Vladimir Horowitz

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Vladimir Gorowitz
(Horowitz dès 1924)Володимир Горовіць, Владимир Горовиц

Description de cette image, également commentée ci-après

Vladimir Horowitz en 1986.

Surnom Volodia (diminutif de Vladimir)

The Number One
Satan au Clavier
L'Ouragan des steppes
Le Roi des Pianistes
Le Dernier Romantique
Le Dernier Chevalier du piano

Le Sorcier
Nom de naissance Vladimir Samoïlovitch Horowitz
Naissance
Berditchev, Ukraine, Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Décès (à 86 ans)
New York, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale Pianiste, dans une moindre mesure : Compositeur.
Style Jeu extrêmement puissant et romantique. Jeu clair : pédale peu utilisée. Jeu précis dans ses jeunes années, et imprécis étant senior.
Activités annexes Boxe, randonnée en montagnes.
Lieux d'activité Ukraine, Russie, États-Unis, Europe
Années d'activité 1921 - 1989
Formation Conservatoire (à Kiev).
Maîtres Sa mère,

Anton Rubinstein, Sergueï Tarnovski, Vladimir Puchalsky, Felix Blumenfeld.
Maître-à-penser : Sergueï Rachmaninoff

Dans une moindre mesure, peut-être Alexandre Scriabine.
Élèves Byron Janis
Conjoint Wanda Toscanini Horowitz, fille d'Arturo Toscanini.
Descendants Sonia Horowitz (décédée avant la mort du virtuose)
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'Honneur Française,
Médaille de l'Honneur et de la Liberté Américaine,
Médaille de l'Ordre du Mérite Italien ; Divers récompenses et prix liés à sa virtuosité pianistique (exemple : un Grammy Awards).

Répertoire

Romantisme
Impressionnisme
Musiques de Scarlatti également.

Signature.

Vladimir Samoïlovitch Horowitz (en russe : Владимир Самойлович Горовиц, en ukrainien : Володи́мир Самí́йлович Го́ровиць), né à Berditchev ou (selon Horowitz) à Kiev, en Ukraine (dont une grande superficie faisait partie de l'Empire russe à l'époque), le et mort à New York le , est un pianiste virtuose ukrainien, de confession juive (non-pratiquant). Il fait partie des plus grands pianistes virtuoses de l'histoire du piano, parmi lesquels on retrouve, entre autres, Chopin, Liszt, Rachmaninoff, Rubinstein, Richter et Martha Argerich.

Pianiste mythique, « roi des pianistes », Vladimir Horowitz, considéré comme le « Numéro 1 » par les autres pianistes de son époque, fut admiré pour la puissance de son jeu pianistique et pour ses multiples prouesses techniques, par le public comme par les pianistes professionnels : Clara Haskil, qui le surnommait « Satan au clavier », Martha Argerich, Sviatoslav Richter, Arcadi Volodos, Arthur Rubinstein[1][réf. nécessaire], Sergueï Rachmaninoff [2]

Vladimir Horowitz reste à ce jour le pianiste le mieux payé du monde (grâce à ses concerts et autres récitals) : à sa mort, le New York Times, dans un article intitulé « Vladimir Horowitz, Titan of the Piano, Dies », affirme que celui-ci avait accumulé 5 millions de dollars.

La famille Horowitz[modifier | modifier le code]

La famille Horowitz appartient à la bourgeoisie juive cultivée d'Ukraine. En outre, c'est une famille de musiciens connaissant au moins deux bons pianistes et compositeurs de l'époque.
En effet, la grand-mère de Vladimir était amie avec Anton Rubinstein, quand sa mère (Sofia Horowitz) et son oncle (celui surnommé « L'oncle qui jouait fort ») connaissaient personnellement Alexandre Scriabine.
Sofia Horowitz était elle-même pianiste, et c'est elle qui apprit à Vladimir (que sa future femme, Wanda Toscanini — fille d'Arturo Toscanini — surnommait Volodia) à jouer du piano dès l'âge de 5 ans.
Le père, Samuel Horowitz, était ingénieur en électricité et assurait la distribution en Ukraine de moteurs électriques allemands. C'est lui qui inscrivit la date de naissance « 1904 » dans de nombreux documents à la place de la vraie date de naissance de Vladimir : un stratagème pour lui éviter le service militaire qui aurait endommagé ses mains gigantesques (aussi grandes que celles de Liszt et de Rachmaninoff, lui permettant d'atteindre la 12e).

Biographie[modifier | modifier le code]

Vladimir Horowitz naît le à Kiev. Il est le plus jeune des quatre enfants de Samuel et Sofia Horowitz.

À l'âge de 3 ans, Vladimir Horowitz voit sa mère jouer du piano. D'après les propos de celle-ci, il aurait fait semblant d'en jouer sur une fenêtre, qui se serait alors cassée, ensanglantant ses mains.
Horowitz apprend le piano dès son plus jeune âge (5 ans), d'abord sous la férule de sa mère, qui était elle-même pianiste. En 1912, il entre au conservatoire de Kiev. Il y sera élève de Sergueï Tarnovski (en), Vladimir Puchalsky, et Felix Blumenfeld. En 1914, il rencontre Alexandre Scriabine.

