Echoes, Silence, Patience and Grace

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Echoes, Silence, Patience & Grace

Album par Foo Fighters
Sortie 25 septembre 2007
Enregistré Mars-juin 2007
Durée 51:12
Genre Post-grunge, rock alternatif
Producteur Gil Norton
Label RCA

Albums par Foo Fighters

Singles

  1. The Pretender
    Sortie : 17 septembre 2007
  2. Long Road to Ruin
    Sortie : 3 décembre 2007
  3. Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running)
    Sortie : 7 avril 2008
  4. Let It Die
    Sortie : 24 juin 2008

Echoes, Silence, Patience and Grace est le 6e album studio du groupe américain de rock Foo Fighters, sorti le 25 septembre 2007 sous le label RCA. Il se distingue par la présence de titres acoustiques et d'importantes variations de nuances qui s'expliquent par la grande variété de styles utilisés sur les démos enregistrées préalablement par le groupe. C'est la deuxième collaboration du groupe avec le producteur Gil Norton, Dave Grohl souhaitant collaborer avec lui pour tirer le meilleur parti de ses compositions et avoir un album au son différent des précédents. Grohl s'est attaché à écrire des chansons contenant des messages qui parlent aux auditeurs, avec des textes réfléchis inspirés par la naissance de sa fille.

L'album a été généralement bien accueilli par la critique et s'est classé à la première place des classements de ventes dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie. Il a remporté le Grammy Award du « meilleur album rock de l'année » et le Brit Award du « meilleur album international », alors que le premier single tiré de l'album, The Pretender, a remporté le Grammy Award de la meilleure performance hard rock.

Genèse[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Foo Fighters est né suite au décès de Kurt Cobain, alors leader de Nirvana, et de l'intention de Dave Grohl, batteur du groupe, d'exorciser par la musique la mort de son compère. Grohl enregistre alors le premier album seul en octobre 1994 avant d'être encouragé par Capitol Records, avec qui il vient de signer, et ses amis à fonder un nouveau groupe autour de ce projet. Nate Mendel et William Goldsmith de Sunny Day Real Estate le rejoignent, ainsi que Pat Smear qui accompagnait Nirvana pour les tournées[o 1]. Ils produisent un an plus tard leur premier album studio tous ensemble, The Colour and the Shape, sur lequel ils sont rejoints par Taylor Hawkins, Grohl désirant se concentrer sur le chant[1]. Goldsmith quitte la formation lors de l'enregistrement, mais cela n'empêche pas le disque, puis la tournée, d'être un succès, ce qui provoque le départ de Smear[1]. Après un troisième album un peu moins bon, Chris Shiflett intègre le groupe lors de la tournée qui suit et devient le quatrième membre de Foo Fighters[1]. Depuis, le quatuor enchaîne les succès avec One by One en 2002 et In Your Honor en 2005, un double album qui comporte un disque de chansons rock et un disque de titres acoustiques.

Lors de la tournée qui suit, Foo Fighters joue deux concerts dans chaque ville où il se produit, l'un électrique et l'autre acoustique, pour refléter cette dualité[2]. L'album live Skin and Bones, qui sort à l'automne 2006, met en avant cet aspect acoustique de la tournée pendant laquelle Smear fait son retour. Lors d'une discussion avec Grohl, Clive Davis, le président de RCA Records, lui suggère qu'ils pourraient faire des concerts qui mélangent ces deux styles et le chanteur garde cette idée en tête quand il se met à composer l'album suivant[1]. Il affirme néanmoins que le groupe n'a « pas planifié que le nouvel album soit moitié rock et moitié acoustique » mais a sélectionné les chansons qui lui paraissent être les meilleures parmi un « vaste éventail de démos » allant du punk hardcore dans le genre de Nomeansno à la country façon Tom Petty[p 1].

