Armée zapatiste de libération nationale

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Armée zapatiste de libération nationale
EZLN
Image illustrative de l'article Armée zapatiste de libération nationale

Idéologie Anarcho-communisme
Anarchisme socialiste
Indigénisme
Socialisme autogestionnaire
Objectifs Autonomie des communautés indigènes du Chiapas.
Statut Actif
Fondation
Pays d'origine Drapeau du Mexique Mexique
Actions
Mode opératoire guérilla et propagande
Zone d'opération Chiapas
Période d'activité 1984-
Organisation
Chefs principaux inconnus[réf. nécessaire]
Membres ± 3 000
Révolte au Chiapas

L'Armée zapatiste de libération nationale (espagnol : Ejército Zapatista de Liberación Nacional, EZLN) est un groupe révolutionnaire politico-militaire[1] insurgé basé au Chiapas, l'un des États dont les habitants sont parmi les plus pauvres du Mexique[2],[3],[4], pays qui est en 2011 et depuis 2006 (à l'exception de 2008, où il était treizième) la quatorzième puissance économique mondiale en termes de PIB.

L'EZLN affirme représenter non seulement les droits des populations indigènes, au nombre de 957 255 personnes appartenant à diverses ethnies (soit 22,3 % de la population du Chiapas en 2005[5], ces diverses ethnies sont les descendantes des mayas et représentent moins de 1 % de la population totale du Mexique qui compte plus de 112 millions d'habitants[6]) mais aussi de toutes les minorités[7].

L'organisation est devenue pour certains un symbole de la lutte altermondialiste[8].

Choix du nom[modifier | modifier le code]

Le nom vient du révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata, à l'instar de très nombreuses associations civiles, groupements d'agriculteurs et autres, et ce, dès les années 1920 au Mexique. Les membres de ce groupe se considèrent comme les héritiers de Zapata (qui n'était pas un indigène[9]) et les héritiers de 500 ans de résistance indigène à l'impérialisme[réf. nécessaire].

En 1858, le Mexique fut le premier pays ibéro-américain à avoir un président d'origine indigène « pure » en la personne de Benito Juárez. Le général Victoriano Huerta, également d'origine indigène, se proclamera lui-même président en 1913.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Bien que les membres de l'EZLN portent un uniforme et une arme, celle-ci diffère des mouvements de guérilla classiques[10]. Elle a publiquement déclaré s'être soulevée en 1994 pour attirer l'attention sur la condition des indigènes au Chiapas, mais aussi ne pas vouloir réutiliser ses armes[11],[12]. Les zapatistes ont un slogan : « ¡Ya basta! » (« Ça suffit ! ») qui fait référence à l'inefficacité qu'elle attribue aux méthodes de lutte politique traditionnelles (parti politique par exemple). En certaines occasions, les zapatistes malgré leur déclaration de guerre se sont rendus avec l'accord du gouvernement à Mexico pour y défendre leurs idées[13]. L'attitude non-violente du mouvement est une des raisons de la longévité de l'EZLN et aussi de la relative popularité qu'elle rencontre selon elle au sein de la population[14].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'EZLN déclare avoir été créée le 17 novembre 1983[15]par d'anciens membres [Lesquels ?] de groupes issus du mouvement universitaire de 1968 au Mexique [réf. nécessaire], certains favorables à la lutte armée, d'autres pacifistes [réf. nécessaire].

Ses revendications principales étaient « travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix » (Première Déclaration de la Forêt Lacandone).

Les zapatistes affirment avoir opté pour la voie armée pour faire face au peu de résultats obtenus par les formes pacifiques de protestations[16].

Le 25 mai 2014, le Sous-commandant Marcos annonce par un communiqué renoncer à la direction de l'EZLN[17].

Soulèvement du 1er janvier 1994[modifier | modifier le code]

Un Zapatiste cagoulé jouant du Guitarrón

Après dix années de préparation et d'organisation clandestine dans les villages de la jungle (selva) et des hauts plateaux (los altos) du Chiapas[18] commence, le 1er janvier 1994, une insurrection indigène. Ce soulèvement a lieu le jour même de l'entrée en vigueur de l'ALENA entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, la date est donc choisie pour montrer un rejet du néolibéralisme[19]

Les combattants zapatistes, au visage caché par des paliacates ou des passe-montagnes, déclarent la guerre au gouvernement fédéral et à son armée, et parviennent à occuper divers chefs-lieux de l'État du Chiapas parmi lesquels San Cristóbal de Las Casas, Las Margaritas, Altamirano et Ocosingo[16].