Son premier récital en solo a lieu à Kharkiv en 1920. En 1921, Horowitz donne son premier concert, à Kiev. C'est en en 1922 qu'il sort du conservatoire de Kiev et rencontre Nathan Milstein. Entre 1922 et 1925, il donne des concerts dans le cadre du Bureau soviétique de concert.

En 1925, il quitte l'URSS pour l’Allemagne. En janvier 1926, il donne un récital à Berlin (on le surnomme l'« ouragan des steppes ») et il donne aussi un concert à Hambourg. En mars de la même année, il donne un récital à Paris.

Le 24 décembre 1927, il embarque pour les États-Unis. En début d'année 1928, il donne un concert à Londres. Cette année-là, il commence la musique aux États-Unis avec Thomas Beecham (premier concerto de Tchaïkovski)[3]. Dans le public il y a notamment Rachmaninov, Lhévvine, Josef Hofmann et Moiseiwitsch. Il fait ses premiers enregistrements. Horowitz fait la connaissance de Sergueï Rachmaninov ; les deux pianistes deviennent rapidement très amis[4].

En 1932, il enregistre la Sonate pour piano de Liszt, l'année suivante il rencontre Arturo Toscanini et fait son premier concert avec lui (cinquième concerto de Beethoven).

En 1933, il épouse Wanda Toscanini.

En 1936, il se fixe à New York jusqu'en 1939, époque à laquelle il ne plus de concerts. En 1946, il signe un contrat d'exclusivité avec RCA. En 1949, c'est la création de la sonate en mi bémol mineur de Samuel Barber.

Le 25 février 1953, il donne un récital à New-York pour le 25 e anniversaire de ses débuts américains.

1953-1965. Deuxième retraite. Enregistrements à domicile.

1961. Fin du contrat RCA. Contrat CBS.

1965. Rentrée à Carnegie Hall, le 9 mai.

1965-1969. Une dizaine de récitals aux États-Unis.

1969-1974. Troisième interruption de carrière.

1973. Fin du contrat CBS. Contrat RCA.

1974-1985. Disques live.

1975. Sonia, sa fille unique, meurt à Genève.

1977. Récital à Carnegie Hall, « pour les Européens ».

1978. Le 8 janvier, à l'occasion du jubilé de ses cinquante ans de carrière, il interprète le Troisième Concerto de Rachmaninov au Carnegie Hall.

1982. 2 Concerts à Londres.

1985. Passage chez Deutsche Grammophon. 2 Récitals à Paris, au théâtre des Champs-Élysées. Décoré Chevalier de la Légion d'Honneur et de l'Ordre du Mérite de la République italienne (Ordine al merito della Repubblica italiana).

1986. Retour en URSS. Concert à Moscou, au Conservatoire Tchaïkovski, avec enregistrement DG. Médaille de la Liberté (Medal of Freedom) des États-Unis.

1987. Retour en Europe. Enregistrement du 23econcerto (en la majeur, K 488) de Mozart, avec Giulini. Concerts à Berlin, Hambourg, Amsterdam, Londres, Francfort. Concerts au Japon et aux États-Unis.

1989. Sortie du dernier disque DG, Horowitz at home. Il meurt chez lui, à New York, le 5 novembre, d’une crise cardiaque. Il est inhumé dans le tombeau de famille de Toscanini, à Milan.

Horowitz, interprète[modifier | modifier le code]

Il gagna la réputation de meilleur virtuose pour ses interprétations de Liszt, Chopin, Rachmaninov, Scriabine et Tchaïkovski. Soulignons aussi l'art d'Horowitz dans l'interprétation de la musique impressionniste (Liszt, Au bord d'une source par exemple ; Wagner Isoldes Liebestod arrangée pour piano par Liszt, un des derniers enregistrements d'Horowitz) mais aussi de la musique moderne : il introduisit de nombreuses sonates de Dmitri Kabalevski et de Prokofiev aux États-Unis (sixième, septième[5], huitième). Il fit aussi redécouvrir au monde musical des compositeurs tels que Muzio Clementi ou Domenico Scarlatti, en s'ingéniant à démontrer qu'ils furent des précurseurs de Beethoven et de la musique romantique.

Il mettait beaucoup de soin à composer ses récitals, et à choisir les quelques morceaux dignes d'être interprétés en concert ou en enregistrement. Comme conséquence, sa discographie est moins étendue qu'on aurait pu le souhaiter. Par exemple, il n'interpréta pas d'autres Rhapsodies hongroises de Liszt que les deuxième, sixième, treizième, quinzième (Marche de Rakoczy) et dix-neuvième (ces deux dernières, ainsi que la seconde, avec des arrangements personnels), ainsi que, dans les années 1930, la rhapsodie espagnole et le Premier concerto. Toutes ses interprétations étaient mûrement réfléchies : il ne jouait pas un compositeur tant qu'il n'en avait pas lu l'œuvre intégrale.

