Derval (Loire-Atlantique)

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Derval
Image illustrative de l'article Derval (Loire-Atlantique)
Blason de Derval
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Châteaubriant
Canton Derval (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du secteur de Derval
Maire
Mandat
Jean Louër
2014-2020
Code postal 44590
Code commune 44051
Démographie
Gentilé Dervalais
Population
municipale
3 334 hab. (2011)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 40′ 06″ N 1° 40′ 12″ O / 47.6683333333, -1.6747° 40′ 06″ Nord 1° 40′ 12″ Ouest / 47.6683333333, -1.67  
Altitude Min. 8 m – Max. 77 m
Superficie 63,51 km2
Localisation

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Liens
Site web www.derval.fr/

Derval est une commune de l'Ouest de la France, dans le département de la Loire-Atlantique (région Pays de la Loire).

Derval fait partie de la Bretagne historique, en Pays nantais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Derval dans le département de la Loire-Atlantique

La commune de Derval est située au nord de la Loire-Atlantique, le long de la voie express Nantes-Rennes (axe des Estuaires), à environ 50 km de Nantes et de Rennes, à 25 km de Châteaubriant et 40 km de Redon.

Selon le classement établi par l'Insee en 1999, Derval était une commune rurale non polarisée (cf. Liste des communes de la Loire-Atlantique).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Derval est d'origine celte, du breton derv : « chêne »[réf. nécessaire]. Derval possède aussi un nom en gallo, la langue d'oïl locale : Dervau (écriture ELG, prononcé [dəʁ.vɒw ])[1].

Durant la Révolution, la commune porte le nom de Montagne-sur-Kurel[2].

Ses habitants sont appelés les Dervalais[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La baronnie de Derval[modifier | modifier le code]

La paroisse de Derval est plusieurs fois mentionnée au IXe siècle dans les chartes du cartulaire de Redon, mais ce n’est qu’au XIIe siècle qu’apparaissent les sires de Derval. À cette époque vivait Bonabes Ier de Derval. Puis se succédèrent de 1203 à 1274, Guillaume Ier, II, III de Derval. Guillaume Ier est présent aux États de Bretagne à Vannes en 1203. On connaît les sceaux de Bonabes II (qui était seigneur de Derval en 1275) et de son fils ainé : ils sont reproduits dans les Preuves de l’Histoire de Bretagne de dom Morice.

Bonabes II ayant perdu son fils laissa la seigneurie de Derval, à sa mort, à son petit-fils Olivier IV, sire de Rougé. Celui-ci hérita à la fois des seigneuries de Rougé et de Derval. Ses descendants s’appelant tour à tour Bonabes et Jean, furent seigneurs de Derval pendant le XIVe siècle. Ils prirent le parti de Charles de Blois (et non le parti de la France comme il est souvent dit) au cours de la guerre de Succession de Bretagne : le duc de Bretagne, Jean de Montfort, confisqua en conséquence le château de Derval et le donna au chevalier anglais Robert Knolles qui conserva cette place jusqu’en 1380, date à laquelle il dut la rendre à Jean de Rougé. La seigneurie de Derval passe par alliance, en 1427, dans la maison de Malestroit : Jean de Malestroit obtint en 1435 l’érection de Derval en baronnie et prit le nom de Jean de Derval. Ce fut sa petite nièce, Françoise de Rieux, épouse de François de Laval, baron de Châteaubriant, qui en hérita en 1482. À partir de cette époque, Derval suivit la fortune de Châteaubriant et fit partie de la donation faite, en 1539, par Jean de Laval, baron de Châteaubriant, au connétable Anne de Montmorency. En avril 1554, ce dernier obtint du roi l’union de la seigneurie de Derval à la baronnie de Châteaubriant. Dès lors il n’y eut plus de baron de Derval, mais la terre seigneuriale de ce nom devint la propriété des ducs de Montmorency, puis des princes de Condé, successivement barons de Châteaubriant[4].

Le château[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château Saint-Clair.
La Tour Saint-Clair, vestige du donjon de l'ancien château de Derval

