Bouton (couture)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bouton.
Un petit bouton plat à trous
Boutons à queue de différentes matières et formes
Boutons à trous de différentes matières et couleurs

Un bouton est un petit objet généralement rond et plat. Il est utilisé en couture pour fermer les vêtements (chemises, pantalons, etc.) ou, parfois, à titre d'accessoire.

Le bouton se glisse dans une fente surpiquée du tissu, appelée « boutonnière » (ou parfois bride), afin d'y rester bloqué et de maintenir ensemble les deux morceaux d'étoffe.

Il existe une énorme diversité de boutons par rapport à la couleur, la forme ou le matériau.
Cependant, on distingue notamment les boutons à trous des boutons à queue. Du fait de cette diversité, ils sont collectionnés ; les collectionneurs s'appellent des « fibulanomistes[1] ».

Historique[modifier | modifier le code]

Des boutons ou des objets assimilables, mais sans doute davantage utilisés dans un but esthétique que dans un but de fixation, ont été retrouvés dans les vestiges de la civilisation de la vallée de l'Indus, sur des sites chinois de l'âge du bronze, ainsi que dans la Rome antique.

La première mention littéraire du bouton date du XIIe siècle dans La Chanson de Roland, où il figure une petite chose sans valeur.

Les boutons utilisés dans le but de maintenir les vêtements ne semblent avoir été utilisés qu'à partir des XIIIe siècle et XIVe siècle en Europe, notamment pour maintenir les manches des chemises.

C'est sous Louis XIV que l'usage du bouton se répand en France, où il devient un accessoire de mode luxueux en s'agrémentant de joyaux ou de peintures traitées en miniatures. Certains domestiques avaient ainsi des boutons de livrée ciselés aux armes de leur maître.

Les boutons anciens étaient en os, en corne (cas du duffle coat), en ivoire, en cuir, en métal ou en nacre.

Au milieu du XIXe siècle apparaît le bouton de porcelaine, selon le procédé « Prosser » de pressage à sec[2]. D'abord développée par l'usine britannique Minton, cette technique connaît son essor grâce à une invention de Jean-Félix Bapterosses, qui industrialise le procédé en utilisant une pâte plus plastique qui permet de presser jusqu'à 500 boutons à la fois.

Boutons d'émail de Briare vers 1850

Avant d'être supplanté par le plastique, le corozo sert à la fabrication de beaucoup de boutons.

Le bouton-pression est inventé par Bertel Sanders, au Danemark, en 1885.
En 1886, Albert-Pierre Raymond, qui vient de créer sa société, A.Raymond (France), met au point le bouton-pression à rivet[3].

Boutonnage à droite, boutonnage à gauche[modifier | modifier le code]

Les vêtements des femmes portent les boutons à gauche et les boutonnières à droite, ce qui fait donc un boutonnage à droite, Pour les hommes, les boutons sont cousus à droite et les boutonnières à gauche. Cet usage se serait établi au cours du XVIIe siècle[4] et serait justifié par les faits suivants : les femmes étaient le plus souvent habillées par leur servante alors que les hommes s'habillaient eux-mêmes, le valet de chambre n'intervenant que pour préparer les vêtements et pour les ornements finaux. Les boutons étaient donc cousus pour que les servantes puissent boutonner plus facilement. Par ailleurs, les hommes portaient l'épée à gauche pour dégainer avec la main droite. Le boutonnage du vêtement devait ne pas gêner l'accès à l'arme. Cet usage du sens de boutonnage variant selon le sexe est devenu une règle toujours respectée de nos jours.

Coudre un bouton[modifier | modifier le code]

Bouton d'uniforme du corps médical de l'armée royale canadienne (R.C.A.M.C.)

Pour coudre un bouton, il est conseillé de laisser un espace entre le bouton et le tissu où il est cousu, pour faciliter l'insertion de l'autre morceau de tissu lors de la fermeture : pour ce faire, on utilise souvent une allumette placée sous le bouton, qui est cousue avec puis retirée, libérant ainsi l'espace de son épaisseur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avis au public
  2. China buttons
  3. Source journal Les Échos
  4. article de Raphaël Suire daté d’avril 2009 sur Gentlemen's Quarterly

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ruth Lamm & alii, Guidelines for collecting China buttons, Wichita, KS, USA, the National Button Society of America,‎ 1970, 151 p..
  • Yvette Chupin, L'Histoire au cœur du bouton de 1750 à 1970, 2001.
  • Loïc Allio, Boutons, Éditions du Seuil, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :