François-Marie Banier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Banier.

François-Marie Banier

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

François-Marie Banier à la manifestation pour une autre réforme des retraites, en 2010.

Naissance 27 juin 1947 (67 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Activités Photographie

François-Marie Banier[1],[2] né à Paris le 27 juin 1947, est un écrivain, photographe, dessinateur, peintre et acteur français. Il a publié plusieurs romans et pièces de théâtre aux éditions Grasset et Gallimard. Ses photographies ont fait l'objet d'une trentaine d'expositions dans différents musées et galeries d'Europe, d'Asie, d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière littéraire et artistique[modifier | modifier le code]

François-Marie Banier naît d'un père hongrois, publicitaire[3], et d'une mère d'origine italienne, Madeleine, qui publia des ouvrages de travaux d'aiguilles pour les enfants[4]. Il déclare par la suite avoir fait l'objet de mauvais traitements de la part de son père[5]. Sa famille réside dans le 16e arrondissement de Paris, dans l'atmosphère bourgeoise de l'avenue Victor-Hugo, ce qui lui permet de fréquenter le lycée Janson-de-Sailly[6]. Autodidacte, il interrompt ses études avant son baccalauréat[7] et quitte tôt le domicile familial, afin de tenter sa chance dans les arts[4].

À l'âge de 15 ans, il tente de gagner sa vie en vendant ses dessins abstraits dans la rue[7]. À 16 ans, il rencontre Salvador Dalí, à qui il présente ses dessins[4]. Il devient attaché de presse du couturier Pierre Cardin[7].

C'est comme écrivain que François-Marie Banier accède d'abord à la notoriété. Il est encouragé lors de ses débuts en littérature par Louis Aragon qui publie dans Les Lettres françaises, le 2 juin 1971, un article intitulé Un inconnu nommé Banier, dans lequel il compare le jeune artiste à Benjamin Constant et à Stendhal[7] et le qualifie d'« être le plus fou, le plus généreux, le plus drôle que l'on puisse rencontrer »[4]. François-Marie Banier fait alors partie de l'entourage d'Aragon, mais dément la rumeur prétendant qu'il a été l'amant de ce dernier[8]. Banier bénéficie également des conseils littéraires de Paul Morand[7] et de François Mauriac[4]. Il écrit des chroniques dans Le Monde et Le Figaro[4]. Proche de plusieurs mécènes tels que Marie-Laure de Noailles, Pierre Bergé ou Pierre Cardin, François-Marie Banier devient une figure connue du tout-Paris et de la jet-set internationale. Le 13 août 1972, le journal britannique The Sunday Times Magazine lui consacre un article sous le titre Golden Boy of Paris. Il est à l'époque le compagnon du décorateur Jacques Grange, avec qui il forme un couple en vue et achète un hôtel particulier, rue Servandoni à Paris[7]. François-Marie Banier aura ensuite comme compagnon le comédien Pascal Greggory et plus tard un neveu de ce dernier, le photographe Martin d'Orgeval, avec qui il se pacsera[9].

Au début des années 1970, François-Marie Banier se met à la photographie[4]. Parmi les diverses personnalités dont il a réalisé le portrait, on peut citer Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Madeleine Castaing, Vladimir Horowitz, Silvana Mangano, Joyce Carol Oates, Pascal Greggory, Isabelle Adjani, Caroline de Monaco, Sophie Marceau, Johnny Depp, Vanessa Paradis, Marlon Brando ou Liliane Bettencourt. Il fait la connaissance de cette dernière à l'occasion d'un portrait réalisé en 1987 pour le magazine Égoïste, et en devient un ami proche[7]. Enfin, à partir des années 1980, François-Marie Banier entreprend également une carrière au cinéma en tant qu'acteur, tout en se consacrant en même temps au dessin et à la peinture. Bien qu'appréciant le métier de comédien, il préfère se limiter à tenir de petits rôles, après que son ami Pascal Greggory lui a dit qu'il jouait, selon ses propres termes, « comme un pied »[7].

François-Marie Banier réalise également des portraits d'« anonymes », dans des clichés au noir et blanc caractéristique[7]. En 1991, il expose ses œuvres au Centre Georges-Pompidou : le conservateur de l'époque, Alain Sayag, estime possible que cette exposition ait été montée grâce au soutien de François Mitterrand, qui appréciait Banier[7].

François-Marie Banier est actif comme consultant dans les milieux de la mode et du luxe. Il est ainsi à l'origine du nom du parfum Poison de Dior[7].

