Grandes manœuvres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les grandes manœuvres désignent des exercices militaires concernant des effectifs importants.

Aux différentes époques, les grandes manœuvres sont l'occasion de tester l'entraînement des troupes et des états-majors, de tester les règlement d'emploi et le nouveau matériel, mais aussi de montrer la puissance de la force militaire organisatrice aux autres États, représentés par des attachés militaires ainsi que par des journalistes.

Le plus souvent, ces grandes manœuvres sont organisées autour de la reconstitution de l'affrontement de deux partis (le plus souvent dénommés « parti rouge » et « parti bleu »), avec des arbitres et un règlement.

Manœuvres avant 1914[modifier | modifier le code]

Toutes les puissances européennes organisent chaque année des grandes manœuvres, que ce soit l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni ou la Russie. Du temps de l'Empire allemand (1871-1918), les grandes manœuvres de la Deutsches Heer (l'armée allemande) portent le nom de Kaisermanöver (manœuvres impériales).

Article détaillé : Kaisermanöver.

En France, les grandes manœuvres ont lieu en automne, au niveau d'une brigade, d'une division, d'un corps d'armée, voir d'une armée. Ce dernier cas ne concerne chaque année que certains corps d'armée, en fonction du budget du ministère de la Guerre. « Les manœuvres d'armée comportent d'abord des manœuvres de corps d'armée contre corps d'armée, puis des opérations exécutées par les corps d'armée réunis contre un ennemi figuré »[1] :

Grandes manœuvres de l'Est en 1912 : les généraux Castelnau et Joffre avec deux arbitres (brassard blanc à la manche).
  • en 1903, les grandes manœuvres du Centre opposent les 12e et 13e corps, tandis que celles du Sud-Est les 14e et 15e corps[2] ;
  • en 1904, les grandes manœuvres du Nord-Ouest impliquent les 3e et 4e corps, tandis que celles de l'Est les 7e et 8e corps ;
  • en 1905, les grandes manœuvres de l'Est concernent les 5e, 6e et 20e corps, tandis que celles de l'Ouest impliquent les 9e, 10e et 11e corps (essai d'un harnachement allégé) ;
  • en 1906, les grandes manœuvres de forteresse occupent le 7e corps[3] ;
  • en 1907, les grandes manœuvres du Sud-Ouest opposent les 12e et 18e corps ;
  • en 1908, les grandes manœuvres du Centre voient s'affronter les 4e, 5e, 8e et 9e corps (essai d'une nouvelle tenue) ;
  • du 15 au 19 septembre 1909, les grandes manœuvres du Sud-Est concernent les 13e (général François Goiran, parti blanc) et 14e corps (général Virgile Robert) sous la direction du général Trémeau, dans le Bourbonnais autour de Gannat, Lapalisse et Roanne[4] (test du ravitaillement par camion) ;
  • du 12 au 18 septembre 1910, les grandes manœuvres de Picardie, entre Beauvais et Neufchatel, opposent les 2e (général Marie-Georges Picquart) et 3e corps d'armée (général Victor Meunier) sous l'arbitrage du général Percin (test des batteries de corps d'armée, des aéroplanes, des dirigeables et de l'artillerie anti-aérienne) ;
  • du 5 au 15 septembre 1911, les grandes manœuvres du Nord concernent les 1er et 6e corps ;
  • du 11 au 17 septembre 1912, les grandes manœuvres de l'Ouest concernent les 4e, 5e, 9e, 10e et 11e corps autour de Thouars, Montreuil-Bellay et Loudun, sous la direction du général Joseph Joffre ;
  • en 1913, d'une part les 12e et 18e corps, la 1re DIC et une brigade de cavalerie (général Paul Pau, parti bleu) contre d'autre part les 16e et 17e corps et la 6e DC (général Nicolas Chomer, parti rouge), chaque armée avec un groupe d'artillerie lourde, un dirigeable et trois escadrilles d'aéroplanes[5] ;
  • en 1914, entre le 1er et le 2e corps (annulés pour cause de guerre).
Article connexe : Région militaire.

Manœuvres de l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Les manœuvres organisées par la Reichswehr pendant l'entre-deux-guerres furent appelées Feldmanöver.

Manœuvres de la guerre froide[modifier | modifier le code]

Manœuvres depuis 1991[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Dubant, Les grandes manoeuvres en France de 1901-1913, Saint-Cyr-sur-Loire, A. Sutton, coll. « Mémoire en images »,‎ 2007, 128 p. (ISBN 978-2-84910-651-8).
  • Collectif, 1910, les grandes manoeuvres de Picardie autour de Grandvilliers dans un périmètre compris entre Crèvecoeur, Marseille-en-Beauvaisis, Songeons et Formerie : textes et photos du service de l'armée de l'époque..., Grandvilliers, Delattre,‎ 2010, 80 p. (ISBN 978-2-915907-77-3).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]