Paul Grenier (général)

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Paul Grenier
Le général Grenier.
Le général Grenier.

Naissance 29 janvier 1768
Sarrelouis
Décès 17 avril 1827 (à 59 ans)
Dammartin-Marpain, Jura
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17841818
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Distinctions Comte de l'Empire
Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de Saint-Louis
Commandant de l'ordre de la Couronne de fer
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 14e colonne
Autres fonctions Député de la Moselle

Paul Grenier, né le 29 janvier 1768 à Sarrelouis et mort le 17 avril 1827 au château de Montrambert à Marpain et Montrambert (actuelle commune de Dammartin-Marpain), est un général de la Révolution française et de l’Empire. Il débute sa carrière en 1784, en s'engageant au régiment de Nassau comme simple soldat. Pendant les guerres de la Révolution française, il se distingue aux batailles de Valmy, Jemmapes et Fleurus, avant d'être promu général de division en octobre 1794. L'année suivante, il obtient un commandement dans l'armée de Sambre-et-Meuse et combat contre les Autrichiens en Allemagne jusqu'en 1797. Il passe en Bavière en 1800 sous les ordres du général Moreau, puis est nommé gouverneur de Mantoue en 1805. Napoléon Ier le récompense en le faisant comte de l'Empire.

En 1809, au cours des guerres napoléoniennes, l'Empereur confie au général Grenier le commandement d'une division de l'armée d'Italie. Très bon tacticien, il contribue à la victoire de la Piave et bat les Autrichiens à Sankt Michael, le 25 mai 1809. Il reste en Italie jusqu'à la fin de l'année 1812, date à laquelle il rejoint la Grande Armée et prend part à la campagne d'Allemagne. Cependant, à l'armistice de Pleiswitz, Grenier regagne l'Italie avec le prince Eugène, et affronte à nouveau les forces autrichiennes du feld-maréchal de Bellegarde. Le général remporte plusieurs succès et prend part à la bataille du Mincio, au mois de février. Il est membre du gouvernement provisoire lors des Cent-Jours, mais prend sa retraite à la Seconde Restauration et meurt le 19 avril 1827, à l'âge de 59 ans. Son nom est inscrit sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Carrière sous l'Ancien Régime et les guerres de la Révolution[modifier | modifier le code]

Un général, sabre haut sur son cheval cabré, au milieu de ses troupes sur un champ de bataille.
Le général Jourdan à la bataille de Fleurus, 26 juin 1794. Peinture de Jean-Baptiste Mauzaisse, château de Versailles.

Paul Grenier naît le 29 janvier 1768 à Sarrelouis, dans la Sarre. Son père est huissier au bailliage de la ville. Le 21 décembre 1784, il entre comme simple soldat dans le régiment de Nassau[1].

Il poursuit sa carrière dans l'armée pendant la Révolution française et combat à la bataille de Valmy, où il est fait capitaine. Il se distingue ensuite à Jemappes, le 6 novembre 1792, ce qui lui vaut d'être promu adjudant-général[1]. Son avancement est rapide, et le 29 avril 1794, il est nommé général de brigade[1]. Grenier passe ensuite dans la division Championnet, au sein de laquelle il participe à la bataille de Fleurus ; sa brigade comprend alors la 18e demi-brigade et le 1er régiment de dragons[2]. En récompense de ses services, le Directoire l'élève au rang de général de division au mois d'octobre[1]. En 1795, l'armée française franchit le Rhin début septembre pour attaquer les Autrichiens, et Grenier dirige la traversée du fleuve par l'avant-garde. La division Grenier prend également part aux opérations militaires de 1796, en particulier à Würzburg le 3 septembre. Elle aligne à cette époque trois bataillons de la 20e légère ainsi que des 16e, 23e et 67e demi-brigades de ligne ; la cavalerie se compose des 1er et 2e dragons et du 6e chasseurs à cheval ; quant à l'artillerie, elle dispose d'une compagnie à pied et d'une compagnie à cheval[3]. Ces troupes sont engagées à la bataille de Neuwied, le 18 avril 1797, à la suite de laquelle le général Grenier est félicité pour son comportement[1].

En 1799, Grenier est envoyé à l'armée d'Italie dans le cadre des guerres de la Deuxième Coalition. Sa division lutte lors des batailles de Vérone, Magnano et Cassano. Les troupes sous les ordres de Grenier comprennent trois bataillons des 17e, 24e et 106e demi-brigades de ligne, un bataillon de la 1re légion polonaise et de la 2e légion suisse, 450 cavaliers et une compagnie d'artillerie à pied[4]. Quelques temps plus tard, il est affecté à l'armée des Alpes, commandée par Championnet. Le 16 septembre 1799, la division Grenier, forte de 8 000 hommes, bat les 5 000 soldats autrichiens du général von Gottesheim à Fossano ; au prix de 200 tués ou blessés, les Français infligent 300 victimes à leurs adversaires et font 700 prisonniers[5]. Un mois après, le 31 octobre, Grenier se heurte avec 7 000 hommes aux forces du général Melas à Centallo : cette fois-ci, il est mis en déroute, laissant un millier de soldats et quatre canons sur le champ de bataille[6].