Grohl a le sentiment que les chansons composées ont un fort potentiel et qu'au lieu de reproduire la même formule que pour les trois derniers albums, le groupe a besoin d'évoluer en dehors de sa « zone de confort » et qu'il lui faut pour cela quelqu'un qui les en fasse sortir. Il décide donc de travailler avec Gil Norton, qui a produit The Colour and the Shape et lui a enseigné l'importance du travail de préproduction et d'affinage des compositions en amont. Grohl estime que l'approche « peu conventionnelle » de Norton semble permettre de « tirer le meilleur du groupe » et qu'il va rendre l'album différent[p 1].

Jusqu'à aujourd'hui, nous n'étions pas prêts à composer un album comme celui-là. Je sais que Dave n'aurait pas été à l'aise avec le fait d'introduire du violon dans une chanson. Mais, quelle que soit la raison, c'était comme si c'était désormais le bon moment pour explorer cette voie. Notre dernier album […] était vraiment comme les deux côtés d'une pièce de monnaie. Cela semble évident mais cette fois-ci nous n'avions désormais plus peur d'incorporer les éléments les plus divers dans une chanson si cela sonnait juste.

Taylor Hawkins, au sujet du son de l'album[p 2]

L'album est minutieusement préparé, Grohl commençant comme à l'accoutumée par enregistrer des démos avec Hawkins mais en essayant pour la première fois d'ajouter une partie vocale lors de ce premier stade de la composition[p 2]. Les morceaux sont ensuite peaufinés avec Shiflett et Mendel[p 3]. Grohl passe deux semaines avec Norton à discuter des arrangements, de l'harmonie et de la mélodie et à éliminer certaines démos, après quoi le groupe répète pendant quatre semaines, jouant « une chanson par jour de midi à minuit »[p 4]. Hawkins affirme que le groupe a joué chacune des chansons une centaine de fois, testant différentes manières de les jouer, et que c'était la première fois depuis The Colour and the Shape que « Dave avait à faire à quelqu'un qui remettait en cause toutes ses idées »[p 3]. Ce dernier déclare qu'un effort particulier est fait pour que « tout sonne de façon aussi naturelle que possible - comme sur les albums que nous avons écouté en grandissant », citant Neil Young et les Wings comme des influences majeures de l'album[p 5].

Enregistrement et production[modifier | modifier le code]

L'enregistrement de l'album commence en mars 2007 au studio 606, installé au sous-sol du domicile de Grohl en Virginie. Alors que le groupe fait une coupure de dix jours en avril, Grohl estime que l'album a besoin d'une chanson au tempo rapide supplémentaire et reprend la composition d'une chanson inachevée qui devient The Pretender[3]. Les sessions d'enregistrement se terminent à la mi-juin et, pour la première fois, le groupe ne ressent pas le besoin de réenregistrer une seule chanson[p 1]. Grohl affirme qu'il avait fait d'In Your Honor un double album car il pensait qu'alterner les chansons rock et acoustiques était « schizophrène » mais que Norton l'a aidé à enchaîner les pistes dans un ordre qui donne un sens à l'album[4].

L'album comporte le premier morceau entièrement instrumental du groupe, Ballad of the Beaconsfield Miners, que Grohl compose après avoir rencontré l'un des mineurs pris dans l'éboulement de la mine de Beaconsfield le 25 avril 2006 et qui a demandé aux sauveteurs de lui faire passer un iPod avec In Your Honor dessus pour passer le temps jusqu'à ce qu'ils puissent le secourir. Grohl, très touché par cette histoire, décide alors de lui dédier un morceau du prochain album du groupe[p 1]. La version de l'album est jouée par Kaki King, à qui Grohl propose d'enregistrer ce titre alors qu'elle visite le studio 606. Il explique qu'il lui a « montré le morceau une fois et elle l'a joué dix fois mieux que je ne l'avais jamais fait »[p 5].

Parution et accueil[modifier | modifier le code]

L'album sort le 25 septembre 2007, les personnes l'ayant pré-commandé via iTunes bénéficiant d'un téléchargement gratuit de The Pretender, d'un accès à des billets en pré-vente de Ticketmaster et d'une édition spéciale du CD contenant les chansons bonus Once and for All et Seda[5].

Le premier single de l'album, The Pretender, est diffusé pour la première fois en intégralité le 3 août 2007 lors d'une émission de la chaîne ESPN sur les X Games[p 4]. Il est disponible le même mois en téléchargement légal et sort en tant que single le 17 septembre 2007. Le deuxième single, Long Road to Ruin, sort le 3 décembre[6]. En 2008, Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running) sort en tant que single digital au Royaume-Uni[7] alors que, toujours en format digital, Let It Die est choisi pour les États-Unis[p 6]. Les trois singles sortis en Amérique du Nord atteignent chacun la première place du classement Alternative Songs de Billboard. C'est la neuvième fois qu'un même album place trois singles en tête de ce classement[p 7]. The Pretender établit un nouveau record en passant 18 semaines au sommet de ce classement[p 8].

Succès commercial[modifier | modifier le code]

L'album entre dans le classement Billboard 200 à la 3e place avec 168 000 copies vendues la première semaine[8]. L'album est certifié disque d'or aux États-Unis et près de 900 000 copies en ont été écoulées[9]. Il s'est placé au sommet des classements de ventes au Royaume-Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande, devenant double disque de platine dans ces trois pays, ainsi qu'au Canada, où il est certifié disque de platine.

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Meilleures positions de Echoes, Silence, Patience and Grace dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure
position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[10]
3
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[11]
1
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[12]
4
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop)[13]
1
Drapeau de la Belgique Belgique (Wallonie Ultratop)[14]
14
Drapeau du Canada Canada (Canadian Albums Chart)[15] 1
Drapeau du Danemark Danemark (Tracklisten)[16]
11
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae)[17]
43
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[15] 3
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[18]
7
Drapeau de la France France (SNEP)[19]
24
Drapeau de la Hongrie Hongrie (Mahasz)[20]
33
Drapeau de l'Irlande Irlande (Irish Albums Chart)[21]
2
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[22] 15
Drapeau du Japon Japon (Oricon)[23] 6
Drapeau du Mexique Mexique[22] 50
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[24]
3
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[25]
1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[26]
6
Drapeau de la Pologne Pologne[27] 40
Drapeau du Portugal Portugal (Associação Fonográfica Portuguesa)[22] 18
Drapeau de la République tchèque République tchèque (IFPI)[28] 26
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[29] 1
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[30]
9
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[31]
2

Certifications[modifier | modifier le code]

Certifications de Echoes, Silence, Patience and Grace
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 100 000 + Disque d'or Or[32]
Drapeau de l'Australie Australie 140 000 + Disque de platine 2 × Platine[33]
Drapeau de l'Autriche Autriche 10 000 + Disque d'or Or[34]
Drapeau de la Belgique Belgique 15 000 + Disque d'or Or[35]
Drapeau du Canada Canada 100 000 + Disque de platine Platine[36]
Drapeau des États-Unis États-Unis 500 000 + Disque d'or Or[37]
Drapeau de l'Irlande Irlande 15 000 + Disque de platine Platine[38]
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 30 000 + Disque de platine 2 × Platine[39]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 600 000 + Disque de platine 2 × Platine[40]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Notation des critiques

Score cumulé
Site Note
Metacritic 71/100[41]
Compilation des critiques
Périodique Note
Albumrock 3,5 étoiles[42]
Allmusic 3 étoiles[43]
Robert Christgau B[44]
Drowned in Sound 4/10[45]
Entertainment Weekly A[46]
The Guardian 4 étoiles[47]
New Musical Express 7/10[48]
Pitchfork Media 4,2/10[49]
PopMatters 4/10[50]
Rolling Stone 3,5 étoiles[51]
Spin 3 étoiles[52]
Sputnikmusic 2,5 étoiles[53]

L'album reçoit des critiques généralement favorables, obtenant un score moyen de 71/100, sur la base de trente critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Metacritic[41].

Parmi les critiques favorables, Tom Sinclair, d'Entertainment Weekly, estime que si, à la première écoute, le groupe « semble ne rien faire d'extrêmement novateur », on réalise ensuite que « la tonalité d'ensemble est presque parfaite » et que, « comme les plus grands », il « a trouvé un moyen de créer son propre archétype avec un sens instinctif de ce qui fait qu'une chanson devient formidable »[46]. Pour Dave Simpson, du Guardian, c'est « l'album le plus accompli » du groupe, bénéficiant d'une « éblouissante production » de Gil Norton derrière laquelle se dissimule une « humanité à l'état brut »[47]. David Fricke, de Rolling Stone, évoque une « anthologie de nouvelles chansons convaincantes » aux inspirations musicales variées où Dave Grohl, malgré « quelques cahots », a « finalement compris comment faire un album qui ne s'accorde pas de marge de sécurité »[51]. Le site albumrock affirme que « le groupe semble avoir quelque peu remisé au placard ce côté FM bon enfant pour revenir à des compositions nettement plus travaillées » et qu'il s'agit de l'un « de leurs meilleurs albums » avec une « entrée en matière rapide » aux guitares « tranchantes à souhait » (The Pretender, Let It Die, Erase/Replace) et « quelques ballades bien inspirées » (Come Alive, Stranger Things Have Happened, Home) malgré « un ou deux titres mielleux à vomir » (Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running))[42]. Et le New Musical Express, mettant particulièrement en avant les quatre premières pistes ainsi que Statues et Home, affirme que c'est « l'album le plus cohérent du groupe » avec « l'équilibre comme leitmotiv » et où seuls quelques titres (Stranger Things Have Happened, Summer's End) sont moins inspirés[48].

Plus mitigé, Kyle Anderson, de Spin, estime que l'album reste dans la moyenne d'« efficacité constante » de Dave Grohl, sans innovation mais avec suffisamment de chansons qui ressortent du lot (Summer's End, Long Road to Ruin, The Ballad of the Beaconsfield Miners) pour « maintenir l'album à flot »[52]. Pour Stephen Thomas Erlewine, d'Allmusic, l'album alterne hard rock et ballades « sans jamais s'attarder trop longtemps d'un côté », le groupe l'ayant ordonné « avec jugeote ». Erlewine regrette néanmoins que les chansons au tempo rapide soient « un peu laborieuses » (en dehors de The Pretender) quand on les compare aux « charmantes mélodies » des chansons plus calmes (Summer's End, Statues)[43]. Et Robert Christgau évoque une « tentative sincère de retrouver l'esprit de The Colour and the Shape, triomphe datant de dix ans en arrière »[44].

Du côté des critiques négatives, Adam Moerder, de Pitchfork Media, évoque « une resucée » de The Colour and the Shape comportant des chansons qui semblent « froides et détachées » et où « un quart de l'album succombe à la miévrerie »[49]. Pour John Hanson, de Sputnikmusic, c'est un « album moyen » aux « compositions éculées » dont les points forts sont les chansons les plus énergiques (The Pretender, Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running), Long Road to Ruin) mais qui « faiblit vraiment » avec les ballades et est au final « ennuyeux et sans inspiration »[53]. Dom Passantino, de Drowned in Sound, affirme que le groupe « manque d'énergie » et qu'en dehors de quelques chansons (Let It Die, Come Alive) il n'arrive pas à retrouver l'esprit des années 1990[45]. Et Josh Timmermann, de PopMatters, estime que « l'album n'est pas horrible mais simplement ennuyeux » comme si le groupe, qui a perdu tout le sens de l'humour de ses débuts, était en compétition pour « le prix de l'album qui se prend le plus au sérieux de l'année »[50].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lors des Grammy Awards 2008, l'album est nommé dans la catégorie du meilleur album et remporte celle du « meilleur album rock ». Le single The Pretender remporte lors de la même cérémonie le prix de la meilleure performance hard rock et est également nommé dans les catégories de l'enregistrement de l'année et de la « meilleure chanson rock »[54]. Lors des Brit Awards, l'album est récompensé par le prix du « meilleur album international »[55]. Le magazine Q le classe en 12e position de sa liste des 50 meilleurs albums de l'année 2007[56], et le magazine Rolling Stone à la 45e place d'un classement semblable[57].

