Samuel Ruiz Garcia

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Samuel Ruiz García, né le à Irapuato et mort le 24 janvier 2011 à México, est un prélat catholique mexicain, évêque de San Cristóbal de las Casas, au Chiapas, de 1959 à 1999.

Prêtre, évêque, il est aussi connu comme défenseur de la théologie de la libération et des droits des peuples indigènes du Mexique ou d’Amérique latine[1]. À travers cette théorie, il affirme particulièrement l'« option préférentielle pour les pauvres et pour la libération des opprimés » comme signe du Royaume de Dieu sur terre[2].

Don Samuel Ruiz Garcia en 2010, à un colloque entourés de militants d'Atenco.

Prêtre et évêque[modifier | modifier le code]

Il vécut son enfance a Irapuato, et à ses 13 ans il rentra au séminaire de Léon. En 1947 il a été envoyé à l’université grégorienne pour y étudier la théologie. Il y fut nommé prêtre. En 1954, il revint a Léon et en peu de temps il fut nommé recteur du séminaire.

En 1959 il est désigné évêque de San Cristóbal de Las Casas par Jean XXIII, le 14 novembre 1959[2] Son évêché se caractérise par sa pauvreté et une population à 40 % d'origine indigène[3],[4],[5].

Il s'emploie comme médiateur lors du conflit au Chiapas entre l’armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et le gouvernement fédéral mexicain.

Son évêché prit fin en 1999. Il vit ensuite à Santiago de Querétaro où il officie en tant que prêtre.

En 1998, il est accusé par le président Ernesto Zedillo Ponce de Leon pendant sa tournée présidentielle au Chiapas d'être le « pasteur de la division » et de travailler pour une « théologie de la violence »[6].

En 2000, il reçut le prix Simon Bolívar de l’UNESCO pour son investissement personnel et son rôle en tant que médiateur, contribuant ainsi à la paix et au respect de la dignité des minorités[7],[8].

En 2001, il reçut le prix international des droits humains de Nuremberg pour son infatigable défense des droits humains de tous les peuples du Chiapas, et ce pendant plusieurs décennies[9],[10].

Il fut nommé docteur Honoris Causa de l’université mexicaine Iberoamericana[11],[12],[13],[14].

En 1997 il fut nommé docteur Honoris Causa de l'Université autonome de Barcelone[2].

Il fut nommé deux fois au prix Nobel de la paix, sans jamais le recevoir.

Il meurt le 24 janvier 2011 à 86 ans à l'hôpital Ángeles del Pedregal[15].

Samuel Ruiz García [ digital illustration ]


La théologie de la libération[modifier | modifier le code]

De 1965 à 1973 il préside, à l'intérieur de la Conférence épiscopale du Mexique, la commission pour les indigènes. En 1974 le gouvernement du Chiapas lui confie la réalisation du Congrès Indigène, à l'occasion des 500 ans de la mort de Bartholomé de Las Casas, dans lequel les différentes ethnies de l'état peuvent s'exprimer. Il permet de réunir 1230 délégués indigènes[16] de tout le Chiapas. Son importance est considérable sur l'organisation des associations et des mouvements de contestation sociale chiapanèque[16], il aurait entre autres crée les conditions nécessaires à la création de l'EZLN[17],[18].

Altermondialisme[modifier | modifier le code]

En tant qu'évêque il s'oppose fermement à divers projets de modernisation des infrastructures par des entreprises privées. Il fait en effet plusieurs fois publiquement valoir les droits de l'homme aux droits de la finance internationale[19], notamment lorsqu'il signe le Manifeste de Porto Alegre aux côtés de personnalités comme Bernard Cassen, Eduardo Galeano, Adolfo Pérez Esquivel, Ignacio Ramonet ou José Saramago. Il fait aussi partie des fondateurs du Centre des droits de l'homme Fray Bartolome de Las Casas.

Divers[modifier | modifier le code]

Il organise en 1990 une marche de protestation[20] contre la réforme du code pénal de l'État de Chiapas qui permet aux mères célibataires d'avorter pour des raisons de planification familiales ou économiques, ainsi qu'aux femmes mariées si les deux conjoints sont d'accord[21]. Il s'oppose au mariage homosexuel, autorisé dans le District Fédéral en 2010, mariage qu'il qualifie d'« absurde » et de « contre nature »[22].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Mgr Ruiz a reçu plusieurs distinctions pour son engagement en faveur de la justice et de la paix :

Au moment de sa mort, Luis González Placencia, président de la commission pour les droits de l'homme du District fédéral émit l'opinion que Ruiz est « une des personnes qui ont aidé à construire la démocratie au Mexique à partir de 1994, et qu'il est une des voix les plus courageuse de notre époque »[23],[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]