Après douze jours de guerre menée par l'EZLN, dont le bilan varie entre 46 morts (selon l'EZLN) et 145 (selon le gouvernement)[20],[4], le gouvernement décrète un cessez-le-feu unilatéral sous la pression de la société civile nationale et internationale[réf. nécessaire], et entame un premier dialogue avec l'EZLN dans la cathédrale de San Cristóbal de Las Casas. L'évêque de San Cristóbal, Samuel Ruiz García, sert de médiateur. Pour prouver sa bonne volonté, le gouvernement libère les prisonniers zapatistes et l'EZLN livre son unique otage, le général Absalón Dominguez, ancien gouverneur du Chiapas[16].

Déplacement de personnes[modifier | modifier le code]

Selon le directeur du PNUD au Chiapas, Oscar Torrens, en 1994 l'insurrection zapatiste a fait fuir principalement de la région d'Ocosingo et de Las Margaritas 6 000 familles chiapanèques soit plus de 20 000 personnes, pour la plupart des indigènes tzeltales propriétaires de leurs terres et sympathisants du PRI ou membres d'organisations liées a ce parti, ces indigènes n'ont pas retrouvé leurs terres prises et occupées par l'EZLN et se sont pour certains d'entre eux, rapprochés des villes, survivants en travaillant dans la construction ou la vente dans les rues, perdant ainsi leur mode de vie traditionnel[21].

Déclaration de guerre de l'EZLN[modifier | modifier le code]

Traduction du texte signé par la Comandancia General del EZLN, Selva Lacandona, Chiapas, México, fin 1993 :

« Déclaration de guerre à l'armée mexicaine, pilier basique de la dictature dont nous souffrons, monopolisée par le parti au pouvoir et dirigée par l'exécutif fédéral que détient aujourd'hui son chef suprême et illégitime Carlos Salinas de Gortari.

Conformément à cette déclaration de guerre nous demandons que les autres pouvoirs de la nation s'engagent à restaurer la légalité et la stabilité du pays en déposant ce dictateur. Peuple du Mexique nous, hommes, femmes, intègres et libres, sommes conscients que la guerre que nous déclarons est un moyen ultime mais juste.

Les dictateurs appliquent une guerre génocidaire non déclarée contre nos peuples, c'est pourquoi nous te demandons ta ferme participation en appuyant ce plan qui est celui du peuple mexicain qui lutte pour le travail, la terre, un toit, manger, la santé, l'éducation, l'indépendance, la liberté, la démocratie, la justice et la paix.

Nous déclarons que nous ne cesserons de combattre jusqu'à l'obtention des demandes de notre peuple et d'avoir formé un gouvernement national libre et démocratique.

Rejoins les forces insurgées de l'armée zapatiste de libération nationale[22]. »

Les accords de San Andrés[modifier | modifier le code]

Le dialogue avec le gouvernement s'étend sur deux années et se conclut par la signature des accords de San Andrés le 16 février 1996 sur les droits et culture des populations indigènes qui spécifient des modifications à apporter à la Constitution de 1917 [Lesquelles ?].

Une fois ces accords votés par le représentant [Qui ?] du gouvernement et l'EZLN, le président Ernesto Zedillo Ponce de León qui n'a pas le pouvoir de modifier la Constitution réfute cette signature. L'EZLN annonce alors que les promesses à la table des négociations n'ont pas été respectées[23] et forme 38 « municipalités autonomes », mettant en œuvre unilatéralement les accords[24]. Le président Zedillo augmente alors la présence militaire dans cette région [réf. nécessaire].

Les zapatistes font, à partir de janvier 1996, un appel à l'organisation d'une rencontre internationale : il se concrétise par une « Première rencontre intercontinentale pour l'humanité et contre le néolibéralisme » qui s'est tenue à Aguascalientes en juillet-août 1996[25].

Début de la guerre de basse intensité[modifier | modifier le code]

Le gouvernement utilise une stratégie de guerre de basse intensité pour répondre à l'insurrection armée, créant dès 1995 une unité spéciale de contre-insurrection, les Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFES). Il arme et forme différents groupes paramilitaires[26] composés d'indigènes (surtout Paz y Justicia et Máscara Roja[27]) liés au parti alors au pouvoir, le PRI. Ces groupes paramilitaires se développent, agissent et tuent[28],[29],[30], avec la tolérance voire le soutien actif d'éléments des forces militaires[24]. En août 2009, la diffusion par la National Security Archive (Archives de la sécurité nationale des États-Unis) de documents de la Defense Intelligence Agency (DIA) déclassés montre le soutien direct de l’armée mexicaine aux paramilitaires dans le cadre de la guerre de contre-insurrection[31].

Le 22 décembre 1997 a lieu le massacre d'Acteal où 45 hommes, femmes et enfants de l'association chrétienne tzotzil Las Abejas en prière furent assassinés par des paramilitaires indigènes opposés aux zapatistes.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

En 2001, le président Vicente Fox Quesada, après avoir promis de résoudre le conflit en 15 minutes[32], soumet le projet de « loi COCOPA » au Congrès — il s'agit en fait d'une modification constitutionnelle — dès les premier jour de son mandat (le 5 décembre 2000)[33]. Le sous-commandant Marcos et vingt-trois commandants zapatistes se rendent sans armes à Mexico avec l'accord et la protection du gouvernement pour parler devant le Congrès et plaider pour les amendements. Après avoir réalisé une marche accompagnée par une caravane internationale dans douze États mexicains où ils reçoivent selon eux une importante couverture médiatique[réf. nécessaire], les représentants de l'EZLN et du Congrès national indigène prennent la parole au Congrès mexicain le 28 mars 2001.

Peu après que l'EZLN soit retournée au Chiapas, le Congrès vote une version différente de la loi qui n'inclut pas les clauses concernant l'autonomie. Le gouvernement explique alors cette suppression par la contradiction entre l'autonomie et la Constitution, issue de la révolution de 1910 et promulguée par Venustiano Carranza en 1917. Ces changements révoltent alors l'EZLN et le Congrès national indigène, mais ni le PRI, ni le PRD (tous deux membres de l'Internationale socialiste), ni le PAN ne changèrent de position. Ces événements, considérés par les zapatistes comme une trahison, conduisent à une certaine radicalisation de l'EZLN[34].

Après cela, un recours constitutionnel est traité par la Cour suprême fin 2002. L'arrêt établit que les changements constitutionnels ayant été menés par le Congrès et non par une loi, il n'était pas du ressort de la Cour suprême d'annuler ces changements, car ce serait une atteinte à la souveraineté du Congrès. Après cet événement, ainsi que la victoire électorale de Vicente Fox du PAN membre de l'Internationale démocrate centriste (IDC) en 2000 (la première victoire d'un membre de l'opposition depuis la fin de la révolution mexicaine), les zapatistes critiquent Vicente Fox qui selon eux aurait cherché à les récupérer sans jamais avoir donné accès à leurs revendications [réf. nécessaire]. Ils rompent alors le processus de dialogue et s'engagent dans l'application pratique et unilatérale des accords sur l'autonomie des peuples indigènes signés à San Andrés.

En 2003, le porte-parole du mouvement, le sous-commandant Marcos, présenta dans Le Calendrier de la résistance plusieurs éléments détaillant la situation des autochtones et le travail effectué par des groupes d'activistes dans douze régions du pays.

Faits récents[modifier | modifier le code]

  • Le 10 avril 2004 une attaque lancée par des militants du PRD de Zinacatán appuyés par des forces de police locales contre une marche pacifique de l'EZLN, a fait une dizaine de blessés de part et d'autre [35]
  • 2005 : Sixième Déclaration de la forêt Lacandone.
  • 2006-2007 : La Otra Campaña (tour qui était prévu dans les 31 États du Mexique) destiné selon l'EZLN « à réveiller les consciences à travers le pays ».
  • En juillet 2007 a lieu la deuxième rencontre entre les peuples zapatistes et les peuples du monde (El segundo encuentro de los pueblos zapatistas con los pueblos del mundo). Durant une semaine, plus de 2 000 sympathisants[réf. nécessaire] de tous les continents viennent assister[Où ?] à des conférences et tables rondes et rencontrer les zapatistes dans les communes autogérées.
  • En décembre 2008 plusieurs affrontements entre indigènes et sympathisants de l'EZLN eurent lieu[réf. nécessaire]. Le mercredi 7 janvier 2009 des paysans indigènes partisans du PRI de San Sebastián Bachajon affrontèrent des militants de l'EZLN.[réf. nécessaire]
  • Le jeudi 8 janvier 2009 des affrontements à coups de pierres et de machettes entre paysans indigènes de l'organisation COCIPEL et des membres de l'EZLN ont fait une quinzaine de blessés. Ces événements font suite à plusieurs incidents depuis décembre 2008. La dispute pour des terres près d'Ocosingo semble en être la cause.[réf. nécessaire]
  • Au début août 2009, quinze personnes ont été blessées dans des affrontements entre sympathisants de l'EZLN et des membres d'une association de caféiculteurs indigènes, l'ORCAO, pour des querelles concernant la possession des terrains à Bosque Bonito[36].
  • Le 6 février 2010,à Agua Azul, des membres du PRI viennent réclamer la libération d'un juge retenu prisonnier par l'EZLN. Ces membres, selon toute vraisemblance, ouvrirent le feu[37],[38], et la bataille qui suivit fit trois morts et 28 blessés (dont treize par balle) [39]. Mi février 2010, selon certaines sources, une personne est tuée par balle, par des sympathisants de l'EZLN à Tumbalá. Il s'agit d'un paysan, suspecté d’appartenir à l’organisation paramilitaire OPDIC et d’avoir fomenté des actions pour récupérer des terres en zone zapatiste[40]. L'EZLN affirment dans un communiqué avoir été agressée sur son territoire par un large groupe armé prêt à l’affrontement[41]. Les organisations de défense des droits de l'homme ont plusieurs versions contradictoires de ces évènements. Il est difficile de savoir ce qui s'est passé réellement[42]. Il est cependant certain qu'il s'agissait d'un territoire zapatiste.
  • Le 1er mars 2010 les membres de l'EZLN de la communauté de Mitzitón opposés à la construction d'une autoroute qui selon eux nuirait à leur environnement dénoncent les agressions de groupes appartenant à l' Ejército de Dios ou au groupe paramilitaire Alas de Aguila. Ces attaques auraient fait huit blessés par balles, il y a aussi trois détenus par les autorités[43].
  • Le 21 juin 2010 deux indigènes membres de la communauté de El Pozo, municipalité de San Juan Cancuc, Chiapas ont perdu la vie et plusieurs ont été blessés par balle et hospitalisés à la suite d'un affrontement avec des intégrants de l'EZLN porteurs d'armes à feu. Les indigènes de la communauté de El Pozo étant en conflit avec les zapatistes auxquels ils reprochent de ne pas leur payer la fourniture d'eau et d'électricité[44]. Les Zapatistes dénoncent quant à eux une manipulation de l’information, déclarant s’être trouvés en état de légitime défense face à une attaque d’un grand nombre de personnes armées de machettes et d’outils[45].
  • Le 3 février 2011, le gouvernement déclare avoir sauvé 17 touristes d'une prise d'otage par l'EZLN à Agua azul. Cette thèse est reprise par nombres de journaux mexicains et étrangers[46],[47]. Il s'agit en fait d'un mensonge : aucun zapatiste n'était présent sur place, il s'agit d'une action de La Otra Campaña. De plus, les 17 touristes ont refusé de signer la thèse proposée par la police d'un enlèvement, et déclarent avoir été simplement retardés. En ce qui concerne l'arrestation ayant suivi, l'organisation mondiale contre la torture[48] appelle le gouvernement mexicain à relâcher les prisonniers pour cause de détention arbitraire[49],[50],[51], d'absence de traduction, d'absence de garantie judiciaire, de crainte pour la sécurité physique et morale des prisonniers (un prisonnier ayant un retard mental important[52],[53]).
  • Le 21 décembre 2012, 40 000 zapatistes sont réapparus en faisant une marche silencieuse dans les rues de San Cristóbal de Las Casas, mais aussi d'Ocosingo[54].
  • Le 31 décembre 2012, dans un communiqué [2] le comité clandestin révolutionnaire indigène revient sur les six dernières années de lutte et d'auto-organisation au sein des communautés, il s'adresse directement aux différents échelons du pouvoir mexicain (gouvernement fédéral, régional et municipal), et réaffirme ses positions exprimées dans la sixième déclaration de la foret de Lacandone.
  • Le 14 février 2013 le sous-commandant Marcos présente celui qu’il aimerait voir lui succéder, le sous-commandant Moisés. Vétéran des luttes zapatistes, il est contrairement à Marcos un indigène chiapanèque[55].

Organisation[modifier | modifier le code]

La pancarte indique en espagnol : « Vous vous trouvez en territoire rebelle zapatiste. Ici le peuple commande et le gouvernement obéit.
Zone nord. Conseil de bon gouvernement. Le trafic d'armes, la production et la consommation de drogues, de boissons alcoolisées et les ventes illégales d'essences d'arbres sont strictement interdites. Non à la destruction de la Nature. »
(Photo prise en 2005 sur l'autoroute 307, au Chiapas)

À partir de décembre 1994, les zapatistes constituent peu à peu des communes autonomes, indépendantes de celles gérées par le gouvernement mexicain. Marcos décrit comment ces communes mettent en œuvre des pratiques concrètes d'autogestion pour rendre sa fierté aux peuples indigènes, pauvres et qu'ils jugent trop méprisés par le pouvoir. Ainsi, l'EZLN met en œuvre des services de santé gratuits, des écoles là où il n'en existait pas, un système de justice, un système de police, tout cela avec le support de partenaires[56].

Ces municipalités autonomes sont regroupées par caracol, il en existe cinq : Morelia, municipalité de Amatán, La Realidad, municipalité de Ixtacomitán, Roberto Barrios, municipalité de Palenque, La Garrucha, municipalité de Ocosingo et Oventik.

Communication[modifier | modifier le code]

L'EZLN accorde une priorité très importante à la communication, avec le Mexique mais aussi le monde. Dès leurs premières actions publiques, ses membres réalisèrent des déclarations et des analyses qu'ils firent parvenir aux médias locaux, nationaux et internationaux. Ils ont aussi fait une utilisation importante de la technologie, les téléphones satellites et Internet leur ont servi à communiquer avec des sympathisants [Qui ?] d'autres pays [Lesquels ?], les aidant ainsi à gagner la solidarité internationale et le soutien d'autres organisations [réf. nécessaire].

Tout autant que le fond du discours, ce qui a frappé dans le mouvement zapatiste, et ce dès le 1er janvier 1994, c'est son mode de communication. En diffusant communiqués, contes, déclarations, lettres aux uns et aux autres, le mouvement zapatiste, mais surtout sa figure « visible », le sous-commandant Marcos, a suscité l'attention, la surprise, parfois les railleries, mais aussi l'indifférence et l'hostilité. [réf. nécessaire].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Non-utilisation des armes[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années maintenant, les zapatistes affirment être armés mais ne pas vouloir s'en servir. Ces méthodes presque non-violentes peuvent expliquer l'aura entourant le mouvement.[réf. nécessaire]

Changer le monde sans prendre le pouvoir[modifier | modifier le code]

Plusieurs fois, Marcos a déclaré[réf. nécessaire] que l'objectif de l'EZLN n'était pas de prendre de force le pouvoir, et d'imposer par le haut sa vision de la société, mais d'être des rebelles sociaux qui luttent pour une société plus juste, plus démocratique. En cela, le mouvement zapatiste constitue une critique du guévarisme et du léninisme[57] et de l'idée (et la pratique qui en a découlé) orthodoxe dans le marxisme qu'une révolution communiste doit se faire en premier lieu par une prise de pouvoir étatique. On peut ainsi rapprocher ces idées de la tradition anarchiste et marxiste anti-autoritaire, prônant une révolution « contre » le pouvoir et non « pour » le pouvoir[58].

Pour l'autonomie[modifier | modifier le code]

Les zapatistes ne recherchent pas l'indépendance (de leur mouvement ou du Chiapas) mais l'autonomie (la libre détermination des peuples indigènes, comme convenu lors des accords de San Andres) Pour cela, ils ont décidé en 2003 d'ouvrir des caracoles leur permettant de s'organiser (système parallèle de justice, de santé, d'éducation, de police, de gouvernance) Les zapatistes utilisent le drapeau mexicain pour montrer leur appartenance à ce pays (lors de la médiation de janvier 1994, dans chaque caracol...)[réf. nécessaire] En cela, ce mouvement ne cherche pas à être généralisé partout dans le monde, mais appelle chaque individu à créer dans son pays des espaces de luttes en s'inspirant de ces actes[59]. Avec le système éducatif autonome et la formation des promotores d'éducation (qui remplissent la tâche d'instituteurs et d'institutrices dans les communautés) dans les écoles secondaires rebelles comme celle d'Oventic – dans les Hautes Terres du Chiapas, la région tsotsil autour de San Cristóbal de las Casas –, se met en place le système correspondant au niveau de la santé : la formation des promotores de salud (promoteurs de santé) et la création de dispensaires (clinicas autonomas) dans les Caracoles et les communes rebelles.

Les instances zapatistes accepteraient l'aide d'associations[60],[61],[62],[63] de la société civile, nationale et internationale, mais refuseraient toute aide gouvernementale mexicaine [réf. nécessaire].

Médecins du monde qui a fermé sa mission d'Altamirano au Chiapas en janvier 2010 où elle soignait des indigènes tuberculeux, ne fait à aucun moment mention d'une collaboration avec l'EZLN[64].

Souvent catholiques[modifier | modifier le code]

Bien que le mouvement ne s'en déclare pas, les symboles chrétiens sont souvent présents. L'apport de la théologie de la libération par le biais de l'épiscopat de Don Samuel Ruiz Garcia est visible[65].

Contre le néolibéralisme[modifier | modifier le code]

Le mouvement zapatiste a été connu lors du soulèvement du 1er janvier 1994, jour de l'entrée du Mexique dans le protocole de l'ALENA. Il s'est dès le début défini par son opposition au système capitaliste et son refus des politiques néolibérales.

Gouverner en obéissant[modifier | modifier le code]

Pour les zapatistes, ceux qui gouvernent doivent le faire en obéissant au peuple (c'est le slogan mandar obedeciendo). Ils ne doivent pas chercher à prendre le pouvoir, ni se laisser tromper par celui-ci.

Idée déjà émise par Henri Barbusse (que Marcos étudia) dans ses écrits et qui fut très largement connue de par le monde suite à son discours au Congrès mondial contre la guerre qui eut lieu à Amsterdam et qui réunit 2 185 délégués de 27 pays, ce à l'appel d'Albert Einstein et de Romain Rolland en août 1932[66].

Concrètement, les hommes et les femmes qui forment ces conseils sont élus par les municipios autonomos (municipalités autonomes) et siègent tour à tour, par rotation suivant en général des périodes d'une semaine. Les principes de ce mécanisme original sont détaillés dans le texte du sous-commandant Marcos intitulé La treizième stèle publié en juillet 2003 (dernière partie du Calendrier de la résistance).

Ces conseils siègent dans les cinq centres civils construits par les paysans zapatistes, d'abord appelés Aguascalientes (en mémoire de la convention entre les partisans de Francisco Villa et ceux d'Emiliano Zapata dirigée contre Venustiano Carranza durant la guerre civile entre factions révolutionnaires)[67] puis devenus Caracoles (littéralement escargots, symbolisant une dynamique en spirale).

Financement actuel et origines des fonds qui ont permis la constitution de l'EZLN[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas exactement l'origine des fonds qui permirent l'organisation, l'équipement, la maintenance et la solde des effectifs ainsi que le paiement des moyens techniques de communication (propagande) de l'EZLN. Selon Salvador Garibay Morales, dit le sous-commandant « Daniel », un des premiers chefs et fondateur de l'EZLN, celle-ci aurait accumulé des fonds par le trafic d'armes achetées aux États-Unis et par le détournement de fonds divers provenant de l'aide du gouvernement fédéral[68].

Le financement de l'EZLN est fait au moins en partie par des dons que les « zapatouristes » font au mouvement[60],[61],[62],[63].

Le financement par la fortune familiale de Rafael Sebastián Guillén Vicente[69] dont la famille serait une des plus riches du Mexique[70], membres pour la plupart du PRI, et dont une des sœurs, Mercedes del Carmen[71], exerce de hautes responsabilités dans ce parti, serait possible.

Effectifs et armement[modifier | modifier le code]

Selon l'organisation américaine START (National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism), l'EZLN compterait plus de 5 000 membres[72]. Cependant, le 21 décembre 2012, entre 30 000 et 40 000 zapatistes cagoulés défilent dans les rues de plusieurs municipalités Chiapanèque, dont San Cristobal de las casas[73],[74],[75],[76].

