Supplice du pal

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Empalement en Roumanie durant le règne de Vlad III l'Empaleur, chronique Brodoc

Le supplice du pal, appelé aussi empalement, est une méthode d'exécution passive, réputée pour être particulièrement douloureuse et spectaculaire, à l'instar du crucifiement.

Description[modifier | modifier le code]

Les premières représentations viennent d'Assyrie, en Mésopotamie. Elle fut utilisée également dans l'Empire ottoman, en Valachie, en Perse, au Siam ainsi qu'en Europe, où elle constituait un supplice fréquent des homosexuels[réf. nécessaire].

Contrairement à ce qui a pu être avancé, l'Inquisition n'a jamais prescrit l'empalement, ni pour obtenir des aveux, ni comme mode d'exécution. Le Syrien Soleyman, assassin de Jean-Baptiste Kléber y fut condamné par une commission militaire, conformément aux pratiques locales[1]. L'empalement permet d'exécuter un nombre important de personnes dans un espace limité et sans nécessiter un matériel complexe.

Selon une méthode illustrée sur des reliefs assyriens, la victime était empalée juste en dessous du sternum sur un pieu (désigné alors par le terme "pal") planté à la verticale, puis laissée telle quelle jusqu'à ce que mort s'ensuive, la personne se faisant lentement transpercer sous l'effet de la gravité. Toutefois, la méthode la plus répandue et dont il existe des traces en Russie et en Turquie voulait qu'on enfonçât le pal dans l'anus du condamné, avant de le planter en terre. La cruauté du supplice était modulée par le degré d'acuité de la pointe, la taille du pieu, et la profondeur à laquelle on l'enfonçait. Le plus fréquemment, la pointe était arrondie afin de repousser les chairs sans les léser, afin que le supplice dure le plus longtemps possible. Elle ressortait par le thorax, par les épaules ou par la bouche, en fonction de la direction donnée. Le but était d'apporter une frayeur maximale aux spectateurs[2].

Gravure représentant un empalement où le pieu ressort par la bouche. Extraite du livre De Cruce de Juste Lipse.

Vlad Ţepeş était surnommé « l'Empaleur ». Ayant maintes fois pratiqué un tel supplice contre les Turcs et ses sujets, sa réputation fut rapidement associée à une barbarie assumée.

Exemple[modifier | modifier le code]

Le Français Claude Desprez rapporta qu'au cours de la campagne d'Égypte la justice militaire française a également pratiqué ce type d'exécution à l'encontre du Syrien Soliman (ou Soleyman), coupable d'avoir assassiné le général Kléber. En voici les propos :

« L'homme fut condamné, par le conseil de guerre français, à avoir les poings brûlés puis à être empalé vif. Le bourreau Barthélemy coucha sur le ventre Soliman, tira un couteau de sa poche, lui fit au fondement une large incision, en approcha le bout de son pal et l'enfonça à coups de maillet. Puis il lia les bras et les jambes du patient, l'éleva en l'air et fixa le pal dans un trou préparé. Soliman vécut encore durant quatre heures, et il eût vécu plus si durant l'absence de Barthélemy un soldat ne lui eût donné à boire : à l'instant même il expira. »

Dominique-Jean Larrey, dans ses Mémoires, précise :

« Le courage et le sang froid avec lequel Sulayman se laissa brûler la main droite et empaler étonnent l’homme sensible, et prouvent combien la ferme volonté de l’individu influe sur les sensations physiques. Il vécut environ quatre heures, au milieu des plus cruelles souffrances, sans faire entendre une seule plainte. La brûlure de la main s’était portée jusqu’aux os ; et le pal, après avoir dilacéré les viscères du bas-ventre, les nerfs et les vaisseaux, avait fracturé l’os sacrum, deux vertèbres lombaires, et s’était implanté dans le canal vertébral. Je me suis convaincu de ces faits par l’inspection que je fis, quelque temps après, de son cadavre, quoique déjà desséché : j’en ai déposé le squelette au muséum d’histoire naturelle. »

Variante de la chaise de bambou[modifier | modifier le code]

Un procédé similaire encore plus dur aurait été utilisé dans l'Extrême-Orient, appelé la chaise de/au bambou. Suivant cette méthode, le supplicié était ligoté sur un support au-dessus d'une jeune pousse de bambou. Certaines espèces atteignant une vitesse de croissance spectaculaire (jusqu'à un mètre par jour), le supplicié se faisait donc lentement empaler par la plante, jusqu'à se faire entièrement transpercer. Cette méthode serait cependant aussi anecdotique que le scaphisme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire historique ou biographie universelle, Continué jusqu'en 1835, Tome douze par François-Xavier Feller
  2. Voir aussi la description dans le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, par Pierre Larousse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]