football Club.

Mohamed Al-Fayed est marié à l'ancienne mannequin finlandaise Heini Wathén. Ensemble, ils ont quatre enfants ; Jasmine, Karim, Camilla et Omar. Dodi Al-Fayed, son fils issu d'un premier mariage, est mort dans l'accident de voiture qui tua également Diana Spencer, la princesse de Galles, le 31 août 1997.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts dans les affaires[modifier | modifier le code]

Fils aîné d'un modeste instituteur, Fayed occupe de nombreux emplois, de la vente de Coca-Cola dans les rues de sa cité au travail de vendeur de machines à coudre[1].

En 1954, il se marie à Samira Khashoggi, la sœur d'Adnan Khashoggi, qu'il avait rencontrée sur une plage d'Alexandrie[2]. Ensemble ils auront un fils, Dodi Al-Fayed, né en 1955. Le mariage durera deux ans. Adnan Khashoggi l'emploie dans son affaire d'importation en Arabie saoudite et après s'être largement établi dans les cercles d'influences des Émirats arabes unis, Haïti et Londres, Fayed retourne en Égypte et y fonde sa propre compagnie maritime avant de devenir le conseiller financier de l'un des hommes les plus riche au monde, le Sultan de Brunei, en 1966[1].

En 1974, il arrive en Grande-Bretagne et ajoute le « Al- » à son nom (il sera surnommé « The Phoney Pharaoh », « Le pharaon bidon », par le journal Private Eye). Al-Fayed rejoint brièvement (neuf mois) le conseil d'administration du conglomérat minier Lonrho en 1975[1].

En 1985, il se remarie avec Heini Wathén, sa seconde épouse, avec laquelle il aura 4 enfants.

L'époque Harrods et les scandales financiers[modifier | modifier le code]

En 1979, Fayed achète l'hôtel Ritz, un établissement de luxe parisien, avec son frère Ali.

En 1985, les deux frères rachètent la compagnie House of Fraser, incluant le fameux magasin londonien Harrods, pour 615 millions de £[1]. L'affaire est faite sous le nez de Tiny Rowland, un homme d'affaires londonien alors à la tête de Lonrho. Rowland cherchait alors à acheter Harrods et envoya les Fayed devant le Department of Trade and Industry. L'enquête qui s'ensuivra, impliquant une des pires affaires d'inimitiés dans l'histoire du monde des affaires en Angleterre, s'achève en 1990 par un rapport déclarant que les frères Fayed avaient menti à propos de leurs curriculums et de leurs ressources financières. La querelle avec Rowland se poursuivra quand ce dernier les accusera d'avoir volé des millions en bijoux de son coffre-fort situé à Harrods. Al-Fayed réglera le conflit après la mort de Rowland en versant de l'argent à sa veuve. Fayed, arrêté durant le litige, poursuivra la Metropolitan Police Service en justice en 2002, mais perdra le procès.

En 1994, House of Fraser est mis en bourse, mais Fayed reste propriétaire d'Harrods.

Pendant des années, il tente, sans succès, d'accéder à la citoyenneté britannique. Malgré le fait qu'il ait quatre enfants britanniques et qu'il paye des millions de livres d'impôt en Angleterre, les ministres chargés des affaires intérieures, travaillistes comme conservateurs, rejettent successivement et à plusieurs reprises la candidature au motif qu'il a mauvaise réputation. Il portera l'affaire en justice, sans succès. Dans un effort pour améliorer son image, il offre des millions de livres à des œuvres de charité, tels que le Great Ormond Street Hospital, un hôpital pour enfants[1].

En octobre 1994, Fayed est impliqué dans un scandale politique, le « Cash for questions scandal ». Il révèle à un journaliste du Guardian avoir payé deux membres conservateurs du Parlement, Neil Hamilton et Tim Smith, pour poser des questions pour son compte au parlement, ce que certains observateurs voient comme un « coup monté » établi dans le but d'incriminer les ministres d'un gouvernement qui l'a « maltraité ». Les deux « M.P. » démissionneront du gouvernement.

Il rendra également public le fait que Jonathan Aitken, alors ministre de la défense, avait séjourné gratuitement à Paris au Ritz en même temps qu'un groupe de marchands d'armes Saoudiens. Cette révélation réduira à néant une affaire de diffamation d'Aitken contre le quotidien britannique The Guardian et eut pour résultat la condamnation pour parjure d'Aitken à 18 mois de prison.

La tragédie de son fils et de Diana[modifier | modifier le code]

Le fils de Fayed, Dodi Al-Fayed, alors conjoint de la princesse Diana qui a divorcé exactement un an plus tôt, est tué avec celle-ci dans un accident de voiture à Paris le 31 août 1997.