En 1800, il passe à l'armée d'Allemagne et sert à la bataille d'Höchstädt, les 18 et 19 juin[1]. Après que la trêve estivale entre Français et Autrichiens ait pris fin en novembre, Moreau place Grenier à la tête des trois divisions de l'aile gauche. Le 1er décembre, alors qu'il dirige l'arrière-garde, il est attaqué à Ampfing par l'archiduc Jean ; l'affrontement dure plusieurs heures et coûte 3 000 hommes aux Autrichiens, mais en infériorité numérique, Grenier ordonne la retraite[7]. L'historien James Arnold écrit que « Grenier possédait une connaissance incomparable des évolutions tactiques les plus difficiles. »[8]. Deux jours plus tard, il supervise le commandement des divisions Ney, Bastoul et Legrand à la bataille de Hohenlinden, qui se termine par une victoire décisive de Moreau[9]. Cette défaite et les succès de Napoléon en Italie contraignent les Autrichiens à signer le traité de Lunéville, le 9 février 1801. Le général Grenier est fait, à cette date, inspecteur général de l'infanterie[1].

Général de l'Empire[modifier | modifier le code]

Guerres d'Italie et d'Autriche, 1805-1809[modifier | modifier le code]

Paul Grenier. Illustration pour l’Album du Centenaire.
Napoléon sur son cheval, de profil, entouré de son état-major, observant le champ de bataille lorgnette à la main.
Napoléon à la bataille de Wagram, le 6 juillet 1809. Huile sur toile d'Horace Vernet, 1836, château de Versailles.

Sous le Premier Empire, le général Grenier devient gouverneur de Mantoue, en Lombardie. Napoléon Ier l'anoblit en le faisant comte de l'Empire[1].

Au début de la campagne d'Autriche de 1809, Grenier prend le commandement d'une division d'infanterie à l'armée française d'Italie, sous les ordres d'Eugène de Beauharnais[10]. En face d'eux, les troupes autrichiennes de l'archiduc Jean prennent l'offensive et affrontent Eugène à Sacile, les 15 et 16 avril. La division Grenier, placée au centre du dispositif français, occupe Fontanafredda avec la division Barbou[11]. Les combats sur le flanc droit tournant à l'avantage d'Eugène, celui-ci ordonne à Grenier de gagner Porcia afin de soutenir les Italiens du général Seras en difficulté. Cependant, le 9e corps autrichien se dirige sur le centre et s'en prend à Broussier et Sahuc, tandis que la brigade Gajoli assaille le village de Ronche et prend de flanc la division Grenier[12]. La situation des Français est critique. Grenier ramène rapidement ses troupes sur le centre et fait sa jonction avec Broussier et Sahuc ; il prive toutefois de son soutien le flanc droit qui recule[13]. Porcia et Palse tombent aux mains des Autrichiens, ce qui contraint Eugène à battre en retraite.

Le vice-roi réorganise ses forces, et le 8 mai, se heurte de nouveau à l'archiduc Jean sur les bords du fleuve Piave. Grenier, sur l'aile droite, occupe le village de San Nichol avec la cavalerie de Grouchy[14]. Il a sous ses ordres deux divisions d'infanterie fortes de 16 800 hommes[15]. Les Français, supérieurs en nombre, assaillent les lignes autrichiennes : alors que le prince Eugène dirige les opérations au centre et à gauche, le général Grenier lance la division Abbé sur Cimadolmo et repousse la brigade Kalnassy[16]. Cette dernière se replie alors sur Tezze et résiste aux assauts de Grenier jusqu'à la tombée de la nuit[16]. Entre temps, l'armée autrichienne s'est retirée, vaincue, et les Franco-Italiens se lancent à sa poursuite. Quelques jours plus tard, à Tarvisio, les divisions Durutte et Pacthod, du corps de Grenier, s'emparent du fort de Malborghetto après trente minutes de combat, infligeant 400 victimes aux défenseurs[17]. Fort de ce succès, Grenier engage les troupes de Gyulai et les oblige à se replier, avec l'aide des Italiens de Fontanelli[18]. La poursuite française reprend. Le 25 mai 1809, à Sankt Michael, Grenier intercepte la division Jellacic ; renforcé par Durutte, le général, faisant preuve à cette occasion d'un grand sens tactique[19], écrase les Autrichiens qui laissent 6 500 hommes sur le terrain, contre seulement 670 Français[20]. Les restes de la division Jellacic rejoignent le gros de l'armée de l'archiduc Jean, qui est rattrapé le 14 juin à la bataille de Raab. Les colonnes françaises font reculer les Autrichiens dans un premier temps, mais une contre-attaque de la brigade Gajoli sème la panique chez les fantassins de Grenier et Baraguey d'Hilliers, qui repassent le ruisseau Pándzsa en désordre[21]. L'intervention de la cavalerie de Grouchy, puis des divisions Pacthod et Lechi, décide cependant de la victoire française. Ce succès permet au prince Eugène de faire sa jonction avec la Grande Armée de Napoléon, peu avant la bataille de Wagram. Grenier y participe à la tête de trois divisions d'infanterie[22]. L'Empereur le récompense en le faisant grand-croix de la Légion d'honneur[1].

