Ratel

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Mellivora capensis • Ratel du Cap, Zorille du Cap

Le Ratel ou Zorille du Cap (Mellivora capensis) est la seule espèce actuelle du genre Mellivora, dans la famille des Mustélidés.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Description de l'espèce[modifier | modifier le code]

C’est un petit carnivore de la famille des Mustélidés mesurant environ 75 cm de long et 30 cm au garrot à l’âge adulte et qui a la réputation d’être un teigneux[7]. L’adulte et le jeune sont noirs sur le ventre, les pattes, la queue et la partie inférieure de la tête jusqu’aux yeux. Il est blanc sur le crâne, du front jusqu’au haut du cou, et il est blanc-gris sur tout le dos. Le ratel possède des griffes d’environ 4 cm de long à l’âge adulte.

Le mâle adulte pèse environ 12 kg, mais la femelle est moins lourde : elle ne dépasse pas les 6 kg. Sa longévité à l’état sauvage n’est pas connue, mais il peut vivre jusqu’à 26 ans en captivité.

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Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Ratels devant une tanière artificielle au zoo de Prague

En zone désertique, le ratel, pour se « refroidir », s’allonge sur le dos exposant son ventre à la légère brise du désert et s’asperge de sable lorsque sa température interne est supérieure à celle du sable.

Lorsqu’elle élève son petit (il n’y a qu’un jeune par portée), la femelle change tous les trois à cinq jours de tanière en emportant son rejeton pour échapper aux prédateurs. Lorsqu’il sera capable de se débrouiller seul (à un peu plus d’un an), le jeune ratel ira habiter sa propre tanière et quittera définitivement sa mère qui, une fois seule, changera dès lors chaque jour de terrier. Chose étrange, le ratel a la capacité de courir en arrière, fait partagé chez les mammifères uniquement avec l’être humain[8].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Ratel en plein repas dans une réserve d'Afrique du Sud

À l’instar du blaireau eurasiatique (Meles meles), le ratel est omnivore. Outre les reptiles comme les serpents, même les plus dangereux, qui sont des mets de choix pour lui (aucune de leurs cachettes ne lui échappe), les trois-quarts de ses proies sont attrapées sous terre : termites, scorpions et vers de terre, qu’il déterre facilement grâce à ses longues griffes de 4 cm. Ce qui ne l’empêche pas de s’attaquer à des proies de sa taille telles que des porc-épics ou des lièvres, et même beaucoup plus grosses que lui, comme des gnous ou des antilopes. Il n’hésitera pas à se battre avec un lion, une hyène ou un guépard pour défendre sa proie car c’est un teigneux, même si les gros carnivores comme les lions et les léopards ne se gênent pas pour le manger. Le ratel a la particularité de pouvoir métaboliser les venins des serpents les plus venimeux du monde. Suite à une chasse, il se peut qu'il ait été mordu au museau, qui se mettra à enfler pendant qu'il dévore sa proie. Le venin le plongera alors dans un coma de quelques heures, mais il reprendra ses esprits et terminera son repas avant de se remettre en chasse immédiatement.

Un de ses mets préférés est le miel (d’où son nom, Mellivora signifiant « mangeur de miel ») et, à ce titre, il convient de signaler un des cas les plus remarquables de mutualisme. En effet, le ratel s’associe avec l’indicateur, un oiseau (ordre des Piciformes, famille des Indicatoridés) qui chante de façon spécifique et répétitive pour mener ce carnivore, en voletant bas devant lui, à un nid d’abeilles. Le ratel ainsi appâté ouvrira, au moyen de ses robustes griffes, la ruche sauvage dont il mangera la majorité du miel, laissant à l’oiseau les larves et la cire dont ce dernier n’aurait pu disposer sans cette aide appropriée.

Pour s’hydrater, le ratel peut manger aussi des tsamas, une certaine variété de melon remplie à 99 % d’eau.

Immunisation[modifier | modifier le code]

Les ratels supportent certains venins mortels ou dangereux pour l’homme, comme celui des vipères heurtantes, des cobras du Cap ou des scorpions[9]. Sa peau dure est insensible aux morsures, aux piqûres de guêpes ou aux piquants de porc-épic. Sa peau est également si flasque que lorsqu’il se fait mordre au cou par un autre animal, il peut se retourner et mordre son agresseur[10].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Carte de répartition du ratel dans le monde

Il occupe des habitats variés, aussi bien désertiques ou semi-désertiques (steppes) que les divers types de savanes et les zones arborées, y compris les galeries forestières en zones semi-désertiques. Il est principalement terrestre mais, friand de miel, il peut aussi grimper aux arbres pour atteindre les ruches sauvages. Le mâle adulte vagabonde sur un territoire de plus de 500 km2 et peut parcourir facilement 10 km en une heure. La femelle possède un territoire plus petit (environ 100 km2) mais lorsqu’elle cherche sa nourriture ou élève son petit elle peut avoir un territoire qui couvre 150 km2.

