Jean Rolin (cardinal)

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Jean Rollin
Image illustrative de l'article Jean Rolin (cardinal)
Figuration dans la partie droite
du tableau de La Nativité au cardinal Rolin
Biographie
Naissance 1408
à Autun Ancient Flag of Burgundy.svg Duché de Bourgogne
Décès 1er juillet 1483
Cravant Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
20 décembre 1448 par
Nicolas V
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Santo Stefano al Monte Celio
Évêque de l’Église catholique
Évêque d'Autun
20 août 143622 juin 1483
Précédent Frédéric de Grancey Antoine Ier de Chalon Suivant
Évêque de Chalon-sur-Saône
7 septembre 143120 août 1436
Précédent Hugue d’Orges Jean Germain Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Ecu-cardinal Jean Rolin.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean (Jehan) V Rollin, ou Rolin dit cardinal Rolin, né à Autun en 1408 et mort le 1er juillet 1483 à Cravant, est un évêque et cardinal bourguignon puis français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Nicolas Rolin et de Marie des Landes et le filleul du Duc Jean Ier de Bourgogne dit Jean sans-Peur. Jean Rolin fut d'abord Archidiacre de l'église d'Autun, puis confesseur du Dauphin, devenu depuis le roi Louis XI,évêque de Chalon-sur-Saône le 29 mai 1431, évêque d'Autun le 20 août 1436. A force de manœuvres, il dépouille l'abbé Jean Petitjean de l'abbaye Saint-Martin d'Autun et en devient le premier abbé commendataire en 1442. Il est créé cardinal par le pape Nicolas V le 20 décembre 1448 au titre in Coelis-Monte. Abbé de l'abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon, de l'Abbaye Saint-Étienne de Dijon, de l'Abbaye Saint-Michel d'Anvers, et l'Abbaye Notre-Dame de Goaille, Premier abbé commendataire de l'Abbaye de Balerne[2]. Il fonde la chapelle Saint-Vincent à la cathédrale Saint-Lazare d'Autun (1442) et la chapelle Saint-Léger à la collégiale Notre-Dame de Beaune, en 1459. Il est également abbé de l'Abbaye Saint-Jean-L'Évangéliste de Bard-le-Régulier, et prieur du Prieuré Notre-Dame de l'Assomption d'Anzy-le-Duc[3]

Il hérita de son père du goût du lucre et de l'âpreté au gain, sa politique épiscopale fut entachée de bisbilles avec sa famille. Il eut une liaison avec une femme nommée Alexie Renier, qui lui donna deux enfants : Pierre, protonotaire apostolique, Prieur de Bar-le-Régulier, chanoine et archidiacre d'Autun, légitimé par Philippe-le-Bon en 1464; Blaise, également protonotaire apostolique[4], et de Jeanne de Gouy : Sébastien né vers 1450, qui fut seigneur de Chaseul, Brion et Laisy et épousa Louise de La Marche (alias Montjeu), dame de Montreuil-en-Bresse qui lui donna Jeanne, et Barbe, née avant 1475, épouse de Philibert Le Bourgoing le 20 juillet 1521. De sa liaison avec une religieuse d'Avignon, Raymonde de Roucy (ou Roussy), il eut un fils bâtard Jean VI Rolin, légitimé par le roi en 1485, et qui deviendra évêque d'Autun et décédera en 1501.

Il fut peu présent à Autun, plus souvent à Rome où il ne participa à aucun conclave, toujours à l'affût de subsides. Jusqu'à la chute de la Bourgogne, il fut anti-français. Malgré cela il fut le confesseur du dauphin et de Louis XI. Celui-ci, bien au courant de ses prévarications, lui retira les revenus de la collégiale Notre-Dame de Beaune. Le 9 juillet 1460, le roi Charles VII est obligé d'envoyer des lettres afin d'empêcher que le cardinal Rolin ne puisse citer en cours de Rome l'abbé et le couvent de Saint-Martin, conformément aux décrets de Bâle et de la Pragmatique sanction, cela à cause du prieuré d'Anzy-le-Duc[5]. Il fit revivre le privilège du pallium en le demandant au Pape Nicolas V qui lui envoya en 1448, après une enquête concluante. Il fit un voyage à Rome en 1452, et obtint par une bulle de réserve, les abbayes de Saint-Martin d'Autun, Saint-Michel d'Anvers, Notre-Dame de Goaille et Saint-Étienne de Dijon[6]

