Contre Sainte-Beuve

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Contre Sainte-Beuve (publié à titre posthume en 1954) rassemble les pages que Marcel Proust a consacrées, sans leur donner d'ordre, aux écrivains qu'il admirait tout en les critiquant (parmi eux figurent Nerval, Baudelaire, Balzac et Flaubert). En analysant l'œuvre de ces écrivains, Proust attaque Sainte-Beuve, le célèbre critique littéraire du milieu du XIXe siècle, et sa méthode critique selon laquelle l'œuvre d'un écrivain serait avant tout le reflet de sa vie et pourrait s'expliquer par elle. Cette méthode, qui se fonde sur la recherche de l'intention poétique de l'auteur (intentionnisme) et sur ses qualités personnelles (biographisme), déplaisait à Proust qui exigeait une critique formaliste, une analyse stylistique, dépourvue d'éléments extérieurs à l'œuvre :

« L'homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n'est pas la même personne »

Bien que Sainte-Beuve ait été parmi les premiers qui se soient aperçus du talent indéniable de Flaubert, Proust lui reproche d'avoir négligé, et même condamné, des poètes de l'envergure de Nerval ou de Baudelaire.

En critiquant la méthode de Sainte-Beuve, Proust a formé sa propre poétique. En quelque sorte, on peut considérer son roman À la recherche du temps perdu comme une réalisation systématique et le développement des croquis de sa poétique exposés dans ces essais. Certaines pages très narratives du Cahier 54, publiées dans le volume Contre Sainte-Beuve (édition de Fallois, 1954 ; édition Clarac et Sandre, 1971), ont d'ailleurs été reprises dans la Recherche.

Proust a été le premier à contester la méthode positiviste de Sainte-Beuve : l'école formaliste russe, ainsi que les critiques Ernst Robert Curtius et Leo Spitzer, le suivirent dans cette voie.

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