André Spire

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André Spire en 1927

André Spire, né à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 28 juillet 1868 et mort à Paris le 29 juillet 1966, est un écrivain et poète français, militant sioniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille juive aisée, il fait des études de lettres, puis de droit. Il entre à l'École libre des sciences politiques, puis sur concours, au Conseil d'État (1894). Quelques mois plus tard éclate l'affaire Dreyfus. Spire se bat en duel avec un polémiste de la Libre Parole (journal nationaliste et antisémite dirigé par Édouard Drumont) qui s'était, à tort, indigné du nombre de Juifs nommés au Conseil d'État, or ils y entrent sur concours, au mérite, non à la faveur. Spire est blessé au bras.

En 1896, il fonde avec un collègue catholique une société philanthropique, la Société des Visiteurs, chargée d'aider les ouvriers chômeurs, malades ou accidentés. Peu de temps après, il prend part aux activités de la Coopération des Idées, y rencontre Daniel Halévy, avec lequel il se lie d'amitié et fonde une université populaire. Parallèlement, il quitte le Conseil d'État pour entrer au ministère du Travail, puis rejoint le cabinet de Jean Dupuy, ministre de l'Agriculture du ministère Waldeck-Rousseau.

Il se lie avec Charles Péguy qui publiera son Et vous riez ! dans les Cahiers de la quinzaine (1905, poèmes qui font écho à un certain désenchantement dans son action ouvrière. En 1902, il part à Londres avec une mission de l'Office du Travail pour enquêter sur la condition ouvrière outre-Manche. Il y découvre le quartier des immigrants juifs de l'East End, le quartier de Whitechapel. En 1904, il éprouve un choc en lisant ’Chad Gadya d’Israel Zangwill dans les Cahiers de la Quinzaine : c'est le récit d'un jeune Juif vénitien, issu d'une famille traditionnelle, attiré par le monde extérieur. Ne trouvant plus sa place dans aucun des deux mondes, il finit par se suicider. Spire s'engage dans la cause sioniste et rejoint le mouvement territorialiste, la Jewish Territorial Organisation fondée par Zangwill après la mort de Théodore Herzl et publie de nombreux articles militant pour un foyer juif.

Pendant la Première Guerre mondiale, non mobilisable, il doit reprendre l'usine familiale. Il est également chargé par le Ministère de l'Agriculture de réfléchir à la reconstruction. Parallèlement, il continue à écrire, d'une part de la poésie (Et j'ai voulu la paix, 1916) et d'autre part une étude sur Les Juifs et la guerre, qui paraît en 1917. Au sortir de la guerre, il fonde la Ligue des Amis du Sionisme puis crée la revue Palestine Nouvelle et passe du Territorialisme au Sionisme classique. En 1920, à l'invitation du Dr Chaim Weizmann, Spire l'accompagne en Palestine.

En 1940, il doit s'exiler aux États-Unis, où il fut invité à enseigner la littérature française à la New School for Social Research et à l'École libre des hautes études de New York. Très actif, il participe à de nombreux colloques et termine son ouvrage, désormais classique, Plaisir poétique et plaisir musculaire, essai sur l'évolution des techniques poétiques (José Corti 1949, rééd. 1986). Après la guerre, il rentre en France. Il meurt à Paris à l'âge de 98 ans.

Les funérailles d'André Spire sont conduites par le rabbin David Feuerwerker. La famille a demandé que Atara Marmor, la fille aînée du rabbin, amie de Marie-Brunette Spire, la fille d'André Spire, soit présente lors de l'enterrement privé. De la terre d'Israël est mise dans le cercueil du doyen des poètes français.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Poésie
  • La Cité présente, Ollendorf, 1903
  • Et vous riez !, Cahiers de la quinzaine, 1905
  • Versets (Et vous riez - Poèmes juifs), Mercure de France, 1909
  • J'ai trois robes distinguées, Moulins, Cahiers du Centre, 1910
  • Vers les routes absurdes, Mercure de France, 1911
  • Et j'ai voulu la paix !, Londres, The Egoist, 1916
  • Poèmes juifs, Genève, Kundig, 1919
  • Le Secret, Nouvelle Revue Française, 1919. (Traduction en espagnol par Águeda García Garrido. Dans Nayagua : Revista de poesía de la Fundación José Hierro, Madrid, n°18, enero 2013, segunda época: especial dossier José Hierro, p. 159-173. ISSN: 1889-206X.) 
  • Samaël, poème dramatique, Crès, 1921
  • Poèmes de Loire, Grasset, 1929
  • Instants, Bruxelles, Cahiers du Journal des Poètes, 19
  • Poèmes d'ici et de là-bas, New York, The Dryden Press, 1944
  • Poèmes d'hier et d'aujourd'hui, José Corti, 1953
  • Poèmes juifs, Albin Michel, 1959 ; rééd. 1978
  • Mots et notes, Cahier n°2 de Peut-être, 2012
Prose
  • Israel Zangwill, Cahiers de la quinzaine, 1909
  • Quelques Juifs, Mercure de France, 1913
  • Les Juifs et la guerre, Payot, 1917
  • Le Sionisme, 1918
  • Fournisseurs, Éditions du Monde Nouveau, 1923
  • Henri Franck, lettres à quelques amis, Grasset, 1925
  • Refuges, avec neuf bois gravés de Maurice Savin, Éditions de la Belle Page, 1926
  • Quelques Juifs et demi-Juifs, 2t., Grasset 1928
  • Plaisir poétique et plaisir musculaire, Vanni-José Corti, 1949 ; rééd. José Corti 1986
  • Souvenirs à bâtons rompus, Albin Michel, 1962

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Jamati, André Spire, Seghers, 1962
  • André Duclos, Un homme différent, in Europe, n° 467, mars 1968

Liens externes[modifier | modifier le code]