Critiques venant de l'étranger[modifier | modifier le code]

Bertrand de la Grange et Maité Rico, journalistes au Monde et à El Pais, ont publié un livre intitulé Sous-Commandant Marcos, la Géniale Imposture[77]. Cependant, le journaliste de Libération René Solis et le sociologue Yvon Le Bot ne sont pas d'accord avec un certain nombre d'éléments de cet ouvrage[78].

Divers[modifier | modifier le code]

Le journal mexicain La Jornada s'est fait le relais des communiqués de presse de l'EZLN. Rafael Sebastián Guillén Vicente (le sous-commandant Marcos) y écrit régulièrement des articles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. contralinea.info
  2. Où sont les Indiens ? - Guillermo Aramburo, Le Monde diplomatique, mai 1994
  3. Nouvelles guérillas dans le Guerrero mexicain - Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, novembre 1998
  4. a et b Chiapas: douze ans d'insurrection Zapatiste - Libération, 2 janvier 2006
  5. (es) Chiapas en Datos - sipaz.org
  6. GEO no 262, page 39, décembre 2000, Paris (ISSN 0220-8245)
  7. http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/EZLN_-_Chroniques_intergalactiques.html
  8. Le sous-commandant Marcos à visage découvert - Le Monde, 29 mars 2010
  9. John E. Kiszca - The Indian in Latin American History (publ. 1993 )- page 223 - ISBN 0842024212
  10. L’actualité de la théologie de la libération en Amérique latine : déclin et héritages - Malik Tahar Chaouch, Universidad Autónoma del Estado de Hidalgo (Mexique), Cahiers de l’Institut Religioscope, juin 2008, p.11 [PDF]
  11. (es) « Conmemora EZLN aniversario sin Marcos », sur www.elsiglodetorreon.com,‎ 02/03/2004 (consulté le 10 juin 2013)
  12. « Sous-Commandant Marcos : Happening au Chiapas. », sur www.republique-des-lettres.fr (consulté le 18 mai 2010)
  13. « La marcha del color de la tierra », sur news,‎ 01/04/2001 (consulté le 18 mai 2010)
  14. (en) Marcos leads his guerrilla fighters into Mexico City - The Guardian, 11 mars 2001
  15. « EL FUEGO Y LA PALABRA », sur www.zapata.com (consulté le 18 mai 2010)
  16. a, b et c « Bulletin du SIPAZ Vol XIV Nº 3, novembre 2009 », sur www.sipaz.org (consulté le 18 mai 2010)
  17. Au Mexique, le sous-commandant Marcos « cesse d'exister » - Frédéric Saliba, Le Monde, 25 mai 2014
  18. Marcos, l'insurgé masqué du Chiapas - Réda Benkirane, La Tribune de Genève, 21 avril 1995
  19. « violent réveil des oubliés de l’histoire. Pourquoi la révolte au Chiapas ? », sur www.monde-diplomatique.fr,‎ avril 1994 (consulté le 18 mai 2010)
  20. (es) « El EZLN da a conocer la lista de sus 46 caídos en los combates de 1994 (L'EZLN annonce la liste de ses 46 tombés dans les combats en 1994) », sur www.jornada.unam.mx,‎ 14/02/2004 (consulté le 18 mai 2010)
  21. (es) Los indígenas desplazados en Chiapas son un 'conflicto olvidado' - Verónica Díaz Favela, CNN Mexique, 9 août 2010
  22. Pedro Reygadas, Iván Gómezcesar, et Esther Kravzov, La Guerra de Año Nuevo : Crónicas de Chiapas y México 1994, Editorial Praxis, 1994 (ISBN 978-968-6509-61-8), page 19
  23. (es) Representará Ramona al EZLN en el Congreso Nacional Indígena. (1996) - Centro de Documentación sobre Zapatismo (CEDOZ)
  24. a et b Un Classique Centraméricain « Pacification » politico-militaire au Chiapas - Le Monde diplomatique, 21 avril 1998
  25. Armée zapatiste de libération nationale - Encyclopédie Larousse
  26. Sérieuse détérioration de la situation des droits humains au Chiapas et au Mexique - SIPAZ Blog
  27. « CHIAPAS: LA GUERRE. II. La Machine De L'ethnocide, lettre 5.2, novembre 1999. », sur cspcl.ouvaton.org (consulté le 18 mai 2010)
  28. (es) Paz y Justicia busca reactivar la violencia en Chiapas: párroco de Tila - La Jornada, 17 février 2005
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]