Cent-Suisses

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En 1497, le roi Charles VIII créait la compagnie des Cent-Suisses de la garde. Il s'agissait de la première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, corps de parade plutôt que militaire. Quand les mercenaires suisses apprennent que le roi Charles VIII prépare une expédition contre Naples, ils se précipitent en masse pour être recrutés. À la fin de l'année 1494, ils sont présents par milliers à Rome, de passage, avec l'armée française qui occupera Naples au mois de février suivant. En 1495, le roi a sa vie sauvée grâce à la fermeté inébranlable de ses fantassins suisses. En 1496, le roi Charles VIII crée les Cent-Suisses, la Compagnie des Cent Gardes Suisses du corps du Roi[1]. Cette première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger, fait partie de la maison militaire du roi de France. Charles VIII a l'ambition d'avoir une garde nombreuse, mais malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent-Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royale[2]. Les Cent-Suisses comptent 127 hommes. Louis de Menthon en est le premier commandant en 1496, avec le titre de capitaine surintendant[3]. Il faisait partie de la maison militaire du roi.

Le corps est supprimé en 1792 par l'Assemblée nationale, rétabli en 1814 par Louis XVIII et subsiste jusqu'en 1830.

Lors de la bataille de Pavie (1525) les Cent-Suisses sont décimés.

Les Cent-Suisses servirent de modèle à la création en 1579 d'une unité comparable au service de la Savoie puis du royaume de Piémont-Sardaigne, dissoute en 1798. On trouvait encore des Cent-Suisses en Toscane, en Autriche (1745]), ou en Brandebourg (1696-1713). La Garde suisse pontificale, créée en 1506, fait partie de cette tradition.

La devise inscrite sur la croix blanche : ea est fiducia gentis (telle est la fidélité de cette Nation).

Il existe une "Marche des Cents-Suisses" que nous devons à Charles-Henri Bovet (1943- ).

Organisation[modifier | modifier le code]

La garde était commandée par un capitaine suisse avec deux lieutenants sous ses ordres (un Suisse et un Français). Lors du sacre, le capitaine et ses officiers étaient vêtus de satin blanc avec de la toile d'argent dans les entaillures, les soldats portaient des casques de velours. La milice jouissait des mêmes privilèges que les sujets nés dans le royaume, dont l'exemption d'imposition pour le garde et sa famille, même en cas de décès[4]. Ils avaient le droit d'être jugés selon la jurisprudence de leur pays d'origine et la Maison du Roi comportait donc un tribunal des Cent-Suisses[5].

Lors des parades, la milice avec 100 hommes se présentait comme suit :

  • le capitaine
  • les deux lieutenants
  • le premier sergent
  • quatre trabans (hallebardiers) pour la défense du capitaine
  • les caporaux
  • les anspessades (grade inférieur au caporal)
  • les tambours
  • les mousquetaires
  • deux trabans pour la défense de l'enseigne
  • deux tambours
  • l'enseigne
  • les piquiers
  • les mousquetaires de la seconde marche
  • les sous-lieutenants à la fin de la compagnie
  • des sergents sur les côtés

Colonels généraux des Cent-Suisses et Grisons[modifier | modifier le code]

Capitaines[modifier | modifier le code]

Les capitaines étaient les commandants effectifs du corps :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Sabretache, La maison du roi sous la Régence, J.F. Lyot, p.1.
  2. Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des ..., par William Duckett, p.140.
  3. Rodolphe de Castella de Delley, I. Les colonels généraux des suisses et grisons. II. Les Cent-Suisses de la garde du Roi (1481-1792) devenus gardes à pied ordinaires du corps du Roi (1814-1830), p. 13 et Général Michel Hanotaux, Fastes militaires, la compagnie des Cent-Suisses de la garde ordinaire du corps du roy
  4. Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, Diderot, d'Alembert, 1751 — 1772
  5. Notice sur les archives du tribunal dans la Salle des inventaires virtuelle des Archives nationales