Caretta caretta

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Caouanne, Tortue carette, Caret

Caretta caretta

Description de cette image, également commentée ci-après

Caouanne ou Tortue carette

Classification selon TFTSG
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Chelonii
Ordre Testudines
Sous-ordre Cryptodira
Super-famille Chelonioidea
Famille Cheloniidae
Sous-famille Carettinae
Genre Caretta

Nom binominal

Caretta caretta
(Linnaeus, 1758)

Synonymes

  • Testudo caretta Linnaeus, 1758
  • Testudo marina Garsault, 1764
  • Testudo cephalo Schneider, 1783
  • Testudo caouana Bonnaterrre, 1789
  • Testudo lauanna Meyer, 1790
  • Caretta nasuta Rafinesque, 1814
  • Caretta atra Merrem, 1820
  • Chelonia pelasgorum Bory, 1833
  • Caouana elongata Gray, 1844
  • Thalassochelys corticata Girard, 1858
  • Caretta gigas Deraniyagala, 1933

Statut de conservation UICN

( EN )
EN A1abd : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/75

Caretta caretta est une espèce de tortues de la famille des Cheloniidae[1]. En français elle est appelée Caouanne, Tortue caouanne, Tortue carette ou Caret.

C'est une espèce de tortues marines en forte voie de régression, qui fait localement l'objet d'un plan de restauration.

Distribution et lieux de ponte[modifier | modifier le code]

Répartition des lieux de pontes de la caouanne
Repartition map - Where.PNG  Fond bleu : présence de caouannes
Repartition map - Red point.png  Point rouge : lieux de pontes principaux
Repartition map - Yellow point.png  Point jaune : lieux de pontes secondaires

Cette espèce, peu pélagique, fréquente habituellement les eaux tempérées et parfois les eaux tropicales et subtropicales. C'est la seule tortue nidifiant hors des tropiques. Regroupées par plusieurs centaines d'individus, elles sont capables de parcourir des distances considérables depuis leur site de vie pour rejoindre les lieux de ponte. En Méditerranée, où l'on observe cinq des sept espèces de tortues marines, la tortue caouanne est l'espèce la plus commune[2]. Elle est également la tortue la plus commune dans l'ouest atlantique.

Plusieurs lieux de ponte sont connus dans le monde et y compris en Méditerranée orientale par exemple en Turquie, Israël, à Chypre, dans les îles Ioniennes, en Tunisie, Libye, au Liban et même encore en Sicile. En Atlantique de l’Ouest, elles vont pondre du Mexique jusqu'en Virginie.

Lieux de nidification, en mer Méditerranée

Description[modifier | modifier le code]

Caouanne.

La caouanne, carnivore, se nourrit de nombreux crustacés et mollusques; elle peut peser jusqu'à 160 kg mais le poids moyen d'un adulte est de 105 kg. Elle peut mesurer 1,25 m mais en moyenne les adultes mesurent 1,10 m.
Dédiés à la nage en haute mer, les membres de cette grande tortue marine servent à la fois de propulseurs (pattes antérieures) et de gouvernail (pattes postérieures).

Sa carapace est en forme de cœur, aplatie, sa largeur est d'environ 76 % de sa longueur. Sa tête est assez longue (environ 28 % de la longueur de la carapace) et très large. On distingue deux paires d'écailles préfrontales sur la tête et un bec corné puissant. La carapace se reconnait pour avoir cinq paires de plaques latérales, une paire antérieure contiguë à la plaque précentrale et trois paires de plaques inframarginales sur le plastron. Comme la tortue imbriquée, elle possède deux griffes à chaque nageoire.

Squelette.

La dossière est brun rougeâtre avec des taches claires, son plastron est jaune pâle avec des taches orange diffuses. Le nouveau né est noir, comme les autres tortues marines mais ses pattes sont claires.

Comme pour les autres tortues marines, les femelles ne viennent pondre que toutes les deux ou trois saisons. L'âge de la maturité sexuelle est estimé à plus de 10 ans. La plupart des caouannes qui atteignent l'âge adulte vivent plus de 30 ans voire plus de 50 ans.