Les ventes de ses romans déclinent beaucoup avec les années, et son activité de photographe dont les expositions sont sponsorisées par L'Oréal, prend progressivement le pas sur sa carrière littéraire[7].

Controverses[modifier | modifier le code]

Affaire Bettencourt[modifier | modifier le code]

En décembre 2008, la presse se fait l'écho d'une plainte contre X déposée par Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt[10]. Entre 2001 et 2007, François-Marie Banier aurait, par « abus de faiblesse », soutiré à cette dernière – deuxième fortune de France après Bernard Arnault et propriétaire d'un tiers de L'Oréal – une somme que les enquêteurs estiment à 993 millions d'euros[11],[12],[13]. La brigade financière considère disposer d’éléments sérieux justifiant d’éventuelles poursuites, à partir d'un faisceau d'éléments qui « tendent à confirmer l’existence » du délit d’abus de faiblesse[14]. Liliane Bettencourt, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, indique qu'elle est une « femme libre » en parfaite possession de ses facultés intellectuelles[15].

À la fin du mois de janvier 2009, le procureur de la République au tribunal de grande instance de Nanterre, Philippe Courroye, décide de continuer ses investigations dans le passé de François-Marie Banier[16]. Puis, le dossier est classé sans suite en septembre 2009. Françoise Bettencourt-Meyers saisit alors le juge des tutelles[17]. Un procès devait avoir lieu du 1er au 6 juillet 2010, mais il a été renvoyé pour complément d'information[18]. Les intérêts de Françoise Bettencourt-Meyers sont représentés par Me Olivier Metzner, et ceux de sa mère par Me Georges Kiejman.

D'autre part, les enregistrements que Françoise Bettencourt-Meyers a remis à la brigade financière en juin 2010, et qui lui ont été fournis par l'ancien majordome de sa mère, semblent impliquer plusieurs personnalités proches du gouvernement français et suscitent des remous dans les milieux politiques[19]. D'après Les Échos, le scandale politico-financier va amener à la démission de Florence Woerth, épouse du ministre du Travail Éric Woerth : celle-ci était en effet salariée de la société Clymène, chargée de la gestion du patrimoine de Mme Bettencourt[20].

En décembre 2010, après que François-Marie Banier a déposé une plainte pour subornation de témoin contre Françoise Bettencourt-Meyers et une autre pour faux témoignage contre divers employés de Liliane Bettencourt, un accord est trouvé entre Françoise Bettencourt-Meyers et sa mère afin de mettre un terme à toutes les procédures. Sans rien restituer, François-Marie Banier accepte de renoncer aux sommes promises mais non perçues, et de ne plus rien recevoir à l'avenir de la propriétaire de L'Oréal. Françoise Bettencourt-Meyers renonce de son côté aux poursuites engagées contre Banier, celui-ci acceptant à son tour de retirer ses plaintes pour subornation de témoin et pour faux témoignage. Les sommes auxquelles François-Marie Banier aurait renoncé s'élèveraient à environ 500 millions d'euros[21].

Rapports avec L'Oréal[modifier | modifier le code]

François-Marie Banier possède une société personnelle, Hericy, parrainée depuis 1994 par L'Oréal. De plus, deux contrats lient L'Oréal et Hericy. Par convention de parrainage, Hericy reçoit 305 000 € par an de L'Oréal[22]. Un contrat de 2002 fait payer à L'Oréal 405 000 € à F.-M. Banier contre une mission de conseils[23]. Depuis 2007, Hericy enregistre des pertes importantes (544 030 € en 2009)[24]. En juillet 2010, à la suite des révélations d'un contrat entre L'Oréal et F.-M. Banier, un petit actionnaire porte plainte contre X pour abus de biens sociaux. Le groupe L'Oréal rompt alors les contrats qui le liaient à Hericy[25].

Droit à l'image sur l'espace public[modifier | modifier le code]

François-Marie Banier a voulu poursuivre en justice en juillet 2011 un individu qui aurait refusé de se faire photographier sur les Champs-Élysées, l'aurait insulté en des termes à caractère homophobe avec menace de mort et l'aurait giflé. Il a retiré sa plainte le 6 juillet 2011 après avoir appris par la presse que cet individu était sans domicile fixe[26].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Résidences secondaires, Grasset, 1969 ; Folio no 2444, 1993
  • Le Passé composé, Grasset, 1971 ; Folio no 2564, 1994
  • La Tête la première, Grasset, 1972 ; Folio no 2715, 1995
  • Balthazar, fils de famille, Gallimard, 1985 ; Folio no 1828, 1987
  • Sur un air de fête, Gallimard, 1990 ; Folio no 3283, 1999
  • Les Femmes du métro Pompe, Gallimard, 2006
  • Johnny Dasolo, Gallimard, 2008

