Guerre du Roussillon

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Guerre du Roussillon
Informations générales
Date 7 mars 1793 -
22 juillet 1795
Lieu Roussillon, frontière franco-espagnole
Issue Traité de Bâle
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Flag of Royalist France.svg Royalistes français
Commandants
Dugommier
Pérignon
Dagobert
Moncey
Muller
Antonio Ricardos
Louis Firmin de Carvajal
José de Urrutia
Guerres de la Révolution française
Batailles
Le Boulou 1 — Mas Deu — Bellegarde (1re) — Perpignan — Peyrestortes — Trouillas — Fort-Liberté - Toulon — Le Boulou 2 — Les Aldudes — Bastan - Orbaitzeta - Roses - Montagne Noire — Golfe de Rosas

La guerre du Roussillon, aussi dénommée guerre des Pyrénées, guerre de la Convention, guerre franco-espagnole ou guerre du Roussillon et de Catalogne[1] est un conflit qui oppose, de mars 1793 à juillet 1795, l'Espagne, associée au Portugal, et la France révolutionnaire entre 1793 et 1795 (durant la Convention nationale). Ces affrontements correspondent au front pyrénéen oriental du conflit plus général entre la Première Coalition et la France.

Contexte[modifier | modifier le code]

La République française est en guerre depuis avril 1792 contre l'Empire germanique et le Royaume de Prusse. L'Espagne, liée aux Bourbons par le Pacte de famille, adopte une certaine neutralité, difficile à tenir dès lors que la situation de Louis XVI se dégrade. Ce dernier avait d'ailleurs averti Charles IV dès octobre 1789 qu'il n'était plus libre de ses mouvements[2].

Après l'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, Manuel Godoy, l'homme fort du gouvernement espagnol, rompt les relations diplomatiques avec la France (renvoi de l'ambassadeur français Jean-François de Bourgoing) et signe avec la Grande-Bretagne son adhésion à la Première Coalition contre la France, afin de récupérer la partie de la Catalogne (Roussillon, Conflent et Cerdagne), devenue française depuis le traité des Pyrénées en 1659.

Historique[modifier | modifier le code]

Manuel Godoy, gravure de A. L. J de Laborde in Viaje histórico y pintoresco de España.

Bien que la République française se mobilise la première et attaque l'Espagne le 7 mars à travers la frontière catalane, le capitaine général de Catalogne, le général Antonio Ricardos, à la tête de l'armée qui s'était préparée à envahir les territoires catalans perdus par la monarchie hispanique plus d'un siècle auparavant, le Roussillon, dirige la contre-attaque.
Tandis qu'une flotte anglo-espagnole opère à Toulon en soutien aux royalistes, les 25 000 hommes de l'armée de Ricardos envahissent le Roussillon le 17 avril à Saint-Laurent-de-Cerdans (Sant Llorenç de Cerdans en catalan).
Après avoir occupé diverses localités frontalières, le 18 mai 1793, elle vainc le lendemain l'armée française dirigée par le général Luc Siméon Auguste Dagobert à la bataille de Mas Deu.
Elle se heurte à la défense de Dagobert à Perpignan du 15 au 17 juillet.
Jusqu'en septembre elle prend toutes les zones fortifiées de la zone frontalière ainsi que les localités de la vallée du Tech : Banyuls-dels-Aspres, Céret, Arles-sur-Tech, etc.

Battu à Peyrestortes le 17 septembre, le général Ricardos prend une revanche éclatante lors de la bataille de Trouillas le 22 septembre. Au cours de celle-ci il reçoit des renforts envoyés par les Comtes d'Osuna et de l'Union ainsi que des troupes portugaises et l'appui de l'escadre anglo-espagnole qui croise le long des côtes méditerranéennes. Les pertes infligées à l'armée française furent d'environ 3 000 morts, blessés ou prisonniers.

Cependant, le général Ricardos, faute de ravitaillement, doit se retirer, avec près de 20 000 hommes et 106 pièces d'artillerie. En dépit de ses difficultés, il bat à nouveau les troupes républicaines dans les Aspres et conquiert les localités de Port-Vendres et Collioure ainsi que le Fort Saint-Elme, dominant ainsi toute la côte roussillonnaise.

Mais le manque de moyens et un soulèvement massif en France change le cours de la guerre.
Le général Ricardos, de retour à Madrid pour aller chercher du soutien, meurt le 13 mars 1794, victime d'une pneumonie.
Il est remplacé brièvement par le général Las Amarillas, puis définitivement par le comte de L'Union. Durant les campagnes de 1794 et 1795, les troupes françaises, dirigées par le général Dugommier, après avoir vaincu les Espagnols du Roussillon au cours des batailles du Tech (28 avril 1794), des Albères (30 avril) et du Boulou le 1er mai 1794, pénètrent en Espagne (en Catalogne, au Pays basque et en Navarre), arrivant jusqu'à Miranda de Ebro.

Paniqué et vu que la France était plus forte qu'il voudrait, Manuel Godoy signe de façon séparée la paix de Bâle (22 juillet 1795).
En échange de l'arrêt des hostilités, l'Espagne reconnaît la République française, elle cède à la France deux tiers de l'ouest de l'île d'Hispaniola (aujourd'jui Haïti) en échange de la reincorporation du Guipuzcoa a la couronne espagnole, et les relations commerciales sont normalisées.
Pour la signature de ce traité Manuel Godoy reçut le titre de « prince de la Paix » (Príncipe de la Paz).

Divers[modifier | modifier le code]

Pour le triomphe de la bataille de Trouillas, la veuve du général Ricardos reçut le titre de Comtesse de Trouillas.
La victoire française au Boulou est inscrite parmi les batailles victorieuses livrées par l'armée française sur le pilier Ouest de l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la guerre entre la France et l'Espagne pendant les années de la Révolution Française par Louis de Marcillac
  2. Joseph Pérez, Histoire de l'Espagne, Fayard 1996, p.485

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Fervel, Joseph Napoléon 1811-1877, Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées orientales. 1793-1794-1795, Paris, Dumaine,‎ 1851-1853, 710 p. (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Darnaud, Notice que prit le département de l'Ariège à la guerre de la République française contre le roi d'Espagne, Éditions Lacour, Nimes, 2004