On le trouve du nord de l’Inde à la Péninsule arabique et dans toute l’Afrique subsaharienne sauf à Madagascar. Sa distribution géographique et ses habitats se superposent parfaitement à ceux de son associé alimentaire, l’oiseau indicateur, quelle qu'en soit l'espèce (voir ci-dessous « Alimentation »).

Classification[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1776 par le naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber (1739-1810).

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Mammal Species of the World (28 juin 2013)[11] et Catalogue of Life (28 juin 2013)[12] :

  • sous-espèce Mellivora capensis abyssinica Hollister, 1910
  • sous-espèce Mellivora capensis buechneri Baryshnikov, 2000
  • sous-espèce Mellivora capensis capensis (Schreber, 1776)
  • sous-espèce Mellivora capensis concisa Thomas & Wroughton, 1907
  • sous-espèce Mellivora capensis cottoni Lydekker, 1906
  • sous-espèce Mellivora capensis inaurita (Hodgson, 1836)
  • sous-espèce Mellivora capensis indica (Kerr, 1792)
  • sous-espèce Mellivora capensis leuconota Sclater, 1867
  • sous-espèce Mellivora capensis maxwelli Thomas, 1923
  • sous-espèce Mellivora capensis pumilio Pocock, 1946
  • sous-espèce Mellivora capensis signata Pocock, 1909
  • sous-espèce Mellivora capensis wilsoni Cheesman, 1920

L'espèce et l'homme[modifier | modifier le code]

Animal de compagnie[modifier | modifier le code]

Si le ratel est capturé les tout premiers jours de sa naissance, lorsqu’il a encore les yeux fermés, il peut, à l’instar de la plupart des carnivores, s’élever facilement en captivité et, telle la loutre (autre mustélidé), il peut devenir alors un amusant animal de compagnie, même pour les enfants. Il conservera néanmoins son caractère teigneux par le fait qu’il ne cesse de grogner, même en jouant et des morsures sont toujours à redouter lorsqu’il est trop énervé[13].

Statut de protection[modifier | modifier le code]

Ratel au Zoo de Prague

Le ratel est assez largement répandu sur le continent africain et le sud-ouest asiatique[14]. Il semble néanmoins menacé dans certains pays tel que le Niger, le Maroc ou l'Afrique du Sud.

La femelle n’a qu’un seul petit par portée et, bien qu’elle s’en occupe plus d’un an, la moitié des petits n’atteint pas l’âge adulte.

Filmographie et littérature[modifier | modifier le code]

On peut voir la ténacité d’un ratel en train d'attaquer dans le film : Les Dieux sont tombés sur la tête 2, quand le garde forestier marche dessus par inadvertance, il n’a pas d’autre choix que de laisser sa chaussure à l’animal pour éviter d’être suivi pendant des heures et de le mettre en péril dans une région désertique.

L'hebdomadaire Spirou a publié dans les années 1990 une série de BD humoristique intitulée Les Zorilles, narrant les mésaventures dans la savane de trois frères bien teigneux mais à l'efficacité très inconstante.

Dans le jeu vidéo Far Cry 4, c'est le plus petit prédateur de Kyrat, surprenant du fait de sa petite taille et son agressivité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne.
  2. Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  3. a, b, c et d Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  4. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  5. a et b Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française.
  6. a, b et c (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. ISBN 0444518770, 9780444518774. 857 pageRechercher dans le document numérisé
  7. Un type d’engin blindé de transport des forces armées sud-africaines nommés RATEL lui doit justement son nom car ce sont des engins "teigneux" et résistants.
  8. YouTube - MUST WATCH: Honey Badger-The Most Fearless Animal on Earth
  9. vidéo sur le ratel et la vipère heurtante (en)
  10. Fiche sur le ratel
  11. Mammal Species of the World, consulté le 28 juin 2013
  12. Catalogue of Life, consulté le 28 juin 2013
  13. IRSAC-Lwiro, Kivu, Congo-Kinshasa, 1969
  14. Fiche UICN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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