L'historien britannique Frederick Schneid considère que les compétences militaires du général Grenier sont supérieures à celle d'Auguste Marmont et d'Étienne Macdonald, nommés maréchaux d'Empire en 1809. Il écrit que les chefs de corps d'Eugène

« étaient parmi les meilleurs généraux de l'Empire. Des trois généraux promus maréchal de France en 1809, deux participèrent à la campagne d'Italie. Le meilleur d'entre eux, cependant, n'était pas l'un des deux, mais le général Paul Grenier[23]. »

Commandement en Allemagne et en Italie, 1810-1814[modifier | modifier le code]

Des généraux et des officiers autrichiens à cheval, avec des soldats au second plan et une scène de bataille à l'arrière plan.
Le feld-maréchal de Bellegarde et son état-major à la bataille du Mincio, 8 février 1814. Huile sur toile d'Albrecht Adam, 1815, Nassau County Museum of Art, New York.

En 1810, il commande en chef le corps d'armée d'Italie méridionale[1]. En 1812, il organise la 35e division d'infanterie et protège la retraite du prince Eugène, après la campagne de Russie[1]. Grenier sert ensuite sous Eugène en Allemagne, et est blessé à lors des combats de Möckern le 5 avril 1813[24]. Après l'armistice de Pleiswitz, Eugène et Grenier retournent en Italie pour préparer l'armée italienne à la guerre contre l'Autriche. Frederick Schneid note que Grenier était « peut-être le meilleur commandant en Italie » à ce moment[25]. Il est désigné à la tête du 1er corps[25], avec lequel il bat les forces autrichiennes de Hiller près de Villach, au mois d'août. Peu après, le 6 septembre, alors que Hiller établit une tête de pont sur les bords de la rivière Drave à Feistritz, Grenier l'attaque et le défait à nouveau[26]. La situation stratégique des Franco-Italiens ne s'en détériore pas moins rapidement, et Eugène se retire vers l'Adige d'octobre à novembre. Entre temps, Grenier vainc la colonne du général von Eckhardt à Bassano le 31 octobre, forçant les Autrichiens à fuir dans les montagnes[27]. Le 1er corps participe également, au sein de l'armée d'Eugène, à la bataille du Mincio le 8 février 1814. Grenier remporte encore un succès sur un contingent autrichien à Parme, le 2 mars 1814[28]. Les hostilités prennent fin à la mi-avril à la nouvelle de l'abdication de Napoléon, et le général Grenier est alors chargé de l'évacuation de l'Italie par les troupes françaises[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Pendant les Cent-Jours, le département de la Moselle l'envoie à la Chambre, avant qu'il ne soit nommé membre du gouvernement provisoire[1]. Il quitte le service actif à la seconde Restauration et est de nouveau député en 1818. Il meurt le 17 avril 1827 dans son château de Montrambert, à Dammartin-Marpain, à l'âge de 59 ans[1]. Son nom est inscrit sur le côté Est de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Mullié 1852, p. 23.
  2. Smith 1998, p. 86.
  3. Smith 1998, p. 121.
  4. Smith 1998, p. 149-152.
  5. Smith 1998, p. 165.
  6. Smith 1998, p. 172.
  7. Arnold 2005, p. 217-219.
  8. Arnold 2005, p. 219.
  9. Arnold 2005, p. 274.
  10. Bowden et Tarbox 1980, p. 101.
  11. Schneid 2002, p. 72.
  12. Schneid 2002, p. 73 et 74.
  13. Schneid 2002, p. 74.
  14. Schneid 2002, p. 80.
  15. Bowden et Tarbox 1980, p. 110-112.
  16. a et b Schneid 2002, p. 82.
  17. Smith 1998, p. 304 et 305.
  18. Epstein 1994, p. 123.
  19. Schneid 2002, p. 87.
  20. Smith 1998, p. 312.
  21. Bowden et Tarbox 1980, p. 97.
  22. Bowden et Tarbox 1980, p. 148.
  23. Schneid 2002, p. 61.
  24. Smith 1998, p. 413.
  25. a et b Schneid 2002, p. 111.
  26. Schneid 2002, p. 118.
  27. Schneid 2002, p. 123.
  28. Smith 1998, p. 506.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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