Tournée[modifier | modifier le code]

La tournée promotionnelle de l'album commence en septembre 2007, après quelques concerts donnés au Royaume-Uni durant l'été[p 4], et se termine en décembre 2008 après 131 concerts donnés en Amérique du Nord, en Europe, en Océanie et au Japon[58]. Les musiciens Pat Smear, Rami Jaffee, Jessy Greene et Drew Hester accompagnent le groupe pour interpréter en live les chansons les plus complexes telles que Come Alive, alors que les arrangements d'autres chansons sont simplifiés[p 4]. Les 6 et 7 juin 2008, le groupe joue deux concerts à guichets fermés au Wembley Stadium qui sont filmés pour le DVD Live at Wembley Stadium[59].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Thèmes et compositions[modifier | modifier le code]

L'album offre un mélange de chansons électriques et acoustiques, Dave Grohl estimant que le groupe a désormais acquis suffisamment de maturité pour « être à l'aise avec tous les genres de musique » au lieu de se focaliser sur des chansons rock conventionnelles. Il ajoute qu'avec cet album le groupe a « vaincu ses doutes, offrant une image d'eux-mêmes qu'ils dissimulaient probablement par le passé »[p 5]. Grohl explique aussi que l'idée générale était de franchir un cap et de réaliser leur propre Odessey and Oracle[p 4], l'album qu'il a le plus écouté durant l'écriture et l'enregistrement[p 5], et qu'il « avait toujours rêvé de faire un mélange entre Steely Dan et Nomeansno »[60].

Grohl s'applique particulièrement à travailler les mélodies, même sur les chansons les plus énergiques comme The Pretender, Let It Die ou Erase/Replace[p 5]. Il choisit de placer Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running) au milieu de l'album, où sont situés plusieurs morceaux à l'ambiance sombre, afin que cette chanson qu'il décrit comme « la plus gaie » de tout l'album lui donne un équilibre et soit comme un « petit rayon de soleil au milieu de la grisaille »[61]. Les paroles de Let It Die expriment un « sentiment d'impuissance lors de la disparition de quelqu'un » et font référence à la relation entre Kurt Cobain et Courtney Love, Grohl exprimant dans la chanson son ressentiment envers cette dernière[62]. Grohl décrit aussi Home, ballade où il joue du piano et dernière piste de l'album, comme « la meilleure chanson qu'il ait jamais écrite »[63].

La plupart des gens pensent que le monde commence avec leur naissance et se termine avec leur mort mais à un moment donné vous réalisez qu'il y a un univers bien plus vaste qui continuera à exister longtemps après votre mort. J'ai commencé à adopter cette vue d'ensemble et cette prise de conscience a eu de l'influence sur le nouvel album. Il y a des chansons sur la naissance, la vie et la mort parce que ma perception de ces choses a radicalement changé.

Dave Grohl, à propos des paroles des chansons[p 5]

Les chansons de l'album se distinguent par leurs importants changements de nuances, qui peuvent intervenir très rapidement comme sur Let It Die ou Erase/Replace, et des références musicales aux groupes de soft rock des années 1970 tels que Wings, Eagles et Bread[60]. Taylor Hawkins affirme que le groupe « voulait être sûr que tout soit bien fichu sur l'album, que chaque instrument commence quelque part pour se retrouver ailleurs en cours de chanson »[p 2]. Le batteur du groupe attribue cela à la tournée acoustique d'In Your Honor pendant laquelle la formation s'est débarrassée de sa peur de mélanger parties calmes et énergiques[p 3]. Grohl ajoute que le groupe a fait tout ce qu'il a pu pour amplifier les différents éléments apportés aux chansons et qu'il ne s'était fixé aucune limite à ne pas dépasser[p 1]. L'ingénieur du son Rich Costey explique que son travail, conserver la puissance des guitares tout en ménageant un espace pour des instruments comme les cordes, a été particulièrement difficile sur cet album étant donné la grande variété acoustique de l'album[64].