À partir de février 1998, Mohamed Al-Fayed émet des allégations sur le fait que les décès n'étaient pas accidentels mais plutôt le résultat d'une conspiration impliquant le Prince Philippe, le MI6 et d'autres. Fayed suggérera que des membres de la famille royale, dont le prince Charles, ne supportaient pas la relation très médiatisée de Diana et Dodi. Il évoquera de plus la possibilité que la princesse ait été enceinte d’un enfant de Dodi (elle était déjà la mère du prince William et du prince Henry, tous deux prétendants au trône britannique), bien que leur relation n'ait commencé que peu de temps avant leur mort, et dira qu'ils avaient l'intention d'annoncer publiquement leur fiançailles le 1er septembre, soit le lendemain du drame.

En 1998, il aide à la fondation de The New School at West Heath en hommage à la défunte princesse Diana, contribuant d'environ 3 millions de livre sterling, par l'intermédiaire de sa propre fondation de charité, l'Al-Fayed Charitable Foundation.

En décembre 2000, Al-Fayed retirera de lui-même tous les Royal Warrants attribués historiquement au magasin Harrods[3]. Aucun des membres de la famille royale britannique émetteurs de ces mandats n'a fait d'achat dans le grand magasin depuis la mort de Diana.

Fayed déclarera également être la victime d'une longue campagne de diffamation le liant au groupe terroriste Al-Qaida.

Dernièrement[modifier | modifier le code]

En 2003, Fayed déménage du Surrey au Royaume-Uni en Suisse, alléguant une infraction dans l'accord avec le département britannique chargé de la perception des taxes. En janvier 2005, un journal de Genève démontre que Fayed déménage à nouveau à Monaco pour tirer profit d'un climat fiscal plus favorable. Fayed pense à présent prendre le passeport UAE et arrête de postuler à la citoyenneté britannique.

Fayed possède une fortune estimée entre 800 millions et 3,3 milliards de dollars américains et continue à supporter de nombreuses œuvres de charités à travers Al-Fayed Charitable Foundation. Cependant, il est souvent critiqué parce qu'il n'aide pas les ONG et associations de son pays natal, l'Égypte.

Fulham FC[modifier | modifier le code]

En été 1997, Fayed achète Fulham FC alors en Football League One au président Jimmy Hill. Cette prise de pouvoir a été similaire à celle de Roman Abramovich en 2003 pour le club de Chelsea FC. Il voulait que Fulham devienne une puissance du football pour son plaisir, sa réputation et pour des intérêts financiers également. Il avait également pour objectif d'atteindre la FA Premier League en 5 ans, et installe une équipe de managers idéale composée de Ray Wilkins et Kevin Keegan. Fulham remporte largement le titre de la Football League One (D3) avec un record de 101 points et en 2001 il amena l'entraîneur Jean Tigana aux manettes de l'équipe alors en Coca-Cola Championship (D2).

Fayed déclara qu'il voulait que Fulham devienne le 'Manchester United of the South' en référence à l'accession de Manchester United au statut de meilleur club de la planète. Al-Fayed investit plus de 30 millions de livres dans les transferts, cependant, l'équipe en 2001 termina à la 13e place. Alors qu'au départ, il semblait s'investir humainement pour l'équipe, il gère à présent l'équipe comme une entreprise. De 2003 à 2006, très peu d'argent y a été investi, mais à l'été 2006, Fayed plaça 6 millions de livres dans les transferts, ce qui remotiva les fans.

Propriétaire ou possesseur de parts[modifier | modifier le code]

Présence dans les médias[modifier | modifier le code]

  • Fayed: The Unauthorized Biography par Tom Bower, où Al-Fayed est décrit comme un fantaisiste et un menteur compulsif.
  • Mahmoud El-Masry, un téléfilm de fiction basé sur sa vie, diffusé en novembre 2004 simultanément sur les stations de télévisions par satellite arabophone durant un prime-time dans le mois consacré au Ramadan.
  • Un documentaire pour la télévision fait par Keith Allen, intitulé You're Fayed! (« Vous êtes viré ! », jeu de mots sur « fired » signifiant « renvoyé »), incluant un long interview de l'avis d'Al-Fayed sur la famille royale britannique, la princesse Diana et son mode de vie.
  • Al-Fayed apparaît dans le show populaire Ali G Show dans lequel Ali improvise un rap au sujet d'un vol commis à Harrods, parodiant la chanson Can I Kick It des A Tribe Called Quest en Can I Nick It.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Profile: Mohamed al-Fayed - BBC News, 21 décembre, 1999
  2. (en) Holy war at Harrods - Article de Vanity Fair de septembre 1995, page 8, sur guardianlies.com
  3. (en) Harrods drops royal warrants - BBC News, 27 décembre 2000

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Bower: Fayed - The Unauthorized Biography. Macmillan, Basingstoke 1998 (ISBN 0-3337-4554-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]