Nourriture[modifier | modifier le code]

Caretta caretta

Son régime alimentaire est à prédominance carnivore et s'alimente de méduses, crustacés, de coquillages, de poissons, de mollusques et de physalies.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Dans la Méditerranée la ponte se situe d’avril à septembre sur les plages de sable fin. Les femelles accostent pour pondre de 4 à 7 fois par saison et déposent de 64 à 198 œufs à chaque fois. L'incubation dure de 45 à 65 jours. Les adultes se regroupent près des sites de nidification pour s'accoupler avant la ponte.

Système d'orientation[modifier | modifier le code]

Quand elles quittent leur nid terrestre à la naissance, les tortues marines combinent la perception de différents signaux pour s'orienter. Elles sont sensibles à la lumière. Près des côtes, où l'eau est peu profonde, cette tortue se sert probablement aussi de l'orientation des vagues. À distance, durant sa migration et dans l'obscurité des profondeurs marines, elle maintient le cap en se servant du champ magnétique terrestre[3]. Ces tortues sont ainsi sensible à la latitude en fonction du champ magnétique terrestre et de son inclinaison[4]. Ainsi de très jeunes tortues caouanne placées, peu après leur éclosion, en bassin reproduisant des conditions de champ magnétique d’autres régions (Porto Rico et Cap-Vert, situés sur leur route migratoire habituelle à la même latitude (20 ° N), mais à des longitudes différentes) se sont rapidement orientées dans la direction qu’elle prendraient dans cet environnement (respectivement vers le NE et vers le SE) [4].

Systématique[modifier | modifier le code]

L'origine du mot "Caret" est mal connue, mais il date du XVIe siècle et pourrait être un emprunt aux langues des caraïbes via l'espagnol[5]. En Nouvelle-Calédonie, elle est appelée « Grosse tête »[6]. Le terme scientifique caretta étant une latinisation du terme utilisé par les francophones "Caret".

En kali'na, langue des amérindiens vivant près des grands sites de pontes en Guyane française et au Suriname, le nom de la tortue luth est Kawana. Ce nom pourrait avoir été emprunté en français pour désigner la caouanne[7].

Les spécimens de Méditerranée ont un génotype tout à fait spécifique du fait de leur relatif isolement.

Classification phylogénétique[modifier | modifier le code]

Les principaux groupes évolutifs relatifs sont décrites ci-dessous par phylogénie[8] selon Hirayama, 1997, 1998, Lapparent de Broin, 2000, and Parham, 2005 :

 --o Procoelocryptodira
   |--o Chelonioidea Oppel, 1811 c’est-à-dire les tortues marines
   |  |--o
   |  |  |--o †Toxochelyidae
   |  |  `--o Cheloniidae Oppel, 1811 
   |  |     |----o Caretta Rafinesque, 1814
   |  |     |     |--o †Caretta patriciae Zug, 2001
   |  |     |     `--o Caretta caretta Linné, 1758
   |  |     |----o Natator McCulloch, 1908
   |  |     `----o Chelonini Oppel, 1811
   |  |           |--o Eretmochelys Fitzinger, 1843
   |  |           |--o Lepidochelys Fitzinger, 1843
   |  |           `--o Chelonia Brongniart, 1800
   |  `--o Dermochelyidae dont la tortue luth
   `--o Chelomacryptodira, c'est-à-dire les autres tortues cryptodires

La caouanne et l'homme[modifier | modifier le code]

Trace de caouanne venue pondre sur une plage
Signalisation d'un lieu de ponte

En France, elle avait déjà disparu en tant qu'espèce reproductrice depuis le début du siècle[Lequel ?]. En mer, elle est capturée accidentellement par les filets de pêche. Elle est victime de la pollution par ingestion de sacs plastiques qu'elle confond avec des méduses. L'avenir de cette espèce en Méditerranée dépend principalement de la protection des lieux de ponte subsistant dans la zone orientale. Elle est essentiellement victime du tourisme et de la pêche industrielle.