Il fit restaurer la cathédrale Saint-Nazaire d'Autun (disparue) brûlée par la foudre, et fit bâtir la flèche de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun en 1469. Il est un des protecteurs du Maître de Moulins (Jean Hey ?) dont le tableau La Nativité au cardinal Rolin est visible à Autun au musée Rolin. Il est aussi le commanditaire de plusieurs manuscrits enluminés dont trois commandés à un maître anonyme appelé le Maître de Jean Rolin.

Armoiries[modifier | modifier le code]

" D'azur à 3 clefs d'or en pal (alias:posées 2 & 1; alias:2 en chef & 1 en pointe "

Devise

" Deum time" ("Crains Dieu")

Titres, fonctions[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

  • 1421 - Curé de Saint-Quiriace de Provins
  • 1422 - Chanoine de Besançon
  • 1426 - Chanoine de Saint-Gery de Cambrai et d'Autun
  • 1427 - Archidiacre d'Autun
  • 1428 - Docteur en Droit civil, Université de Bologne
  • 1428 après - Bachelier et licencié en décret, Université de Paris
  • 1429 après - Louvain
  • 1430 - Prébende à Langres
  • 1431 - Protonotaire apostolique
  • 1431 - Prieur de l'Abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon [7]-[8]

Source[modifier | modifier le code]

  • Archives Départementales de la Côte-d'Or, B 11195 & 11196 concerne la légitimation de ses enfants, G 147
  • Archives Départementales de Saône-et-Loire, G 544/1; 2 G 52, 54, 59, 5 G 68, 1452, 1477, 1478
  • Obituaires de la province de Sens, t.I, pp. 500, 729, 848.
  • Missel à l'usage d'Autun,(1448-1462), BM d'Autun, Ms 0110, folio 009
  • Denis Grivot, Autun, Lyon, 1967, p74 à 77.
  • Base Roglo, Héraldique & Généalogie
  • Étienne Pattou

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • La Nativité au Cardinal Rolin, hsb, 1480, (musée Rolin à Autun)
  • sculpture en pied par Claus de Werve, vers 1432-1436 (musée Rolin à Autun)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Boullemier et J. d'Arbaumont, « Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne. Notice historique sur sa famille », dans Revue nobiliaire, 1865, t.III, p.53.
  • S. Cassagne-Brouquet, 'Le cardinal Rolin, un mécénat fastueux ( Hommes d'Église et pouvoirs à l'époque bourguignonne XIVe et XVe siècles, Publication du Centre européen d'études bourguignonnes, 1998, n°38, pp.165-185.
  • A. de Charnasse, « Notes sur l'inventaire des livres liturgiques données à l'église Notre-Dame d'Autun par Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne », dans Mémoires de la Société éduenne, 1909, t.XXXIII, p.286.
  • A. Delanne, Un des fils de Nicolas Rolin, chanoine de Langres, Congrès de l'association bourguignonne des sociétés savantes, Beaune, 1932, t.IX, p.51-52
  • Philippe Gagnard, Histoire de l'Église d'Autun, 1776, n°76, pp.167 et suivantes.
  • Gallia Christiana, t.IV, col. 419-420.

Liens externes[modifier | modifier le code]

[1] Gallia christiana, tome IV, p.419-420

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fasti Ecclesiae Gallicanae, diocèse d'Autun
  2. Abbé Hugues du Tems, op,cit.
  3. Hippolyte Abord, Histoire de la Réforme et de la Ligue dans la ville d'Autun, éd. Dumoulin, Paris 1855; Dejussieu à Autun.
  4. Etienne Pattou, Maison de Rollin, p. 3.
  5. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, charte CLIV.
  6. Abbé Hugues Du Tems, Le Clergé de France..., Paris, chez Brunet, 1775, t.4, p.447-448
  7. Fasti Ecclesiae Gallicanae
  8. Bibliothèque Municipale de Chalon, Charte d'affranchissement des habitants de Saint-Marcel, parchemin du 3 août 1462 cote 205/1-2-3