L’histoire fait assez souvent mention de Derval, surtout de son château, qui fut une des plus fortes places de Bretagne : il était situé à une demi-lieue au nord du bourg, flanqué de neuf tours, tant grosses que petites, et entouré de fossés et d’un étang rempli d’une eau courante, qu’on retenait ou qu’on laissait couler par de petites écluses. Il avait en outre deux murs qui le cachaient : le premier était peu de choses ; mais le second était formé par des bâtiments qu’il fallait traverser pour arriver au troisième pont, où se trouvait la principale entrée. Il appartenait en 1373 à Robert Knolles qui y fut assiégé par le connétable Bertrand Du Guesclin, et Bonabes IV de Rougé de Derval, à la tête de quatre cents gentilshommes bretons. (Il faut seulement rappeler que Du Guesclin, chargé de réduire tous les châteaux forts de Bretagne, réussit à peu près. Deux seules forteresses lui résistèrent, Brest et...Derval). Les assiégés se défendirent fortement pendant quelque temps, mais enfin ils capitulèrent, obtinrent un délai, et donnèrent des otages pour gages de leur parole. Le terme expiré, le duc d’Anjou se rendit lui-même devant le château, et envoya un héraut pour sommer la garnison de se rendre. Knolles, qui avait eu le temps de réparer ses fortifications et de se mettre en défense, répondit qu’il n’avait consenti que malgré lui au traité, et qu’il ne rendrait sa place que par la force des armes.

Le duc informé de la réponse des assiégés, leur fit dire que, si le château ne lui était pas rendu à l’instant, il allait faire couper la tête aux otages qu’on lui avait donnés, Knolles, transporté de colère, répliqua que ces menaces ne pouvaient l’intimider, mais que, si on les exécutait, il userait de représailles. On ignorait les moyens de vengeance qu’il pouvait avoir, et les otages furent amenés à la vue du château, où on leur trancha la tête. C’étaient deux chevaliers et un écuyer. Knolles aperçu cette exécution et se vengea comme il l’avait dit. Il fit placer une espèce d’échafaud sur la fenêtre la plus élevée du château, et y fit à son tour décoller trois chevaliers et un écuyer qu’il tenait prisonniers ; leurs têtes tombèrent dans les fossés. À ce sanglant spectacle le duc et le connétable levèrent le siège.

L’an 1590, les troupes du duc de Mercœur assiégèrent et prirent le château de Derval ; et, en 1593, il fut assiégé et pris, pour la dernière fois par les troupes d’Henri IV, qui en fit démolir toutes les fortifications, dont on ne voit plus aujourd’hui que les ruines[5].


Les seigneurs de Derval[modifier | modifier le code]

C’est au XIIe siècle qu’apparaissent les seigneurs portant le nom de Derval. La notoriété de Derval apparaît principalement avec l’arrivée des sires de Rougé, de la Maison de Rougé, successivement hommes d’armes et ambassadeurs de haut rang.

En 1341, éclate la guerre pour la succession au Duché de Bretagne. Les seigneurs de Derval et de Rougé choisissent le camp de Charles de Blois contre celui de l’autre prétendant Jean de Montfort allié aux Anglais.

  • 1356 - Bonabes de Rougé et de Derval s’allie au roi de France Jean le Bon et il est fait prisonnier avec lui par le Prince Noir.
  • 1364 - Charles de BLlois est tué à la bataille d’Auray. Bonabes de Derval, vaincu, est dépossédé de son château par le traité de Guérande. Jean de Montfort devient duc de Bretagne et fait don du château de Derval à son allié et ami Robert Knolles, qui en fait une véritable forteresse.
  • 1373 - Du Guesclin vient mettre le siège au château de Derval. Les assauts furent si violents et si forts que le commandant de la place fut contraint de signer un accord : « Si dans 40 jours la place n’était pas secourue de l’intérieur, elle devait être rendue ». Trois otages furent donnés comme gage. Mais Knolles, instruit de cela, vint se renfermer dans son château et désavoua le traité. Du Guesclin fit alors décapiter les trois otages. Ce que voyant, Knolles fit trancher la tête à quatre prisonniers qu’il détenait, Du Guesclin fut contraint de lever le siège.
  • 1450 - Jean de Derval épousa Hélène de Laval, petite-fille du duc de Bretagne Jean V. Il est fait baron en 1451. C’est à lui que l’on doit la toute première Histoire de Bretagne.
  • 1482 - Mort de Jean de Derval, la baronnie échoit à sa petite nièce Françoise de Rieux, qui épousa François de Laval, baron de Chateaubriant. Leur fils, Jean de Laval devient le seul héritier des baronnies de Derval et Chateaubriant.

Langues[modifier | modifier le code]

Le breton a été parlé dans la commune jusqu'au XIIe siècle. Il y a 14,50 % de toponymes bretons dans la commune. Le gallo aurait ainsi succédé au breton dans la commune aux alentours du XIe ‑ XIIe siècle, la population y était probablement en partie bilingue.