Dave Grohl décide sur cet album d'accorder plus d'importance aux paroles et d'établir « un lien avec le public » étant donné que parmi les nombreuses compositions que le groupe a réalisé avant l'enregistrement « celles qui se démarquent sont celles qui ont quelque chose à dire »[p 9]. Pendant la phase d'écriture, Grohl affirme qu'il s'est enfermé dans le studio pour écrire 14 heures par jour[65]. La plupart des chansons abordent les thèmes de la naissance, de la vie et de la mort, Grohl estimant que cela est dû à la naissance de sa fille Violet, avoir un enfant ayant « entièrement changé sa vision du monde »[p 5]. Il tente d'y exprimer une plus large part de ses sentiments avec une sensibilité nouvelle[p 10], comme dans Stranger Things Have Happened, que Taylor Hawkins avait du mal à écouter car « en tant qu'un de ses meilleurs amis, la dernière chose que je souhaite faire est de lire une lettre d'amour adressée à sa femme ou à qui que ce soit d'autre »[p 4].

Titre et pochette[modifier | modifier le code]

Le titre de l'album provient d'un vers de sa dernière piste, Home. Dave Grohl explique qu'il a beaucoup réfléchi pour trouver un titre convenant à la diversité musicale de l'album, envisageant même celui de The One With That Song On It (« Celui avec cette chanson dessus »), et s'être arrêté sur ce vers en passant en revue les paroles des chansons car « c'est un beau titre qui peut donner lieu à diverses interprétations et que l'album est beau dans sa diversité, sa mélodie et sa musicalité - il passe de délicats moments acoustiques au son le plus lourd que nous avons jamais produit »[p 10].

La pochette, réalisée par le studio graphique Invisible Creature, représente une combinaison entre une torpille et un tube électronique d'amplificateur pour guitare électrique. Cette juxtaposition entre une arme et un « objet qui n'est pas associé à la guerre ou à la violence » se retrouve dans les autres illustrations du livret, où figurent des juxtapositions similaires afin de « refléter la tonalité de l'album sur la vie et la mortalité »[66].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Dave Grohl, Taylor Hawkins, Chris Shiflett et Nate Mendel

No Titre Durée
1. The Pretender 4:29
2. Let It Die 4:05
3. Erase/Replace 4:13
4. Long Road to Ruin 3:44
5. Come Alive 5:10
6. Stranger Things Have Happened 5:21
7. Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running) 3:41
8. Summer's End 4:37
9. Ballad of the Beaconsfield Miners 2:32
10. Statues 3:47
11. But, Honestly 4:35
12. Home 4:52

Crédits[modifier | modifier le code]

Interprètes[modifier | modifier le code]

Foo Fighters

Musiciens additionnels

  • Drew Hester - percussions sur Let It Die, Long Road to Ruin, Come Alive, Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running) et Summer's End
  • Rami Jaffee - claviers sur Let It Die, Erase/Replace, Long Road to Ruin, Come Alive et But, Honestly, accordéon sur Statues
  • Brantley Kearns Jr. – fiddle sur Statues
  • Kaki King - guitare rythmique sur Ballad of the Beaconsfield Miners
  • Pat Smear - guitare rythmique sur Let It Die
  • The Section Quartet - cordes

Équipe de production et artistique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jeff Apter, The Dave Grohl Story, Omnibus Press,‎ 1er décembre 2007, 288 p. (ISBN 1846097622 et 978-1846097621), p. 256–260