Pour empêcher les captures accidentelles par les chalutiers, les américains ont mis en place un dispositif d’exclusion des tortues qui permet de les limiter. En Méditerranée, des mesures limitant les captures accidentelles de ces tortues devront être édictées.

Protection[modifier | modifier le code]

Elle est protégée en France par l’arrêté du 17 juillet 1991. Les femelles nidifiantes sont protégées à Chypre et les aires de ponte sont protégées de l’île Zakynthos et au parc national de Kouf en Libye.
Les îles Kuriat en Tunisie abritent un site de nidification important de la tortue Caouanne.

Elle est en France concernée par un plan de restauration des tortues marines des Antilles françaises (plan local et régional qui concerne aussi d'autres tortues Marines des Antilles Françaises (tortue imbriquée, tortue verte, tortue luth, tortue olivâtre). Ce plan est subdivisé en :

  • un Plan de Restauration des Tortues Marines de Guadeloupe,
  • un Plan de Restauration des Tortues Marines de Martinique,
  • un projet de programme de coopération internationale à développer à échelle géographique plus large, voire planétaire afin de mieux prendre en compte les métapopulations et la diversité génétique des espèces. Une campagne de protection internationale a également été lancée par June Haimoff pour la protection des tortues.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Caretta caretta a fait l'objet d'une série de six timbres émis par la République du Cap-Vert en 2002[9]

Publication originale[modifier | modifier le code]

  • Linnaeus, 1758 : Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, ed. 10 (texte intégral).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. TFTSG, consulté lors d'une mise à jour du lien externe
  2. [1]
  3. « Loggerhead Sea Turtle », WWF (consulté le 30/5/2007)
  4. a et b Nathan Putman et al. (Université de Caroline du Nord) ; Current Biology, vol 21, p. 463-466, 2011
  5. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Caret » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales . Consulté le=29/5/2007
  6. « sensibilisation », IFRECOR
  7. (fr) « Du nom indigène des îles de l'archipel des Antilles » de Thierry L'Étang, note (92).
  8. « Chelonioinea turtles and relatives », Mikko's Phylogeny Archive (consulté le 17/5/2007)
  9. (fr) Union postale universelle [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Márquez M. et M.-L. Bauchot, Les tortues, FAO (lire en ligne)
  • Dodd C.K., A bibliography of the Loggerhead sea turtle Caretta caretta (2005), Florida Integrated Science Center, U.S. Geological Survey
  • Piano di azione per la conservazione della tartaruga marina Caretta caretta nelle Isole Pelagie a cura di Emilio Balletto, Cristina Giacoma, Susanna Piovano, Franco Mari e Luigi Dell’Anna.
  • Groombridge, B. (1990): Marine turtles in the Mediterranean: distribution, population status, conservation. A report to the Council of Europe Environment Conservation and Management. Division 48. Strasbourg.
  • Dodd, C.K. (1988). Synopsis of the Biological Data on the Loggerhead Sea Turtle Caretta caretta (Linneaus 1758). U.S. Fish and Wildl. Serv. Biol. Rep. 88(14), 35-82
  • Laurent, L., Lescure J., Excoffier L., Bowen B., Domingo M., Hadjichristophorou M., Kornaraki L., & G. Trabuchet (1993). Genetic studies of relationships between Mediterranean and Atlantic populations of loggerhead turtle Caretta caretta with a mitochondrial marker. Compte Rendu de l’Académie des Sciences, Paris 316:1233-1239.
  • Laurent L., Bradai M.N., Hadoud D.A., El Gomati H.E., 1995. Marine turtle nesting activity assessment in Lybian coasts. Phase 1: survey of the coasts between the Egyptian border and Sirte. RAC/SPA, Tunis, Tunisia.
  • Laurent L., Bradai M.N., Hadoud D.A., El Gomati H.E., Hamza A.A., 1999. Marine turtle nesting activity assessment in Lybian coasts. Phase 3: survey of the coasts between the Tunisian border and Misratah. RAC/SPA, Tunis, Tunisia.

Liens externes[modifier | modifier le code]