Article détaillé : Breton de Batz-sur-Mer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'article histoire des maires de France retrace l'évolution des modalités d'élection ou de nomination des maires de la commune.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790   Jacques Hyacinthe Potiron de Coisnérion    
1791   Pierre Chabin    
1793   Pierre Valière    
1794   Philipe Révérend    
  août 1797 Pierre Jean-Baptiste Hochedé    
    Denis Boulay   (nommé maire à titre provisoire) agent municipal puis maire dans la continuité en 1800
1800 1802 Jean Charles Poligné    
1802 1815 Joseph Olivier    
  1819 Louis Mahé    
1820 1826 Louis Aimé Cébron    
1826 1852 Julien-Louis-Marie de La Haye-Jousselin   intendant des domaines du duc d'Aumale Henri d'Orléans
1852 1864 Denis Marchand    
1864 1870 Jean-Jacques Thébaud    
1870 1901 Louis de la Haye Jousselin    
1937   Henri-Joseph Hay de Slade    
1946   Théophile Pigrée    
1989 2001 Michel Hunault RPR député, ancien conseiller général
mars 2001 en cours Jean Louër[Note 1] Divers droite directeur régional retraité, président de la CC du secteur de Derval
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 334 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 750 1 553 1 704 1 936 2 063 2 132 2 185 2 309 2 482
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 520 2 677 2 851 2 968 2 993 3 106 3 275 3 257 3 321
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 329 3 173 3 229 2 865 3 226 3 245 2 712 2 859 2 653
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 702 2 675 2 591 2 558 2 558 2 489 2 881 2 919 3 334
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[6]. Pour le recensement de 1836, archives départementales de la Loire-Atlantique[7])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (23,7 %) est en effet supérieur au taux national (22,7 %) et au taux départemental (20,8 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (52,5 % contre 48,7 % au niveau national et 48,5 % au niveau départemental).

Pyramide des âges à Derval en 2009 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
1,5 
6,9 
75 à 89 ans
11,6 
13,0 
60 à 74 ans
14,7 
18,6 
45 à 59 ans
18,2 
19,7 
30 à 44 ans
19,2 
24,0 
15 à 29 ans
14,9 
17,8 
0 à 14 ans
19,8 
Pyramide des âges du département de la Loire-Atlantique en 2009 en pourcentage[9]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,0 
5,6 
75 à 89 ans
9,1 
12,1 
60 à 74 ans
13,4 
20,1 
45 à 59 ans
19,7 
21,3 
30 à 44 ans
20,1 
20,1 
15 à 29 ans
18,5 
20,5 
0 à 14 ans
18,3 

Économie[modifier | modifier le code]

Deux des éoliennes du parc éolien de Derval-Lusanger

Entre 2006 et 2007, les communes de Lusanger et Derval ont fait construire 8 éoliennes d'une hauteur de 100 m (140 avec les pales).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Michel

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé d'hermine et d'argent à deux fasces de gueules.
Commentaires : Les armoiries de Derval viennent des armes originelles des seigneurs de Derval (d'argent à deux fasces de gueules) (probablement issus d'un fils puîné des ducs de Bretagne). La seconde fasce fut ajoutée au blason originel de Derval lors de l'entrée de Jans dans la seigneurie. En 1332, le duc Jean III de Bretagne octroya à Jean Ier de Rougé, seigneur de Derval, le droit d'écarteler ses armes avec celles de Bretagne (écartelé : au premier et au troisième, d'hermine plain (Bretagne) ; au deuxième et au quatrième, d'argent, à deux fasces de gueules (Derval ancien). Concession mentionnée le 27 novembre 1332 et ratifiée en 1341, « sans plus », par le roi. L'hermine évoque le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne, ainsi que les liens de parenté entre les seigneurs de Derval (essentiellement issus de la maison de Rougé au Moyen Âge) et les princes de Bretagne. Blason rénové par l'héraldiste Michel Pressensé (délibération municipale du 28 février 1965), enregistré le 10 septembre 1969.

Devise[modifier | modifier le code]

La devise de Derval est celle des anciens seigneurs de Derval : Sans plus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Réélu en 2008 et 2014.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Villes bretonnes, noms gallo », Geobreizh (consulté le 18 mars 2013)
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Nom des habitants de la commune sur habitants.fr.
  4. Léon Maître, Archives départementales de la Loire-Atlantique, série X
  5. Extraits du Dictionnaire de Bretagne de Ogée.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. « Derval 1836 », sur Archinoë, portail d'indexation collaborative, archives départementales de la Loire-Atlantique (consulté le 9 janvier 2013).
  8. « Résultats du recensement de la population - Derval - POP T3 - Population par sexe et âge en 2009 », sur recensement-2009.insee.fr, Insee (consulté le 10 décembre 2012).
  9. « Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique - POP T3 - Population par sexe et âge en 2009 », sur recensement-2009.insee.fr, Insee (consulté le 10 décembre 2012).