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) « This Is Our Best Record In Years », Kerrang!,‎ août 2007 (lire en ligne)
  2. a, b et c (en) « The Best Of Foo », Rhythm,‎ novembre 2007
  3. a, b et c (en) « Ten Years With Foo Fighters And We Still Want To Know. Who Is Taylor Hawkins? », Drum!,‎ décembre 2007 (lire en ligne)
  4. a, b, c, d, e et f (en) Larry Cohen, « Rock Steady », Billboard,‎ 18 août 2007, p. 24-26 (lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) « Inside The Lives Of One Of Rock's Biggest Bands », Total Guitar,‎ janvier 2008
  6. (en) « The Billboard Review Singles: Let It Die », Billboard,‎ 24 mai 2008, p. 62
  7. (en) « Pop/Rock Charts », Billboard,‎ 2 août 2008, p. 44
  8. (en) « Josh Groban Ties Elvis Presley », Billboard,‎ 7 décembre 2007
  9. (en) « What We Do Isn't Changing The World! », Kerrang!,‎ septembre 2007
  10. a et b (en) « Let There Be Foo », Clash,‎ septembre 2007 (lire en ligne)

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d  (2011). Back and Forth [documentary]. RCA.
  2. (en) Austin Scaggs, « Foos Reclaim Their Honor », Rolling Stone,‎ 29 avril 2005 (consulté le 14 mai 2013)
  3. (en) James Montgomery, « Foo Fighters' 'Pretender' Had To Hustle To Be A Contender: Behind The Grammys », sur mtv.com,‎ 7 février 2008 (consulté le 14 mai 2013)
  4. (en) John Kennedy, « Foo Fighters On 'Echoes, Silence, Patience & Grace », sur xfm.co.uk,‎ 26 septembre 2007 (consulté le 14 mai 2013)
  5. (en) Kurt Orzeck, « Foo Fighters Try To Silence Will.I.Am », sur mtv.com,‎ 25 septembre 2007 (consulté le 15 mai 2013)
  6. (en) « Long Road to Ruin (physical) », sur columbia.co.uk (consulté le 15 mai 2013)
  7. (en) « Cheer Up Boys.. (Download) », sur columbia.co.uk (consulté le 15 mai 2013)
  8. (en) Katie Hasty, « Rascal Flatts Races To No. 1 In Debut-Heavy Week », Billboard,‎ 3 octobre 2007 (consulté le 15 mai 2013)
  9. (en) Keith Caulfield, « Foo Fighters Flying Towards First No. 1 Album », Billboard,‎ 14 avril 2011 (consulté le 15 mai 2013)
  10. (de) Charts.de – Foo Fighters. Media Control Charts. PhonoNet GmbH.
  11. (en) Australian-charts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. ARIA Top 50 album. Hung Medien.
  12. (de) Austrian-charts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien.
  13. (nl) Ultratop.be – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Ultratop 200 albums. Ultratop & Hung Medien / ultratop.be.
  14. Ultratop.be – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Ultratop 200 albums. Ultratop & Hung Medien / ultratop.be.
  15. a et b (en) « Foo Fighters Awards », Allmusic (consulté le 13 mai 2013)
  16. (da) Danishcharts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Tracklisten. Hung Medien.
  17. (en) Spanishcharts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Promusicae. Hung Medien.
  18. (fi) Finnishcharts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. Suomen virallinen lista. Hung Medien.
  19. Lescharts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. SNEP. Hung Medien.
  20. (hu) Archívum – Slágerlisták – MAHASZ – Magyar Hanglemezkiadók Szövetsége. Mahasz. Magyar Hanglemezkiadók Szövetsége.
  21. (en) Chart Albums. Irish Albums Chart. Irish Recorded Music Association.
  22. a, b et c « Foo Fighters - Echoes, Silence, Patience & Grace », sur lescharts.com (consulté le 13 mai 2013)
  23. (ja) « 今週の注目ランキングトピックス一覧! », Oricon (consulté le 13 mai 2013)
  24. (en) Norwegiancharts.com – Foo Fighters – Echoes, Silence, Patience & Grace. VG-lista. Hung Medien.
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