Peine de mort à Singapour

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La peine de mort constitue le châtiment suprême à Singapour, qui l'utilise couramment, par pendaison. Les exécutions ont lieu traditionnellement le vendredi matin.

Avec 5,3 millions d'habitants, Singapour a le taux d'exécution capitale par habitant le plus élevé au monde avec environ quatre cent vingt détenus pendus entre 1991 et 2004, selon Amnesty International[1].

Crimes capitaux[modifier | modifier le code]

  • Meurtre ;
  • Tentative de meurtre par un condamné à la prison à perpétuité ;
  • Parjure ayant entraîné l'exécution d'un innocent ;
  • Provocation au suicide d'un mineur ou d'une personne vulnérable ;
  • Atteintes à la personne du président de la République (trahison) ;
  • Mutinerie ;
  • Piraterie dangereuse pour la vie humaine ;
  • Faire la guerre ; tenter de faire la guerre ou comploter en vue de faire la guerre au gouvernement de Singapour
  • Enlèvement ou abus sexuel en relation avec un meurtre ;
  • Vol en bande organisée suivi de mort ;
  • Possession de drogue (dans le cas d’une détention de plus de 500g de cannabis, de 30g de cocaine ou de 15g d'héroine, son application est alors obligatoire) ;
  • Possession illégale d'armes à feu.

Statistiques par année[modifier | modifier le code]

Nombre d'exécutions depuis 1991 - Répartition par année[2]
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
26 21 12 76 73 50 15 28 43 21 27 28 14 6+ 8 ? 2 1+ 1 0 4

Actualité récente[modifier | modifier le code]

  • 2 décembre 2005, Nguyen Tuong Van, un Australien de 25 ans d'origine vietnamienne, condamné à mort pour avoir introduit quatre cents grammes d'héroïne à Singapour a été pendu à la prison de Changi par le bourreau Darshan Singh, après l'échec de multiples appels à la clémence. L'affaire a scandalisé une partie de l'opinion publique en Australie (pays abolitionniste où selon les sondages, la population reste très divisée sur le recours à la peine de mort, 47 % des Australiens soutenant l'exécution de Nguyen Tuong Van contre 46 %). Le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, a justifié le recours à la peine capitale.
« Attention. La mort pour les trafiquants de drogue selon les lois de Singapour ». Ce genre de prospectus est distribué aux voyageurs arrivant à Singapour.
  • 26 janvier 2007, deux Africains : Iwuchukwu Amara Tochi, un Nigérian de 21 ans, et Okeke Nelson Malachy, un apatride de 35 ans, ont été pendus pour trafic d'héroïne. Tochi avait été arrêté en novembre 2004 à l'Aéroport Changi en possession de 727 grammes d'héroïne. Malachy avait été arrêté ensuite, après avoir été identifié comme le destinataire des stupéfiants. Malgré de nombreux appels à la clémence, dont celui du président du Nigeria Olusegun Obasanjo, le Premier ministre singapourien Lee Hsien Loong n'a pas commué la peine, invoquant « les intérêts des Singapouriens ». Il a déclaré dans sa réponse au Président nigérian qu'« il était de son devoir de protéger la vie de ses concitoyens, qui pourrait autrement être mise en péril par les cartels de la drogue ». Le rapporteur du conseil de l'ONU pour les droits humains, Philip Alston, avait accusé la justice singapourienne de ne pas avoir respecté les droits de la défense.
  • Vers le 15 novembre 2008, un Malaisien a été condamné à mort pour la possession de 47g d'héroïne, alors qu'il était âgé de 19 ans[3].
  • 19 décembre 2008, Mohammed Ali Johari a été exécuté pour le meurtre d'une fillette de deux ans[4].
  • 9 janvier 2009 a eu lieu l'exécution de Tan Chor pour meurtre dans le cadre d'une guerre de gang. Son exécution a sauvé un millionnaire auquel il avait fait don de ses organes[5].

Opinion publique[modifier | modifier le code]

Selon le journal The Straits Times, 95 % des Singapouriens sont partisans de la peine de mort[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]