« L'ouragan des steppes » déplaçait des foules pour chacun de ses concerts où les places étaient chères et réservées très longtemps à l'avance. Son très étroit et complice rapport au public était constitutif de son grand charisme. Cependant, ses rares concerts étaient très appréciés du fait qu'il y réalisait ses meilleures interprétations, surpassant de loin tous les enregistrements programmés en studio. Horowitz arrivait à des performances incroyables devant des milliers de personnes, prenant de grands risques pianistiques devant lesquels reculent la quasi-totalité des pianistes en public, et créant une « réaction protoplasmique avec le public »[6].

Il interrompit volontairement sa carrière plusieurs fois, souffrant de profondes dépressions : 1936-1938 (avant son départ aux États-Unis), 1953-1965, 1969-1974 et 1983-1985.

Horowitz compositeur[modifier | modifier le code]

Son goût pour l'écriture musicale se manifesta très tôt et le hanta toute sa vie. « Je suis un compositeur », disait-il souvent. Ainsi, il arrangeait de nombreux morceaux qui sublimaient, musicalement et techniquement, les originaux, et la rareté de ses apparitions en public ne leur donnait que plus de prix. Par exemple, les Rhapsodies hongroises déjà citées, ou son exceptionnelle réécriture de la Danse macabre de Camille Saint-Saëns arrangée pour piano par Liszt, celle de la Marche nuptiale de Mendelssohn, transcrite par Liszt, ou encore son impressionnante transcription de la marche militaire américaine Stars And Stripes Forever, de John Philip Sousa, où l'on peut entendre par moment trois voix, voire quatre, complètement différentes à la fois. Plus subtilement par exemple de discrètes modifications de scherzos de Chopin, ou du finale de la Polonaise héroïque, dont l'interprétation qu'il donna en bis à Berlin dans les années 1980 est un modèle d'interprétation horowitzien, mettant très bien en exergue le « bel canto » caractéristique de son jeu. Les Variations Carmen sur un thème de l'opéra de Bizet sont également particulièrement célèbres. La version jouée au Carnegie Hall en 1965 lors de son retour en concert depuis 1953[7] mérite d'être notée : un connaisseur entend les fautes, mais Horowitz y met tellement de couleurs, de soi-même, d'énergie, de volonté, etc., qu'on les lui pardonne et qu'on écoute bouche bée. Beaucoup de morceaux arrangés ou composés par Horowitz sont d'ailleurs repris actuellement par de jeunes pianistes, tels Arcadi Volodos[8] ou Valeri Koulechov[9]. Cette liste est non exhaustive : on peut ajouter ses paraphrases de Tableaux d'une exposition de Moussorgski.

Horowitz était conscient de la dérive théâtrale que des pièces aussi brillantes faisaient prendre aux récitals, se disant limiter volontairement, en « musicien sérieux », ce type de morceaux en bis, les qualifiant de mints dont on ne saurait abuser : « Après ce genre de morceau, le public oublie tout le concert. Ce n'est pas juste ! ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Glenn Plaskin, Horowitz, biographie de Vladimir Horowitz, trad. par Alain Malraux, Éditions Buchet-Chastel, Paris, 1985.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est en entendant, lors d'un concert à Paris, son interprétation de deux études de Liszt d'après Paganini qu'Arthur Rubinstein comprit l'étendue du génie d'Horowitz et remit complètement en question son propre jeu.
  2. Quant à Sergueï Rachmaninoff, celui-ci annonça que Vladimir Horowitz interprétait encore mieux que lui et que les autres pianistes son mythique Rach 3 (citation : « Le Rach3 appartient à monsieur Horowitz »).
  3. Au Carnegie Hall, avec l’Orchestre Philharmonique de New York.
  4. Rachmaninov, lui-même pianiste virtuose, déclara au sujet de son Troisième concerto qu'il n'avait pas imaginé qu'on puisse le jouer aussi brillamment qu'Horowitz. Rachmaninov rétablit spécialement pour Horowitz, qui se fit une spécialité de son interprétation, sa Deuxième sonate qu'il avait simplifiée car il n'en dominait plus lui-même les difficultés techniques.
  5. Anecdote. Il joua cette 7e sonate de Prokofiev au consulat soviétique de New York en janvier 1944, et envoya le premier exemplaire du disque à Prokofiev qui lui retourna un exemplaire signé de la partition sur lequel il écrivit « au pianiste prodigieux de la part du compositeur ».
  6. Extrait d'une interview dans une file d'attente où campaient les fans afin d'acheter des billets pour l'un de ses récitals au Carnegie Hall
  7. [1]
  8. Variations Carmen, Danse macabre de Saint-Saens, Marche de Rakoczy
  9. Hommage à Horowitz, virtuoso transcriptions for piano, chez BIS.