Lucien Daudet

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portrait de Lucien Daudet par Léon Gard
Lucien Daudet par Léon Gard Reproduction en noir et blanc d'une huile sur toile peinte en 1943

Lucien Daudet, né à Paris 3e le 9 juin 1878[1] et décédé en 1946, est un littérateur français, fils du romancier Alphonse Daudet.

Biographie[modifier | modifier le code]

La famille Daudet était composée d'Alphonse, le père (1840–1897), Julia, née Allard, la mère (1847–1940), Léon, le fils aîné (1867–1942), Lucien (1878–1946), Edmée (1886-1937). Tout le monde dans la famille écrivait : père, mère, frère, sœur, belle-sœur (Marthe Allard sous le pseudonyme de « Pampille ») et oncle (Ernest Daudet). Il fit publier lui-même une quinzaine d’ouvrages.

De gauche à droite: Robert de Flers, Marcel Proust (assis) et Lucien Daudet, vers 1894

Jules Renard écrit dans son Journal, le 2 mars 1895: « Un beau garçon, frisé, lingé, pommadé, peint et poudré, qui parle avec une toute petite voix de poche de gilet. »[2]. Jeune homme cultivé, « très beau, très élégant, mince et frêle, au visage tendre et un peu efféminé », selon Jean-Yves Tadié. Il mena une vie mondaine qui lui fit rencontrer Marcel Proust, d'abord aux jeudis[3] de sa mère, Mme Alphonse Daudet. Ils eurent ensemble une liaison au moins sentimentale, que révéla Jean Lorrain dans sa chronique du Journal. C’est pour cette indiscrétion que Proust et Lorrain se battirent en duel en 1897. Il fut également l’ami de Jean Cocteau.

Lucien Daudet était aussi peintre. Après avoir pris des cours à l’Académie Julian, il fut l’élève de Whistler et fit une exposition chez Bernheim-Jeune en 1906. Ses tableaux ne sont plus connus que par des allusions littéraires (correspondance de Proust, catalogue d'Anna de Noailles). Il fut également, dans les dernières années de sa vie, l'ami du peintre Léon Gard, qui exécuta son portrait en 1943.

Toute sa vie, il fut écrasé par son père en littérature (« Je suis le fils d’un homme dont la célébrité et le talent comptent pour plusieurs générations, je reste sous son ombre »), et par Whistler en peinture (« Il m’a donné un certain goût en peinture, mais m’a donné en même temps un très grand mépris pour ce qui n’est pas de premier ordre... et j’applique ce mépris à ce que je fais »).

Ce fut aussi un admirateur fidèle jusqu'à ses derniers jours de l'impératrice Eugénie, qu'il avait connue par l'intermédiaire de la nièce de celle-ci, la marquise de Casa Fuerte.

Vers la fin de sa vie, en 1943, il épousa Marie-Thérèse, sœur cadette de Pierre Benoit.

Il est aujourd’hui connu surtout pour ses biographies de l'impératrice Eugénie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Chemin mort, 1908
  • La Fourmilière, 1909
  • Le Prince des cravates, 1910
  • L’Impératrice Eugénie, Fayard, 1911
  • Calendrier, Editions de la Sirène, 1922
  • L'Âge de raison, Flammarion, 1923
  • L’Inconnue, Flammarion, 1923
  • Le Paradis perdu 3 actes de Lucien Daudet et Edouard Ferras, Théâtre des Mathurins, 5 novembre 1926
  • Autour de 60 lettres de Marcel Proust, 1928
  • Dans l’ombre de l’impératrice Eugénie, Gallimard, 1935
  • Vie d’Alphonse Daudet, 1941

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mon cher petit. Lettres de Marcel Proust à Lucien Daudet, Paris, Gallimard, édition préparée par Michel Bonduelle, 1991
  • Jean-Yves Tadié, Biographie de Marcel Proust, Collection Folio, Gallimard
  • Stéphane Giocanti, C'était les Daudet, Flammarion, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du 3e arrondissement, année 1878, acte de naissance nº 1171 ; pas de mention marginale.
  2. Jules Renard, Journal , Paris, 1935
  3. George Painter, op. cité, tome I, p. 244

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]