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Hôtel du lac, Gallimard, 1975
  • Nous ne connaissons pas la même personne, Grasset, 1978
  • Je ne t'ai jamais aimé, Gallimard, 2000

Quelques recueils de photographies[modifier | modifier le code]

  • Photographies, Gallimard/Denoël, 1991
  • Past-Present, William Morrow, New York, 1996 ; Schirmer/Mosel, Munich 1997
  • Vivre, Sao Paulo, Pinacoteca do Estado ; Rio de Janeiro, Museum de Arte Moderna, 1999
  • François-Marie Banier, Tokyo Metropolitan Museum of Photography, Asahi Schimbun, 2000
  • Brésil, Gallimard, 2001
  • François-Marie Banier, Miami Beach, Bass Museum of Art ; Gallimard, 2003
  • Le Chanteur muet des rues, en collaboration avec Erri de Luca, éd. Martin d'Orgeval, Gallimard, 2006
  • Perdre la tête, Die schönsten deutschen Bücher (prix du meilleur livre allemand, section photographie), 2006 ; Silver Crown Award, Moscou, 2007
  • Vive la Vie, avec Natalia Vodianova. Steidl, Göttingen, Allemagne, 2008 (ISBN 978-3-86521-821-6)
  • Beckett, Steidl, 2009

Quelques expositions[modifier | modifier le code]

Filmographie comme acteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dont le père, né Banyai, change son nom en Banier, en devenant français ; cf. Christophe Barbier et Jean-Marie Pontaut, entretien « François-Marie Banier : "La générosité de Liliane Bettencourt est voulue, décidée, calculée" », 13 juillet 2010, L'Express.
  2. Cité dans le second paragraphe.
  3. François-Marie Banier, l’homme par qui l’affaire Bettencourt a éclaté, Le Temps, 22 juillet 2010.
  4. a, b, c, d, e, f et g François-Marie Banier nouvelobs.com.
  5. FRANÇOIS-MARIE BANIER – Au bonheur des dames, Le Petit journal, 16 juillet 2010.
  6. Enfant terrible, Vanity Fair, décembre 2006.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Michel Guerrin, François-Marie Banier le mauvais génie, Le Monde magazine, 16 octobre 2010.
  8. Quand François-Marie Banier séduisait le vieil Aragon, Rue89, 29 juin 2010.
  9. David Le Bailly, « Le compagnon de Banier se dévoile », parismatch.com, 24 septembre 2010.
  10. « La justice s'intéresse aux dons de Liliane Bettencourt », nouvelobs.com, 14 décembre 2008.
  11. « La milliardaire et le favori », Lepoint.fr, 18 décembre 2008.
  12. Le Figaro fr. 15 décembre 2008.
  13. « La milliardaire et le poète », Match, 18 décembre 2008.
  14. Benoît Collombat, « Enquête : quand la brigade financière privilégiait l'abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt », non daté, sur le site de France inter.
  15. Interview de Liliane Bettencourt, « Je n'ai plus envie de voir ma fille », leJDD.fr, 21 décembre 2008..
  16. Lefigaro.fr, 12 février 2009..
  17. lemonde.fr, 2 décembre 2009.
  18. lenouvelobs;com 1er juillet 2010.
  19. France-info, 21 juin 2010.
  20. 22 juin 2010.
  21. Banier garde les dons de Bettencourt, L'Express, 7 décembre 2010.
  22. François Krug, « Affaire Bettencourt : L'Oréal a signé deux contrats avec Banier », Rue89,‎ 30/07/2010 (consulté le 21 septembre 2010).
  23. Laurent Neumann, « Fraude fiscale : un étrange courrier… », Marianne 2,‎ 3/07/2010 (consulté le 21 septembre 2010).
  24. « Affaire Bettencourt : comment L'Oréal finance Banier », Rue89,‎ 23/07/2010 (consulté le 21 septembre 2010).
  25. François Krug, « Affaire Bettencourt : L'Oréal a rompu son contrat avec Banier », Rue89,‎ 20/09/2010 (consulté le 21 septembre 2010).
  26. Cécile Baulieu, « François-Marie Banier porte plainte contre… un SDF », Le Parisien, 6 juillet 2011 ; Jean-Frédéric Tronche, « François-Marie Banier : giflé parce qu'il le vaut bien ? », Le Nouvel Observateur, 6 juillet 2011 ; « Giflé par un SDF, Banier renonce à porter plainte », L'Express, 6 juillet 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]